Chan-wook Park s’intéresse encore à une histoire de vengeance

Posté par vincy, le 9 septembre 2012

Tout juste après avoir bouclé son film "américain", Stoker, qui sortira au printemps, Chan-wook Park (Old Boy) négocie son prochain projet, selon Variety, The Brigands of Rattleborge.

Il s'agira d'un thriller où un shérif et un médecin cherchent à se venger d'un groupe de bandits qui profite d'un typhon pour voler et terroriser une petite ville.

Cela fait six ans que le scénario traîne à Hollywood. Le contenu extrêmement violent et le budget important (ce qui nécessite une grosse star voire deux) ont souvent effrayé les producteurs.

L'histoire de revanche ne pouvait que plaire au réalisateur de Sympathy for Mr. Vengeance.

Stoker, le prochain film du cinéaste sud-coréen, sort le 20 mars en France. Nicole Kidman, Mia Wasikowska, Dermot Mulroney se partagent l'affiche. Le film devrait être sélectionné au prochain festival de Berlin.

A noter que Spike Lee travaille actuellement sur le remake d'Old Boy. Un sacrilège de plus pour le 7e art.

Venise 2012 : Kim Ki-duk Lion d’or et trois prix pour The Master

Posté par vincy, le 8 septembre 2012

Dans un désordre assez agaçant pour un Festival de cette trempe, le jury a décerné le palmarès (alléchant) du 69e Festival de Venise. Bien sûr, la soirée fut confuse : Philip Seymour Hoffman qui est venu chercher le prix du meilleur acteur pour son partenaire, absent, Joaquin Phoenix, alors que lui-même (mais personne ne l'avait mentionné) était primé ; les deux Lions d'argent qui ont été inversé : Seidl recevant celui de la mise en scène et Anderson le grand prix. Ils sont venus faire l'échange sur scène. Paul Thomas Anderson reçoit ainsi trois prix avec The Master : mise en scène, interprétation masculine ex-aequo pour ses deux comédiens.

Mais le grand vainqueur est bien entendu le sud-coréen Kim Ki-duk avec Pieta. Le réalisateur en a même chanté une chanson en coréen sur la scène. Pour ce film, il s'est inspiré du chef-d'oeuvre de Michel-Ange, sculpture que l'on peut voir dans la Basilique Saint-Pierre du Vatican, pour célébrer le lien éternel d'une mère avec son fils, et de la souffrance qu'il engendre.

8 ans après son Lion d'argent de la mise en scène pour pour Locataires (il avait obtenu la même année l'Ours d'argent de la Meilleure réalisation au Festival de Berlin pour Samaria), il reçoit ainsi sa plus haute distinction. En 2011, après une longue absence, son documentaire autobiographique et bouleversant Arirang avait reçu le prix Un certain regard à Cannes (le film est toujours inédit en salles en France).

C'est surtout la première fois qu'un cinéaste sud-coréen reçoit l'un des quatre grands prix de la planète (Ours d'or, Palme d'or, Lion d'or, Oscar). Il était temps que cette cinématographie aussi riche que variée, populaire qu'audacieuse soit récompensée. C'est fait grâce au jury de Michael Mann.

Compétition

Lion d'or : Pieta de Kim Ki-duk

Lions d'argent :
- Grand Prix du jury : Ulrich Seidl (Paradis : Foi)
- Prix spécial pour la mise en scène : Paul Thomas Anderson (The Master)

Coupes Volpi :
- meilleure interprétation masculine ex-aequo : Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix (The Master)
- meilleure interprétation féminine : Hadas Yaron (Fill The Void)

Prix Marcello Mastroianni :
- meilleure révélation : Fabrizio Falco (È stato il figlio et La belle endormie)

Prix Osella
- Scénario : Après mai, d'Olivier Assayas
- Meilleure contribution technique : Daniele Cipri (È stato il figlio)

