Le cinéma Le Balzac accueillera cinq jours durant (9 au 13 décembre) la manifestation De Rome à Paris sur l’initiative de l’ANICA et de l’UNEFA. Une occasion de découvrir le nouveau visage du cinéma transalpin à travers une programmation éclectique de 12 longs métrages récents présentés par leurs réalisateurs, mais aussi par le biais d’une conférence d’ouverture « Rencontre entre le Cinéma Italien et le Cinéma Français » (vendredi 9 à 11h). Entrées libres dans la limite des places disponibles.
Programmation : Quando La Notte (Quand la nuit) de Cristina Comencini Ruggine (Rouille) de Daniele Gaglianone Into Paradiso de Paola Randi Taglionetto (Au plus profond de soi) de Federico Rizzo Tatanka de Giuseppe Gagliardi Nessuno Mi Può Giudicare (Personne ne peut me juger) de Massimiliano Bruno Cuccioli - Il Codice Di Marco Polo (Le code Marco Polo)de Sergio Manfio Sette Opere Di Misericordia (Les sept oeuvres de miséricorde) de Gianluca et Massimiliano De Serio Maternity Blues de Fabrizio Cattani Scialla! (Laisse tomber) de Francesco Bruni Immaturi (Immatures) de Paolo Genovese Figli Delle Stelle (Enfants des étoiles) de Lucio Pellegrini
Allan Ginsberg continue de séduire Hollywood. Mais deux films en moins de deux ans, n'est-ce pas trop? Daniel Radcliffe est pressenti pour incarner le héros de la "beat generation" dans Kill You Darlings. Le film sera réalisé par John Krokidas, qui travaille parallèlement à la version longue de son court Slo-Mo. Le rôle devait échoué à Jesse Eisenberg. Harry Potter aurait eu le dernier mot. Krodikas, ancien étudiant de la New York University, a déjà réalisé quelques courts métrages sélectionnés dans les festivals du monde entier. Pour entourer l'acteur britannique, Chris Evans et Ben Whishaw étaient pressentis pour interpréter Jack Kerouac et Lucien Carr. Le film sera produit par Christine Vachon.
Radcliffe devra affronter les comparaisons avec James Franco, qui a interprété le même personnage dans Howl, sélectionné à Sundance et Berlin en 2010. Le film sort dans les salles françaises le 1er février 2012.
Allen Ginsberg (1926-1997) est un poète américain, homosexuel, membre fondateur de la Beat Generation. Howl, un long poème en prose, fut en son temps un scandale littéraire et fut ainsi très rapidement condamné et retiré de la vente pour obscénité. Ginsberg a même été considéré par le FBI comme une menace pour la sécurité intérieure. Il était de tous les combats : avec les pacifistes contre la guerre du Viêtnam, luttant contre les discriminations sexuelles, aux côtés des communistes, vantant une spiritualité bouddhiste et hindouiste stimulée par les drogues. Son oeuvre a fortement influencé l'émergence des idées hippies (on lui attribue d'ailleurs le slogan Flower Power).
Autant dire qu'il s'agit d'un rôle sulfureux, bien loin du magicien de Poudlard, qui attend Radcliffe.
Le Cheval de Turin, dernier opus cinématographique du réalisateur hongrois récompensé par l’Ours d’argent et le Prix de la Critique internationale au dernier festival de Berlin, est actuellement en salles. Il a séduit 800 spectateurs dans seulement 12 salles lors de son premier jour d'exploitation, soit la meilleure moyenne par copie pour une nouveauté du 30 novembre pour un film exploité dans moins de 200 salles.
Selon les dires du cinéaste, il n’y en aura pas d’autre. A 56 ans, Béla Tarr a décidé d’arrêter le cinéma, de clore une œuvre magistrale commencée il y a un peu plus de trente ans. En septembre 2008, pour la sortie de L’Homme de Londres, il déclarait déjà aux Cahiers du Cinéma : « Quand vous le verrez, vous comprendrez pourquoi ce ne peut être que mon dernier film ».
