L’instant Court : Tyrannosaur, réalisé par Paddy Considine

Posté par kristofy, le 14 octobre 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le film institutionnel Film for life avec l’acteur Paddy Considine, voici l’instant Court n° 49.

Paddy Considine  est la personnalité du cinéma britannique du moment. Son premier film en tant que réalisateur a été doublement primé lors du 22e Festival du Film Britannique de Dinard, le jury (qui avait la charge de remettre trois trophées) lui a donné deux prix : meilleur scénario (après un vote) et Hitchcock d’or (à l’unanimité). Ce film (Tyrannosaur) avait été dévoilé lors du festival de Sundance où déjà il avait gagné trois récompenses dont celle de meilleur réalisateur pour Paddy Considine (et meilleur acteur Peter Mullan, meilleure actrice Olivia Colman). Il vient aussi de sortir en salles de cinéma au Royaume-Uni, où les critiques sont très élogieuses. "Outstanding directorial debut from Paddy Considine" , "Powerful and brillantly acted" , "The best british film of the year"...

La vocation de Paddy Considine était pourtant d’être acteur. Il a débuté dans le métier en même temps que son ami Shane Meadows dans la mise en scène, il a même eu un rôle dans plusieurs de ses films dont Dead Man Shoes (qui avait d’ailleurs aussi gagné le Hitchcock d’or de Dinard en 2004) et Le Donk and Scor-zay-zee (tourné en 5 jours!). Il s’est intéressé aussi à l’écriture de scénario et à la mise en scène (il signe un clip pour le groupe Artic Monkeys) en même temps qu’il devenait un acteur demandé à l’international. Il apparaît aux génériques de films comme In América de Jim Sheridan, Cinderella Man de Ron Howard, La vengeance dans la peau de Paul Greengrass, Hot Fuzz de  Edgar Wright, The Red Riding Trilogy de Julian Jarrold/James Marsh/Anand Tucker, Blitz avec Jason Statham, Submarine de Richard Ayoade...

Sur le tournage de Backwoods (avec notamment Virginie Ledoyen), Paddy Considine joue avec l’acteur Gary Oldman dont il apprécie particulièrement le film Ne pas avaler. La rencontre l'aurait convaincu de passer derrière la caméra. Il réalise alors son court-métrage Dog Altogther, où les personnages sont déjà joués par Peter Mullan et Olivia Colman, pour lequel il remporte le Bafta du meilleur court ainsi qu'un Lion d'argent à Venise. C’est après cette expérience qu’il extrapole un scénario pour son premier long-métrage. Le film Tyrannosaur (avec les mêmes acteurs) s’impose déjà comme un succès, et Paddy Considine est déjà occupé avec une deuxième réalisation : The Leaning avec une thématique fantastique.

Voila donc la bande-annonce de Tyrannosaur écrit et réalisé par Paddy Considine, sortie en France encore indéterminée.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Tyrannosaur.

Mobilisation pour la comédienne et réalisatrice iranienne Marzieh Vafamehr

Posté par MpM, le 13 octobre 2011

Le Comité de soutien aux Cinéastes iraniens emprisonnés ne semble pas près de pouvoir arrêter ses activités. Après l'emprisonnement de sept artistes issus des milieux cinématographiques iraniens fin septembre, la comédienne et réalisatrice Marzieh Vafamehr vient d'être condamnée par le tribunal islamique de Téhéran à un an de prison ferme et 90 coups de fouet. La jeune femme avait déjà été arrêtée en juin puis libérée sous caution courant juillet.

Il lui est reproché d'avoir joué dans la coproduction australienne Téhéran, ma foire, jugée immorale par le régime, et de n'avoir pas respecté les droits religieux de la constitution iranienne. Le film raconte le destin d'une jeune actrice dont la pièce de théâtre est interdite par les autorités et qui passe dans la clandestinité pour s'exprimer. Bien qu'ayant bénéficié de l’autorisation de production du ministère de la culture et des mœurs islamiques, il était jusqu'à présent distribué en DVD sur le marché noir iranien.

