Les films récompensés ce week-end, de Madrid à Bruxelles en passant par Gérardmer et Rotterdam

Posté par vincy, le 5 février 2018

C'était un festival de palmarès ce week-end.

A Bruxelles, les 8e Prix Magritte ont décerné cinq prix à Une famille syrienne de Philippe Van Leeuw, récompensé en tant que meilleur film, pour sa réalisation, son scénario, son image et sa musique. Les César belges francophones ont aussi primé Home, le film flamand de Fien Troch (meilleur film flamand), Faut pas lui dire (meilleur premier film), Grave (meilleur film étranger en coproduction, meilleurs décors), Chez nous (meilleure actrice pour Emilie Dequenne), King of the Belgians (meilleur acteur pour Peter Van den Begin), Noces (meilleur second-rôle féminin pour Aurora Marion, meilleurs costumes), Le fidèle (meilleur second-rôle masculin pour Jean-Benoît Ugeux), Mon ange (meilleur espoir féminin pour Maya Dory), Dode Hoek (meilleur espoir masculin pour Soufiane Chilah), Sonar (meilleur son), Paris pieds nus (meilleur montage). Et Sandrine Bonnaire a reçu un Magritte d'honneur.

Un peu plus au nord, aux Pays-bas, le 47e Festival international du film de Rotterdam (IFFR) a élu un film chinois, The Widowed Witch de Cai Chengjie, pour son Tigre d'or. Un prix spécial du jury a été remis à The Reports on Sarah and Saleem de Muayad Alayan pour le scénario de Rami Alayan tandis que le film a aussi reçu le Prix du public du Fonds Hubert Bals. Le public a choisi pour son grand prix The Guilty de Gustav Möller, par ailleurs récipiendaire du prix du jury jeunes. Notons que Lucrecia Martel, une habituée cannoise, a été distinguée par le Prix KNF (les critiques néerlandais) pour Zama, tandis que Balekempa d'Ere Gowda a reçu le Prix de la critique internationale FIPRESCI.

A Gérardmer, le jury du 25e Festival internernational du Film Fantastique composé de Mathieu Kassovitz, Pascale Arbillot, David Belle, Nicolas Boukhrief, Judith Chemla, Suzanne Clément, Aïssa Maïga, Olivier Mégaton et Finnegan Oldfield, a plébiscité Ghostland de Pascal Lauguer, une coproduction franco-canadienne qui sortira le 14 mars (avec Mylène Farmer au générique). Ghostland a aussi été honoré du Prix du public et du Prix du jury Syfy. Un autre film canadien, Les affamés, de Robin Aubert (dont Netflix vient d'acquérir les droits), partage le Prix du jury avec Les bonnes manières de Juliana Rojas et Marco Dutra. Ce film franco-brésilien qui sort le 21 mars a aussi reçu le prix de la critique.

Enfin, à Madrid, c'était le week-end des 32e Goyas, les Oscars espagnols. La libreria d'Isabel Coixet, a raflé les prix les plus importants: film, réalisation, scénario adapté. La cinéaste avait déjà remporté un triplé équivalent pour The Secret Life of Words en 2006 (film, réalisation, scénario original). D'autres films sont repartis avec le sourire: Eté 1993 de Carla Simon (premier film, second-rôle masculin pour David Verdaguer, révélation féminine pour Bruna Cusi), Handia, le géant d'Altzo de Aitor Arregi et Jon Garano (scénario original, image, musique, espoir masculin pour Eneko Sagardoy, décors, costumes, direction artistique, maquillage et coiffure, effets spéciaux), El autor de Manuel Martin Cuenca (acteur pour Javier Gutiérrez, second-rôle féminin pour Adelfa Calvo), No sé decir adiós de Lino Escalera (actrice pour Natalie Poza). En animation, la suite de Tad l'explorateur perdu a triomphé. Deux nommés aux Oscars se sont répartis les prix des meilleurs films étrangers: la Palme d'or The Square (meilleur film européen) et le Teddy Award de Berlin Une femme fantastique (meilleur film en langue espagnole). Enfin, Marisa Paredes a reçu un Goya d'honneur. C'était son premier Goya après deux nominations.

Mon film de l’année: A beautiful day de Lynne Ramsay, polar elliptique et flottant

Posté par MpM, le 26 décembre 2017

Lorsqu'on a vu A beautiful day pour la première fois (à Cannes, en toute fin de festival), il s'appelait encore You Were Never Really Here (Tu n'as jamais vraiment été là) comme le roman de Jonathan Ames dont est inspiré le film. Un titre envoûtant, mystérieux, presque fantomatique. Et c'est bien l'impression que nous avait fait le quatrième long métrage de Lynn Ramsay : un poème visuel, quasi expérimental, où se succèdent de manière hypnotique plans nocturnes et plans urbains, plans de pluie et gros plans sur le visage de Joaquin Phœnix, plans moyens embrassant la mère et le fils et plans sous-marins aux échos déchirants ou encore flashbacks minimalistes de quelques secondes pour évoquer l'emprise du passé. On a rarement vu un polar aussi elliptique et flottant à la beauté littéralement sidérante.