Béla Tarr, né en 1955 à Pecs en pleine Hongrie communiste, est un artiste pour le moins atypique et qui aura construit sans l’ombre d’une déviation un cinéma exigeant traversé par la condition humaine. En alliant pureté esthétique et force émotionnelle brute, il a su rendre captivant sa vision d’une humanité enchaînée ou l’espoir ne serait qu’un leurre. Son cinéma s’est déplacé avec le temps, passant de la ville aux champs et de l’intime des corps à ceux, plus lointains, des labeurs au cœur d’un paysage froid, pauvre et avilissant. Le désespoir est de mise, ses influences sont les cinémas de Tarkosky et de Cassavetes. Pas étonnant, alors, de retrouver l’utilisation d’un noir et blanc sublime transcendé par des plans-séquence inoubliables.
- Pour ceux qui voudraient (re)découvrir l’œuvre de Béla Tarr, le Centre Pompidou lui consacre une rétrospective intégrale du 3 décembre 2011 au 2 janvier 2012. Tout le programme
- A l’occasion de la sortie en salle du Cheval de Turin, la maison d’Editions Capricci a sorti le 29 novembre un essai critique, Béla Tarr, le temps d’après, par le philosophe français et professeur Jacques Rancière. Une autre façon d’appréhender le maître hongrois au-delà de la simple vision de ces films. Pour l’auteur, le temps d’après est « notre temps et Béla Tarr est l’un de ses artistes majeurs ». Rancière a aussi publié Scènes du régime esthétique de l'art aux éditions Galilée en octobre. (Béla Tarr, Le temps d’après, de Jacques Rancière, Editions Capricci, collection "Actualité critique" 96 pages. 7,50€)
Le livre se conclut sur un espoir. Celui de voir un autre film de Béla Tarr : "Le dernier film est encore un matin d'avant et le dernier film est encore un film de plus? Le cercle fermé est toujours ouvert."
Le Festival du film de Vendôme a 20 ans. C'est un âge assez avancé pour pouvoir revendiquer fièrement une identité propre. C'est aussi l'âge de l'audace et de l'avenir, deux des axes majeurs de cette manifestation qui a eu à coeur de mettre l'accent sur les premiers pas, les tentatives innovantes et les projets ambitieux.
A l'origine, le Festival s'appelait Images en région. Il était organisé pour la première fois en 1991 par l'APCVL (association devenue Centre Images). C'est alors la première manifestation consacrée aux oeuvres produites avec le soutien des collectivités territoriales. Première manifestation cinématographique en Région Centre, le Festival a été créé dans l'optique d'apporter une visibilité au court métrage et de promouvoir les oeuvres soutenues par les collectivités territoriales, françaises et européennes, à travers un vaste panorama de longs métrages inédits, un focus sur le cinéma d'animation, des rétrospectives, des cartes blanches, des ateliers... Une multitude de points de vue en présence de cinéastes.
Au fil des ans, l'événement a en effet évolué et su plaire par son originalité et continue de séduire les artistes comme les festivaliers, toujours de plus en plus nombreux au rendez-vous (10 000 l'an dernier). En témoigne la présence cette semaine de certains acteurs de sa création réunis pour célébrer ce bel âge : 20 ans. Autrefois ciblé sur le court métrage français, il s'est ouvert à la création internationale, puis au long métrage et au documentaire. Le Festival est aussi un lieu de rendez-vous pour les professionnels mais aussi pour les spectateurs et la jeunesse. La réussite du Festival réside dans sa capacité à fédérer l'enthousiasme autour d'une programmation d'avant-garde, où l'énergie créative bouscule les barrières des genres, des formats et des conventions.
Pour cette édition anniversaire, du 2 au 9 décembre 2011, le Festival occupera les écrans du Minotaure et du Ciné Vendôme. Ce sera assurément une grande fête du cinéma !
Le deuxième tome de l'excellente bande dessinée Quai d'Orsay vient de paraître (Dargaud). Abel Lanzac (pseudonyme d'une ancien membre du Ministère) écrit le scénario tandis que Christophe Blain dessine. Après le succès du premier volume, l'éditeur a décidé de miser gros : 200 000 exemplaires quand le premier s'était vendu, à la surprise générale, à 120 000 exemplaires.