Orrizzonti

Prix Orizzonti : Three Sisters, de Wang Bing

Prix spécial du jury : Tango Libre, de Frédéric Fonteyne

Premier film (toutes sélections confondues)

Meilleur film : Mold, d'Ali Aydin (Semaine de la critique)

Tous les autres prix remis à Venise

Venise 2012 : The Master, To The Wonder, Pieta reçoivent déjà quelques prix

Posté par vincy, le 8 septembre 2012

Quelques favoris de la compétition ont été remarqués par d'autres jurys. Comme à Berlin et à Cannes, du Lion d'or Queer aux prix de la critique, les honneurs se démultiplient. On note que Paul Thomas Anderson, Terrence Malick, Kim Ki-duk ont frappé les esprits.
Mais il y a un film qui bat tous les records : L’intervallo, de Leonardo Di Costanzo a reçu un total de 7 prix, dont celui de la critique internationale pour un film qui n'était pas en compétition.
Présenté dans la section Orizzonti, ce film italie, tourné à Naples en dialecte napolitain (et sous-titré en italien), raconte la journée de deux adolescents sous la coupe de la mafia. Entre néo-réalisme, humour et même érotisme, la relation entre les deux ados va souligner en creux l’emprise de la mafia sur le petit peuple italien.

Prix FIPRESCI de la critique internationale
Meilleur film de la compétition : The Master, de Paul Thomas Anderson
Meilleur film des sélections parallèles : L’intervallo, de Leonardo Di Costanzo

SIGNIS Award : To The Wonder, de Terrence Malick
Mention spéciale pour Fill The Void, de Rama Burshtein

Prix du public “RaroVideo” – Semaine de la critique. : Äta Sova Dö (Eat Sleep Die), de Gabriela Pichler

Prix Label Europa Cinemas : Crawl, d'Hervé Lasgouttes

Prix Lionceau d'or Agiscuola : Pieta, de Kim Ki-duk

Cinema pour l'UNICEF : mention à È stato il figlio, de Daniele Ciprì

Prix Francesco Pasinetti (SNGCI) :
Meilleur film : L’intervallo , de Leonardo Di Costanzo
Meilleur documentaire : La nave dolce (The Human Cargo), de Daniele Vicari
Meilleur acteur: Valerio Mastandrea (Gli Equilibristi)
Prix spécial : Clarisse, de Liliana Cavani

Prix Brian : Bella Addormentata, de Marco Bellocchio

Queer Lion Award (Associazione Cinemarte) : The Weight, de Jeon Kyu-Hwan

Prix Arca CinemaGiovani Award:
Meilleur film de la compétition : La Cinquième saison, de Peter Brosens et Jessica Woodworth
Meilleur film italien : La città ideale, de Luigi Lo Cascio

Biografilm Lancia Award : La nave dolce (The Human Cargo), de Daniele Vicari et Bad25 de Spike Lee

Prix CICT - UNESCO “Enrico Fulchignoni” : L’intervallo, de Leonardo Di Costanzo

Prix CICAE - Cinéma d’Art et d’Essai : Wadjda, de Haifaa Al Mansour

Prix CinemAvvenire
Meilleur film de la compétition : Paradies: Glaube, de Ulrich Seidl
Meilleur film : Wadjda, de Haifaa Al Mansour

Prix FEDIC : L’intervallo, de Leonardo Di Costanzo
Mention spéciale : Bellas Mariposas, de Salvatore Mereu

Prix de la Fondazione Mimmo Rotella : Après Mai, d'Olivier Assayas

Prix Future Film Festival Digital : Bad25, de Spike Lee
Mention spéciale : Spring Breakers, de Harmony Korine

Prix P. Nazareno Taddei : Pieta de Kim Ki-duk
Mention spéciale : Sinapupunan (Thy Womb), de Brillante Mendoza

Prix Lanterna Magica (CGS) : L’intervallo, de Leonardo Di Costanzo

Prix Open : The Company You Keep, de Robert Redford

Prix La Navicella – Venezia Cinema : Sinapupunan (Thy Womb), de Brillante Mendoza

