BIFFF 2016 : Corbeau d’or pour le japonais I am a hero de Shinsuke Sato

Posté par kristofy, le 11 avril 2016

Le 34e BIFFF, le Bruxelles International Fantastic Film Festival, s’est déroulé comme les autres années dans une joyeuse ambiance : plus d’une centaines de films au programme, et environ 53 000 spectateurs ont été de nouveau fidèles au rendez-vous (dont l'Entarteur Noël Godin et la réalisatrice Axelle Carolyn). Les attentats du 22 mars en Belgique la semaine précédant le début du festival n’auront eu aucune incidence sur le cinéma, à l'exception de l’absence de Kevin Smith, et c’est tant mieux ! Même la zombie-parade s’est traînée dans les rues.

Une centaine de films donc, certains en avant-première mondiale ou européenne, avec de la fantasy, du thriller, de la science-fiction, des fantômes, des psychopathes divers et des zombies affamés… Les trois nouvelles répliques cultes de cette année (peut-être reprises par les Bifffeurs l’année prochaine ?) auront été “Nimus” (une petite fille qui cherche son lapin, que ses parents sont en train de manger dans What we become de Bo Mikkelsen), “la la la” (trois notes à chanter pour reconnaître la personne qui va nous aimer dans The virgin psychotics de Sono Sion) et “wunderbar” (la satisfaction des petites créatures dans Yoga hosers de Kevin Smith).

Grand prix pour I am a hero


La plupart des films ont été vus par différents jurés dans le cadre de la Compétition internationale, la Compétition européenne, la Compétition 7e Orbit, la Compétition Thriller… Cette année, l'Asie est particulièrement à l'honneur avec le Corbeau d'or pour le film japonais I am a hero de Shinsuke Sato,adaptation d'un manga.Dans un pays qui sacralise la bande-dessinée (un musée, des sculptures et des illustrations de BD sont partout dans la ville), voilà une récompense assez symbolique de la grande proximité entre 9e art et 7e art.

Ont aussi été distingués deux films coréens tandis qu'une mention était attribuée à un chinois. En revanche, Yoga hosers de Kevin Smith est une petite déception et seuls deux gros favoris ont véritablement émergé et logiquement été récompensés : I am a hero, grand prix donc, et Anacleto, agent secret, prix du public.

Les autres titres forts du BIFFF comme par exemple 31Hardcore Henry, Green room, The survivalist, Summer camp, Veteran, Memories of the sword, Scherzo Diabolico, Le cadavre de Anna Fritz... ne figuraient pas dans la compétition internationale, mais ils ont bien fait sensation. Même le très très romantique The beauty inside en provenance de Corée a laissé les Bifffeurs muets d'émotion, eux qui d'habitude n'hésitent pas à partager leur joie (quand c'est bien sanglant) ou leur désapprobation (quand c'est ennuyeux).

Tout le palmarès

Le palmarès de la Compétition Internationale, avec autour du président du jury Jaume Balaguero, les actrices Bai Ling et Jasna Kohoutova, et Marc Caro et Luigi Cozzi :

- Corbeau d’Or, Grand Prix : I am a hero, réalisé par Shinsuke Sato (le dernier film présenté en compétition aura été le meilleur, un film de zombies spectaculaire, jouissif), sortie le 23 avril au Japon.
Corbeau d’Argent ex aequoThe Phone réalisé par Kim Bong-joo (polar où un homme essaye d'empêcher sa femme de mourir un an après son assassinat)
Corbeau d’Argent ex aequoSeoul station réalisé par Yeon Sang-ho (une classique histoire de zombies sans relief mais en film d'animation, par l'auteur de The king of pigs passé par Cannes)
- Mention spéciale : The arti : the adventure begins de Huang Wen Chang (film d'animation avec des marionnettes)

Le palmarès des autres sections :

Méliès d’Argent : Demon, réalisé par Marcin Wrona (en effet une belle surprise, revoir ici)
Prix ThrillerThe Photographer, réalisé par Waldemar Krzystek
Prix du 7e Parallèle : Traders, réalisé par Rachael Moriarty et Peter Murphy (l'irrévérence british ou plutôt irlandaise frappante, des désespérés organisent des duels à mort avec à la prime les économies du vaincu)
- Prix du Public : Anacleto, agent secret (Spy time), réalisé par Javier Ruiz Caldera (son deuxième prix du public après son film précédent Ghost Graduation en 2013, il était d'ailleurs favori, à revoir ici)

BIFFF 2016 : les films dont vous êtes le héros

Posté par kristofy, le 9 avril 2016

Cette année, la programmation du BIFFF comporte trois films qui exploitent le principe dit de la caméra subjective : ce que vous voyez à l’écran est la vision du personnage via ses yeux. Le spectateur se retrouve à la place du héros, ou presque. Le procédé est surtout utilisé dans les jeux-vidéo puisque le joueur avec sa manette doit conduire une voiture ou tirer sur des ennemis en étant actif sur l’action. Le processus d’immersion fonctionne alors à plein.