Lynne Ramsay revient à l'essence d'un cinéma principalement esthétique et sensoriel, ultra formaliste, dans lequel les cadres et les éclairages enrichissent plus sûrement l'intrigue que les (rares) dialogues, et où la musique ample et frénétique de Jonny Greenwood est en osmose permanente avec le récit et les émotions qu'il suscite. Le motif du héros solitaire, violent et torturé, n'a rien de neuf. Mais elle s'en empare avec une singularité fulgurante, revisitant les scènes d'action et les explosions brutes de violence, presque systématiquement laissées hors champ, et jouant avec les codes du genre intégrés par le spectateur.

Si A beautiful day nous a fait une telle impression, hantant littéralement toute notre année cinématographique, c'est probablement parce qu'il réunit tout ce que l'on cherche dans un film : une démarche formelle assumée, un jeu réflexif sur les conventions du cinéma, la volonté de transcender un genre presque banal pour l'amener à une dimension supérieure. Sans oublier le sous-texte éminemment politique qui renverse les attentes pour aller vers un polar plus crépusculaire que jamais, mais féministe, ironique et lucide sur son époque. Lynne Ramsay filme peut-être la fin du monde tel qu'on l'a connu, pris dans un déclin cauchemardesque inéluctable, mais elle le fait avec une énergie créatrice qui vient contredire le pessimisme de son propos.

Les autres films marquants de l'année

Le film d'animation : Psiconautas d'Alberto Vasquez, un film envoûtant, ironique et puissant qui porte un regard au vitriol sur une société qui a perdu le sens des réalités.

Le film français : 120 battements par minute de Robin Campillo, un film politique, engagé et militant qui raconte, sans pathos, ni voyeurisme, la terrible période de propagation de l'épidémie du sida . On aura rarement filmé de cette manière l’angoisse irrépressible de la mort et le choc inacceptable de la perte.

Le blockbuster : Thor Ragnarok de Taika Waititi, pour ses histoires de familles toujours plus tordues et son auto-dérision qui fait du bien.

Le film surfait : The square de Ruben Östlund, improbable Palme d'or qui assène (et rabâche) sa thèse avec la subtilité d'un 38 tonnes.

L'objet filmique non identifié : la saison 3 de Twin Peaks, signée David Lynch himself, est probablement ce qu'on a vu de plus cinématographiquement abouti et enthousiasmant cette année, avec une richesse narrative, esthétique et visuelle qui laisse loin derrière à peu près tout le monde.

9 films en langue étrangère toujours en lice pour les Oscars 2018

Posté par vincy, le 15 décembre 2017

On n'est plus à une absurdité près dans cette catégorie des Oscars: le meilleur film en langue étrangère. Le film favori des critiques (cinq associations, dont celles de New York et de Los Angeles) avaient fait de 120 Battements par minute leur vainqueur.

Mais il semble que le film de Robin Campillo, qui a été un flop au box office nord-américain (86000$ seulement en 8 semaines), ne fasse pas la même unanimité qu'en France. Un lot de consolation aux European Film Awards (le montage) et zéro nomination aux Golden Globes démontrent que l'engouement des critiques et professionnels français n'est pas partagé ailleurs. Pour les Oscars, les votants ont préféré deux autres films Queer, Les initiés et Une femme fantastique.

La liste des demi-finalistes pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère colle à peu près à celle des Golden Globes, à une exception près: le film d'Angelina Jolie (First They Killed My Father) représentant le Cambodge. Hormis ça, l'Ours d'or, la Palme d'or, et et deux Grand prix du jury (Berlin, Venise, puisque celui de Cannes c'était 120 BPM) s'affronteront pour les 5 places finales révélées fin janvier. Sur les 9 films, trois étaient à Cannes, quatre à Berlin, deux à Venise.

Les 9 finalistes:

Les initiés (Afrique du sud), sélectionné à Berlin
In the Fade (Allemagne), prix d'interprétation féminine à Cannes
Une femme fantastique (Chili), prix du scénario et Teddy Award à Berlin
Corps et âme (Hongrie), Ours d'or à Berlin
Foxtrot (Israël), Grand prix du jury à Venise
L'insulte (Liban), prix d'interprétation masculine à Venise
Faute d'amour (Russie), prix du jury à Cannes
Félicité (Sénégal), Grand prix du jury à Berlin
The Square (Suède), Palme d'or à Cannes

Robin Campillo, Julie Delpy et The Square récompensés aux European Film Awards 2017

Posté par wyzman, le 9 décembre 2017

C'est ce soir qu'avaient lieu les European Film Awards 2017. Sacrés à Berlin, les vainqueurs sont élus par l'European Film Academy, rassemblement de plus de 2500 professionnels du cinéma. Cette année encore, les films récompensés sont tous passés par des festivals majeurs (Cannes, Berlin, Venise).