Bertrand Tavernier a pris une option pour adapter Quai d'Orsay au cinéma. Le scénario sera signé par les auteurs de la BD. Il reste à trouver le financement, selon Dargaud. Une version de L'Exercice de l'Etat version cocaïnée.
Car Quai d'Orsay est une chronique à peine fictionnelle au sein du cabinet d'un ministre des Affaires étrangères (Taillard de Vorms alias Dominique De Villepin pour ne pas le nommer). Le deuxième album retrace les événements autour des prémices de la seconde guerre du Golfe, quand le Ministre tente de résister à l'invincible armada de la propagande américaine. Toute l'histoire est vue à travers un jeune conseiller chargé des discours et qui essaie d'avoir une vie privée en pleine tornade politique.
Le réalisateur britannique Mike Leigh présidera le jury du Festival international du cinéma de Berlin, du 9 au 19 février, ont annoncé vendredi les organisateurs.
7 fois nommé aux Oscars comme meilleur réalisateur ou scénariste, deux fois en sélection à Berlin (en 1984 avec Meantime et en 2008 avec Happy-Go-Lucky qui a valu à Sally Hawkins le prix d'interprétation féminine), Palme d'or à cannes (Secrets et mensonges), Lion d'or à Venise (Vera Drake), il est l'un des cinéastes les plus primés de ses vingt dernières années.
Son dernier film, Another Year, était sélectionné à Cannes en 2010. Il vient de mettre en scène une pièce de théâtre en Grande-Bretagne, Grief, qui se joue jusqu'à la fin janvier 2012.
La 62e Berlinale se déroulera du 9 au 19 février 2011.
Le mois de décembre annonce les vacances de Noël et en même temps un nouveau record d’entrées en salles pour le film Intouchables : avec plus de 10 millions de spectateurs, ça sera le film le plus vu de l’année. Certains des gros blockbusters américains (comme Harry Potter 7, Twilight 4, Mission Impossible 4…) ne bénéficient pas de cette image de film pour toute la famille de 7 à 77 ans, qui fait passer un bon moment. Un nouvelle fois c’est donc un film français qui "casse la baraque" au-delà des prévisions les plus optimistes des pros du marketing, comme cela fut le cas pour Bienvenue chez les Ch'tis de Danny Boon ou il y a quelques années Un indien dans la ville produit par Thierry Lhermitte.
Le film Intouchables fait donc le bonheur des exploitants de cinéma avec la complicité d'Omar Sy et de François Cluzet, et le succès se poursuivra encore plusieurs mois avec la cérémonie des Césars…
Chacun, comme les heureux producteurs du film, rêve que rencontrer un génie capable de réaliser tout les vœux qui le combleraient de bonheur... le rêve devient réalité (ou tout au moins fiction) avec le court-métrage Dans mon jardin, réalisé par Sylvain Gillet. Il existerait en effet un concours du meilleur génie pour rendre une personne la plus heureuse possible…
Ecran Noir : Quel parcours vous a conduit à être à la fois acteur et cinéaste ?
Sylvain Gillet : Je suis un comédien qui est devenu réalisateur. J'ai commencé le théâtre amateur en province à 14 ans. Après des études de comptable (eh oui…), je me suis lancé dans la vie du comédien professionnel parisien avec la classique course aux cachets : théâtre classique et contemporain en compagnies, café théâtre solo et duo, courts-métrages, doublage, etc. C'est en 1998 que j'ai réalisé mon premier court Un peu de Retenue ! (10 min en super16) avec Julien Guiomar et Jean-Claude Dreyfus, pratiquement sur un concours de circonstances. J'ai aimé, donc continué. Ont suivis Lacryma-Christine (7mn en 35mm) avec François Rollin, puis L'Alexandrophagie (27 min en Scop) avec Marc Gelas. Dans mon jardin est mon dernier film. J'ai aussi réalisé plusieurs pilotes de programmes courts. Cette expérience accumulée a fait que je gagne maintenant ma vie depuis une petite dizaine d'année comme réalisateur de films internes d'entreprises.