Devant un film, c’est plus difficile de se croire dedans : il faut déjà s’identifier au personnage principal (La femme défendue de Philippe Harel avec sa voix d’homme qui tombe amoureux de Isabelle Carré fonctionne mieux pour les spectateurs masculins), il faut s'imaginer agir comme lui (dans le remake de Maniac par Franck Khalfoun le spectateur est donc le tueur), il faut ne pas être trop attaché à ce qui est crédible dans la réalité (dans Enter the void de Gaspar Noé vous êtes un esprit entre la mort et la vie)... Le fantastique en général offre un fabuleux terrain de jeu d'expérimentations, en voici trois en particulier au BIFFF :

Jeruzalem, réalisé par Doron et Yoav Paz : tout ce qui se passe est vu à travers des smartglasses, une paire de lunettes connectée au web qui peut à la fois enregistrer des images photo ou vidéo, faire apparaître dans un coin le profil facebook de la personne devant soi, voire communiquer avec quelqu’un d’autre via skype. Le point de vue est celui d’une jeune femme qui fait du tourisme en Israël. Avec une amie, elle découvre Jérusalem : visite de la ville, arrivée à hôtel, repas entre amis…

Environ un tiers du film montre des choses anodines, longtemps après le début on attend encore qu’il se passe quelque chose avec les créatures infernales que l’on pressent. Enfin, une alerte dans la ville, des gens courent dans la panique, il faut s’enfuir ou se cacher. Comme tout le film est raconté via des lunettes électroniques, il va donc y avoir du mouvement : images saccadées, un endroit sans lumière, une chute, on pourrait presque s’y croire face ces immenses bestioles qui nous attaquent... C'est du found-footage (connecté au web), l'immersion fonctionne donc plutôt bien, mais au fond seule l'utilisation de ce procédé rend le film original.

Pandemic, réalisé par John Suits : tout ce qui se passe est vu à travers une petite caméra située dans le casque d’une combinaison de protection contre un virus. Une petite équipe qui porte ce type de combinaison a pour mission de retrouver des personnes qui ne seraient pas infectées par le virus Fila qui transforme tout le pays en zombies… Ici, il y a surtout le point de vue subjectif de quatre personnages qui sont presque toujours ensemble, le principe de caméra subjective ne fonctionne pas vraiment puisque en fait il y a des champs contre-champs comme dans n’importe quel autre film, même des transitions via des images de surveillance vidéo et même quelques plans où des personnages sont filmés de face alors qu’il n’y a personne devant eux.

Au début, cela ressemble à beaucoup d’autres histoires du même genre, cependant au fil des rebondissements, le scénario est assez malin pour se distinguer des autres films du même acabit. Mieux, ce procédé de point de vue subjectif qui donc ne fonctionne pas se révèle pour plusieurs séquences un moyen original de filmer l’action (par exemple lors d'un combat façon fps dans une école, ou lorsqu'on est à la place d’un personnage qui se fait dévorer les boyaux…). L'immersion fonctionne moyennement, il aurait mieux valu ne garder ce procédé que pour certaines séquences, mais le film est plutôt vraiment bien.

Hardore Henry, réalisé par Ilya Naishuller : tout ce qui se passe est vu à travers les yeux de Henry (pas de caméra), dès le début du film Henry se réveille sans presque aucun souvenir et sans pouvoir parler, Henry (et donc le spectateur lui-aussi) découvre où il est et ce qui lui est arrivé : vous avez été sérieusement blessé et on vous greffe des prothèses. Soudain un commando arrive et il vous faut fuir : vous êtes alors lancé dans une folle course-poursuite pendant environ 90 minutes en Russie. Vous allez chuter de haut, courir au dessus d'un fleuve, être dans un bus en flammes; et surtout taper et tuer beaucoup d'ennemis dans la rue, dans un club libertin, dans une forêt...

L'immersion fonctionne très bien, le film est une succession de séquences complètement dingues rien que vos yeux. Pour qui n'est pas allergique aux films de genre cyberpunk et surtout pour qui aime être époustouflé par de l'action quasi non-stop dans tout les sens : rendez-vous pour découvrir cette folie en salles de cinéma le 13 avril !

BIFFF 2016 : le cinéma coréen éclatant de vitalité

Posté par kristofy, le 8 avril 2016

Le BIFFF a su comme à son habitude trouver des films de zombies divers et avariés (dans une station de ski en Autriche, en film d'animation à Séoul...), mais, cette année encore, les meilleurs thrillers sont marqués par le savoir-faire et l'excellence de la Corée du Sud.

Les débutants livrent d'ailleurs des films très aboutis et maitrisés. The Deal, premier film de Son Yong-ho qui dans un premier tiers de bobine semble s'inspirer de The Chaser (un tueur en série qui doit révéler l'emplacement des corps de ses victimes aux policiers...) mais dont le sujet se déroule trois ans plus tard : un proche d'une victime entreprend une vengeance contre le tueur qui est en prison (un moyen de le faire sortir et de le kidnapper pour le tuer...), avec une conclusion qui fait débat sur l'application de la peine de mort.

The phone de Kim Bong-joo, également un premier film, joue avec les codes du polar avec une variante de science-fiction : une bizarrerie temporelle où un veuf reçoit un appel téléphonique de sa femme un an après jour pour jour qu'elle soit retrouvée assassinée, il va alors enquêter pour faire en sorte qu'en parlant avec elle au téléphone elle évite d'être tuée un an auparavant...

Voici trois autres films coréens très différents les uns des autres mais avec une même exigence autant visuelle que narrative. Encore une fois on pourrait d'ailleurs se dire que puisqu'il n'y a pas d'équivalent en France et qu'il serait bon de distribuer ces films en salles de cinéma...

Veteran, réalisé par Ryoo Seung-wan : C'est lui le spécialiste du film d'action sud-coréen depuis longtemps avec par exemple No blood no tears, Arahan, Crying first, The Unjust (tous directement en dvd, sauf The city of violence qui a eu une sortie en salles). Un flic aussi habile pour se battre qu'intègre en toutes circonstances va enquêter contre un puissant dirigeant d'entreprise chez qui un syndicaliste aurait été retrouvé 'suicidé'...