Les protestations ont (une nouvelle fois) suivi de près l'annonce de ce verdict d'un autre temps. Le mari de l'accusée, Naser Taghvaï, lui-même metteur en scène, a exhorté l’Organisation des Nations Unies à "veiller aux conditions de détention des cinéastes et artistes emprisonnés et de défendre leurs droits humains". Le Comité de soutien aux Cinéastes iraniens emprisonnés (composé de la Cinémathèque française, le Festival de Cannes, la SACD, la SRF, France Culture, l’ARP et la SCAM) a quant à lui demandé aux instances internationales et aux organisations de défense des droits de l’homme "de condamner la sentence infligée à Marzieh Vafamehr par le tribunal islamique de Téhéran".

Par ailleurs, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a dénoncé l'indignité de cette "parodie de justice". "Les flagellations constituent une pratique barbare proscrite par le droit international", a-t-il précisé. "L'Iran doit les bannir et respecter les engagements internationaux qu'il a librement contractés, en particulier le plein exercice de la liberté d'expression et de création".

Dans l'attente de l'éventuelle révision de son procès demandée par son avocat, Marzieh Vafamehr est détenue à la prison Ghartchak-Varamine de la banlieue de Téhéran.

Dernier métro pour le comédien allemand Heinz Bennent (1921-2011)

Posté par vincy, le 13 octobre 2011

Le public français le connaissait surtout pour son interprétation du mari de Catherine Deneuve dans Le dernier métro de François Truffaut. Il y était un auteur et metteur en scène de théâtre, jaloux de Gérard Depardieu, réfugié dans les sous-sols du théâtre d'où il écoute les répétitions et les représentations.

Décédé le 12 octobre à Lausanne en Suisse, Heinz Bennent avait 90 ans. L'annonce de son décès a été faite par le théâtre berlinois "Renaissance".

Il avait retrouvé Catherine Deneuve dans le téléfilm Princesse Marie, de Benoît Jacquot, où il jouait Sigmund Freud et elle, sa patiente et amie. Il a souvent tourné en France : Section Spéciale et Clair de femme de Costa Gavras, Possession d'Andrzej Zulawski, Une femme française de Régis Wargnier et aussi avec Alain Fleischer, Yves Boisset, Maurice Dugowson, Marion Hänsel, Nelly Kaplan, le suisse Alain Tanner. Il a surtout été remarqué dans L'Honneur perdu de Katharina Blum, de Volker Schlöndorff et Margarethe von Trotta et dans Le Tambour, du même Schlöndorff, Palme d'or à Cannes en 1979. On l'a aussi vu dans L'oeuf du serpent, d'Ingmar Bergman.

Bennent avait été nommé aux Césars du meilleur second rôle masculin pour Le dernier métro et avait reçu un prix honorifique au German Film Awards à l'occasion de Im Jahr der Schildkröte d'Ute Wieland.

Né à Aix-la-Chapelle en 1921, résidant en Suisse depuis les années 70, sa carrière fut cinématographique, télévisuelle (Tatort, Derrick, Maigret) et théâtrale.

Les aventures de Tintin : Spielberg se trouve un nouveau héros

Posté par vincy, le 12 octobre 2011

Un générique qui rappelle Catch me if you can (et une musique aux accents jazzys qui pourraient lui faire écho). Des clins d'oeil à Hitchcock, aux Dents de la mer et même à 1941. Des séquences d'action qui cousinent avec les Indiana Jones. Steven Spielberg, amoureux de Tintin depuis sa plus tendre enfance, n'a pas eu besoin d'aller très loin pour puiser dans les BD d'Hergé tout ce qu'il aime dans le cinéma de divertissement, quitte à démontrer en creux, et cruellement, l'absence de second degré dans l'oeuvre de l'auteur belge.

Les aventures de Tintin - Le secret de la licorne est un divertissement de grande qualité : l'animation est maîtrisée, le motion picture est réussi, les personnages n'ont pas perdu leur personnalité dans la machine formatée d'Hollywood, et ça ne manque pas d'action. Si le premier tiers est porté sur une enquête, si on devine assez bien le scénario,  le film file à toute trombe vers un enchaînement d'action, de poursuites, de confrontations, à défaut de réel suspens.