Meilleur film

- THE SQUARE by Ruben Östlund

Meilleure comédie

- THE SQUARE de Ruben Östlund

Meilleur réalisateur

- Ruben Östlund - THE SQUARE

Meilleur scénariste

- Ruben Ostlund - THE SQUARE

Meilleure actrice

- Alexandra Borbély - CORPS ET ÂME (ON BODY AND SOUL)

Meilleur acteur

- Claes Bang - THE SQUARE

Meilleur compositeur

- Evgueni & Sacha Galperine - FAUTE D'AMOUR (LOVELESS)

Meilleur chef-opérateur

- Michail Krichman - FAUTE D'AMOUR (LOVELESS)

Meilleur monteur

- Robin Campillo - 120 BATTEMENTS PAR MINUTE

Meilleur décorateur

- Josefin Åsberg - THE SQUARE

Meilleur costumier

- Katarzyna Lewinska - SPOOR

Meilleur mixeur

- Oriol Tarragó - A MONSTER CALLS

Meilleur maquilleur-styliste

- Leendert van Nimwegen - BRIMSTONE

European Achievement in World Cinema

- Julie Delpy, Ethan Hawke

Meilleur documentaire

- COMMUNION by Anna Zamecka

EFA Lifetime Achievement Award

- Aleksandr Sokurov

Meilleur court-métrage européen

- TIMECODE de Juanjo Gimenez

Meilleur film d'animation

- LOVING VINCENT de Dorota Kobiela & Hugh Welchman

EFA People's Choice Award 2017

- STEFAN ZWEIG - FAREWELL TO EUROPE de Maria Schrader

Prix FIPRESCI de la meilleure découverte

LADY MACBETH (THE YOUNG LADY) de William Oldroyd

Claes Bang, de The Square à Hollywood

Posté par vincy, le 20 novembre 2017

Vous ne connaissez pas forcément son nom. Pourtant Claes Bang est l'acteur principal du film qui a reçu la Palme d'or cette année, The Square, qui a séduit plus de 300000 spectateurs en France (ce qui reste le plus mauvais score pour une Palme depuis Oncle Boonmee en 2010).

Les acteurs scandinaves, souvent bilingues, ont toujours séduit Hollywood, et récemment c'est même une invasion: de Noomi Rapace à Michael Nyqvist, des Skarsgard (Stellan père, Alexander, Gustaf et Bill fils) à Mads Mikkelsen (et son frère Lars), de Alicia Vikander à Viggo Mortensen ou encore Peter Stormare ou Lena Olin. Et il ne faudrait pas oublier quelques légendes: Greta Garbo, Ingrid Bergman, Max von Sydow, Anita Ekberg, Liv Ullmann qui ont rayonné sur le cinéma mondial.

Claes Bang est le dernier en date. L'acteur danois qui vient de fêter ses 50 ans et fêtera en 2018 ses 20 ans de carrière au cinéma et à la télévision, n'avait jusque là jamais été approché pour jouer dans une production hollywoodienne. Une Palme ça peut aider, la preuve. Il vient d'être enrôlé pour être l'un des "méchants" de The Girl in the Spider’s Web (Ce qui ne me tue pas), la suite de The Girl With the Dragon Tattoo (Millénium: Les hommes qui n'aimaient pas les femmes), issu de la franchise Millenium. Le studio américain Sony, qui a les droits sur la franchise, a donc décidé de zapper deux tomes.

Dans cette nouvelle enquête conjointe entre un journaliste d'investigation et une hackeuse névrosée géniale, un chercheur de pointe dans le domaine de l’intelligence artificielle détient peut-être des informations explosives sur les services de renseignements américains.,Mikael Blomkvist se dit qu’il tient le scoop dont son journal Millénium et sa carrière ont tant besoin. Au même moment, Lisbeth Salander tente de pénétrer les serveurs de la NSA…

La britannique Claire Foy incarnera Lisbeth Salander et la néerlandaise Sylvia Hoeks (Blade Runner 2049) sa sœur jumelle. On ne sait toujours pas qui interprètera le journaliste Mikael Blomkvist. Dans le premier film américain, le personnage était incarné par Daniel Craig tandis que la trilogie suédoise il avait starisé Michael Nyqvist, qui est mort en juin dernier.

Sony a prévu une sortie du film, réalisé par Fede Alvarez et co-scénarisé par Steven Knight d'après le best-seller de David Lagercrantz, en octobre prochain. Le tournage doit démarrer en janvier entre Berlin et Stockholm.

Les films de Cannes dominent les nominations aux European Film Awards 2017

Posté par vincy, le 6 novembre 2017

Comme chaque année, les films nordiques et de la "Mittle-Europa" dominent les nominations des European Film Awards. Mais cette année, le cinéma français est particulièrement bien représenté avec 4 films nommés dans trois catégories (film, découverte, animation) et cinq artistes dans les catégories acteur, actrice et scénario. Joli doublé d'ailleurs côté comédiens puisque les Français s'octroient deux nominations côté masculin et côté féminin. Doublé également pour le cinéma français dans la catégorie animation.

