César / Oscar 2016 : le match en 5 rounds

Posté par kristofy, le 1 mars 2016

Les patients: Vincent Lindon, Leonardo DiCaprio, et Ennio Morricone !

Florence Foresti avait souligné que Vincent Lindon était un peu notre Leonardo à nous, plusieurs fois nominé mais pas encore Césarisé et que cette fois ça serait la bonne (Flo : merci du spoiler), et en effet César pour Lindon et Oscar pour DiCaprio. Mais c’était aussi la même situation pour une personnalité plus discrète, le compositeur italien Ennio Morricone, qui décroche enfin un Oscar pour une musique de film à 87 ans !

Vincent Lindon a été nommé 5 fois : meilleur acteur La Crise 1993, Ma petite entreprise 2000, Ceux qui restent 2008, Welcome 2010, Quelques heures de printemps 2013… avant d’obtenir enfin un César la 6ème fois pour La loi du marché.

Leonardo DiCaprio a été nommé 4 fois : meilleur second rôle Gilbert Grape 1994, meilleur acteur pour Aviator 2005, Blood Diamond 2007, Le Loup de Wall Street 2014 (ainsi que comme producteur)… avant d’obtenir enfin un Oscar la 5ème fois pour The Revenant.

Ennio Morricone a été nommé 5 fois sans Oscar (et pas pour ses célèbres musiques de western) : meilleure musique originale pour Les Moissons du ciel de Terrence Malick 1979, Mission de Roland Joffé 1986, Les Incorruptibles de Brian De Palma 1987, Bugsy de Barry Levinson 1991, Malena de Giuseppe Tornatore 2000. Il a tout de même reçu un Oscar honorifique pour l'ensemble de sa carrière en 2007, et cette année, il reçoit l'Oscar de la meilleure musique originale pour Les Huit Salopards (il était d’ailleurs en même temps nominé au César de la meilleure musique originale pour En mai, fais ce qu'il te plaît, 3 fois au César sans aucune récompense…).

Avantage : Oscar

Des seconds rôles nordiques de première catégorie

César : Karin Viard (21 nuits avec Pattie), Agnès Jaoui (Comme un avion), Noémie Lvovsky (La belle saison), Sara Forestier (La tête haute), Sidse Babett Knudsen (L'hermine). C’est Sidse Babett Knudsen qui a gagné, mais dans le film L'hermine c’est elle le premier rôle féminin ! Pourquoi elle n’était pas dans la catégorie meilleure actrice ? Parce que cette catégorie principale est devenu au fil du temps un concours entre les monstres sacrés - 13 nominations pour Catherine Deneuve, 15 nominations pour Isabelle Huppert - et les comédiennes qui portent un film sur leurs épaules.

Oscar : Jennifer Jason Leigh (Les 8 Salopards) ; Rooney Mara (Carol) ; Rachel McAdams (Spotlight) ; Alicia Vikander (The Danish Girl) ; Kate Winslet (Steve Jobs). C’est Alicia Vikander qui a gagné, mais dans le film The Danish Girl c’est aussi elle le premier rôle féminin ! Pourquoi elle n’était pas en catégorie meilleure actrice ? Parce que cette catégorie principale n’est plus pour une meilleure interprétation mais pour un choix stratégique pour obtenir l'Oscar, et les producteurs-distributeurs veulent multiplier le nombre de nominations et les chances de gagner. Ainsi Juliette Binoche, rôle central du Patient anglais avait davantage de chance de l'avoir en second-rôle que si elle avait été "actrice principale" où sa collègue Kristin Scott Thomas avait ses chances. Ce calcul fait que pour le film Carol le duo d’égale importance est partagé entre catégorie meilleure actrice pour Cate Blanchett et catégorie second rôle pour Rooney Mara (bien que elle seule ait eu le prix d’interprétation à Cannes…). Donc face aux favorites (Charlotte Rampling, Saoirse Ronan, Brie Larson oscarisée) il était plus prudent de ‘placer’ Alicia Vikander en catégorie second rôle féminin…