Cette fantaisie frénétique trouve son summum dans la scène qui commence au Palais de Ben Salaad et qui finit au port. Une fuite en avant qu'il faudra réexaminer en détail : le découpage, typiquement "spielbergien", est une prouesse technologique et renvoie à la fois aux grads films d'actions et aux comédies de l'âge d'or hollywoodien, où on poussait le "gag" toujours plus loin.

Ne serait-ce que pour ces quelques moments, ce Tintin est assez épatant. Même s'il souffre peut-être de sa trop grande fidélité au ton d'Hergé, même si on aurait aimé une lecture plus moderne de ces aventures.

Born to be wild 3D : plus familial que sauvage

Posté par MpM, le 12 octobre 2011

L'histoire : A Bornéo, le Dr. Biruté Mary Galdikas recueille des bébés orangs-outangs orphelins dans un centre spécialisé où ils sont élevés puis lentement réhabitués à la vie sauvage, afin de retourner dans leur habitat naturel. A plusieurs milliers de kilomètres de là, dans la savane kényane, le Dr. Dame Daphne Sheldrick effectue le même travail de sauvetage auprès de jeunes éléphanteaux dont les parents ont été tués par les braconniers.

Notre avis : En choisissant un format volontairement court et spectaculaire (l'Imax permet une image dix fois plus grande que le 35mm traditionnel), les réalisateurs Drew Fellman et David Lickley ont choisi de raconter l'histoire édifiante de Biruté Galdikas et Daphne Sheldrick comme un conte de fées moderne. Exit tout ce qui pourrait choquer un public familial (la réalité sanglante du braconnage, les horreurs de la déforestation, l'avenir incertain des animaux relâchés qui risquent de devenir à leur tour la proie des braconniers...), et place à des bébés animaux forcément adorables, dont tout est fait pour souligner la similitude avec l'être humain.

De ce fait, on est mi enthousiaste, mi frustré par ce documentaire certes pédagogique mais surtout assez biaisé. Enthousiaste, parce que le destin des animaux que l'on suit est touchant. Il faut voir les gardiens s'affairer autour d'eux, tentant de reconstituer toutes les conditions de la vie sauvage. A Bornéo, de jeunes femmes portent des bébés orangs-outangs sur leur dos et les emmènent ainsi d'un endroit à un autre. Au Kenya, les jeunes hommes qui s'occupent des éléphants dorment avec eux pour les rassurer, et enduisent leurs larges oreilles de crème solaire. Pour le spectateur, l'anthropomorphisme est inévitable.

La frustration vient du fait qu'en ciblant les plus jeunes spectateurs, le film fait l'impasse sur les réalités quotidiennes du combat des deux femmes pour faire reconnaître les droits de leurs protégés. On aimerait en savoir plus sur la manière dont les animaux s'acclimatent à leur cohabitation avec l'homme et surtout sur leur retour à la vie sauvage. Le film évite également le sujet des conditions de vie réelle dans la foret indonésienne et dans la savane kényane, et ne dit mot des actions concrètes menées parallèlement au recueillement des orphelins. Alors que Born to be wild aurait pu être l'occasion rêvée pour sensibiliser le public (notamment sur le scandale des plantations de palmiers qui déforestent lentement mais sûrement toutes les surfaces boisées de la planète, pour produire notamment une huile jugée dangereuse pour la santé), il donne l'impression de manipuler son sujet de manière à n'en garder que le rêve et la magie.

C'est donc au spectateur lui-même de mettre à profit cette expérience visuelle et humaine pour se poser les bonnes questions et entamer une réflexion pédagogique sur le rôle de chacun dans le véritable drame vécu par les éléphants, les orang-outangs et tant d'autres espèces menacées. Pour que le formidable combat mené par les deux héroïnes du film puisse un jour s'arrêter de lui-même, faute d'animaux menacés.

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Born to be wild de Drew Fellman et David Lickley
Sortie le 12 octobre 2011
En exclusivité à La Géode

Steve McQueen réembauche Michael Fassbender pour son prochain film

Posté par vincy, le 11 octobre 2011

Et de trois. Après Hunger, primé à Cannes, et Shame, qui a valu le prix d'interprétation à Michael Fassbender au dernier festival de Venise, Steve McQueen reprend son acteur fétiche pour son prochain film, 12 Years a Slave. Chiwetel Ejifor interprétera le rôle principal.

