Posté par vincy, le 23 mai 2013
Le palmarès de la 52e Semaine de la Critique de Cannes a couronné les réalisateurs italiens Fabio Grassadonia et Antonio Piazza pour leur film Salvo. Le jury présidé par le cinéaste Miguel Gomes l'a gratifié du Grand Prix "Nespresso" ; le film est également reparti avec le prix Révélation France 4 dont la présidente du jury était la réalisatrice française Mia Hansen-Love.
Salvo est un tueur de la mafia sicilienne, solitaire, froid, impitoyable. Lorsqu'il s'introduit dans une maison pour éliminer un homme, il découvre Rita. La jeune fille est aveugle et assiste impuissante à l'assassinat de son frère. Salvo essaie de fermer ses yeux dérangeants, qui le fixent sans le voir. Mais quelque chose d'impossible se produit. Rita voit pour la première fois. Salvo décide alors de lui laisser la vie sauve.
Une mention a été décernée au film argentin Los Duenos d'Agustin Toscano et Ezequiel Radusky.
Le prix de la SACD a récompensé le film canadien Le démantèlement, de Sébastien Pilote.
Côté courts-métrages, le prix Découverte est allé au film Come and play de la Russe Daria Belova et le prix Canal+ a été décerné à Pleasure de la Suédoise Ninja Thyberg.
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Posté par vincy, le 23 mai 2013

Jim Jarmusch à Tanger (et à Detroit). La vampire Tilda Swinton profite de cette ville mythique de la littérature et de la peinture, sillonnant les ruelles, profitant d'un café, mordant dans les veines de jeunes marocains quand elle n'a pas sa dose d'hémoglobine. De Peter Bowles à Henri Matisse, la lumière de Tanger, ville africaine qui fait face à l'Espagne, a attiré de nombreux grands artistes. Et il était logique que le cinéma s'en empare aussi. Jarmusch filme Tanger essentiellement la nuit dans Only Lovers Left Alive. Il la rend envoûtante et mystérieuse.
Tanger est une ville de tournage qui rassure : comme souvent, le Maroc sert d'alibi à des grosses productions qui cherchent un pays arabe pour des scènes qui ne se passent pas dans ce pays : ce fut le cas d'Inception, d'un James Bond comme Tuer n'est pas jouer, mais aussi de Cloclo (pourtant l'Egypte n'est pas si loin).
Le cinéma français a souvent planté ses caméras dans la ville. Dans quelques mois, Gibraltar va s'y dérouler. Normal, Tanger est face à la colonie anglaise de Gibraltar. C'est le carrefour des drogues et des migrations clandestines. André Téchiné a préféré donner une vision plus romanesque de la ville dans Les temps qui changent, avec Deneuve et Depardieu qui y retombent amoureux, et une vision plus réaliste et sociale dans Loin, avec Stéphane Rideau et Lubna Azabal. Un écrivain anglais, James, rappelle d'ailleurs l'ombre de Peter Bowles.
Pour adapter Bowles justement, Bernardo Bertolucci a servit Un thé au Sahara sur place, avant que ses personnages ne partent dans le désert. Tanger c'est le mythe de l'exotisme avant que la modernité et les voyages de masse ne réduisent le monde à quelques heures d'avion.
Mais la ville n'a jamais été aussi bien filmée que par Paul Greengrass dans le troisième épisode de Jason Bourne, La vengeance dans la peau. Moment crucial du film, Bourne (incarné par Matt Damon) ne flâne pas vraiment, mais on a le temps de profiter des quartiers populaires, des belles places ombragées, du souk et des toits de la ville à travers une périlleuse et très longue course-poursuite, qui se terminera avec une baston brutale dans une salle de bain. On est loin de la vision évaporée et romantique de Jarmusch.
