Richard Linklater: 9 films à ne pas manquer au Centre Pompidou

Posté par vincy, le 26 novembre 2019

Du 25 novembre au 6 janvier, les Cinémas du centre Pompidou propose un rétrospective intégrale (dont quelques inédits), accompagnée d'une masterclasse et d'une exposition, consacrée au cinéaste américain Richard Linklater. A bientôt 60 ans, le cinéaste texan (décidément quel filon avec Wes Anderson, Ethan Hawke, Tobe Hooper, Tommy Lee Jones, Robert Rodriguez, ...) a réalisé pas loin de trente films, que ce soit dans l'animation (Waking Life, A Scanner Darkly, tous deux pas forcément aboutis), le documentaire, l'expérimental, ou le court métrage. Cherchant toujours la meilleure manière de raconter une histoire, il s'affranchit du temps, tournant sur 18 ans un film comme Boyhood, sérialisant une romance d'un jeune couple entre 1995 et 2013 (la trilogie Before), ou s'imposant le temps d'une journée pour raconter l'histoire de Slacker.

Voici 9 films qui montrent l'étendue de son cinéma, entre expérimental et film de studio, étude de mœurs et quête d'une vérité.

Boyhood. Sans doute son ouvre la plus maîtrisée et la plus magistrale. Ours d'argent de la mise en scène à Berlin, 6 nominations aux Oscars (et un récolté), une nomination aux César, 3 Golden Globes (sur 5 nominations), 3 prix BAFTA (sur 4), le film a été tourné sur une période de douze ans, de 2001 à 2013, avec les mêmes acteurs. Boyhood est une "ciné-réalité" qui suit une famille fictive, dans une Amérique traditionnelle, de l'enfance à l'émancipation du jeune Mason.

Rock Academy. La comédie culte, portée par un Jack Black au top de sa forme (et une nomination aux Golden Globes à la clé). Linklater revisite le "High School Move" et, dès 2003, invente les "Battles" si chères aux nouveaux télé-crochets. Sous ses apparences de comédie de studio hollywoodien, Rock Academy est en fait un film subversif sur la liberté. Comme dans Boyhood, le cinéaste plaide pour que la jeunesse s'empare de ses rêves, et tracent leur itinéraire sans se soucier des diverses autorités (parents, école, société). Le film a été adapté pour un musical sur Broadway.

Dazed and Confused (Génération rebelle). On est toujours au lycée, au texas, mais cette fois-ci on se transporte dans les seventies. Quentin tarantino en fait l'un des dix plus grands films de son panthéon. Et on y croise dans leurs premiers grands rôles Ben Affleck, Adam Goldberg, Milla Jovovich, Matthew McConaughey et Parker Posey. Cette comédie de mœurs, sélectionnée à Locarno, observe d'ajà une Amérique des classes moyennes, telle qu'on la voit depuis les années 1960 dans le cinéma américain (bagnoles, drague, baseball, ...). Ce "Summer Breakers", qui se place plutôt du côté des "bleus", est un digne successeur des films de John Hugues.

Slacker. Deuxième long métrage du cinéaste, ce film montre déjà l'intérêt de Linklater pour l'expérimentation: une ville (avec ses habitants, Austin), durant quelques heures, et les rencontres provoquées par ces croisements entre jeunes et vieux, complotistes et anticonformistes. Devenu culte, il installe le réalisateur dans une contre-culture, héritier du Nouvel Hollywood des années 1960-1970. Ce "new realism" à l'image s'accompagne d'un montage très fluide. Ce portrait de l'Amérique vaut aussi pour la mise en lumière sur les contrastes d'une société où coexistent marginaux et personnes sur-éduquées. Le film, sélectionné à Sundance, nommé deux fois aux Spirit Awards, n'a jamais été montré en salles en France, mais Splendor le distribuera en 2020.