McQueen a écrit le scénario avec John Ridley.

Inspiré d'une histoire vraie, le film suit le parcours de Solomon Northup, citoyen new yorkais enlvé à Washington en 1841 et sauvé d'une plantation de coton en Louisiane douze ans plus tard.

Solomon Northup avait raconté son aventure dans une autobiographie en 1853. Le livre est disponible sur Google Books.

Shame sort le 7 décembre dans les salles françaises.

Cinespana 2011 : Crebinsky et 80 Egunean se partagent les prix

Posté par MpM, le 10 octobre 2011

Le choix du jury de la 16e édition de Cinespana, présidé par Anne Alvaro, s'est donc porté sur notre film favori, le poétique et burlesque Crebinsky de Enrique Otero qui rafle la mise avec la Violette d'or du meilleur film, un double prix d'interprétation pour les acteurs Miguel De Lira et Sergio Zearreta et une récompense pour la musique du compositeur Pablo Pérez. 80 egunean de José Mari Goenaga et Jon Garaño, le favori du public (qui lui a d'ailleurs décerné son prix),  tire lui aussi son épingle du jeu avec un double prix d'interprétation pour ses formidables actrices, Itziar Aizpuru et Mariasun Pagoaga, et le prix du scénario pour ses auteurs.

Un palmarès intelligent et équilibré qui conclut en beauté une édition 2011 particulièrement captivante. Cette année, la compétition était en effet assez contrastée (voir notre article du 8 octobre), offrant un aperçu convaincant de la richesse du cinéma espagnol contemporain. En choisissant de mettre en avant la fantaisie joyeuse de Crebinsky, où deux frères naufragés mènent une existence simple dans un univers de bric et de broc, les jurés ont finalement choisi de récompenser un cinéma créatif et baroque, tourné vers l'humain et la légèreté. De même, ils ont voulu distinguer le sujet fort de 80 egunean, drame intimiste, où une femme de soixante-dix ans s'éprend d'une ancienne camarade de classe. Un film qui, malgré ses défauts de narration, aborde avec beaucoup de pudeur cette relation amoureuse tatonnante et fragile.

Avis aux distributeurs : les deux oeuvres, sensibles et originales, pourraient connaître un joli succès dans les salles françaises...

Le palmarès

Violette d'or du meilleur film
Crebinsky de Enrique Otero

Meilleure interprétation masculine
Miguel De Lira et Sergio Zearreta (Crebinsky de Enrique Otero)

Meilleure interprétation féminine
Itziar Aizpuru et Mariasun Pagoaga (80 egunean de José Mari Goenaga et Jon Garaño)

Meilleur scénario
José Mari Goenaga et Jon Garaño pour 80 egunean

Meilleure musique
Pablo Pérez pour Crebinsky de Enrique Otero

Meilleure photographie
Rafael de la Uz pour La mitad de Oscar de Manuel Martín Cuenca

Meilleur premier film décerné par le Jury Etudiant
Cruzando el límite de Xavi Giménez

Meilleur court métrage décerné par le jury Professionnel des Courts-Métrages
Les (El bosque) de Aida Ramazánova

Mention spéciale
La hégira de Liteo Deliro et Te odio de Rafael Rojas-Díez

Meilleur documentaire décerné par le jury Professionnel des Documentaires
La noche que no acaba de Isaki Lacuesta

Prix du public
80 egunean de José Mari Goenaga et Jon Garaño

Lumière 2011 : Gérard Depardieu sous le soleil de Pialat

Posté par Morgane, le 9 octobre 2011

Samedi 8 octobre, Gérard Depardieu, le monstre sacré de ce Festival Lumière 2011, est arrivé à Lyon et a couru de salle en salle pour présenter différents films.

C’est à 16h qu’on l’a retrouvé au Pathé Bellecour pour la présentation de Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat. Accompagné de Gustave Kervern, Benoit Delépine et Albert Dupontel, rapidement rejoints par Xavier Giannoli. La petite discussion introductive était donc, comme vous pouvez l’imaginer, très instructive mais aussi très drôle.