Avantage : nul

Un meilleur film en langue étrangère toujours suspect

César : Birdman (USA), Le Fils de Saul (Hongrie), Taxi Teheran (Iran), Mia Madre (Italie), Youth (Italie), Le tout nouveau testament (franco-Belgique), Je suis mort mais j’ai des amis (franco-Belgique). Avec 2 films italiens et 2 films franco-Belges (car une règle qu’il faudrait supprimer oblige d’inclure dans cette catégorie des films francophones-, les César peuvent tout se permettre (y compris oublier les films asiatiques ou latino-américains), en mélangeant exercice de style, comédie, mélodrame... Et donc aucune nomination pour Mad Max Fury Road qui a gagné 6 Oscars (sur 10 nominations) ? Le Fils de Saul était évidement le favori, et bizarrement le César a été attribué à Birdman… Pour mémoire déjà en 1995 le César du meilleur film étranger avait récompensé la comédie culte Quatre mariages et un enterrement face à Pulp Fiction de Quentin Tarantino (Palme d’or à Cannes et Oscar du meilleur scénario) et La Liste de Schindler de Steven Spielberg (7 Oscars dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario…). C’est quoi le problème avec cette catégorie pour les votants des Césars ?

Oscar : L'étreinte du Serpent (Colombie) ; Mustang (France); Le Fils de Saul (Hongrie), Theeb (Jordanie); A War (Danemark). On note une moins grande variété de genre mais une vraie diversité de styles cinématographiques et un penchant pour des films d'auteurs assez pointus. Pourtant, la manière de sélectionner les films (quasiment soviétique), et le fait de mettre le Népal à égalité avec l'Italie ou la Chine pose toujours problème. Trois de ces films étaient à Cannes (2 à la Quinzaine des réalisateurs, et Le Fils de Saul récompensé du Grand prix du jury du festival de Cannes, donc le prix le plus important après la Palme d’or). Le Fils de Saul était donc évidement le favori, et logiquement il a reçu l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère.

Avantage : Oscar

Aimés en mai, rejetés en février

César : Dheepan de Jacques Audiard, c’est la Palme d’or du Festival de Cannes (avec dans le jury tout de même Ethan et Joel Coen, Guillermo del Toro, Xavier Dolan…), et 9 nominations aux Césars… Jacques Audiard est adoré par les professionnels avec à son compte 3 Césars pour De battre mon cœur s'est arrêté, 3 Césars pour Un prophète, 1 César pour De rouille et d'os…, mais cette année il y a eu comme un Audiard-bashing… Le film a divisé la critique et surtout ce fut le plus gros échec public de Audiard depuis 20 ans. Résultat aucun César !

Oscar : Sicario de Denis Villeneuve, en compétition à Cannes, 30 millions de budget et environ 90 millions de recettes, 3 nominations techniques (meilleure photographie pour Roger Deakins, sa 13e infructueuse, meilleure musique, meilleur montage de son) mais aucune nomination pour le scénario, le réalisateur, ou le film… C’est le film qui aurait dû faire concurrence à Mad Max Fury Road et à The Revenant, mais il en a été décidé autrement. On pourrait dire la même chose de Carol, grand favori jusqu'aux Golden Globes, et qui repart bredouille. Résultat aucun Oscar !

Avantage : nul

Les minorités, véritables gagnantes des deux cérémonies

Zabou et Pierre Deladonchamps : «Dans notre milieu d’artistes de toutes origines pas le place pour la xénophobie, pas de place pour la misogynie, pas de place non plus pour l’homophobie, pas de place non plus pour l’antisémitisme [lol]… Il y a ici ce soir des gens de grand talent, et des gens qui n’en n’ont pas du tout…et des pourritures humaines qui vendraient leur mère pour une paire de Louboutin… Je connais des votants qui ne sont pas sympas et qui eux-mêmes insultent les gens…»
Voila une pique pour ‘la grande famille du cinéma français’ qui aussi doit se pencher sur une meilleure représentation des minorités devant comme derrière la caméra. En France, on se donne bonne conscience en votant pour Fatima, c'est bien, mais on est aussi obligé de rappeler que Loubna Abidar est sans papiers et menacée dans son pays.