Bernie. Jack Black (une nouvelle fois nommé aux Golden Globes), Shirley MacLaine et Matthew McConaughey nous régalent dans cette comédie macabre inspirée d'un réel fait divers: l'homme le plus gentil de la ville est adopté par une veuve misanthrope qui le tyrannise, jusqu'à ce qu'il craque et la tue. Chose rare, la sortie du film a fait réviser le procès du vraie Bernie, qui fut libéré puis hébergé chez le réalisateur durant deux ans. Un nouveau procès l'a renvoyé en prison. Avec un style singulier, le cinéaste mélange le biopic hollywoodien et le documentaire sur un bled texan et de ses habitants, allant jusqu'à mêler le fake (des comédiens) et le réel (des citoyens) en guise de témoins.

Tape. Ethan Hawke et Robert Sean Leonard, duo révélé par Le Cercle des poètes disparus, ainsi qu'Uma Thurman, sont les trois (sublimes) jeunes stars de ce film présenté à Venise. Un triangle infernal amoureux où la rhétorique est aussi théâtrale que caustique (si on a du second degré). Linklater cherche à trouver une vérité à travers trois versions des faits, où le féminin surgit entre deux discours masculins binaires. C'est du théâtre car c'est un huis-clos, quasiment en temps réel. Cela permet la multiplication des points de vue (l'image comme les personnages).

Fast Food Nation. Le premier film de Richard Linklater à avoir eu les honneurs de la compétition cannoise en 2006. On y retrouve Greg Kinnear, Paul Dano, le couple de Boyhood, Patricia Arquette et Ethan Hawke, Catalina Sandino Moreno, Kris Kristofferson et Bruce Willis. Cette fois-ci Linklater se fraie un chemin dans le cinéma politique et engagé, contre la malbouffe et surtout contre la souffrance animale et l'exploitation de travailleurs clandestins. Clairement de gauche, le film n'use d'aucun artifice hollywoodien pour faire le spectacle, préférant là encore une forme de réalisme, en décryptant la mécanique d'un système toxique qui empoisonne la société.

Ses deux derniers: Everybody Wants Some!! et Last Flag Flying. Everybody wants some!! est une sorte de suite à Dazed and Confused, mais cette fois-ci dans les années 1980. Quasi autobiographique, le film prouve que Linklater a acquis une maturité en matière de direction d’acteurs, d’esthétique visuelle, de travail soigné de la musique (la BOF est formidable) en filmant une fois de plus cette jeunesse aussi joyeuse qu’angoissée. Last Flag Flying, avec Steve Carell, Bryan Cranston et Laurence Fishburne, est, au contraire, un film d'adultes, où la guerre du Vietnam croise celle d'Irak. Ici c'est l'entraide et l'amitié qui sont au cœur de son récit, seules valeurs capables de résister à une armée déshumanisée. C'est à la fois sincère et bouleversant.

Un projet de 20 ans pour Richard Linklater

Posté par vincy, le 21 septembre 2019

Alors que les cinémas du Centre Pompidou s'apprêtent à accueillir une rétrospective qui lui est dédiée, du 25 novembre 2019 au 6 janvier 2020, Richard Linklater prépare son prochain film. Il s'agirait d'une adaptation de Merrily We Roll Along, un musical de Stephen Sondheim et George Furth.

La particularité est que ce film se tournera pendant 20 ans. Soit 8 années de plus que son chef d'œuvre Boyhood!

Beanie Feldstein (American Crime Story), Ben Platt (The Politician) et Blake Jenner (Glee) se sont engagés sur le film pour interpréter respectivement Mary Flynn, Charley Kringas et Franklin Shepard. Pour Linkater, qui vénère cette comédie musicale, vingt ans de tournage est le seul moyen de lui rendre justice.

En effet, le musical se déroule entre 1957 et 1976. Il s'agit d'un long flash-back qui débute par la fin pour revenir aux origines d'un succès de Broadway transposé à Hollywood avec un compositeur (Franklin), un dramaturge (Charley) et une écrivaine, critique de théâtre (Mary). Il s'agit d'une histoire où l'on parle de ce qu'on sacrifie pour le succès, de l'amertume qui se distille dans les amitiés.