Le film est généreux avec deux longues séquences d'ouverture pour en même temps présenter les membres de l'équipe de police et le début de l'intrigue, surtout l'occasion de deux séquences d'action (bagarre contre plusieurs dans un garage, arrestation à plusieurs d'une bande dans un port) à la fois drôles et spectaculaires avant de rentrer dans le vif de l'histoire. Tout à fait le genre de film qui rend jaloux et envieux ceux qui ont œuvré à Taken 3 ou Die Hard 4...

The exclusive : beat the devil's tatoo, réalisé par Roh Deok : Derrière ce titre en anglais improbable il y a une réalisatrice (son deuxième film, à 36 ans), car oui en Corée du Sud il y a des femmes qui dirigent des polars ! Elle confronte deux univers qui font des enquêtes : la police et la télévision. Un reporter se fait virer de sa chaine mais va tout de même voir un témoin qui avait téléphoné pour une info à propos d'un serial-killer. Il revient avec une lettre manuscrite du tueur inconnu qui y confesse ses crimes : le voila de nouveau réembauché avec ce scoop diffusé à l'antenne.

Les policiers qui enquêtaient dans une autre direction veulent en savoir plus sur sa source mais, petit problème, il s'agît d'une méprise qui n'a rien à voir avec l'individu recherché. Trop tard, la machine médiatique et policière est lancée et son erreur devient impossible à révéler tandis que le véritable tueur va continuer ses crimes... Le film est plus centré sur le fonctionnement des médias mais il contient aussi sa part de scène d'action (dont un duel brutal impliquant une troisième personne pendue...). Pour qui a trouvé le temps bien long devant Zodiac ou Spotlight...

Memories of the sword, réalisé par Park Heung-sik : La Corée du Sud, c'est aussi tout un pan de films de sabres en costumes, celui-ci est un peu la réponse coréenne aux voltiges de Tigre et dragon, aux combats du Secret des poignards volants, aux chorégraphies de Yuen Woo-ping dans Kill Bill 1&2, à l'esthétisme de The assassin... Une jeune fille qui n'a pas encore 20 ans mais est déjà experte en arts-martiaux dédie sa vie à venger l'assassinat de ses parents, mais elle ignore des secrets sur ses origines. En même temps se trame un complot politique pour prendre le pouvoir sur le trône...

On y retrouve la star Lee Byung-hun (révélé avec A bittersweet life, Le bon la brute et le cinglé, J'ai rencontré le Diable, puis GI Joe, Terminator genisys...), Jeon Do-yeon (à Cannes dans Secret sunshine, The housemaid...) et la jeune Kim Go-eun (à Cannes l'année dernière avec Coin locker girl) dans des combats virtuoses en suspension ou avec des ralentis. Les décors et costumes sont majestueux, le film est à la fois spectaculaire pour l'action et émouvant dans sa résolution. Tant de somptuosité donne la larme à l’œil...

BIFFF 2016 : le cinéma espagnol n’en finit plus de surprendre

Posté par kristofy, le 7 avril 2016

Le BIFFF a su comme à son habitude trouver des pépites de films fantastiques au Brésil ou au Danemark par exemple, mais, cette année encore, le genre est dominé par le savoir-faire et l'excellence de la Corée du Sud et de l'Espagne. En plus de Summer Camp de Alberto Marini (et coproduit par Jaume Balaguero) qui rivalise (en mieux) avec des productions américaines, voici trois autres films espagnols très différents qui rivalisent d'originalité et d'inventivité. On pourrait d'ailleurs se dire que puisqu'il n'y a pas d'équivalent en France, il serait bon de distribuer ces films en salles de cinéma...

Anacleto, agent secret , réalisé par Javier Luiz Caldera : Son film précédent Ghost Graduation était le grand gagnant du BIFFF 2013 avec le doublé idéal Corbeau d’or et Prix du Public, et là encore il est favori pour au moins le Prix du Public avec son mélange action et comédie irrésistible.

Si on devait comparer Javier Luiz Caldera (toujours inconnu en France), il serait un peu comme un mélange des britanniques Matthew Vaughn & Guy Ritchie +Edgar Wright & Simon Pegg...

En guise d’ouverture, on découvre un agent secret âgé mais au smoking irréprochable qui ne peut empêcher l’évasion d’un criminel qu’il avait mis en prison et qui jure de se venger sur ce qui lui est plus cher : son fils. Le fils est un trentenaire malchanceux qui vient d’apprendre que sa fiancée le quitte et qui a toujours cru que son père était fabriquant de saucisses, et qui se retrouve pourchassé désormais par des tueurs : il va découvrir l’activité d’agent secret tout en essayant de re-séduire son ex-fiancée…

On retrouve au générique Imanol Arias, Quim Gutiérrez et surtout Carlos Areces et Alexandra Jiménez qui étaient déjà dans son film précédent. De retour au BIFFF, Javier Luiz Caldera a expliqué : « L’inspiration est venue de la bande-dessinée du même titre qui date d’il y a environ 30 ans, j’en suis fan, c’était une parodie de James Bond avec un humour un peu naïf. On y a mis notre humour à nous d’aujourd’hui, et surtout on a actualisé le personnage en lui donnant un fils qui ne connaît pas les activités de son père »

Le cadavre de Anna Fritz, réalisé par Hector Hernandez Vicens : Une célèbre actrice est retrouvée morte et son corps vient d'arriver à la morgue d'un hôpital... Evidemment, deux potes demandent à leur ami qui y travaille de les laisser voir ce corps qui les faisait fantasmer. Evidemment, ce trio devant ce beau corps nu ne va pas faire que regarder. Evidemment, cette partie de sexe nécrophile improvisée a pour effet de faire se réveiller la star qui n'était pas vraiment morte... Que faire ? Assumer ce type de viol étant impensable, puisque tout le monde la croyait morte, alors autant qu'elle le reste, elle et tous les témoins potentiels...