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Posté par MpM, le 23 mai 2013
We are what we are, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, fait sensation comme "le film de cannibales" du Festival de Cannes 2013. Il met en scène une famille renfermée sur elle-même qui, pour survivre, consomme de la viande humaine. Loin de tout sensationnalisme (hormis peut-être la scène de fin), le film est un pur huis clos anxiogène sur l’implosion d’une cellule familiale soumise à des tensions inacceptables
Il s’agit du troisième long métrage du réalisateur américain Jim Mickle, qui s’est fait un nom auprès des amateurs de films de genre avec un film de zombies, Mulberry street, et un autre de vampires, Stake land. Pour We are what we are, il s’est inspiré de Somos lo que hay du Mexicain Jorge Michel Grau, déjà présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2010. Fasciné par le regard intimiste porté par Grau sur cette famille dysfonctionnelle, il s’est réapproprié le récit avec une sobriété glaçante, lui apportant un sous-texte sociétal évident.
Ecran Noir : Pourquoi avoir eu envie de faire le remake d’un film aussi récent que Somos lo que hay de Jorge Michel Grau ?
Jim Mickle : Je n’avais pas envie de faire un remake ! Mais j’ai eu le sentiment que dans le film originel, il y avait un bon concept à partir duquel on pouvait faire quelque chose d’intéressant. Et Jorge Michel Grau nous a fait confiance. Ce qui m’intéressait, c’était ce tabou sombre, ce sujet extrême sur lequel Grau avait porté un regard tout à fait intimiste. Le film original laissait beaucoup d’espace pour l’interprétation. Rien n’était dit de manière frontale. J’ai aimé ce concept extrêmement large avec une manière de le traiter qui passait par quelque chose d’extrêmement spécifique et étroit.
EN : Bien sûr, le film parle de cannibales. Mais il met surtout en scène une famille qui implose. Le père de famille exerce une autorité si forte sur ses enfants qu’il provoque cette implosion.
JM : Et plus encore, je crois que c’est une famille où on voit un père qui perd le contrôle. Il essaye de maintenir la cohésion dans sa famille après un drame. Mais il n’est pas équipé pour cela et il va arriver à un résultat contraire. Et c’est vraiment dans ce sens que l’on a dirigé l’acteur principal Bill Sage. A aucun moment le personnage du père n’a la volonté de mal faire, ou de briser la vie de ses enfants. Il essaye au contraire de faire tout ce qu’il peut, mais ça ne fonctionne pas.
EN : Les films de genre ont souvent une intention cachée, une volonté de parler de notre époque et d’en dénoncer les contradictions ou les erreurs. Peut-on voir cela dans cette manière qu’a le film de montrer un père s’escrimant à faire le bien de ses enfants et qui, au final, atteint exactement le résultat inverse ?
JM : C’est tout à fait vrai ! Je crois qu’il y a un message politique mais aussi religieux. Bill Sage est un acteur très intelligent, il a compris ça immédiatement quand il a lu le scénario. Pour moi et mon coscénariste [Nick Damici, avec lequel il a déjà cosigné ses deux premiers longs métrages], ce film était une manière de montrer comment les hommes voient les femmes. Mais aussi la politique américaine : comment les hommes essayent de contrôler les femmes, de les réguler. C’est aussi une manière de revenir sur le fait que beaucoup, dans la politique américaine, est le résultat d’un mélange entre la politique et la religion. Il semblerait qu’aujourd’hui, ce mélange dicte la plupart des actions politiques. C’était tout à fait intéressant pour nous de voir à quel point un petit drame avec trois personnes peut se faire le reflet de cette réalité politique et sociale.
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Posté par vincy, le 23 mai 2013
Ouf. Le budget d'Expiration, avec Bruce Willis en tête d'affiche, a été bouclé. 60 millions de $ seront dépensés pour ce thriller qui se focalise sur un tueur à gages empoisonné et dont la mort est proche s'il ne trouve pas une solution. Le film sera réalisé par Brian Tucker. Tournage au printemps 2014.