Plus globalement, la Palme d'or The Square domine le nombre de citations avec 5 nominations. Dans la catégorie meilleur film, trois films cannois et deux berlinois se disputeront le prix suprême. Le Festival de Cannes est une fois de plus particulièrement bien représenté avec 15 nominations dans les 5 catégories principales révélées hier.

Film européen :
120 battements par minute de Robin Campillo (France)
The Square de Ruben Östlund (Suède)
Faute d’amour d’AndreÏ Zvyagintsev (Russie)
Corps et âme, de Ildikó Enyedi (Hongrie)
De l'autre côté de l'espoir d’Aki Kaurismäki (Finlande)

Réalisateur européen :
Ildikó Enyedi pour Corps et âme
Aki Kaurismäki pour L’autre côté de l’espoir
Yórgos Lánthimos pour pour Mise à mort du Cerf sacré
Ruben Östlund pour The Square
Andrey Zvyagintsev pour Faute d’amour

Actrice européenne :
Juliette Binoche pour Un beau soleil intérieur
Paula Beer pour Frantz
Isabelle Huppert pour Happy End
Florence Pugh pour The Young Lady
Alexandra Borbély pour Corps et âme

Acteur européen :
Nahuel Pérez Biscayart pour 120 battements par minutes
Colin Farrell pour Mise à mort du Cerf sacré
Claes Bang pour The Square
Josef Hader pour Stefan Zweig, Adieu l’Europe
Jean-Louis Trintignant pour Happy End

Scénariste européen :
Ildikó Enyedi pour Corps et âme
Yórgos Lánthimos et Efthymis Filippou pour Mise à mort du Cerf sacré
Andrey Zvyagintsev et Oleg Negin pour Faute d’amour
Ruben Östlund pour The Square
François Ozon pour Frantz

Documentaire européen :
Austerlitz de Sergei Loznitsa (Allemagne)
Communion d’Anna Zamecka (Pologne)
Stranger in Paradise de Guido Hendrikx (Pays-Bas)
The Good Postman de Tonislav Hristov (Bulgarie)
La Chana de Lucija Stojevic (Espagne)

Comédie européenne :
King of the Belgians de Jessica Woodworth et Peter Brosens (Belgique, Pays-Bas, Bulgarie)
The Square de Ruben Östlund (Suède)
Vincent et la fin du monde, de Christophe van Rompaey (Belgique)
Willkommen bei den Hartmanns de Simon Verhoeven (Allemagne)

Découverte européenne-prix Fipresci :
Petit paysan de Hubert Charuel (France)
Godless de Ralitza Petrova (Bulgarie)
The Young Lady de William Oldroyd (Royaume-Uni)
Été 93 de Carla Simón (Espagne)
The Eremites de Ronny Trocker (Allemagne)

Film d’animation européen :
Ethel & Ernest de Roger Mainwood (Royaume-Uni)
Louise en hiver de Jean-François Laguionie (France)
La passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman (Pologne, Royaume-Uni)
Zombillénium d’Arthur de Pins et Alexis Ducord (France)

92 candidats pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère

Posté par vincy, le 6 octobre 2017

92 partants pour seulement 5 finalistes. Les Oscars ont reçu un nombre record de candidatures pour la catégorie de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. C'est sept de plus que l'an dernier.

En attendant la shortlist de décembre puis les nommés définitifs le 23 janvier (les Oscars, eux, seront remis le 4 mars 2018), on notera quelques anecdotes: la langue espagnole est dominante avec 14 films (contre 8 où l'on parle français); deux films sont sans dialogues (le tunisien et l'ukrainien) ; 5 films étaient en compétition à Cannes (4 d'entre eux étaient au palmarès) et il y a aussi le Teddy Award de Berlin comme le film franco-libanais L'insulte primé à Venise ; Haïti, le Honduras, le Laos, le Mozambique, le Sénégal et la Syrie proposent un film pour la première fois ; enfin on soulignera l'entrée du Cambordge avec un film produit par Rithy Panh dont la réalisatrice n'est autre qu'Angelina Jolie.

Les 92 pays candidats (en rouge les films en français, en souligné les films coproduits par la France):