Côté Oscar une polémique ‘OscarSoWhite’ enflait sur l’absence de personnalités Noires (ni interprétation, ni réalisation…) avec des votants en majorité Blancs et âgés. Des mesures ont été prises pour un renouvellement des votants avec plus de diversité, et aussi plus de femmes.
Chris Rock : « Pensez-y : il n'y a aucune véritable raison d’avoir une catégorie pour les hommes et une autre pour les femmes pour un prix d’interprétation. Si vous voulez des gens Noirs chaque année à cette cérémonie des Oscars, il faudrait alors juste une nouvelle catégorie meilleure interprétation black, comme quand un Blanc dit ‘mon meilleur ami noir’… En fait, nous voulons avoir l'opportunité d'avoir de bons rôles. Nous voulons que des acteurs Noirs aient les mêmes opportunités que les acteurs Blancs… »
La polémique n’est donc tant du côté des nominations mais plus du côté des producteurs et distributeurs de films…

Avantage : Oscar

César / Oscar 2016, le match en 5 rounds : La cérémonie des Oscars remporte 3 rounds contre celle des Césars, les deux organisations et leurs membres votants vont devoir faire mieux pour l'année prochaine... Ou pas.

Les César 2016 sacrent Fatima, Mustang, Catherine Frot et Vincent Lindon

Posté par redaction, le 26 février 2016

Toute la cérémonie sur notre compte twitter. Et le rappel de toutes les nominations.

Fatima, déjà couronné par le Prix Louis-Delluc, est reparti avec trois César dont celui du meilleur film. En nombre de récompenses, il est devancé par Mustang, quatre fois distingué, dont le prix du meilleur prix film. Deux histoires de femmes entre occident et orient, deux films issus de métissage franco-méditerranéen.

On s'étonnera toujours de certains choix, à commencer par Birdman et Le Petit Prince. On sera peut-être déçu que Trois souvenirs de ma jeunesse n'ait pas eu autre chose que le César du meilleur réalisateur pour Arnaud Desplechin, qui était pour la quatrième fois nominé. Ce fut la bonne. Idem pour Vincent Lindon, qui après cinq nominations infructueuses, empoche un César amplement mérité depuis des années, et fait le doublé royal avec son prix d'interprétation à Cannes. Si Michel Fau a étonnament perdu dans la catégorie second-rôle masculin, Catherine Frot a sauvé l'honneur de Marguerite, quatre fois césarisé tout de même, en décrochant son premier César de la meilleure actrice, vingt ans après celui du meilleur second-rôle, trente ans après sa première nomination.

Enfin, avec de nombreux lauréats nés hors de France, le cinéma Français, à l'occasion d'une soirée pleine d'autodérision, emmenée par une Florence Foresti plutôt inspirée, a montré qu'il était ouvert au monde. Michael Douglas, César d'honneur, a très bien su trouver les mots pour rappeler à quel point la culture française était importante. Le tout dans un discours entièrement en français.

Meilleur film : Fatima de Philippe Faucon
Meilleur réalisateur: Arnaud Desplechin (Trois souvenirs de ma jeunesse)

Meilleur film d'animation: Le Petit Prince de Mark Osborne
Meilleur premier film: Mustang de Deniz Gamze Egüven
Meilleur documentaire: Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent
Meilleur film étranger: Birdman d'Alejandro G. Inarritu (USA-Mexique)
Meilleur court métrage: La contre-allée de Cécile Ducrocq
Meilleur film d'animation (court métrage): Le repas dominical de Céline Devaux

Meilleure actrice: Catherine Frot (Marguerite)
Meilleur acteur: Vincent Lindon (La loi du marché)
Meilleur second rôle féminin: Sidse Babett Knudsen (L'Hermine)
Meilleur second rôle masculin: Benoît Magimel (La tête haute)
Meilleur espoir féminin: Zita Hanrot (Fatima)
Meilleur espoir masculin: Rod Paradot (La tête haute)

Meilleur scénario original: Deniz Gamze Ergüven, Alice Winocour (Mustang)
Meilleur scénario adapté: Philippe Faucon, d'après Prière à la lune de Fatima Elayoubi (Fatima)
Meilleure image: Christophe Offenstein (Valley of Love)
Meilleur montage: Mathilde Van de Moortel (Mustang)
Meilleur son: François Musy, Gabriel Hafner (Marguerite)
Meilleurs décors: Martin Kurel (Marguerite)
Meilleurs costumes: Pierre-Jean Larroque (Marguerite)
Meilleure musique originale: Warren Ellis (Mustang)