Gérard Depardieu a tout d’abord rendu hommage à la diversité du festival disant que ce n’était pas seulement un festival, mais « de l’amour ». Quant à Gustave Kervern et Benoit Delépine, ils sont revenus sur l’épisode de tournage avec Pialat, ce dernier ayant en effet tourné dans un sketch de Groland, Toc toc toc, dont le principe était de jouer mal le mieux possible. À Pialat de dire : « non, vous pouvez mieux jouer mal ».

Concernant Sous le soleil de Satan, Gustave de Kervern trouve que ce film a une puissance autre que Des hommes et des dieux. « C’est une énorme interrogation sur la foi, le Bien, le Mal, un film d’une intensité folle, à la fois très minimaliste et exigeant. » Pour lui, les scènes qui restent sont celles où Gérard Depardieu marche dans la campagne, comme quoi « le cinéma peut être très simple finalement. »

Pour Xavier Giannoli, Sous le soleil de Satan est « un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma, non pas français mais mondial. » Xavier Giannoli à qui Maurice Pialat a dit un jour « qu’il aurait voulu faire les films de Renoir filmés par Carné. »

Et Gérard Depardieu de revenir sur le poing levé de Maurice Pialat lors du festival de Cannes 1987 qui n’était en réalité qu’un poing de victoire.

La Remise du Prix Lumière

Le soir même s’est déroulée à l’Amphithéâtre du Centre des Congrès la Cérémonie de la Remise du Prix Lumière 2011. Succédant à Clint Eastwood et Milos Forman, c’est au monstre sacré du cinéma français qu’il a été remis cette année à l’issue de la projection du superbe La Femme d’à côté de François Truffaut.

Bertrand Tavernier lui a rendu un hommage rempli de paroles admiratives pour une carrière aussi longue et aussi belle finissant sur cette phrase : « je pense qu’il y a eu des dizaines de metteurs en scène qui ont connu de grands moments où ils ont été heureux grâce à Gérard Depardieu. »

La star du soir est alors montée sur scène sous un tonnerre d’applaudissements où nombreux acteurs, cinéastes, personnalités du 7e Art étaient présents pour remettre le prix à Gérard Depardieu qu’il a reçu des mains d’une Fanny Ardant très timide. Arrivé après la projection d’un petit film retraçant la grande filmographie de Gérard Depardieu, ses premiers mots ont été, toujours avec un grand sourire de bon vivant, « ça sent le sapin ». Puis, parlant de son métier d’acteur, des réalisateurs, il a remercié Lyon : « merci à Lyon pour ce prix et aussi d’avoir un si beau festival et des gens qui aiment tant le cinéma, qui aiment aussi le sens de la fête car le cinéma, ça se partage. » Pour finir par ces quelques mots : « on fait un métier formidable et vous, spectateurs, c’est extraordinaire le métier que vous faites en regardant les films. »

Dinard 2011 : Hitchcock d’or pour Tyrannosaur de Paddy Considine

Posté par kristofy, le 9 octobre 2011

La 22e édition du Festival du Film britannique de Dinard s'est achevée par le couronnement de Tyrannosaur de Paddy Considine (qui était favori), mais aussi de L’Irlandais de John Michael McDonagh qui a fait consensus durant le festival.

La cérémonie de clôture, tout comme la soirée d’ouverture, s’est déroulée  avec une bonne humeur communicative. Dinard sait si bien accueillir tout le monde avec convivialité que Jaime Winstone adore la ville et que Petula Clark est retombée amoureuse de l’endroit. La chanteuse (qui a aussi été actrice) était la marraine de cette édition 2011. Elle a chanté son tube ‘Downtown’ qui a été repris en cœur par le public lors de la soirée du palmarès, et quelques jours plus tôt elle avait joué quelques chansons (dont celle du film La Comtesse de Hong-Kong de Charlie Chaplin) en s’accompagnant au piano.

Pour départager les films en compétition, Nathalie Baye, la présidente du jury, était entourée de Haylay Atwell, Jacqueline Bisset, Emmanuelle Devos, Jaime Winstone, Sami Bouajila, Armand Amar, Harry Gregson-Williams, Eric Lartigau, François Verdoux et Stephen Clarke (notre photo).