Le spectacle avait reçu une nomination aux Tony Awards et a été récompensé par trois Laurence Olivier Awards (dont celui du meilleur nouveau Musical).

Son dernier film, Where'd you Go Bernadette? (Bernadette a disparu), avec Cate Blanchett, Bill Crudup et Kristen Wiig, n'a pas encore de date de sortie en France (il sera distribué par Mars films).

Oscars 2015: Birdman, Julianne Moore, Eddie Redmayne et The Grand Budapest Hotel…

Posté par vincy, le 23 février 2015

oscarsLire aussi : L'Envol de Birdman (et autres faits marquants des 87e Oscars)
Oscars 2015: Un slip blanc, une carte verte, et beaucoup de grandes causes…

Meilleur film: Birdman

Meilleur réalisateur: Alejandro G. Iñárritu (Birdman)

Meilleure actrice: Julianne Moore (Still Alice)

Meilleur acteur: Eddie Redmayne (Une merveilleuse histoire du temps)

Meilleure actrice dans un second-rôle: Patricia Arquette (Boyhood)

Meilleur acteur dans un second-rôle: J.K. Simmons (Whiplash)

Meilleur film d'animation: Les nouveaux héros de Don Hall, Chris Williams et Roy Conli

Meilleur film documentaire: CitizenFour de Laura Poitras, Mathilde Bonnefoy et Dirk Wilutzky

Meilleur film en langue étrangère: Ida de Pawel Pawlikowski (Pologne)

Meilleur scénario: Nicolás Giacobone, Alexander Dinelaris, Jr. & Armando Bo (Birdman)

Meilleure adaptation: Graham Moore, d'après le livre d'Andrew Hodges (The Imitation Game)

Meilleure image: Emmanuel Lubezki (Birdman)

Meilleur montage: Tom Cross (Whiplash)

Meilleure musique: Alexandre Desplat (The Grand Budapest Hotel)

Meilleure chanson originale: "Glory" de John Stephens et Lonnie Lynn (Selma)

Meilleur son (montage): Alan Robert Murray et Bub Asman (American Sniper)

Meilleur son (mixage): Craig Mann, Ben Wilkins et Thomas Curley (Whiplash)

Meilleurs décors: Adam Stockhausen et Anna Pinnock (The Grand Budapest Hotel)

Meilleurs costumes: Milena Canonero (The Grand Budapest Hotel)

Meilleurs maquillages: Frances Hannon et Mark Coulier (The Grand Budapest Hotel)

Meilleurs effets visuels: Paul Franklin, Andrew Lockley, Ian Hunter et Scott Fisher (Interstellar)

Meilleur court-métrage (fiction): The Phone Call de Mat Kirkby et James Lucas

Meilleur court-métrage (animation): Feast de Patrick Osborne et Kristina Reed

Meilleur court-métrage (documentaire): Crisis Hotline: Veterans Press 1 de Ellen Goosenberg Kent and Dana Perry

Birdman sacré meilleur film aux Independent Spirit Awards

Posté par vincy, le 22 février 2015

michael keaton birdman

Les "Oscars" du cinéma indépendants (qui ne concernent que les films ayant coûté moins de 20 millions de $) ont choisi de partager les prix entre les deux favoris de la saison, Birdman et Boyhood. Le premier, faux plan séquence vertigineux de près de 2 heures, a reçu la récompense suprême du meilleur film, mais aussi les prix du meilleur acteur et de la meilleure photo. Le second, tourné sur douze ans avec le même casting, a été distingué du prix du meilleur réalisateur et du meilleur second-rôle féminin.

Deux autres films ont été remarqués par les votants: Whiplash (meilleur second-rôle masculin, meilleur montage) et sur Nightcall (aka Nightcrawler) qui repart avec le prix du meilleur premier film et le prix du meilleur scénario. Julianne Moore, grande favorite pour l'Oscar, a été élue meilleure actrice, 12 ans après Far Fron Heaven qui lui avait valu le même prix:: c'est la première fois qu'une actrice remporte deux fois le titre de meilleure actrice dans l'histoire des Spirit Awards.