Evita again? Cette fois-ci le mythe argentin ne sera pas un drame musical. Réalisé par Pablo Aguero, Evita s'intéresse à la dépouille de la femme du dictateur Peron, morte en 1952. Mais, au coeur d'enjeux politiques, elle ne sera enterrée qu'en 1975. Gael Garcia Bernal incarnera l'amiral Emilio Eduardo Massera ; Evita sera interprétée par Mia Maestro.
Il était une fois. Tandis qu'il préside le jury de la Semaine de la critique, le réalisateur du très remarqué Tabou, Miguel Gomes, a annoncé son prochain projet. Les 1001 nuits sera un long tournage de huit mois, à partir de septembre. Gomes explique que son film est une transposition moderne et réaliste du célèbre conte. Le film ne sortira pas avant fin 2014-début 2015.
Women. Il n'a rien tourné pour le cinéma depuis 2006 (I'm not there), même s'il a marqué les esprits avec sa version TV de Mildred Pierce il y a deux ans. Todd Haynes reviendra dans les salles avec Carol, qui réunira Cate Blanchett et Mia Wasikowska. Carol est l'adaptation d'un roman de Patricia Highsmith, Les Eaux dérobées. L'histoire, qui se déroule dans les années 50, est celle de deux femmes, une jeune ambitieuse qui travaille dans un grand magasin et d'une épouse piégée dans un mariage sans amour.
De l'or. Après La jeune fille et la perle, Peter Webber adaptera le roman historique de Rose Tremain, The Colour. L'auteure signera elle-même le scénario de ce film qui se tournera l'an prochain. Webber posera ses caméras en Nouvelle-Zélande. Il s'agit de l'histoire d'un jeune couple qui cherche à faire fortune en profitant d'une ruée vers l'or dans les années 1860.
L'ours. On connaissait les dessins animés (et même le film d'animation en 2011) avec Winnie l'ourson. Voici le biopic (un de plus) sur son créateur, Alan Alexander Milne. Goodbye Christopher Robin se concentrera plus particulièrement sur la relation compliquée entre le créateur et son fils. Le film se tournera durant l'été 2014 sur l'Ile de Man.
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Posté par vincy, le 23 mai 2013
Juno Temple a des airs d'Ellen Page, le même côté femme-enfant. Britannique de naissance, elle a déménagé aux USA dès l'âge de 4 ans, avant que sa famille ne retourne en Angleterre. Mais pour elle, à 4 ans, ce fut un autre voyage qu'elle commença : une vocation d'actrice, en regardant La belle et la bête de Jean Cocteau. Adorant s'habiller avec des vêtements colorés et ethniques, elle n'a pas besoin de convaincre son père, Julien Temple, réalisateur de comédies musicales, documentaires rock et vidéos clips, qu'elle peut jouer. La gamine débute à 9 ans avec Vigo, histoire d'une passion sous la direction de son père. Elle tournera également pour lui dans Pandemonium.
Etudiante moyenne, elle se lance dans le métier, sérieusement, à 15 ans. Pour son premier rôle important, elle joue la fille, pétulante et tourmentée, de Cate Blanchett (Chronique d'un scandale). Mais c'est Joe Wright qui lui propose sa première transformation en la teignant en rousse dans Reviens-moi. Elle impressionne. Dans les deux volets des comédies déjantées St. Trinian's, elle fait mouche en jouant sur l'excentricité. Manquant un rôle dans Harry Potter, après quelques films anglais oubliés, sentant que sa carrière commence à frémir, elle s'envole pour Los Angeles rejoindre son fiancé et convaincue que le "business" est en Californie.
Mais Juno Temple est curieuse, avide d'expériences singulières et ne se contente pas d'attendre un projet de studio. Elle fait ainsi le grand écart entre la comédie américaine Year One, avec Jack Black et Michael Cera, et l'oeuvre fantastique et sensible de Jaco Van Dormael, Mr. Nobody. Deux flops.