Le point de départ est une idée macabre, plutôt traitée comme une comédie au début, mais qui tourne vite au thriller claustrophobe et au suspens (forcément à couper au couteau). Le film a fait le tour des festivals (South by Southwest, Neuchâtel, Sitges...) avec à chaque fois le même engouement.

Tout comme au BIFFF qui est tombé sous le charme de l'actrice Alba Ribas : « Jouer une morte qui revient à la vie c’est plutôt particulier comme rôle, durant la préparation j’ai passé un peu de temps avec un médecin spécialiste des sorties de coma. Avec toute l’équipe on a eu 3 semaines de répétition, on a travaillé sur la confiance entre nous puisque il y a quelques scènes de nudité et d’autres de bagarres. La dernière semaine on a fait une répétition du film dans l’ordre chronologique, ce qui aussi aider le réalisateur à clarifier ce qu’il voulait et ce qu’il ne voulait pas. Le film montre surtout une capacité à faire des choses insensées pour sauvegarder l’honneur de sa vie sociale»

Mi gran noche, réalisé par Alex de la Iglésia : On y retrouve plusieurs de ses acteurs fétiches comme Santiago Segura, Hugo Silva, Carlos Areces (extraordinaire déguisé en Russe), Terele Pávez, Mario casas, sa muse et compagne Carolina Bang, et égalementPepón Nieto, vedette du film avec la belle Blanca Suárez. Presque tout le bottin du cinéma espagnol réuni !

On est en octobre 2015 sur le tournage de l’émission spéciale de télévision du nouvel an 2016, et le tournage est long et chaotique. Un vieux chanteur de charme ne supporte pas de passer après un nouveau chanteur à la mode, une danseuse récupère le sperme d’une vedette pour du chantage, un nouveau figurant pour le public est coincé entre son devoir d’aller chercher sa mère et une jolie inconnue pas farouche, les deux animateurs se disputent, les techniciens redoutent d’être sur la liste de qui sera viré, un homme s’est incrusté avec un pistolet pour tuer une star, et à l’extérieur une manifestation dégénère… Bienvenue dans les coulisses d’un plateau de télé version Alex de la Iglésia !

Le point commun de la plupart est le désir de ne plus être figurant de sa propre vie et de faire en sorte que ça change… On est loin de l’extravagance de 800 balles, Balada triste, Les sorcières de Zugarramurdi, c’est plutôt une folle comédie du genre Le crime farpait ou Un jour de chance. A noter que Mi gran noche est en fait co-écrit par Alex de la Iglésia et son complice habituel Jorge Guerricaechevarría (plus de 10 films ensemble, il est aussi scénariste du succès El nino par Daniel Monzon, toujours inédit en France…), et que faute de réactivité côté distributeur français il y a un risque de sortie directe en vod puisque leur dernier film El Bar dont le tournage s'est achevé en février est déjà prêt pour Cannes ou Venise…

BIFFF 2016 : les fantômes font-ils encore peur ?

Posté par kristofy, le 6 avril 2016

Strange houseS'il y a un endroit où il n’est pas rare de se retrouver face à un fantôme, c’est bien le festival fantastique de Bruxelles, et de manière générale se faire tuer ou revenir d’entre les morts est d’ailleurs un peu la vie du BIFFF…
On attendait donc beaucoup des maîtres asiatiques avec leurs nouveaux films du genre spooky, tout en étant curieux des autres apparitions d'esprits, et finalement la véritable bonne surprise est venue de Pologne.

On a apprécié la belle ambiance étrange avec Sensoria, où une fillette recherche une mère en Suède, la vengeance sanglante d'orgueil adolescent dans Some kind of hate aux Etats-Unis, ou encore l'invocation d'un mauvais esprit qui ne veut plus partir en Russie avec le passable Queen of spades, mais trois films en particulier nous ont marqués :

The strange house, réalisé par Danny Pang : les frères Pang resteront toujours les réalisateurs qui ont secoué Hong-Kong avec leurs premiers films Bangkok Dangerous et The Eye (d’ailleurs ils ont ensuite eu des remakes américains). Danny et Oxyde Pang travaillent ensemble sur leurs films mais depuis quelques années, ils travaillent parfois en solo surr certains projets. La France les a quelque peu oubliés depuis Re-cycle pourtant présenté à Cannes en 2006 alors que depuis il y a eu tout de même le succès chinois Out of inferno 3D (d’ailleurs passé par le BIFFF en 2014, sorti directement en dvd en 2015).

Hélas ce n’est pas avec The strange house que ça va changer : une jeune fille accepte la proposition de se faire passer pour une autre morte qui lui ressemble face à une grand-mère presque mourante, elle va voir des fantômes dans cette autre famille qui semble vouloir la tuer pour un héritage à moins que… Le scénario bancal peine à se redresser avec un twist final, les personnages sont outrageusement mal joués, la musique et les effets sonores essaient de sauver une mise-en-scène guignolesque. On espère que Danny Pang a été plus inspiré pour son film suivant Blind Spot

Ghost theater, réalisé par Hideo Nakata : Même malheureux constat d'oubli pour l’auteur de Ring et Dark water, mais en moins pire. Depuis Chatroom son thriller américain en 2010 ses autres films d’épouvante tournés au Japon (The suicide forest, The complex…) ne sortent plus en France, pas même son remake très réussi de Monsterz que Hideo Nakata était pourtant venu présenté à Deauville en 2014 (et toujours pas disponible non plus en dvd).