Le palmarès

Meilleur film : Birdman d'Alejandro Gonzalez Inarritu

Meilleur réalisateur : Richard Linklater (Boyhood)

Meilleur scénario : Dan Gilroy (Nightcrawler)

Meilleur premier film : Nightcrawler de Dan Gilroy

Meilleur premier scénario : Justin Simien (Dear White People)

Prix John Cassavetes : Land Oh! de Aaron Katz & Martha Stephens

Meilleure actrice : Julianne Moore (Still Alice)

Meilleur acteur : Michael Keaton (Birdman)

Meilleur second rôle féminin : Patricia Arquette (Boyhood)

Meilleur second rôle masculin : J.K. Simmons (Whiplash)

Meilleure image : Emmanuel Lubezki (Birdman)

Meilleur montage : Tom Cross (Whiplash)

Meilleur documentaire : CitizenFour de Laura Poitras

Meilleur film étranger : Ida de Pawel Pawlikowski

Prix Robert Altman : Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

Prix spécial : Foxcatcher de Bennett Miller

Les BAFTAs 2015 couronnent Boyhood et Une merveilleuse histoire du temps

Posté par cynthia, le 8 février 2015

Dimanche 8 février, la 68ème cérémonie des BAFTAs (les Oscars britanniques) ont récompensé les meilleurs films et célébrités du cinéma pour l'année 2014. Entre surprises et résultats courus d'avance.

Les British Academy of Film and Television Arts a la particularité de nommer des films de toutes nationalités, puisqu’il suffit que les films aient été projetés au Royaume-Uni durant l'année précédente. Sans surprise, les quatre grands vainqueurs sont The Grand Budapest Hotel, Boyhood, Une merveilleuse histoire du temps et Whiplash.

Primé dans plusieurs catégories dont Meilleur film britannique et meilleur acteur pour Eddie Redmayne, Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh repart avec 3 BAFTAs tandis que The Grand Budapest Hotel en rafle quatre (techniques). Mais, c'est, sans réelle surprise, Boyhood qui emporte le BAFTA du Meilleur film ainsi que ceux du meilleur réalisateur et du meilleur second rôle féminin pour Patricia Arquette.

Archi-favoris pour l'Oscar dans leur catégorie, Julianne Moore repart avec le BAFTA de la meilleure actrice et J.K Simmons celui du meilleur second rôle masculin pour Whiplash (qui gagne deux autres prix).

Parmi les autres films récompensés, on retrouve Lego, la grande aventure pour le Meilleur film d’animation et Ida pour le Meilleur film en langue étrangère.

Mr. Turner a été son plus grand succès au Royaume Uni: il était donc logique que l'immense réalisateur Mike Leigh reçoive le prix du Fellowship, l'équivalent d'un BAFTA d'honneur. A l'autre bout du spectre générationnel, Jack O'Connell (Invincible, '71, Les poings contre les murs) est sacré du Prix de l'étoile montante (Rising Star) face à Shailene Woodley et Miles Teller.

Finalement la plus grande surprise provient du grand perdant de la cérémonie: Birdman. Le film d'Alejandro Gonzalez Inarritu, qui a eu les faveurs récemment des guildes des acteurs, des producteurs et des réalisateurs aux Etats-Unis, le positionnant en favori des Oscars, n'a récolté que le prix de la meilleure photo. Or depuis 2009, le meilleur film aux BAFTAs a toujours reçu l'Oscar du meilleur film: la compétition reste ouverte.

L'autre perdant est The Imitation Game, qui revient bredouille.