Michael Giacchino élu compositeur de musique de film de l’année

Posté par vincy, le 26 octobre 2015

Lors de la cérémonie des World Soundtrack Awards, samedi 24 octobre à Gand, Michael Giacchino a reçu le prestigieux prix du meilleur compositeur de musique de film de l'année. Il avait été lauréat du prix Découverte des World Soundtrack Awards il y a dix ans pour sa musique des Indestructibles. Giacchino était face à Bruno Coulais, Zlexandre Desplat, Johann Johannsson et Hans Zimmer (lire notre article du 28 août).

Pour sa 15e édition, les WSA ont donc récompensé le compositeur des musiques de Vice-Versa, Jurassic World, A la poursuite de demain, Jupiter: le destin de l'univers et La Planète des singes: l'affrontement. Il avait gagné un Oscar pour la musique de Là-haut en 2010 et deux Grammy Awards (Là haut et Ratatouille).

Les trois autres prix ont été décernés à Antonio Sanchez (prix Découverte et meilleur musique de film), auteur de la BOF de Birdman et "The Apology Song" (meilleure chanson), composée par Gustavo Santaolalla et écrite par Paul Williams pour le film La légende de Manolo.

Le prix du public est revenu à John Paesano pour Le Labyrinthe.

Enfin un prix honorifique a été remis à Patrick Doyle.

World Soundtrack Awards: Alexandre Desplat et Bruno Coulais en lice pour le prix du meilleur compositeur de l’année

Posté par vincy, le 25 août 2015

alexandre desplat

La 15e édition des World Soundtrack Awards, qui se déroulera lors du Festival du film de Gand (13-24 octobre) en Belgique, a révélé ses nominations dans les catégories meilleur compositeur, meilleur bande originale de film et meilleure chanson dans un film.

Les vainqueurs seront connus le 24 octobre. Un prix honorifique pour l'ensemble de sa carrière sera remis à Patrick Doyle et un hommage sera rendu à Alan Silvestri. Un prix du public, un prix de la découverte et un prix du meilleur jeune compositeur européen doivent également être décernés.

On note la présence de deux compositeurs français et d'une BOF composée par un français. Hans Zimmer, Jóhann Jóhannsson et Alexandre Desplat sont nommés dans deux des trois catégories.A

Dans la catégorie de la meilleure chanson, deux des nommés l'étaient également aux oscars, y compris le gagnant, Selma. Dans celle de la meilleure BOF, on retrouve trois des musiques nommées aux Oscars, mais pas le gagnant (Grand Budapest Hotel d'Alexandre Desplat, déjà vainqueur l'an dernier des WSA).

Desplat a déjà gagné cinq fois le prix du meilleur compositeur de l'année et trois fois celui de la meilleure BOF de l'année. Hans Zimmer a déjà été récompensé pour sa BOF d'Inception. Et Patrick Doyle a reçu le prix du compositeur de l'année en 2002.

Meilleur compositeur de l'année

Bruno Coulais pour Le chant de la mer, Gemma Bovary, 3 cœurs, Mune le guardien de la Lune, Journal d’une femme de chambre et Masaan
Alexandre Desplat pour Invincible, The Imitation Game, Everything Will Be Fine et Tale of Tales
Michael Giacchino pour La planète des singes : l’affrontement, Vice-versa, Jupiter : le destin de l’univers, Jurassic World et À la poursuite de demain
Jóhann Jóhannsson pour Une merveilleuse histoire du temps, The 11th Hour et Sicario
Hans Zimmer pour Interstellar et Chappie

Meilleure bande originale de film

• Birdman d’Antonio Sanchez
• Cendrillon de Patrick Doyle
• Imitation Game d’Alexandre Desplat
• Interstellar de Hans Zimmer
• Une merveilleuse histoire du temps de Jóhann Jóhannsson