Afghanistan: A Letter To The President de Roya Sadat
Afrique du SudLes initiés (Inxeba) de John Trengove
Albanie : Daybreak de Gentian Koçi
AlgérieLa route d’Istanbul de Rachid Bouchareb
AllemagneIn the Fade de Fatih Akin
ArgentineZama de Lucrecia Martel
ArménieYeva de Anahit Abad
AustralieThe Space between de Ruth Borgobello
AutricheHappy End de Michael Haneke
AzerbaijanPomegranate Orchard d’Ilgard Najaf
BelgiqueLe fidèle de Michaël R. Roskam
BengladeshThe Cage (Khacha) d’Akram Khan
BolivieDark Skull de Kiro Russo
Bosnie-HerzégovineMen Don’t Cry d’Alen Drljevic
BrésilBingo – The King of the Mornings (Bingo : O Rei das Manhãs) de Daniel Rezende
BulgarieGlory de Kristina Grozeva et Petar Valchanov
CambodgeFirst They Killed My Father : A Daughter of Cambodia Remembers d'Angelina Jolie
CanadaHochelaga, terre des âmes de François Girard
ChiliUne femme fantastique de Sebastián Lelio
ChineWolf Warrior 2 de Wu Jing
ColombieGuilty Men (Pariente) d’Ivan D. Gaona
Costa Rica :The Sound of Things d’Ariel Escalante
Corée du sudA Taxi Driver de Jang Hun
CroatieQuit Staring at My Plate de Hana Juši?
DanemarkYou Disappear de Peter Schønau Fog
EgypteSheikh Jackson d’Amr Salama
EquateurAlba d’Ana Cristina Barragán
EspagneEté 93 de Carla Simon
EstonieNovember d’Andrus Kivirahk
FinlandeTom of Finland de Dome Karukoski
France120 battements par minute de Robin Campillo
Géorgie :  Scary Mother d'Ana Urushadze
Grèce : Amerika Square de Yannis Sakaridis
HaïtiAyiti mon amour de Guetty Felin
HondurasMorazán de Hispano Durón
HongkongMad World de Wong Chun
HongrieCorps et âme (On body and soul) d’Ildikó Enyedi
Inde : Newton d’Amit V Masurkar
Indonésie :Turah de Wicaksono Wisnu Legowo
Irak : Reseba - The Dark Wind de Hussein Hassan
IrlandeSong of Granite de Pat Collins
IranBreath de Narges Abyar
IslandeUnder the Tree de Hafsteinn Gunnar Sigurdsson
IsraëlFoxtrot de Samuel Maos
Italie : A Ciambra de Jonas Carpignano
Japon :  Her Love Boils Bathwater de Ryota Nakano
KazakhstanThe Road to Mother d'Akan Satayev
KenyaKati Kati de Mbithi Masya
KirghizstanCentaur (Kentavr) d’Aktan Arym Kubat
KosovoUnwanted d’Edon Rizvanolli
LaosDearest Sister de Mattie Do
LettonieThe Chronicles of Melanie de Viestur Kairish
Liban : L'insulte de Ziad Doueiri
Lituanie : Frost de Sharunas Bartas
LuxembourgBarrage de Laura Schroeder
MarocRazzia de Nabil Ayouch
MexiqueTempestad de Tatiana Huezo
Mongolie The Children of Genghis de Zolbayar Dorj
MozambiqueThe Train of Salt and Sugar de Licinio Azevedo
NépalWhite Sun (Seto Surya) de Deepak Rauniyar
NorvègeThelma de Joachim Trier
Nouvelle-ZélandeOne Thousand Ropes de Tusi Tamasese
PakistanSaawan de Farhan Alam
PalestineWajib d’Annemarie Jacir
PanamaBeyond Brotherhood d’Arianne Benedetti
ParaguayLos Buscadores de Juan Carlos Maneglia et Tana Schembori
Pays-BasLayla M. de Mijke de Jong
PérouRosa Chumbe de Jonatan Relayze
PhilippinesBirdshot de Mikhail Red
Pologne Spoor d’Agnieszka Holland
PortugalSaint-Georges de Marco Martins
République dominicaineWoodpeckers de José María Cabral
République TchèqueIce Mother de Bohdan Slama
RoumanieFixeur d’Adrian Sitaru
Royaume-UniMy Pure Land de Sarmad Masud
RussieFaute d’amour d’Andreï Zvyaguintsev
Sénégal: Félicité de Alain Gomis
Serbie : Requiem for Mrs J de Bojan Vuleti?
SingapourPop Aye de Kirsten Tan
Slovaquie The Line de Peter Bebjak
SlovénieMiner d'Hanna A. W. Slak
SuèdeThe Square de Ruben Östlund
SuisseL’ordre divin de Petra Volpe
SyrieLittle Gandhi de Sam Kadi
Taïwan Small Talk de Hui-Chen Huang
ThailandeBy the Time it Gets Dark d’Anocha Suwichakornpong
TunisieThe Last of Us d’Ala Eddine Slim
TurquieAyla: The Daughter of War de Can Ulkay
UkraineBlack Level de Valentyn Vasyanovych
UruguayAnother Story of the World de Guillermo Casanova
Venezuela : El Inca d'Ignacio Castillo Cottin
ViêtnamFather and Son de Luong Dinh Dung

La Rochelle: Hitchcock, Tarkovski, Cantet, Laurel & Hardy, et quelques pépites cannoises au programme

Posté par vincy, le 11 juin 2017

Du 30 juin au 9 juillet, le Festival International du film de La Rochelle célèbrera sa 45e édition. L'événement s'ouvrira avec Barbara de Mathieu Amalric, primé à Un certain regard, et se clôturera avec Jeune femme de Léonor Seraille, Caméra d'or. Le Festival de Cannes sera aussi représenté d'autres films comme 120 battements par minute, Grand prix du jury, Carré 35, En attendant les hirondelles, Gabriel et la montagne, Happy End, Kiss and Cry, Makala, Un beau soleil intérieur, Une femme douce, Vers la lumière et The Square, la palme d'or de cette année.