Avec Ghost theater il reprend ghost theatre la classique figure de la poupée maléfique, ici elle est sur la scène d’un théâtre comme accessoire d’une grande pièce dont c’est les répétitions et différentes actrices dans le rôles principal vont être troublées par cette poupée qui va faire perdre la vie à différentes personnes de la troupe… Histoire classique sans surprise, le déroulé en images est plutôt lent et ne fait d’ailleurs jamais peur, le film ne laisse aucun souvenir particulier sauf si on en était encore au début des années 2000. Un faux-pas de Hideo Nakata sans conséquences.

Demon, réalisé par Marcin Wrona : Il s’agit du troisième long-métrage de ce Polonais habitués des festivals (ses deux premiers films ont eu de multiples récompenses), son dernier film aussi puisqu’il s’est suicidé à l’automne dernier à 42 ans… Le début de Demon est un peu laborieux avec un jeune-homme qui s’apprête à se marier avec une femme dont il ne connaît pas vraiment la famille, le couple prévoit des travaux dans une ancienne maison et en creusant un trou lui va découvrir un squelette. La cérémonie du mariage commence et elle va durer toute la nuit, et ce sont ces heures de fête pour les uns et de malheurs pour les autres qui occupent alors toute la durée du film : depuis sa macabre découverte le marié ne semble plus être le même, son esprit serait possédé par l’âme d’une fille décédée depuis plusieurs générations…

Marcin Wrona réussit le tour de force de faire plutôt une comédie à partir d’un cas de possession, il utilise la figure d’un dibbouk (l’âme d’une personne morte qui s’attache à un vivant dans la religion juive) peu traitée au cinéma, il fait le portrait de la Pologne d’aujourd’hui tout en évoquant celle d’antan, et surtout son récit est celui d’un mariage où les proches de la mariée (le père qui réprouve cette union, le prétendant éconduit, le prêtre qui veut surtout rentrer chez lui, un médecin qui se cache son alcoolisme…) tentent de sauver les apparences afin que tout se passe bien pour les nombreux invités alors que le marié n’est plus du tout lui-même… Demon est original parce qu’il s’éloigne d’un fantôme qui fait peur aux vivants (et au spectateur) et s'intéresse plutôt aux conséquences dramatiques de son apparition avec en prime un certain humour : une belle surprise.

Les Visiteurs peuvent-ils retrouver leurs spectateurs?

Posté par vincy, le 6 avril 2016

Ça commence mal. Une polémique sur l'affiche, une projection en avant-première annulée, quelques journalistes privilégiés limitant l'impact critique (préjugé)... Les Visiteurs veulent contourner toutes les voix discordantes avec ses moyens marketing. Mais cela suffira-t-il à en faire un succès?

Certes, avec 7,2 millions de téléspectateurs dimanche soir sur TF1 pour revoir les premières aventures de Jacquouille, les héros médiévaux restent incontestablement populaires dans l'esprit des français. Rappelons que ce film sorti en 1993 avait fait rire 13,8 millions de spectateurs dans les salles, soit le 11e plus gros succès du cinéma en France depuis la seconde guerre mondiale. 5 ans plus tard, Les Visiteurs II: Les couloirs du temps, avec une légère variante de casting dans les rôles secondaires, parvient à rassembler 8 millions de fans (pas assez pour rentabiliser le budget ceci dit). Toujours dans le Top 50 des films les plus populaires. En 2001, Les Visiteurs tentent l'aventure américaine avec Les Visiteurs in America. Honnête succès mondial (et aux Etats Unis, quand même 4 millions de $ de recettes) mais fiasco dans l'Hexagone avec 1,2 million d'entrées. Et surtout le goût amer d'un tournage pas très joyeux après un travail tendu avec l'un des coscénaristes, John Hughes, paranoïaque.

Comme Les Bronzés 3?

Alors quel score pour ce numéro 3 ou 4 selon si on assume la variante US, Les Visiteurs: la Révolution? En dessous de 4 millions d'entrées, ce sera un échec. C'est désormais le seuil minimal pour une comédie populaire française qui veut triompher au box office. L'objectif est plus modeste en fait (2,5 millions) et personne dans cette aventure n'est vraiment sûr du (bon) coup. Mais les ambitions sont certainement plus grandes. Le pari reste risqué. Certes, Les Bronzés 3, 27 ans après le deuxième épisode, et malgré de mauvaises critiques (car le film avait quand même été montré à la presse) avait su rassembler 10 millions de curieux dans les salles. Aujourd'hui personne ne se souvient vraiment du film (contrairement aux deux premiers épisodes) alors qu'il a été le plus vu au cinéma des trois opus. Dans un contexte où le vintage fonctionne à plein (Jurassic Park, Star Wars, ...), la comédie a ses chances.

18 ans après Les Visiteurs 2, l'humour de la franchise parviendra-t-il à traverser le temps? Gaumont peut miser sur la popularité intacte de Christian Clavier, sur l'apport d'actrices populaires comme Karin Viard et Sylvie Testud, sur des émissions spéciales pour montrer qu'on s'amuse bien dans le monde du cinéma. Quoique. Les enfants de la télé spéciale Les Visiteurs, diffusée hier en première partie de soirée sur TF1, n'a rassemblé que 2,9 millions de téléspectateurs, soit 13,7% de part d'audience. Un échec. Reste le sujet de la Révolution qui peut être un bon sujet de divertissement.