Meilleure chanson dans un film

• The Apology Song (La légende de Manolo), interprété par Diego Luna
• Carry Me Home (Divergente 2 : l’insurrection), interprété par SOHN
• Glory (Selma), interprété par Common & Legend
Grateful (Beyond the Lights), interprété par Rita Ora
• Tell Me (Lost River), interprété par Saoirse Ronan

Oscars 2015: Un slip blanc, une carte verte, et beaucoup de grandes causes…

Posté par redaction, le 23 février 2015

neil patrick harris oscars 2015

Lire aussi: L’envol de Birdman (et autres faits marquants)
Tous les gagnants de la 87e cérémonie des Oscars

Ah les Oscars ! Toutes ces paillettes, ces belles robes, ces colliers clinquants et ces acteurs sur leur 31. Cette nuit et comme tous les ans à la même époque se tenait la 87ème cérémonie des Oscars. L'occasion de remercier "ceux qui font les films et ceux qui vont les voir, qui achètent des tickets" comme l'a si bien dit Neil Patrick Harris. Ce dernier, hôte officiel de la soirée, avait la lourde tâche de faire aussi bien - si ce n'est mieux - qu'Ellen DeGeneres l'an passé. Et force est de constater qu'il a parfaitement atteint son objectif ! D'un naturel sympathique et comique, le héros de feu "How I Met Your Mother" est allé jusqu'à se présenter sur scène en slip pour parodier la séquence d'ouverture de Birdman. Un pari osé (quoique, on l'avait laissé les fesses à l'air en plein coït sanglant dans Gone Girl) mais réussi. Il n'a jamais viré dans le cliché ou la caricature, n'a jamais cédé aux sirènes du vulgaire.

Accompagné de Jack Black et Anna Kendrick, Neil Patrick Harris a donc fait le show comme il se doit, et a su s'effacer devant les autres artistes invités sur scène. Ainsi, Maroon 5, Jennifer Hudson, Rita Ora, Lady Gaga, Common et John Legend sont venus interpréter certains morceaux nommés dans la catégorie Meilleure chanson originale. Les deux derniers ont d'ailleurs su restituer l'émotion du film Selma (malheureusement boudé par les votants), au point de faire pleurer Oprah Winfrey et Chris Pine. Rien que ça !

Pour ce qui est du palmarès, on saluera le courage de l'Académie qui a soutenu The Grand Budapest Hotel jusqu'au bout, lui délivrant pas moins de 4 statuettes, ainsi ex-aequo avec le génial Birdman, Oscar du Meilleur film, réalisateur et scénario original. A côté, Whiplash s'est illustré et en a surpris plus d'un avec ses 3 récompenses, dont une amplement méritée pour J.K. Simmons. Trois films singuliers, audacieux et artistiquement bluffants. Du coup, parmi les perdants, difficile ne pas évoquer Boyhood et American Sniper : 6 nominations chacun et 1 seul Oscar à la clé. Et comme s'il fallait remercier tous les participants, l'Académie a pris la peine de distribuer une statuette à Selma, The Imitation Game et Une merveilleuse histoire du temps. Comme ça, pas de jaloux !?

Quant au reste de la cérémonie, on retiendra la fraîcheur d'Eddie Redmayne (Oscar du Meilleur acteur), ainsi que le discours de remerciement féministe de Patricia Arquette (Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle) sur les différences de salaires entre hommes et femmes dans l'industrie du cinéma. Un speech vivement salué par une Meryl Streep très en forme. Autre speech, plus touchant, salué par l'assemblée, celui de Graham Moore, le scénariste homosexuel de The Imitation Game (Oscar de la Meilleure adaptation), qui rappelle que la différence n'est pas un handicap ("Restez bizarres, restez différents"). Enfin, pour ne pas mettre de côté le contexte social et politique des Etats-Unis, les chanteurs Common et John Legend n'ont pas hésité à rappeler qu'il y a aujourd'hui plus de Noirs en prison qu'à l'époque de l'esclavage.