Le palmarès de la 68ème cérémonie des BAFTA:

Meilleur film: Boyhood de Richard Linklater
Meilleure actrice: Julianne Moore pour Still Alice
Meilleur acteur: Eddie Redmayne pour Une merveilleuse histoire du temps
Meilleur réalisateur: Richard Linklater pour Boyhood
Meilleur second rôle masculin: J.K Simmons pour Whiplash
Meilleur second rôle féminin: Patricia Arquette pour Boyhood
Meilleur scénario original: The Grand Budapest Hotel
Meilleur scénario adapté: Une merveilleuse histoire du temps
Meilleur film britannique: Une merveilleuse histoire du temps de James Marsh
Meilleure musique originale: The Grand Budapest Hotel
Meilleur son: Whiplash
Meilleurs costumes: The Grand Budapest Hotel
Meilleurs coiffures/maquillage: The Grand Budapest Hotel
Meilleur montage: Whiplash
Meilleur film non-anglophone: Ida de Pawel Pawlikowski
Meilleur film d'animation: Lego, la grande aventure de Phil Lord et Christopher Miller
Trophée de l'étoile montante: Jack O'Connell
Fellowship pour la contribution au cinéma britannique: Mike Leigh

Boyhood, Birdman et Grand Budapest Hotel dominent les nominations aux Oscars

Posté par vincy, le 15 janvier 2015

affiche the grand budapest hotel wes andersonEtrange liste que celle des nominés aux 87e Oscars de l'histoire. Les films indépendants ont raflé la mise, ceux diffusés à Sundance, Berlin, Cannes et Venise. Les nominés (et vainqueurs pour certains) aux Goldens Globes y sont. Mais derrière ce consensus comment interpréter les multiples nominations(dont réalisateur) de Foxcatcher sans que le film ne soit retenu en meilleur film. Ou celle d'American Sniper nominé en meilleur film mais pas en meilleur réalisateur. Quid de Ralph Fiennes (The Grand Budapest Hotel)? Et Gyllenhaal et Russo (Nightcrawler) ou Timothy Spall (Mr. Turner) préférés à des performances "à Oscars"? D'ailleurs comment peut-on choisir Morten Tyldum plutôt que Mike Leigh ou même Esatwood, Nolan... parmi les meilleurs réalisateurs? Les grosses productions ont aussi souffert, de Interstellar à Lego, de Into the Woods à Unbroken: les Oscars n'avaient pas envie de spectaculaire semble-t-il. Mais c'est un camouflet pour ces films et c'est d'autant plus surprenant que le fonctionnement de la catégorie du meilleur film est censé les favoriser dorénavant.
Pour le reste, de Cotillard qui réveillera l'esprit chauvin de nos confrères à Timbuktu qui est cruellement d'actualité, les Oscars ont réservé leur lot de surprises.

Avec 9 nominations Birdman et Grand Budapest Hotel surclassent les concurrents. The Imitation Game en reçoit 8, et American Sniper et Boyhood six chacun. Ce qui ne présage rien du résultat final qui sera connu le 22 février. Car, on l'a vu, le film le plus récompensé de la saison c'est bien Boyhood.

Film : American Sniper ; Birdman ; Boyhood ; The Grand Budapest Hotel ; The Imitation Game ; Selma ; The Theory of Everything ; Whiplash
Film d'animation : Big Hero 6 ; The Boxtrolls ; Dragons 2 ; Le chant de la mer ; Le conte de la Princesse Kaguya
Film documentaire : Citizenfour ; Finding Vivian Maier ; Last Days in Vietnam ; The Salt of the Earth ; Virunga
Film en langue étrangère : Ida ; Leviathan ; Tangerines ; Timbuktu ; Les nouveaux sauvages