Elle n'hésite pas à se mettre en danger, et sortir ainsi des critères hollywoodiens ; par exemple, en réalisant un sketch parodique ou en s'invitant dans le casting du délirant Kaboom de Gregg Araki, Queer Palm à Cannes. Elle allume Eva Green dans Cracks, donne la réplique à Ben Stiller dans le drame léger Greenberg, joue les Lolitas "gay friendly" dans Dirty Girl, n'a pas de pudeur pour être une lesbienne (un brin schizophrénique) dans Jack & Diane (à l'origine le personnage était pour une certaine Ellen Page) et file à l'anglaise pour suivre des skateboarders dans Little Birds... Insaisissable, elle incarne Anne d'Autriche dans Les trois mousquetaires de Paul W.S. Anderson.
Premier rôle de films indépendants, second rôle de grosses productions : elle avance. Et parfois épate comme dans Killer Joe de William Friedkin, où elle interprète la soeur pas très nette d'un tueur minable et machiavélique (Matthew McConaughey). On l'aperçoit aussi dans The Dark Knight Rises de Christopher Nolan, qui voulait, à l'origine retrouver Ellen Page pour ce personnage de Jen.
Mais c'est bien cette année, que Temple commence à intriguer les festivaliers. A Sundance, elle présente Afternoon Delight, comédie dramatique de Jill Soloway, qui reçoit le prix de la mise en scène. A Berlin, elle accompagne Lovelace, biopic sur l'actrice porno. Temple y est la meilleure (et sincère) amie de Linda Lovelace. A Cannes, elle vient présenter à la Quinzaine des réalisateurs Magic Magic du chilien Sebastián Silva. Pas étonnant qu'elle reçoive en février le prix BAFTA du talent de demain, choisie par le public. Mélancolique ou rieuse, se complaisant dans les déguisements, fragile et déterminée, elle est tout cela à la fois : de la pâte à modeler pour les réalisateurs.
Peu connue, ayant pourtant joué avec les stars du moment, Juno Temple a un agenda rempli. On la verra dans Horns d'Alexandre Aja, Sin City 2 de Robert Rodriguez et Frank Miller, en fée dans Maléfique avec Angelina Jolie, Truck Stop... "Je veux juste travailler. Je n'ai pas peur d'essayer quoi que ce soit. Si ça ne marche pas, je ne le referai plus... J'ai juste 23 ans, je donne ma chance à tout" explique-t-elle en guise de profession de foi.
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Posté par MpM, le 22 mai 2013
Cher Jafar,
Je sais comme cela te tient à cœur que chacun puisse tourner librement les films qu'il souhaite et les montrer le plus largement possible. Sur le sujet, tu aurais sûrement beaucoup d'idées à échanger avec Mahamat-Saleh Haroun, présent en compétition à Cannes avec son film Grigris.
Le cinéaste tchadien se bat contre l'invisibilité du cinéma africain en Afrique comme dans le reste du monde. "Je pense que c'est important que l'Afrique soit présente à Cannes" a-t-il déclaré lors de la conférence de presse de Grigris. "Et il faut que l'on se batte pour faire des films importants, qui soient présents dans les grands rendez-vous cinématographiques. Le cinéma a besoin d'Afrique, et l'Afrique a besoin de ces rendez-vous importants comme Cannes. Il faut que notre présence soit vraiment banalisée."
Il a également lancé un appel aux réalisateurs africains eux-même, les invitant à prendre les choses en mains : "Il n'y a pas de circuits de distribution, il n'y a pas de visibilité dans notre propre continent. Donc il revient à chaque cinéaste africain digne de ce nom de donner une visibilité à l'Afrique, en étant dans un grand rendez-vous cinématographique (...) On ne peut pas en permanence invoquer l'absence de financements, parce qu'à un moment, il arrive aussi que peut-être les cinéastes peuvent avoir une part de responsabilité. Je me dis que le coup de tête, il faut aussi pouvoir le donner soi-même, avant de dire qu'il faut qu'en permanence quelqu'un puisse nous donner un coup de pouce".