Bref, ces Oscars 2015 étaient une belle leçon d'humilité. Entre blagues potaches (jusqu'à cette réplique finale et culte de Sean Penn découvrant que le mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu a gagné l'Oscar du meilleur film: "Who gave this son of a bitch a green card?") et jeu avec l'audience, cette cérémonie n'a pas démérité. Peut-être un peu trop bien orchestrée (que voulez-vous, on ne plaisante pas avec les Américains), on a tout de même bien ri cette nuit. Et comme chaque année, on espère que les organisateurs des César vont en prendre de la graine. Eh oui, on a le droit d'espérer ! Quoique. Edouard Baer en slip blanc, ce n'est pas sûr que ce soit aussi sexy à voir...

Wyzman Rajaona

Oscars 2015: L’envol de Birdman (et autres faits marquants)

Posté par wyzman, le 23 février 2015

inarritu birdman oscars 2014
Tous les gagnants de la 87e cérémonie des Oscars
Oscars 2015: Un slip blanc, une carte verte, et beaucoup de grandes causes…

Avec 4 statuettes, dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario, Birdman a remporté la mère des batailles dans la saison des prix aux Etats-Unis. Le film, qui avait fait l'ouverture du Festival de Venise (où il avait été oublié du palmarès) sort mercredi en France. Un (faux) plan séquence autour d'un comédien qui s'est fait oublier après avoir incarné un super-héros dans une franchise hollywoodienne et cherche à monter une pièce adapté d'une nouvelle de Raymond Carver aura suffit à séduire les votants, qui ont finalement balayé l'autre favori, et l'autre tour de force, Boyhood de Richard Linklater, qui s'en va bredouille (hormis un Oscar du meilleur second-rôle féminin pour Patrica Arquette).
Surtout, pour la deuxième année consécutive, c'est un cinéaste mexicain qui repart avec l'Oscar du meilleur réalisateur. Alejandro Gonzalez Inarritu succède à Alfonso Cuaron. Les deux audacieux ont aussi permis à leur chef opérateur commun, Emmanuel Lubezki, de gagner deux fois de suite la statuette de la meilleure image.

Ex-aequo, The Grand Budapest Hotel a également reçu 4 Oscars, tous techniques. On note le premier Oscar en 8 nominations pour le composteur français Alexandre Desplat, qui rejoint ainsi Francis Lai, Maurice Jarre, Gabriel Yared, Ludovic Bource, George Delerue et Michel Legrand dans le panthéon des musiciens français oscarisés. Juste derrière, Whiplash, avec 3 Oscars dont celui du meilleur second-rôle masculin pour J.K. Simmons, complète le podium et surtout le meilleur montage que tout Hollywood voyait décerner à Boyhood.

jk simmons patricia arquette julianne moore eddie redmayneLe palmarès de ces 87e Oscars n'a délivré aucune surprise réelle en étant conforme aux prévisions de ces dernières semaines. Les quatre acteurs récompensés étaient tous favoris. On pouvait éventuellement imaginer une bataille dans la catégorie acteur mais Eddie Redmayne a triomphé, logiquement, sur Michael Keaton. C'est évidemment l'Oscar de la meilleure actrice, pour Julianne Moore dans Still Alice, qui a fait sensation. La comédienne a reçu une standing ovation. Après 4 nominations infructueuses, elle gagne enfin le prix le plus convoité du cinéma aux Etats-Unis. Elle réussit ainsi le rare grand chelem de la meilleure actrice: Oscar-Golden Globe-Venise-Berlin-Cannes (elle a reçu un prix d'interprétation l'an dernier au Festival de Cannes pour Maps to the Stars).

Disney a fait un doublé dans l'animation avec le court (Feast) et le long métrage (Les nouveaux héros). Dans cette dernière catégorie créée en 2002, c'est son neuvième Oscar. C'est sans doute la seule vraie surprise du palmarès, tant Dragons 2 semblait le vainqueur prévisible.

Enfin, c'est Ida qui a remporté l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, donnant au cinéma polonais son premier Oscar, après 9 nominations infructueuses.

Au total, 13 longs métrages peuvent faire la fête, même si seulement 3 ont gagné plusieurs statuettes. Côté studios, là aussi, seulement trois ont reçu plus d'un prix: Walt Disney (2), Sony Pictures Classics (3) et surtout Fox Searchlight (8) qui profite des victoires de Birdman et Grand Budapest Hotel.