EN : Un point commun entre vos films serait un certain humour, Dans mon jardin est désigné dans son générique comme "un agréable film de Sylvain Gillet" : peut-être une manière de désacraliser en quelque sorte une définition du court métrage ?
SG : Bien sûr. Un court métrage est un film comme un autre, un film à part entière. J'aime assez "qualifier" mes films avant qu'on le fasse pour moi. Et dans le domaine du court métrage (comme dans d'autres d'ailleurs…) beaucoup trop de gens se prennent beaucoup trop au sérieux.
EN : Dans mon jardin a été réalisé avec un appareil photo. Quels sont les principaux avantages et inconvénients, par rapport à vos tournages précédents, que vous avez rencontré en utilisant ce genre de matériel ?
SG : L'avantage des nouveaux (ou presque…) appareils photo "filmant" est surtout de pouvoir obtenir une qualité d'image se rapprochant beaucoup de celle de la pellicule (essentiellement avec la profondeur de champ) pour un coût infiniment moindre. Plus de pellicule chère à acheter, plus de grosse caméra à louer (bon nombre de chefs opérateurs possèdent maintenant leur appareil photo), un peu moins de lumière à louer, des machineries moins lourdes, plus de laboratoire à payer, etc. Du coup, l'éventualité de tourner avec plusieurs appareils en même temps n'est plus un rêve comme c'était souvent le cas pour les courts métrages. Par contre la légèreté des appareils photos n'est pas toujours un avantage car elle peut pousser le réalisateur à tourner "à la main", ce qui selon moi donne rarement de bons résultats. Le travail de l'image avec ce type d'appareil peut convenir pour un résultat final sur écran vidéo ou informatique mais si l'on souhaite pousser jusqu'à une projection grand-écran (vidéo ou par une copie positive), la pellicule est encore actuellement, selon moi, préférable. Mais c'est peut-être une question d'habitude…
EN : On découvre un génie très inhabituel, il sort d’une cannette de soda avec un t-shirt de football et il parle un peu en argot. Pourquoi ce choix ?
SG : Je voulais tout simplement un génie actuel. Pourquoi un génie du 21e siècle serait-il encore vêtu à la mode des mille et une nuits ? Le mien est de banlieue et fan du P.S.G. (ce qui n'est pas du tout mon cas, je le précise…). Pour la canette de soda, même chose. Vous connaissez beaucoup de gens qui ont encore des lampes à huile chez eux ? Il n'y a ni jeunisme ni anti-jeunisme là-dedans.
EN : Dans l’histoire Dieu n’est pas très heureux de sa création… Si un génie vous accordait quelques vœux, vous lui demanderiez quoi ?
SG : Que je trouve enfin le producteur et les financements pour réaliser un des trois longs-métrages que j'ai écrit. Et s'il n'a pas assez de relations pour ça, une part de flan. J'aime bien le flan.
EN : Le CNC va organiser une nouvelle opération ‘Le jour le plus Court’ pour promouvoir le format court, avec une journée spéciale le 21 décembre, qu’en pensez-vous ?
SG : Ils auraient dû mettre ça le 25 décembre pour continuer à nous faire croire au Père Noël. Il faut surtout que le CNC arête de financer toujours le même type de films et les mêmes maisons de production. Sinon, les aides à la production existent et c'est tant mieux. Pour ce qui est des aides à la diffusion, il y a déjà eu des tentatives (voir la règle du 1% pour les courts diffusés en salle avant un long), mais elles étaient en général détournées par les prods de longs qui les considéraient comme des aides indirectes à leur film. Pour ce qui est des exploitants, vu la place dominante des grands groupes que nous connaissons tous qui préfèrent curieusement passer des publicités, croyez-moi chers amis, vous n'êtes pas prêts d'en voir des courts métrages en salles… En ce qui concerne Internet, je dis oui ! Je dis bravo ! Mais encore faut-il que les sites de diffusions qui sont de plus en plus nombreux arrivent à se faire connaître, noyés qu'ils sont dans la masse. Et il faudrait peut-être, je dis ça comme ça, penser à une forme de rétribution des créateurs originaux, si vous voyez ce que je veux dire, cher Ecran Noir... [NDLR : On voit... plus ou moins. Et l'on rappelle que dans le cadre de l'Instant court, Ecran Noir propose des œuvres qui sont déjà diffusées librement sur internet par leur auteur, et ce dans le but de leur donner une visibilité supplémentaire. Notre site n'en retire aucun intérêt économique spécifique, et n'a pas vocation à se transformer en plate-forme de diffusion payante de contenus.] … Enfin, pour la télévision, tant qu'il n'y aura qu'un et un seul type par chaîne, en général sorti de l'école de commerce, qui décidera de la diffusion et donc de la vie des courts métrages qui lui sont présentés, tel le doigt divin de "l'Élu", vous aurez toujours le même type de courts métrages sur vos écrans. Sur ce, vive la charcuterie française !
Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Dans mon jardin.
Pour débuter cette nouvelle rubrique, Ecran Noir a choisi de vous parler d’une société de restauration française privée qui fait des miracles, récolte des Césars et redonne vie aux chefs d’œuvres du cinéma muet. Il s’agit bien entendu de Lobster Films que « dirige » Serge Bromberg.
Serge Bromberg et Lobster Films reviendront certainement à de nombreuses reprises dans nos articles car ils sont des acteurs majeurs de la restauration et de la sauvegarde du patrimoine cinématographique : spectacles live, DVD, festivals, etc. Ils sont partout et arrivent chaque année les bras chargés de cadeaux. Le dernier en date ? La restauration d’une nouvelle version (colorisée) du Voyage dans la lune de Méliès, rien que cela. Ce même Voyage dans la lune qui sert de fil conducteur au nouveau film de Martin Scorsese, Hugo Cabret.
Au programme aujourd’hui : un site internet, un réalisateur oublié, un film à trucs et une société de production déjà nommée. En effet, pour ouvrir le bal, un petit film français intitulé Les Kiriki, acrobates japonais, de Segundo de Chomon, et qui date de 1907. A cette époque, la production cinématographique française domine le monde. Georges Méliès, Pathé et Gaumont occupent le terrain et Edison a bien du mal à s’imposer. Les grands réalisateurs tel que Griffith n’ont pas encore fait leur preuve et des artistes comme Douglas Fairbanks, Mary Pickford, Thomas H. Ince, Mack Sennett ou encore Charlie Chaplin n’ont pas encore débuté au cinéma.
Ce petit court burlesque est disponible gratuitement sur le site internet Europa Film Treasure qui est une initiative de… Lobster Films ! Ce site, déjà très connu, propose aux internautes de regarder des films d’époques diverses qui appartiennent aux cinémathèques européennes. Le principe de base est simple, Lobster Films a demandé aux cinémathèques de livrer quelques-uns des innombrables trésors qui « croupissent » dans leurs archives pour les mettre sur la toile. Car l’un des grands problèmes des conservateurs est de savoir quoi faire des milliers de boîtes de bobines qui s’entassent et qui restent dans l’ombre dans ces grands hangars... Bien souvent, les collections sont si importantes que les cinémathèques n’ont pas une connaissance précise ou une liste complète de tous les films qu’ils possèdent. Ce site internet, lui, permet de rendre public ces films qui seraient difficilement commercialisables.
Ainsi, on peut savourer, entre autre, ce très court film de Segundo de Chomon, réalisateur que l’on pourrait qualifier de « petit Méliès ». En effet, il fut engagé par Pathé pour concurrencer les films à trucs de la Star Film du magicien du cinéma. Ainsi, il réalise ce court métrage burlesque dont le trucage est des plus simples. Les acteurs, grimés en artistes asiatiques, ont joué couchés sur le sol (un fond noir), et tout est fait pour donner l’illusion qu’ils sont débout et effectuent des figures incroyables.