Trois rétrospectives feront le délice des festivaliers: l’intégrale des courts et longs métrages du cinéaste russe Andreï Tarkovski, 33 film d'Alfred Hitchcock, soit tous ses films muets, tous ses films anglais et dix de ses chefs-d’œuvre américains et un éclairage sur l'œuvre du réalisateur grec Michael Cacoyannis, sept fois en compétition à Cannes et mondialement connu pour son Zorba le grec.

Cinq hommages offriront un panorama du cinéma mondial contemporain: une intégrale des courts et longs métrages de Laurent Cantet, Palme d'or avec Entre les murs, dont le nouveau film, L'atelier, sera le point d'orgue, les longs métrages du colombien Rubén Mendoza, 11 films de Volker Schlöndorff, dont une version "director's cut" de sa Palme d'or, Le tambour, les quatre films du japonais Katsuya Tomita, dont l'avant-première de Bangkok Nites, et trois longs du roumain Andrei Ujica.

La Rochelle fera aussi un focus sur le cinéma israélien, en 16 films parmi lesquels deux docus de Silvina Landsmann, Le Journal d’un photographe de mariage, Le Policier et L’Institutrice de Nadav Lapid, Room 514 de Sharon Bar-Ziv, Mr Gaga, sur les pas d’Ohad Naharin de Tomer Heymann et Mountain de Yaelle Kayam.

Comme chaque année, le festival présentera aussi des classiques (La Ciociara, Le Journal d'une femme de chambre, L’Empire des sens, Le Festin de Babette ...), un grand programme "Retour de flamme" (10 films muets de Laurel et Hardy accompagnés au piano par Serge Bromberg), ainsi qu'une journée dédiée à Jean Gabin et une nuit consacrée à Arnold Schwarzenegger, ou encore un hommage à Bruno Coulais, le compositeur de musique de films, qui fera sa Leçon de musique.

Finissons par les deux expos: Les Moomins qui débarquent à la Médiathèque Michel Crépeau de La Rochelle, du 3 juillet au 30 septembre (entrée libre) et des affiches originales de films d’Alfred Hitchcock à la tour de la Lanterne, du 1er juillet au 12 juillet.

Ruben Östlund, Palme d’or 2017, révèle son prochain film

Posté par vincy, le 9 juin 2017

A peine sa Palme d'or en poche, le réalisateur suédois de The Square, Ruben Östlund, prépare déjà son prochain film. Triangle of Sadness sera une satire dans le milieu de la mode.

Le "triangle de tristesse" est un terme utilisé par les chirurgiens esthétiques pour combler une ride entre les yeux avec du Botox. Le film suivre deux top modèles proches de la fin de carrière et cherchant à sortir de ce milieu. Le mannequin masculin doit affronter un début de calvitie et la diminution du nombre de contrats tandis que le mannequin féminin, lesbienne, refuse toutes les avances de riches mâles.

Ruben Östlund n'a pas été loin pour chercher le sujet de son nouveau film puisqu'il lui a été inspiré par les discussions avec sa compagne, photographe de mode.

Au magazine Variety, le cinéaste confie qu'il veut humaniser ses deux protagonistes tout en dressant le portrait d'une industrie cynique et en montrant à quel point l'économie et l'apparence sont reliées dans nos sociétés.

The Square sortira en France le 18 octobre (Bac films). Ostlund vient, par ailleurs, de terminer l'écriture d'un épisode pilote d'une série TV, “You Know That Weekend You Were Away With The Kids?”, une comédie sur l'infidélité.

Cannes 2017: que retenir de ce 70e festival?

Posté par vincy, le 29 mai 2017

Retards à l'allumage
La mécanique précise du festival de Cannes a connu quelques enrayements durant les premiers jours: les mesures de sécurité, le calendrier trop serré des projections ou encore quelques incidents aléatoires ont conduit quelques projections à commencer très très très en retard. Une alerte à la bombe a contraint la projection presse du Redoutable à débuter avec plus de 3/4 d'heure de retard. Une sécurité dépassée par le nombre de journalistes a obligé le film Wonderstruck à démarrer à 8h45 au lieu de 8h30. Un incident de rideau a conduit la projection d'Okja à être recommencée après dix minutes de film. Et on passe sur les anecdotes autour de la sécurité: des bonbons confisqués car ils pourraient servir de projectiles (en revanche les bouteilles de moins de 50 ml étaient autorisées, tout comme les ordinateurs), des agents qui parfois surveillaient de fond en comble les sacs très profonds offerts par le festival, et parfois les survolaient du regard, ou encore ces files d'attente gigantesques et compactes en bas du Théâtre Debussy, vers 18-19h, qui empêchaient les voitures officielles et les passants de circuler... Bizarrement, c'est dans ces moments là qu'on se sentait le moins en sécurité.