Oscars 2015: Birdman, Julianne Moore, Eddie Redmayne et The Grand Budapest Hotel…

Posté par vincy, le 23 février 2015

oscarsLire aussi : L'Envol de Birdman (et autres faits marquants des 87e Oscars)
Oscars 2015: Un slip blanc, une carte verte, et beaucoup de grandes causes…

Meilleur film: Birdman

Meilleur réalisateur: Alejandro G. Iñárritu (Birdman)

Meilleure actrice: Julianne Moore (Still Alice)

Meilleur acteur: Eddie Redmayne (Une merveilleuse histoire du temps)

Meilleure actrice dans un second-rôle: Patricia Arquette (Boyhood)

Meilleur acteur dans un second-rôle: J.K. Simmons (Whiplash)

Meilleur film d'animation: Les nouveaux héros de Don Hall, Chris Williams et Roy Conli

Meilleur film documentaire: CitizenFour de Laura Poitras, Mathilde Bonnefoy et Dirk Wilutzky

Meilleur film en langue étrangère: Ida de Pawel Pawlikowski (Pologne)

Meilleur scénario: Nicolás Giacobone, Alexander Dinelaris, Jr. & Armando Bo (Birdman)

Meilleure adaptation: Graham Moore, d'après le livre d'Andrew Hodges (The Imitation Game)

Meilleure image: Emmanuel Lubezki (Birdman)

Meilleur montage: Tom Cross (Whiplash)

Meilleure musique: Alexandre Desplat (The Grand Budapest Hotel)

Meilleure chanson originale: "Glory" de John Stephens et Lonnie Lynn (Selma)

Meilleur son (montage): Alan Robert Murray et Bub Asman (American Sniper)

Meilleur son (mixage): Craig Mann, Ben Wilkins et Thomas Curley (Whiplash)

Meilleurs décors: Adam Stockhausen et Anna Pinnock (The Grand Budapest Hotel)

Meilleurs costumes: Milena Canonero (The Grand Budapest Hotel)

Meilleurs maquillages: Frances Hannon et Mark Coulier (The Grand Budapest Hotel)

Meilleurs effets visuels: Paul Franklin, Andrew Lockley, Ian Hunter et Scott Fisher (Interstellar)

Meilleur court-métrage (fiction): The Phone Call de Mat Kirkby et James Lucas

Meilleur court-métrage (animation): Feast de Patrick Osborne et Kristina Reed

Meilleur court-métrage (documentaire): Crisis Hotline: Veterans Press 1 de Ellen Goosenberg Kent and Dana Perry

Birdman sacré meilleur film aux Independent Spirit Awards

Posté par vincy, le 22 février 2015

michael keaton birdman

Les "Oscars" du cinéma indépendants (qui ne concernent que les films ayant coûté moins de 20 millions de $) ont choisi de partager les prix entre les deux favoris de la saison, Birdman et Boyhood. Le premier, faux plan séquence vertigineux de près de 2 heures, a reçu la récompense suprême du meilleur film, mais aussi les prix du meilleur acteur et de la meilleure photo. Le second, tourné sur douze ans avec le même casting, a été distingué du prix du meilleur réalisateur et du meilleur second-rôle féminin.

Deux autres films ont été remarqués par les votants: Whiplash (meilleur second-rôle masculin, meilleur montage) et sur Nightcall (aka Nightcrawler) qui repart avec le prix du meilleur premier film et le prix du meilleur scénario. Julianne Moore, grande favorite pour l'Oscar, a été élue meilleure actrice, 12 ans après Far Fron Heaven qui lui avait valu le même prix:: c'est la première fois qu'une actrice remporte deux fois le titre de meilleure actrice dans l'histoire des Spirit Awards.