Un discours courageux et volontaire, qui te parle, j'en suis sûre, toi qui arrives à faire des films même quand on te l'interdit, même en étant assigné à résidence. Car le cinéma c'est aussi cela, un droit que l'on s'arroge coûte que coûte, un besoin insidieux, une nécessité qui se situe au-delà des autorisations et des questions matérielles. Filmer pour exister et surtout filmer pour ne pas mourir.
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Posté par MpM, le 22 mai 2013
François Ozon aurait mieux fait de se taire... Lors d'une interview accordée au magazine professionnel Hollywood reporter en début de semaine, le cinéaste avait déclaré : "Je pense que les femmes peuvent ressentir une connexion avec l'héroïne du film, car la prostitution est un fantasme commun à de nombreuses femmes. (...) Cela ne veut pas dire qu'elles le font, mais le fait d'être payé pour coucher est quelque chose qui est assez évident dans la sexualité féminine."
Propos qui ont à juste titre ému, notamment dans les réseaux sociaux, poussant le réalisateur à essayer maladroitement de se rattraper sur son compte Twitter : "Propos maladroits et mal compris. Évidemment je ne voulais pas parler des femmes en général, juste des personnages de mon film". Rétro-pédalage en règle...
Dans l'imaginaire collectif (et pas uniquement masculin), la prostituée est une figure archi-classique du cinéma. En une semaine de festival, on en a déjà croisé chez Jia Zhang-ke, Amit Kumar, James Franco, Paolo Sorrentino, Guillaume Canet, Mahamat-Saleh Haroun, Nicolas Winding Refn et bien sûr François Ozon. Mais pour la plupart des personnages, il ne s'agit guère de réaliser des fantasmes sexuels. Se prostituer est parfois l'un des rares moyens, pour une femme, de subvenir à ses besoins. Comme le dit l'héroïne de Grigris : "il faut bien qu'elle mange, Mimi."
Pour d'autres réalisateurs, la prostituée est avant tout une jolie femme sur laquelle chacun peut projeter ses fantasmes. Toujours sexy, toujours consentante, facilement interchangeable. Une récompense pour les héros (Monsoon shootout), une proie facile pour les pervers (Only God Forgives). Pas très éloignée de la poupée gonflable, au fond. Même François Ozon aura rectifié de lui-même : peu de femmes rêvent de connaître une telle réalité.
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Posté par vincy, le 22 mai 2013

C'est au tour du danois Nicolas Winding Refn de nous perdre dans Bangkok, ville de débauche par excellence, dont la moiteur, les néons, les bordels et les embouteillages ont inspiré de nombreux films. Dans Only God Forgives, on passe d'un hôtel vertigineux - la terrasse a une vue imprenable sur la ville - aux ruelles sordides, d'un parc respirant le zen à des artères souvent désertes. Loin du Bangkok habituel...
Récemment, les compères de Very Bad Trip 2 ont subit tatouages, gangs et autres strip tease dans la capitale thaïlandaise, où se situait l'essentiel de l'action (et de la visite touristique). Escale (La plage) ou enfer des prisons (Bridget Jones : l'âge de raison, Bangkok aller simple), c'est aussi un lieu de prédilection pour des films d'action (Bangkok Dangerous, Bangkok Fighter) mais aussi érotique (Emmanuelle).
Sans compter que de nombreuses productions hollywoodiennes s'y tournent : Bangkok sert ainsi de décor pour remplacer des villes chinoises, vietnamiennes ou indonésiennes. C'est d'ailleurs là, sur le tournage de Stretch (où Bangkok joue à être Macao) que David Carradine a été retrouvé mort durant le tournage, dans sa chambre d'hôtel.
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Posté par vincy, le 22 mai 2013
Tabernacle! James Franco sera la star du prochain film (en 3D) de Wim Wenders, Every Thing Will Be Fine. Le tournage commencera en août au Québec. Sarah Polley pourrait faire partie du générique.
Holidays! Le petit Nicolas, fort de son succès en salles en 2009 (5,5 millions d'entrées), aura une suite, Le petit Nicolas en vacances. Laurent Tirard sera toujours derrière la caméra et le film devrait sortir en juillet 2014.