La fête est finie
Si les journalistes sont toujours plus nombreux, Cannes ne grouillait pas de monde cette année. Il était possible d'avoir des tables dans les restaurants à des heures habituellement bondées. Hormis dans les lieux privés, comme Albane ou la Villa Schweppes, la fréquentation sur la Croisette la nuit n'était pas aussi importante qu'il y a quelques années. Beaucoup préféraient les bars hypes (Mouton-Cadet Wine Bar, Grand Hôtel, Fouquet's, Petit Carlton) ou les terrasses comme celles du Silencio. Les soirées sur les plages, qui se ressemblent toutes, ont lassé. Mêmes musiques, mêmes alcools, mêmes gens. L'entre-soi a eu ses limites. La bonne idée, c'était de créer une terrasse pour les journalistes au sommet du Palais. Et la Welcome Party plage du Majestic restait le moment le plus convivial de la quinzaine.
Autre fait marquant: la flambée des locations. Il y a encore quelques années, on pouvait investir 500 à 700 euros par personne pour un appartement de 5/6 couchages dans le centre de la ville. Désormais, il faut aligner environ 1000€. A cela s'ajoute le remplacement de certains restaurants accessibles et agréables par des endroits plus chics et beaucoup plus chers. Cette inflation des coûts est de mauvais augure pour le Festival quand on sait les contraintes budgétaires que subissent tous les professionnels.

De la soupe et faire pipi
Oui, écrit comme cela, ça peut paraître étrange. Mais constatons que la soupe reste le plat principal le plus dégusté par les personnages dans les films de la compétition. A croire que les réalisateurs apprécient peu la cuisine. Ou le repas est raté (The Meyerowitz stories), ou l'alimentation est malsaine (Okja) voire empoisonnée (Les proies), ou le dîner n'a finalement pas lieu (The Square). Et sinon, mange ta soupe.
Ce qui conduit logiquement la vessie à vouloir se vider. On en entend des pipis, y compris chez Haneke, c'est dire. Bon, comme nous le verrons dans L'instant Q, Haneke semble très urophile. Concluons que l'uro est assez tendance.

Enfants torturés
L'enfance ne rime plus avec innocence. Ils fuguent en rejetant les adultes (Wonderstruck, Faute d'amour), ils empoisonnent (Les proies, Happy End), ils se rebellent (Okja), ils sont capables de vouloir la mort de leur frère ou sœur (Mise à mort d'un cerf sacré), ils menacent (The Square), ils égorgent au rasoir (You Were Never Really Here), et enfin ils s'émancipent précocement avec joint et sexe (Good time). Mais on peut aller largement plus loin. Les progénitures sont mal-aimées, même quand elles deviennent adultes (The Meyerowitz Stories). Bourreaux ou victimes: la frontière peut s'estomper au fil du récit. Ainsi les deux enfants de Farrell et Kidman dans le Lanthimos sont d'abord persécutés, puis manipulateurs avant de finir en victime d'un autre enfant, certes un peu plus âgé, mais complètement psychopathe. Idem dans le Lynne Ramsey, la gamine est d'abord une victime d'abus sexuel avant de devenir criminelle. Le must est du côté de John Cameron Mitchell (How To Talk To Girls at Parties), où les enfants sont dévorés par leurs parents afin que ceux-ci puissent survivre. Il y a aussi un nombre impressionnant d'orphelins (Wonderstruck, Okja, Good Time, La lune de Jupiter), souvent recueillis par un grand parent, une belle famille ou un oncle-tante etc.

Le couple branlant
Logiquement, tout cela amène des histoires où la famille est décomposée, recomposée voire construite in extenso. Même quand il n'y a pas ou plus d'enfants, les couples sont en voie de destruction (La lune de Jupiter, Faute d'amour, Le redoutable, Rodin, Le jour d'après, Une femme douce...). Mention spéciale à celui de 120 battements par minute, où la mort de l'un des protagonistes nous déchire le cœur.
D'ailleurs, on ne compte plus le nombre de veuves ou de femmes séparées. De tous les films en compétition, peu tendent vers une histoire d'amour qui finit bien: Vers la lumière, Happy End qui finit sur un mariage certes un peu gâché, et L'amant double après de multiples péripéties névrotiques.

Délires inaboutis
Nombreux sont les films de la compétition qui ont subit une greffe de genre. On prend un récit classique et on lui adjoint du mystique, du fantastique, du thriller, ou même de l'onirique. Des effets spéciaux plus ou moins réussis détournent le drame vers un no man's land géographique. Christ volant dans La lune de Jupiter, baise routinière qui se dédouble en plan à quatre dans L'amant double, cochons aux OGM qui ont un comportement humain, parqués dans des camps qui rappellent la Shoah, dans Okja, rêve-cauchemar interminable et caricatural dans Une femme douce, etc... Reste la plus belle idée narrative de la compétition, le flash-back retissant les liens entre les deux époques de Wonderstuck, en diorama. Un joli délire, justifié et accompli.