Le palmarès

Meilleur film : Birdman d'Alejandro Gonzalez Inarritu

Meilleur réalisateur : Richard Linklater (Boyhood)

Meilleur scénario : Dan Gilroy (Nightcrawler)

Meilleur premier film : Nightcrawler de Dan Gilroy

Meilleur premier scénario : Justin Simien (Dear White People)

Prix John Cassavetes : Land Oh! de Aaron Katz & Martha Stephens

Meilleure actrice : Julianne Moore (Still Alice)

Meilleur acteur : Michael Keaton (Birdman)

Meilleur second rôle féminin : Patricia Arquette (Boyhood)

Meilleur second rôle masculin : J.K. Simmons (Whiplash)

Meilleure image : Emmanuel Lubezki (Birdman)

Meilleur montage : Tom Cross (Whiplash)

Meilleur documentaire : CitizenFour de Laura Poitras

Meilleur film étranger : Ida de Pawel Pawlikowski

Prix Robert Altman : Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

Prix spécial : Foxcatcher de Bennett Miller

Alejandro Gonzalez Inarritu sacré par la Directors Guild pour Birdman

Posté par vincy, le 8 février 2015

inarritu

Et un de plus. A force de récolter tous les principaux prix ces dernières semaines, Birdman d’Alejandro Gonzalez Inarritu tue le suspens pour les Oscars. En remportant le prix de la Directors Guild of America (Guilde des réalisateurs), le cinéaste mexicain est en train d’étouffer la concurrence à deux semaines de la cérémonie des Oscars. Boyhood a eu les faveurs de la critique tout au long de l’année, faisant consensus partout dans le pays. Mais les puissantes Guildes (Producteurs, Acteurs et maintenant Réalisateurs) et les Golden Globes ont préféré opter pour la comédie dramatique du réalisateur mexicain.

Cela promet des Oscars peu flamboyants, sauf si American Sniper, énorme succès au box office américain, joue les trouble-fêtes par surprise. C’est unanimité autour d’un film qui a franchit péniblement les 30M$ (Boyhood ne les a pas dépassés ceci dit) démontre que les professionnels ont décidé de privilégier l’originalité plutôt que le succès, chose assez rare ces dernières années.

Birdman, qui avait été en compétition à Venise (mais ignoré au palmarès de la Mostra) est avant tout la consécration de son auteur. C’est aussi un coup double pour le cinéma mexicain : Inarritu succède en effet à un autre mexicain, son ami Alfonso Cuaron qui avait été couronné pour Gravity il y a un an. Les deux ont en commun un sens de l’audace.

Birdman est un objet filmique quasiment surréaliste. « Je n’ai jamais rêvé d’être parmi vous ce soir, de vous parler, jamais » a expliqué le réalisateur,  profondément ému. On le comprend : le prix de la DGA est un sacre aussi important que l’Oscar du meilleur réalisateur pour un cinéaste. Par sept fois seulement depuis 1948, un réalisateur primé par le Directors Guild Award n’a pas reçu l’Oscar du meilleur réalisateur. « Réaliser un film c’est s’attaquer à l’imprévisible » a-t-il ajouté, remerciant par ailleurs ses acteurs et ses producteurs associés.

Richard Linklater (Boyhood), Clint Eastwood (American Sniper), Morten Tydlum (The Imitation Game) et Wes Anderson (The Grand Budapest Hotel) étaient « en concurrence » avec lui pour ce prix.

La guilde américaine des acteurs plébiscite Birdman

Posté par vincy, le 26 janvier 2015

Comme les producteurs, les acteurs ont choisi Birdman, qui devient de facto le favori pour l'Oscar du meilleur film. La Screen Actors Guild (Guilde américaine des acteurs), le plus gros collège de votants aux Oscars, a décerné le prix du meilleur casting à Birdman, d'Alejandro Gonzalez Inarritu. Michael Keaton, Edward Norton, Zach Galifianakis, Emma Stone, Naomi Watts, Amy Ryan et Andrea Roseborough ont donc été récompensés dans leur ensemble.

Eddie Redmayne (Une merveilleuse histoire du temps), meilleur acteur, Julianne Moore (Still Alice), meilleure actrice, J.K. Simmons (Whiplash), meilleur second-rôle masculin, et Patricia Arquette (Boyhood), meilleur second-rôle féminin, ont remporté les prix d'interprétation individuels. Les quatre ayant déjà reçu le Golden Globes, on les voit mal ne pas repartir avec un Oscar dans un mois.

Par ailleurs, l'équipe de cascadeurs d'Invincible a été récompensée.