Mais, il faut savoir que ce film n’a pas été mis tel quel sur internet. Il a été restauré par Lobster Films qui a notamment repeint image par image la pellicule pour lui redonner les couleurs de l’époque. Car, si le noir et blanc était largement dominant, des films en couleurs étaient tout de même diffusés dans les premiers temps du cinéma. Chaque image était peinte à la main. C’est ce procédé que les restaurateurs de Lobster Films ont repris pour coller à la réalité historique. Un travail de précision que l’on ne peut qu’applaudir et apprécier.
Ce court métrage est aussi disponible sur le 2ème DVD de la collection Retour de flamme, édité par Lobster Films.
Warner Bros a relancé l'adaptation du roman graphique All You Need is Kill après des mois de de pré-production suspendue. Le film a longtemps été dépendant du choix de la star principale. En étant fidèle au manga d'Hiroshi Sakurazaka (publié en 2009), la logique voulait que l'acteur principal soit dans la trentaine. Le réalisateur Doug Liman avait envisagé Ryan Gosling ou Joseph Gordon-Levitt. Les producteurs visaient plus "gros" avec une star mondiale de catégorie A. Brad Pitt a longtemps tenu la corde. Ce qui exigeait de vieillir le personnage.
Selon Variety, après plusieurs mois de discussions entre le réalisateur et Tom Cruise, le scénario de Dante Harper a été réécrit par Jody Harold pour que la star accepte d'être la vedette du film. Cruise aura 50 ans l'an prochain. L'acteur a donné son accord de principe. Pour l'instant, rien n'est signé. Mais Cruise avoue adorer le script.
L'histoire, dans la veine d'Un jour sans fin, est celle d'un soldat en guerre contre des extra-terrestres qui revit le dernier jour de sa vie indéfiniment, à chaque fois qu'il est tué. A force de revivre cette résurrection et ces ultimes combats, il progresse en tant que soldat et cherche à changer la fatalité de son destin.
Doug Liman peut dire merci à Tom Cruise. Après l'abandon (provisoire?) de son prochain film, Luna, un film d'aventure spatial, il n'a plus rien d'autre dans sa liste de projets. Reste le planning chargé de Cruise. Actuellement en promotion pour le prochain Mission Impossible : Protocole fantôme qui sort ce mois-ci dans le monde entier, la star, qui a absolument besoin d'enchaîner les blockbusters pour redorer son blason (depuis 2006, il lui manque un gros hit au box office). Il tourne en ce moment One Shot, polar de Christopher McQuarrie avec Rosamund Pike, Werner Herzog et Robert Duvall, à Pittsburgh et est engagé sur le tournage du film de SF Oblivion en mars, un film de science-fiction, de Joseph Kosinski, avec Jessica Chastain. All You Need is Kill pourrait être tourné à la fin de l'automne 2012, après la vague de promotion de Rock of Ages, film musical d'Adam Shankman, avec Paul Giamatti, Catherine Zeta-Jones et Alec Baldwin, qui sort cet été.
Le dernier film à l'affiche avec Tom Cruise est Knight & Day, en 2010, avec Cameron Diaz (262 millions de $ dans le monde). Doug Liman (The Bourne Identity, Mr & Mrs Smith, Jumper) avait sorti la même année Fair Game, en compétition à Cannes, avec Sean Penn et Naomi Watts (un flop avec 24 millions de $ dans le monde).
Jeudi 1er décembre, le Tribunal de commerce de Nanterre a mis en liquidation judiciaire le groupe Duran (sociétés de post-productions Duran, Duboi et DuboiColor). La société était en plan de continuation depuis 2003, selon les informations du Film Français.
Un mois après le dépôt de bilan de LTC, ScanLab et la holding Quinta Industries, c'est une mauvaise nouvelle pour les anciens fleurons de la post-production française. Duran Duboi, dirigée par Jacquemin Piel, est spécialisée dans l'animation 3D et les effets visuels et appartient au groupe Quinta Industries. L'ensemble de ces entreprises représentent environ 200 emplois.
Le tribunal a accordé la continuation de l'activité durant un mois en attendant de retrouver un repreneur. Les dossiers seront examinés le 20 décembre.
Cela pourrait impacter sur les films actuellement en laboratoires, comme Astérix 4 de Laurent Tirard.