L'art omniprésent
Les artistes et les musées, les cinéastes et les écrivains, les chanteurs et les photographes: autant d'artistes ou de lieux artistiques qui ont inspiré les cinéastes cette année. Pour ne prendre que la sélection officielle, on a eu des sculpteurs (The Square, Rodin et The Meyerowitz Stories), des réalisateurs (Le Redoutable, Les Fantômes d’Ismaël et La Caméra de Claire), un éditeur (Le jour d'après), des écrivains (D'après une histoire vraie, L'atelier), une chanteuse (Barbara), des photographes (Vers la lumière, They), un artiste de cabaret (Nos années folles)... et n'oublions pas le directeur de musée contemporain de The Square, le musée d'histoire naturelle de Wonderstruck ou encore le Palais de Tokyo dans L'amant double. A de rares exceptions près, ces portraits sont assez stéréotypés: l'artiste déprime, est en proie à ses passions ou en panne d'inspiration.

La logique de groupe
Unis nous sommes plus forts? De nombreux films critiquent l'individualisme, à commencer par la Palme d'or The Square. Et finalement ceux qui combattent ensemble paraissent en effet les seuls à pouvoir résister à une société tyrannique ou/et déshumanisante. A vouloir se battre seuls, les "héros" d'Une femme douce, de Mise à mort du cerf sacré et de L'amant double perdent d'avance leur bataille. Tous les comportement égoïstes sont sanctionnés par les cinéastes (la liste est longue, du Redoutable à Faute d'amour). Ceux qui s'en sortent sont ceux qui acceptent l'aide des autres, le sacrifice pour l'autre ou la révolte collective: Okja, 120 battements par minute, You Were Never Really Here, Wonderstruck, In the Fade, La lune de Jupiter, Les proies...

L'Histoire et la Politique
Engagé le Festival de Cannes? Disons que les cinéastes n'ont pas hésité à prendre l'actualité comme toile de fonds. Les réfugiés, dans La lune de Jupiter, et de manière figurative dans Happy End. Le terrorisme dans In the Fade. Le scandale de l'industrie alimentaire dans Okja. Mai 68 dans Le redoutable. L'impuissance et la corruption des pouvoirs publics dans Faute d'amour et Une femme douce, deux films russes, et dans La lune de Jupiter. La vacuité de la justice individuelle (In the Fade, The Square). La pandémie du SIDA qui laissait indifférentes les institutions dans 120 BPM.

Des héros schizos
Finalement les dilemmes restent le mobile dramaturgique le plus commun à tous ces films, qu'ils mènent au meurtre ou à une forme de rédemption. Pratiquement tous les personnages sont dans la culpabilité ou la contradiction. Ils se dédoublent même, à la fois bons et mauvais, innocents et bourreaux, victimes et responsables. Ils se scindent en deux, entre leur vie d'avant et celle à laquelle ils aspirent. Jamais vraiment sincères, jamais vraiment méchants pour certains. Ils en bavent: prêts à tout pour sauver leur confort alors que la situation leur dicte qu'ils vont devoir affronter des choix. Le personnage cannois type cette année était un bourgeois, de la classe moyenne, piégé par la réalité, prisonnier d'une société injuste ou/et violente. Il y perd son âme, son job, l'un des siens, voire sa propre vie. Pas étonnant finalement que, dans ce contexte très sombre, on ait préféré des films, où, malgré le prix chèrement payé, l'espoir était au rendez-vous vers la fin.

Et pour finir, l'instant Q
2017 ne fut pas très érotique. 120 BPM nous a offert une jolie masturbation à l'hôpital et une nuit torride entre deux garçons.  Dans Rodin, on cache ce plan à trois qu'on ne saurait voir (on nous ferme la porte au nez). On peut compter sur Ozon: les deux acteurs ne se ménagent pas, exhibant leurs corps, baisant dans tous les sens, et jusqu'à ce plan introductif et serré sur le vagin de l'héroïne. Pas de quoi bander pour autant, surtout lorsque le cinéaste en vient à filmer un fantasme de viol, brutalement sexiste et misogyne. Le viol ou l'abus sexuel est assez fréquent d'ailleurs cette année même en arrière plan (The Square, Une femme douce, You Were Never Really here, The Meyerowitz Stories). Dans Happy End, le sexe est par messagerie interposée sur Facebook: la description de plans culs (et trash, et on en revient au pipi). Dans Mise à mort du cerf sacré, le jeu sexuel du couple se résume à la femme simulant un corps sous anesthésie générale dont profite son mari. Le corps de Kidman vaut le coup d'œil. Dans The Square, il y a un peu de sexe. Un sexe du côté de la performance, avec un coït unilatéral semble-t-il. Le moment le plus drôle est sans doute après: quand les deux partenaires tirent sur la capote pour savoir lequel des deux va la jeter. Dans Faute d'amour, l'épouse découvre l'orgasme avec son amant. Cannes 70 c'était un peu comme dans Les proies, très prude (malgré le sujet, une seule scène érotisante où Kidman nettoie le corps de Farrell). C'est à l'image du Redoutable, où Hazanavicius se moque de la nudité au cinéma. Louis Garrel et Stacy Martin sont dans le plus simple appareil. Mais côté baise, c'est un peu tiède. Mais tout cela a manqué de chair et de sueur....