A l'inverse, Jean-Marie Poiré n'a rien réalisé depuis le désastreux Ma femme s'appelle Maurice, qui date de 2002. Jean Reno a cumulé les flops depuis 10 ans. Et puis à l'heure des réseaux sociaux, comment ne pas vouloir faire monter le désir ? Or, il n'y a nul buzz sur twitter autour des Visiteurs 3. Hormis les polémiques. A la première séance du matin à l'UGC des Halles, Les Visiteurs : La Révolution domine les nouveautés avec 60 tickets vendus, ce qui n'a rien d'exceptionnel (ce n'est que 17 de plus que L'avenir et 19 de plus que Gods of Egypt) puisque Médecin de campagne avait conquis 77 spectateurs, Five 78 et Batman v Superman 250 à cette même séance lors de leur sortie.

L'affaire N'zonzi

Déjà l'affiche qui présente neuf acteurs sur le visuel ne comporte que huit noms. Pascal N'zonzi a été zappé. Parce qu'il est noir? N'abusons pas, mais il est regrettable que ça tombe sur lui. En tout cas ce n'est pas son absence de notoriété. L'acteur a été vu récemment dans Paulette, Le Crocodile du Botswanga et Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?. Interrogé par le magazine Challenges, Gaumont plaide d'un argument contractuel: “Lorsqu'un comédien signe pour tourner un film, sont décidés également la présence de son nom sur l'affiche mais aussi le lettrage ou la typographie, et que le contrat de Pascal N'Zonzi ne devait donc pas mentionner l'impression de son nom en haut de l'affiche”. La faute à l'agent donc... On peut mal accuser le producteur et distributeur de Chocolat de racisme. Mais le mal est fait. Merci donc au photographe Paps Touré d'avoir rectifié au marqueur l'affiche dans le métro.

Ensuite, le BIFFF devait présenter le film en avant première à Bruxelles vendredi dernier. Le distributeur belge Paradiso avait demandé à Gaumont de pouvoir le projeter mais Gaumont a décidé "à la dernière minute de ne pas permettre la diffusion dans les festivals avant la date de sortie en France et en Belgique", explique Paradiso dans un communiqué. Seulement cinquante billets avaient été pré-vendus. Les deux autres avant-premières prévues mardi 5 avril au Kinépolis de Liège et celle à l'UGC de Brouckère ont aussi été supprimées.

Sans papiers

Enfin, si le public n'a pas le droit aux avant premières, les journalistes non plus. C'est de plus en plus courant pour des films à gros budget. Il ne faut pas mettre en péril le sacro-saint premier jour avec une avalanche de critiques négatives ou dubitatives. Le fantôme de Canterville, concurrent UGC avec Michael Youn qui sort en face des Visiteurs et se partagent les plateaux télé, n'a pas été projeté aux journalistes non plus . Il faut remplir les fauteuil des 650 salles qui vont le diffuser (400 pour le Fantôme de Canterville). Le JDD a quand même recueilli les avis de quelques privilégiés (pas ceux comme Paris Match qui servent la soupe avec un grand dossier flagorneur). Ce ne serait pas si mauvais mais un peu désuet, c'est bien joué mais on ne rit pas, il n'y a pas de mise en scène et le scénario est laborieux, c'est spectaculaire et vulgaire, ... Bref pas de quoi couper des têtes.

Au-delà de ces polémiques, ambitions, peurs et autres plaisirs coupables, on a surtout l'impression que la saga de Jacquouille la Fripouille et des Montmirail (qui ont quand même pris deux décennies dans la gueule, un peu comme Harrison Ford dans Star Wars et Indiana Jones) n'a pas su/voulu/pu se renouveler complètement. Il y a 23 ans, entre le binz et le okay, toute la France parlait Visiteurs. Aujourd'hui la Révolution est ailleurs. Connasse, Kev Adams, TucheBabysitting sont les farces du moment.

Mais comme le dit l'un des journalistes anonymement: "Néanmoins, je pense que c'est une grosse connerie de ne pas montrer le film car ça installe un doute alors que ces Visiteurs, même décevants et à l'ancienne, sont regardables." Si déjà, il n'y a pas le désir, et en plus que le doute s'installe, alors en effet, la stratégie de l'obstruction n'est peut-être pas la bonne. Pire, cela ouvre un espace à tous les concurrents: l'espace que Les Visiteurs auraient pu occuper dans les journaux (web et imprimés) est rempli par les autres films en face, leur donnant une visibilité accrue, et diminuant, par conséquent, celle de la comédie française du mois.

Mais il est certain que Pathé, la cousine de Gaumont, va être très attentive à la sortie des Visiteurs. En juin, le distributeur sort Camping 3, six ans après le deuxième film.

BIFFF 2016 : Alberto Marini présente Summer Camp

Posté par kristofy, le 4 avril 2016

summer campCette année encore le cinéma espagnol est présent en force au BIFFF : Alex de la Iglésia en clôture avec Mi gran noche et  Javier Luiz Caldera de retour avec son nouveau film Anacleto, Agente Secreto, mais aussi El Cadaver de Anna Fritz de Hector Hernandez Vicens, Extinction de Miguel Angel vivas et El Desconocido de Dani de la Torre qui ont été tout les deux scénarisés par Alberto Marini.

Et surtout Summer Camp, le premier film réalisé par Alberto Marini, qui est un coup de cœur instantané ! Avant le BIFFF, ce film avait déjà été sélectionné par les festivals de Sitges, San Sebastian, le FrightFest de Londres,  Gérardmer... : un film culte en devenir ?