Réalisateur : Wes Anderson (The Grand Budapest Hotel) ; Alejandro Gonzalez Inarritu (Birdman) ; Richard Linklater (Boyhood) ; Morten Tyldum (The Imitation Game) ; Bennett Miller (Foxcatcher)
Actrice : Marion Cotillard (Deux jours une nuit) ; Felicity Jones (The Theory of Everything) ; Julianne Moore (Still Alice) ; Rosamund Pike (Gone Girl) ; Reese Witherspoon (Wild)
Acteur : Steve Carell (Foxcatcher) ; Bradley Cooper (American Sniper) ; Benedict Cumberbatch (The Imitation Game) ; Micheal Keaton (Birdman) ; Eddie Redmayne (The Theory of Everything)
Second rôle féminin : Patricia Arquette (Boyhood) ; Laura Dern (Wild) ; Keira Knightley (The Imitation Game) ; Meryl Streep (Into the Woods) ; Emma Stone (Birdman)
Second rôle masculin : Robert Duvall (The Judge) ; Ethan Hawke (Boyhood) ; Edward Norton (Birdman) ; Mark Ruffalo (Foxcatcher) ; J.K. Simmons (Whiplash)

Scénario adapté : American Sniper ; The Imitation Game ; Inherent Vice ; The Theory of Everything ; Whiplash
Scénario original : Birdman ; Boyhood ; Foxcatcher ; The Grand Budapest Hotel ; Nightcrawler

Image : Birdman ; The Grand Budapest Hotel ; Ida ; Mr. Turner ; Unbroken
Décors : The Grand Budapest Hotel ; The Imitation Game ; Interstellar ; Into the Woods ;Mr. Turner
Montage : American Sniper ; Boyhood ; The Grand Budapest hotel ; The Imitation Game ; Whiplash
Montage son : American Sniper ; Birdman ; The Hobbit: The Battle of the Five Armies ; Interstellar ; Unbroken
Mixage son : American Sniper ; Birdman ; Interstellar ; Unbroken ; Whiplash
Effets visuels : Captain America: The Winter Soldier ; Dawn of the Planet of the Apes ; Guardians of the Galaxy ; Interstellar ; X:Men: Days of Future Past
Costumes : The Grand Budapest Hotel ; Inherent Vice ; Into the Woods ; Maléfique ; Mr. Turner
Maquillages : Foxcatcher ; The Grand Budapest Hotel ; Guardians of the Galaxy

Court métrage animé : The Bigger Picture ; The Dam Keeper ; Feast ; Me and My Moulton ; A Single Life
Court métrage : Aya ; Boogalo and Graham ; Butter Lamp ; Parvaneh ; The Phone Call

Musique : The Grand Budapest Hotel ; The Imitation Game ; Interstellar ; Mr. Turner ; The Theory of Everything
Chanson originale : Everything is Awesome (Lego Movie) ; Glory (Selma) ; Grateful (Behind the Lights) ; I’m Not Going to Miss you (Glen Campbell) ; Lost Stars (Begin Again)

Golden Globes 2015 : le sacre de Boyhood et The Grand Budapest Hotel

Posté par MpM, le 12 janvier 2015

richard linklaterC'est donc Richard Linklater et son prodigieux Boyhood qui sont ressortis vainqueurs des Golden Globes avec le très beau doublé "meilleur drame" et "meilleur réalisateur", auquel il faut ajouter meilleure actrice dans un second rôle pour Patricia Arquette. Voilà qui présage plutôt bien pour les Oscar !

Même chose pour Birdman de Alejandro González Iñárritu qui cumule meilleur scénario et meilleur acteur de comédie et pour Wes Anderson qui rafle la statuette de la meilleure comédie pour The grand Budapest hotel.

Les principales récompenses

Meilleur Drame : Boyhood de Richard Linklater
Meilleure Comédie : The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson
Meilleur Réalisateur : Richard Linklater pour Boyhood
Scénario : Birdman de Alejandro González Iñárritu
Meilleur acteur dans un drame : Eddie Raymaine
Meilleur acteur dans une comédie : Michael Keaton
Second rôle masculin : J.K.Simmons
Meilleure actrice dans un drame : Julianne Moore
Meilleure actrice dans une comédie: Amy Adams
Meilleur second rôle féminin : Patricia Arquette
Meilleur film étranger : Léviathan de Andrey Zviaguintsev
Meilleur film d'animation: Dragons 2
Meilleure Musique : the Theory of Everything
Meilleure chanson : Glory (Selma)