Voici leur palmarès :

Prix du meilleur court-métrage : White Elephant, de Kristof Bilsen

Prix coup de coeur (les exploitants de 40 salles de la région) : L’Irlandais de John Michael McDonagh (mention à Week end de Andrew Haigh)

Prix du public : L’Irlandais de John Michael McDonagh

Prix du scénario : Tyrannosaur de Paddy Considine

Prix de la meilleure photographie : Larry Smith, pour L’Irlandais

Grand Prix Hitchcock d’or : Tyrannosaur de Paddy Considine

Le jury a donc décerné deux prix à Tyrannosaur de Paddy Considine (scénario et Hitchcock d’or à l’unanimité). Le réalisateur n’ayant pu être là, ce sont ses deux amis le réalisateur Shane Meadows (ils étaient à la même école d’arts dramatiques et Considine a débuté sa carrière d’acteur en jouant dans les films de Meadows) et le producteur Mark Herbert qui ont reçu les récompenses à sa place (notre photo de droite)

Tyrannosaur s’impose comme l'un des meilleurs films britanniques de l’année, il avait déjà été primé à Sundance (pour meilleur réalisateur, meilleur acteur Peter Mullan et meilleure actrice Olivia Colman). Ce film marque les débuts de Considine dans le long métrage (il avait déjà participé à des scénarios avec Meadows), et fait suite à son court-métrage Dog Altogther (avec déjà les mêmes acteurs). Il vient tout juste de sortir en salles en Angleterre mais il n’a malheureusement pas encore de distributeurs français. En revanche, L’Irlandais de John Michael McDonagh est une comédie qui a été un énorme succès en Irlande, et sa sortie française est déjà programmée pour le 21 décembre.

Lumière 2011 : À la découverte du cinéma de William Wellman

Posté par Morgane, le 9 octobre 2011

Le Festival Lumière offre une rétrospective au cinéaste américain William Wellman, trop peu connu du grand public, mais qui a à son actif plus de quatre-vingt  films tournés entre 1920 et 1958, dont treize sont donc proposés cette année aux festivaliers.

William Wellman a tourné des films de guerre, de gangsters, des films noirs mais c’est le western qui fut son genre de prédilection. Sensible aux problèmes sociaux et aux injustices, il cherchait à en rendre compte dans ses œuvres. Dans les westerns notamment, il met en avant le rôle de la femme dans l’histoire des États-Unis, lui donnant alors une place qu’elle n’a que rarement dans le cinéma de cette époque.

C’est très visible dans le film Convoi de femmes (Westward the women) qu’est venue présenter Tonie Marshall au CNP Terreaux. Pour la réalisatrice française, le film est « jubilatoire et très humaniste ». Très enthousiaste, elle a tenu à partager son amour pour cette histoire qui est à l’origine une idée de Frank Capra, et qui véhicule « l’obsession qu’on peut toujours tous vivre ensemble, idée que l’on retrouve très souvent chez Capra. »

En tout cas, le film a fait l’unanimité dans la salle, oscillant entre comédie franchement drôle et drame devant lequel on retient son souffle. Chacun des personnages est admirablement travaillé, tout comme chaque plan.

Étrangement, le western devient ici un film de femmes, presque féministe. « Étrangement » car Wellman, surnommé Wild Bill, était reconnu pour être plutôt désagréable et pour mépriser les acteurs, et plus particulièrement les actrices, à cause du temps beaucoup trop long qu’elles mettaient à se préparer. Et pourtant, dans Convoi de femmes, ce sont elles les véritables héroïnes qui apprennent qu’elles ne peuvent parfois compter que sur elles-mêmes et qui font la vie dure aux préjugés machistes.

Femmes de tous horizons, de bonne famille ou filles de saloon, jeunes innocentes ou femmes fortes, elles réalisent que c’est en se serrant les coudes qu’elles parviendront à traverser ces terres hostiles mais aussi à se défendre face à certains hommes. La femme est ici celle qui décide, celle qui choisit son destin et non pas une petite chose soumise à l’homme. C’est ce qu’apprendra Buck Wyatt (superbe Robert Taylor), « le convoyeur », au fur et à mesure que les kilomètres défilent. Une vraie petite pépite.