Alberto Marini est le scénariste dont on s’arrache la collaboration depuis quelques années et Malveillance de Jaume Balaguero. Il est aussi scénariste pour deux autres films présentés en même temps au BFFF : Extinction de Miguel Angel vivas (avec Matthew Fox de la série Lost) et El Desconocido de Dani de la Torre (avec Luis Tosar). Il a par ailleurs été producteur pour la saga [•REC] et pour Les derniers jours des frères Pastor (passé aussi au BIFFF et sorti au cinéma durant août 2013) : autant dire que le fantastique sous toutes ses formes, il connaît.

« J’ai voulu apporter de la fraîcheur Alberto Mariniaux films de genre slasher et aux films de zombies», explique-t-il. «En général les infectés qui deviennent comme des zombies perdent leurs instincts d’humanité, et pour les loups-garous ce sont des personnes qui perdent leur humanité et qui développent un instinct d’animalité.

J’ai réfléchi avec ces deux notions pour faire un mix de tout ça qui soit différent. Je voulais une infection qui soit à la fois quelque chose de familier et qui soit aussi surtout quelque chose d’inédit. »

Summer Camp débute ainsi avec 4 jeunes Américains qui arrivent comme moniteur de colonie de vacances en Espagne quelques jours avant l’arrivée des enfants, mais ils vont être surpris par une étrange infection mortelle... Sur le papier, c’est du classique, mais à l’image, avec Alberto Marini aux manettes, ça donne un des films les plus mortels depuis longtemps !

summerEn effet, la dizaine de minutes d'introduction est typique du slasher avec une habitation isolée dans une forêt et quelqu'un qui se cache dans les bois, puis une situation d'infection avec un chien malade qui en fait est la conséquence d'autre chose... Très vite il va falloir courir, se cacher, se défendre pour essayer de sauver sa peau, dès lors le film va devenir sanglant et va à toute vitesse avec une succession d'évènements et de retournements de situation pour chaque personnages dans plein d'endroits. Le film sait anticiper certaines attentes des spectateurs (exemple: ça va sûrement arriver derrière cette porte...) tout en jouant avec (...ça arrive par la fenêtre avec en plus ça comme arme...). Summer Camp aspire le spectateur dans une spirale de moments stressants, effrayants, et au final jouissifs.

« Je suis d’origine italienne, et très jeune j’ai pu voir Les frissons de l’angoisse de Dario Argento : alors je ne voulais plus du tout être vétérinaire mais plutôt cinéaste. », se souvient-il. J’ai travaillé sur beaucoup de scénarios et aussi beaucoup de films à la production, j’ai donc été présent souvent sur des plateaux de tournage. Summer Camp est mon premier film comme réalisateur mais j’étais donc déjà bien au courant des différents problèmes et défis d'un tournage. J’ai fait le casting des acteurs américains par internet via Skype, je ne les ai rencontrés en vrai en Espagne que quelques semaines avant de tourner. La langue anglaise s’est imposée pour sortir le film plus facilement à l’international, on a déjà une sortie aux Etats-Unis. On a un coproducteur américain qui nous a suggéré des remarques à l’étape du scénario et au montage mais on a tourné ce qu’on voulait comme on voulait en toute liberté sans intervention de leur part. Depuis quelques années le cinéma fantastique espagnol est reconnu comme meilleur et est salué de par le monde, ça devrait continuer. J’ai un autre projet de réalisation encore dans l’horreur mais c’est trop tôt pour en parler, le futur c’est d’abord le travail sur deux scénarios en cours à produire dont encore un que devrait réaliser Jaume Balaguero. »

BIFFF 2016 : 31, le nouveau Rob Zombie

Posté par kristofy, le 2 avril 2016

Ses images ne laissent personne indifférent, à tel point que pas grand-monde ne se souvient de lui comme un musicien (son groupe White Zombie) qui a choisi un jour de faire du cinéma, mais bien comme un réalisateur de film : Rob Zombie. En matière de film d’horreur, il s’est vite imposé comme étant très efficace : avec plusieurs degrés de violence, autant psychologiques que physiques. La maison des 1000 morts (2003), The Devil’s rejects (2005), Halloween (son remake, 2005), Halloween 2 (sa suite, 2008), The Lords of Salem (2013) sont autant de films d’horreur très ou peu recommandables, selon si vous avez le cœur bien accroché ou pas…

Son dernier film 31 n'a été montré qu’une seule fois lors du festival de Sundance avec comme écho qu’il s’agirait de son film le plus violent… Il vient d’être découvert au BIFFF : en quelques mots, c’est en effet très violent, mais pas du tout le meilleur film de Rob Zombie.

La séquence d’introduction est très simple et diablement efficace : juste un champs/contre-champs avec une victime attachée et son bourreau lancé dans une tirade avant de la tuer à coups de hache : « on m’appelle le Punisseur ».

Après le générique, changement de décor : une joyeuse troupe de saltimbanques voyage sur une route désertique dans un vieux van. On fait connaissance avec chacun des personnages lors d’un arrêt à une station service, puis ce soir du 31 octobre 1976 les voilà sur une route bloqués par des épouvantails. Certains seront tués sur place et les 5 autres sont faits prisonniers dans un vaste entrepôt industriel. Ils sont obligés de participer au 31, un curieux jeux pervers où le but est de rester survivant assez longtemps tout en étant pourchassés par différents tueurs psychopathes…

Tout est grandiloquent et guignolesque depuis les décors jusqu'aux différents ‘méchants’ sadiques. Dès lors, le film n’est plus qu’une suite de tableaux où différents maniaques (dont un nain nazi, deux frères avec des tronçonneuses…) s’acharneront à vouloir tuer une par une ces 5 personnes piégées. On assiste alors à un véritable jeu de massacre.