2014: les 14 critiques les plus lues cette année

Posté par vincy, le 1 janvier 2015

xavier dolan tom à la ferme

On ne doute plus de l'éclectisme de notre lectorat. Comédie, film d'auteur, sagas, science-fiction, documentaire: les critiques les plus lues sur Ecran Noir cette année n'ont pas grand chose à voir avec le box office (même su on y retrouve quelques gros succès). Pour preuve, le leader de l'année, Tom à la ferme, a eu un succès plutôt confidentiel. Mais les fans de Dolan sont nombreux (Mommy n'est pas très loin du Top 14). Dans cette liste on retrouve à parité des films que nous avons beaucoup aimés et d'autres beaucoup moins. Tous les goûts sont dans la nature du cinéphile. Ce n'est pas à nous de juger. On ne peut que se réjouit de voir aussi bien Boyhood que Gone Girl, La cour de Babel que Les poings contre les murs dans notre classement. Et si l'on élargit au Top 30, des films d'auteurs comme Under the Skin, Night call, Deux jours une nuit, et la plupart des films de la compétition cannoise s'invitent au milieu de Samba, X-Men et le dernier Astérix. Seule remarque notable de ce Top 14: la domination des films français et américains cette année.

  1. Tom à la ferme **** de Xavier Dolan
  2. Interstellar ** de Christopher Nolan
  3. Gone Girl **** de David Fincher
  4. Babysitting ** de Philippe Lacheau, Nicolas Benamou
  5. Les poings contre les murs **** de David Mackenzie
  6. Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu? ** de Philippe de Chauveron
  7. Divergente *** de Neil Burger
  8. Supercondriaque * de Dany Boon
  9. Captain America: Le soldat de l'hiver ** de Anthony et Joe Russo
  10. Boyhood ***** de Richard Linklater
  11. Maléfique * de Robert Stromberg
  12. Hunger Games: La révolte (1e partie) *** de Francis Lawrence
  13. Last days of Summer *** de Jason Reitman
  14. La Cour de Babel **** de Julie Bertuccelli

Nos coups de coeur de l’année: la sublime banalité dans Boyhood de Richard Linklater

Posté par vincy, le 28 décembre 2014

boyhood

Une année de cinéma c'est quasiment un film par jour, sur grand ou petit écran. On peut y ajouter les rencontres chaleureuses d'artistes pour des interviews, les disparitions marquantes de comédiens que nous ne verrons plus, de cinéastes qui ne filmeront plus, les souvenirs plus personnels où des images de fiction se mêlent à nos vies. Ainsi, on se surprend à être submergé d'émotions avec un chant japonais autour d'une femme en train de mourir (Still the Water de Naomi Kawase), sans que l'on sache si l'on est davantage touchés que d'autres confrères par cette scène parce que nous sommes nipponophiles. Idem face à cette scène toute québécoise où un trio d'acteurs chante du Céline Dion, pas forcément notre tasse de thé, pour communier ensemble (Mommy de Xavier Dolan), sans que l'on sache vraiment si d'avoir vécu dans la Belle province nous influence.

C'est toute la force du cinéma: nous faire aimer Scarlett Johansson en alien vampire ou la classe de la Cour de Babel, un plan séquence de '71 ou une scène de foot de Timbuktu, nous faire vibrer avec un histoire simple comme Party Girl ou nous amuser avec une comédie policière à la Agatha Christie au Grand Budapest Hotel.

Mais si je devais retenir un coup de coeur, ce serait Boyhood. C'était à Berlin, un jeudi matin. L'hiver est clément: pas de neige, du soleil, un froid sec. La projection est matinale dans la grande salle du Berlinale Palast. On ne sait quasiment rien du film. Il a été présenté à Sundance trois semaines avant, mais la presse américaine n'en a pas fait l'événement à l'époque. Richard Linklater est connu, mais pas forcément pour une oeuvre dont le pitch tient en deux lignes. Le casting n'est pas de catégorie A et la durée de 2h45 a tendance à nous inquiéter plus qu'à nous emballer.