Dana's Eleven. La comédienne Audrey Dana passe à la mise en scène. French Woman sera une comédie féminine racontant le destin croisé de 11 femmes. Et attention au casting : Vanessa Paradis, Isabelle Adjani, Laetitia Casta, Alice Taglioni, Marina Hands, Sylvie Testud, Géraldine Nakache, Julie Ferrier, Mélanie Doutey, Alice Bellaïdi (et Dana elle-même) formeront le casting. Le tournage débute mi juin à Paris.
Nombres premiers. Dev Patel, la vedette de Slumdog Millionaire, jouera dans The Man who Knew Infinity, biopic du légendaire mathématicien indien Srinivasa Ramanujan, d'après la biographie de Robert Kanigel. Le film sera scénarisé et réalisé par Matthew Brown.
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Posté par vincy, le 22 mai 2013

Elle revient à Cannes, mais cette fois-ci en sélection officielle. La réalisatrice et scénariste argentine Lucía Puenzo entre dans la cour des grands. Celle où son père brilla avec L'Histoire officielle, en course pour la Palme d'or en 1985 : son film fut récompensé par un Prix d'interprétation féminine pour Norma Aleandro, un Prix du jury eucuménique et quelques mois plus tard par l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.
L'héritage paternel est lourd. Même si Lucia, 36 ans, n'est pas en compétition mais à Un certain regard, avec Wakolda. 6 ans après son film choc XXY - Grand prix de la semaine de la critique à Cannes 2007 mais aussi prix Grand Rail d'or et prix OFAJ de la (toute) jeune critique avant qu'elle ne récolte le prix du meilleur film à Athènes, celui de la mise en scène à Edimbourg le Goya du meilleur film espagnol étranger et qu'elle ne représente l'Argentine aux Oscars - la fille Puenzo confirme son statut de grand talent du cinéma latino-américain.
Elle revient de loin. Lucia Puenzo a commencé à travailler pour la télévision argentine, en écrivant des séries. La plume dans la peau, elle écrit un roman, El niño pez, qui sera son deuxième long métrage en 2009 (sélectionné à Berlin). Ecrivaine (ancienne étudiante en littérature avant d'étudier le cinéma), elle publie chez Stock en 2010 La Malédiction de Jacinta, roman superbe, âpre, violent et envoûtant sur les bas fonds et l'univers rock de Buenos Aires.
Le cinéma de Puenzo n'a pourtant rien de littéraire. "Je préfère toujours quand la littérature et le cinéma se basent sur les personnes et les rapports humains plutôt que sur une simple intrigue. Comme par exemple dans les films de Haneke, Cassavetes ou Bruno Dumont. Ou dans les livres de Cheever, Nabokov ainsi que Aira et Pig pour les auteurs argentins" expliquait-elle lors de la sortie de XXY. Voilà pour les références.
Son style cinématographique s'amourache de gros plans, pour mieux cerner l'intime, les détails. Mais il ne rechigne pas aux plans larges, pour que la nature prenne toute sa place, réduisant l'homme à un simple élément. Elle aime se documenter, effectuer des mois de recherches, enquêter. Ses films sont risqués, engagés, mais ils n'oublient jamais l'aspect romanesque. L'amour reste le moteur de tout, dans ses livres comme dans ses films.
Avec Wakolda, elle nous emmène en Patagonie, cette vaste contrée du sud de l'Argentine, avec ses paysages immenses, où les animaux sont plus nombreux que les habitants. Lucia Puenzo a planté sa caméra à Bariloche, la ville la plus suisse du pays, entre montagnes enneigées et lacs sublimes. Là encore elle manie l'ambivalence, en opposant la pureté et la perfection avec le passé criminel d'un étranger. Et nul ne doute que l'issue de l'histoire ne sera pas celle attendue. Avec elle, l'humanisme l'emporte toujours sur la morale.
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