Rob Zombie s’était servi un très bon jeu qu’il n’a pas su bien jouer : un casting qui joue la carte de la mixité avec au départ plusieurs figures black (mais comme un mauvais cliché ce sont eux qui vont mourir d’abord) et quasiment tout le monde approche la cinquantaine (donc aucune écervelée qui va hurler) avec bien entendu comme dans ses autres films son actrice-muse et épouse Sheri Moon Zombie (sans suspens on devine que bien d’autres vont mourir avant elle), on retiendra en particulier les visages de Meg Foster (courageuse victime) et de Richard Brake (effrayant bourreau).

Il y a déjà eu bien d’autres films où un groupe de personnes se retrouvaient victimes pour le plaisir sadique de quelques bourreaux (ne serait-ce que American Nightmare 2 ou Hostel 3) mais avec tout de même une idée de scénario en guise de prétexte, il apparaît qu'avec 31 les séquences d’horreur ont été plutôt prétexte à un scénario (d’ailleurs pas très solide), dommage. 31 est très réussi dans un genre brutal, tellement qu’une sortie en salles de cinéma s’annonce compliquée mais on espère pas désespérée...

BIFFF 2016 : rendez-vous à Bruxelles jusqu’au 10 avril

Posté par kristofy, le 30 mars 2016

Pride-and-Prejudice-and-Zombie

Il y a à peine une semaine, le 22 mars dernier, la ville de Bruxelles subissait un double attentat frappant un aéroport et une station de métro. Le 34e BIFFF (Bruxelles International Fantastic Film Festival) qui devait se dérouler du 29 mars au 10 avril ouvrirait-il ses portes ? La réponse était en fait arrivée très vite, dès le lendemain : « oui, cent fois oui ! Nous ne nous plierons pas à ces actes lâches de terreur, nous n'admettrons pas que notre liberté de parole soit prise en otage et nous ne courberons pas de peur. Garder la tête haute, c'est notre acte de résistance! En riant ensemble, c'est notre acte de résistance! On va s’amuser les amis, ça sera notre acte de résistance ! »

C'est donc parti pour cette édition 2016 de la manifestation belge consacrée au cinéma fantastique, dont le jury international est cette année présidé par Jaume Balaguero. Dès son premier film La secte sans nom (1999), son nom à lui, loin d'être secret, circule comme celui d'un nouveau réalisateur espagnol à suivre. La confirmation arrivera en 2002 avec Darkness, puis Fragile avec Calista Flockhart en 2005. En 2007 il s’associe avec Paco Plaza pour réaliser [•REC] et c’est un succès mondial, suivi de [•REC]2, un troisième volet par Paco Plaza, et Jaume Balaguero aux commandes du dernier [•REC]4 Apocalypse. Entre temps, il a également réalisé le thriller Malveillance.

La récompense suprême du BIFFF, c'est le Corbeau d’or, et il l’avait déjà gagné pour La secte sans nom, [•REC] avait quant à lui été récompensé du Corbeau d’argent et d’un prix du public : c’est dire s'il connaît déjà bien ce festival de Bruxelles ! Il est entouré du réalisateur italien Luigi Cozzi, du Français Marc Caro, de l’actrice tchèque Jasna Kohoutova et de la Chinoise Bai Ling.

Le BIFFF, c’est une centaine de films, en provenance de partout, et certains très fous, dont Green Room et Hardcore Henry qui sortiront bientôt courant avril en France et surtout 31 de Rob Zombie, Yoga Housers de Kevin Smith, The strange house de Danny Pang, Anacleto, Agente Secreto de Javier Luiz Caldera…

En guise de film d’ouverture, les festivaliers découvriront Orgueil et Préjugés et Zombies, soit une relecture du roman de Jane Austen : l'intrigue se passe toujours au 19e siècle... mais avec de féroces zombies. Le film va se révéler tout autant romantique mais bien plus féministe et plus tranchant, avec des répliques du style : “mes filles ont appris à se battre, pas à cuisiner…” Ce qui résume plutôt bien l'esprit de ce festival où l'on passe plus de temps à regarder des personnages se battre qu'à faire le ménage ou s'interroger philosophiquement sur le sens de la vie.

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34e édition du Brussels International Fantastic Film Festival
Du 29 mars au 10 avril 2016, au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles
Infos et programmation sur le site de la manifestation

Ecrans noirs à Bruxelles

Posté par vincy, le 22 mars 2016

Avec au moins 30 morts, le double attentat suicide revendiqué par l'EI qui a visé l'aéroport de Bruxelles et une station de métro dans le centre ville est l'un des plus importants survenus en Europe ces dernières années. Comme pour les attentats de Paris le 13 novembre dernier, la capitale belge s'est placé dans un état d'urgence, à un niveau d'alerte 4 selon la nomenclature du pays.

Les conséquences sont à peu près les mêmes : commerces fermés ou vides, transports bloqués, événements culturels annulés. Les cinémas ont suivi. Le multiplexe Kinepolis de Bruxelles baissé le rideau pour la journée, tout comme les deux complexes UGC. Les cinémas Galeries et Aventure ont aussi décidé de ne pas ouvrir malgré le festival du film documentaire Millenium qui s'y tient cette semaine.

Le BIFFF - Festival international du Film Fantastique de Bruxelles - qui doit se lancer la semaine prochaine n'a pas encore communiqué ses intentions. Tout comme les salles de cinéma bruxelloises, il faudra attendre les décisions de sécurité prises au niveau national et local pour savoir si ces mesures sont maintenues dans les jours qui suivent.