Et donc près de trois heures plus tard, on ressort étourdi, épaté, bluffé même. Douze années d'une vie, avec les mêmes acteurs que l'on voit grandir (les enfants) et vieillir (les adultes). Pourtant ce n'est pas ce tour de force du projet (filmé durant douze ans) qui nous impressionne. Si Boyhood reste parmi les grands souvenirs de cinéma de l'année c'est parce qu'il ne raconte rien de spécial, hormis la vie d'une famille américaine typique, qu'il ne surdramatise rien, qu'il fait de la routine et du quotidien de chacun un élément de l'évolution. Il est le reflet de notre vie, renvoyant l'image d'une société banale, d'une famille normale. On éprouve une empathie immense pour les personnages. On lâche prise. La mise en scène réussit à relier la douzaine de chapitres sans accros. Cette fluidité, non exempte de beauté, nous emporte dans le tourbillon de la vie.

Et c'est finalement là que le cinéma est un art sublime. Peu importe le voyage, l'ivresse est toujours là. Mais lorsqu'il pointe sa caméra sur l'amour et la vie, que ce soit au Japon, au Québec ou en Lorraine, il nous rappelle à quel point tout est affaire d'auteur, de point de vue, de récit. Boyhood est un très grand récit universel, donnant raison à Jean-Paul Sartre qui rappelait: « Pour que l'événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu'on se mette à le raconter.»

Birdman empoche 4 nominations aux Screen Actors Guild Awards

Posté par vincy, le 10 décembre 2014

michael keaton birdman

La guilde des acteurs (Screen Actors Guild) a donné un gros coup de pouce à Birdman d'Alejandro Gonzalez Inarritu en nommant trois de ses comédiens et son casting. D'ici la révélation des gagnants, le 25 janvier 2015, nous sauurons si la puissante Guilde (prinipal contingeant de votants aux Oscars) a toujours l'influence qu'on lui prête. Mais, clairement, les favoris de l'année se situe dans cette liste de nominations

Notons que Benedict Cumberbatch et Mark Ruffalo sont également nominés dans la catégorie meilleur acteur pour la télévision. Pour le petit écran, des stars de cinéma aussi prestigieuses que Julia Roberts, Kevin Spacey ou Matthew McConaughey sont cités.

Quoi qu'il arrive, aucun des acteurs et des seconds rôles féminins nominés n'a reçu le prix de la SAG auparavant. Côté actrices, Witherspoon l'a déjà eu et, si elle gagnait, serait la première actrice à être récompensée deux fois. Pour les seconds rôles masculins, Robert Duvall serait dans la même situation. Meryl Streep s'octroie une quinzième nomination, un record pour un comédien dans la catégorie cinéma. Julianne Moore célèbre sa dixième nomination.

Meilleur acteur: Steve Carell (Foxcatcher), Benedict Cumberbatch (The Imitation Game), Jake Gyllenhaal (Night Call), Michael Keaton (Birdman), Eddie Redmayne (The Theory of Everything)
Meilleure actrice: Jennifer Aniston (Cake), Felicity Jones (The Theory of Everything), Julianne Moore (Still Alice), Rosamund Pike (Gone Girl), Reese Witherspoon (Wild)
Meilleur second rôle masculin: Robert Duvall (The Judge), Ethan Hawke (Boyhood), Edward Norton (Birdman), Mark Ruffalo (Foxcatcher), J.K. Simmons (Whiplash)
Meilleur second rôle féminin: Patricia Arquette (Boyhood), Keira Knightley (The Imitation Game), Emma Stone (Birdman), Meryl Streep (Into the Woods), Naomi Watts (St Vincent)
Meilleur casting: Birdman ; Boyhood ; The Grand Budapest Hotel ; The Imitation Game ; The Theory of Everything