Prix Lina Mangiacapre Award: La Reine de Montreuil, de Sòlveig Anspach

Prix AIF - FORFILMFEST : L’intervallo, de Leonardo Di Costanzo

Prix Souris d'or : Pieta, de Kim Ki-duk
Souris d'argent : Anton tut ryadom (Anton's Right Here), de Lyubov Arkus

UK- Italy Creative Industries Award – Best Innovative Budget Award : L’intervallo, de Leonardo Di Costanzo

Prix Gillo Pontecorvo - Arcobaleno Latino: Laura Delli Colli

Prix Christopher D. Smithers Foundation : Low Tide, de Roberto Minervini

Prix Interfilm pour la promotion du dialogue interreligieux : Wadjda, de Haifaa Al Mansour

Prix Giovani Giurati del Vittorio Veneto Film Festival : The Company You Keep, de Robert Redford
Mention spéciale à Toni Servillo

Prix Premio Cinematografico “Civitas Vitae prossima” : Terramatta, de Costanza Quatriglio

Prix Green Drop : La cinquième saison, de Peter Brosens et Jessica Woodworth

Venise 2012 : Pronostics (hasardeux) à quelques heures du Palmarès

Posté par kristofy, le 8 septembre 2012

Pour cette 69ème édition du Festival de Venise les films en compétition étaient au nombre de 18, lequel recevra le prestigieux Lion d’or ?

Si plusieurs films ont les préférences de la majorité (The Master, Pieta, Après mai…), les prix d’interprétation restent très ouverts.

Au jeu des pronostics, The Master qui domine le classement ; le film de Paul Thomas Anderson était d’ailleurs donné gagnant avant que le festival ne commence, et Joaquin Phoenix est aussi le favori pour le prix du meilleur acteur. Mais la règle veut qu’il n’y ait pas cumul de prix, le Lion d’or étant une récompense pour toute l’équipe du film (ainsi Mickey Rourke n’avait pas été meilleur acteur puisque The Wrestler avait reçu le Lion d’or).

Le président du jury Michael Mann est entouré des réalisateurs Peter Ho-Sun Chan, Ari Folman, Matteo Garrone, Pablo Trapero, de la réalisatrice Ursula Meier, des actrices Samantha Morton, Laetitia Casta, et de Marina Abramovic. On devine que ces 9 personnalités vont sans doute aller vers un compromis qui réservera des surprises, en déjouant le buzz des festivaliers. Il est possible que le jury choisisse de récompenser Joaquin Phoenix et Paul Thomas Anderson, auquel cas le Lion d'or serait attribué à un autre film, moins attendu. Dans le cas contraire, PTA alignerait le 4e Lion d'or américain des années 2000, après Le secret de Brokeback Mountain, The Wrestler et Somewhere.

Et sinon? A qui la plus haute récompense irait ? Un film capable de faire consensus à la fois pour son audace formelle et pour l'émotion que dégagerait son histoire. Le jury mettrait en avant comme justifications l'humanité des sentiments et une ouverture sur le monde...

Selon les critiques interrogés à Venise et répertoriés dans un classement quotidien, cinq films sont en haut de la liste : Après mai Olivier Assayas (ce qui serait le premier Lion d'or pour la France depuis Au revoir les enfants en 1989), The Master donc, le controversé film sur l'euthanasie, La belle endormie de Marco Bellocchio (l'Italie n'a reçu aucun Lion d'or depuis 1998), Pieta de Kim Ki-duk (ce serait son plus grand prix, 8 ans après son Lion d'argent du Meilleur réalisateur à la Mostra pour Locataires et le premier Lion d'or sud-coréen), et Thy Womb de Brillante Mendoza.

Globalement, Venise a tenu ses promesses avec une compétition resserrée mais de bonne qualité. Les films américains présentés sur le Lido étaient bien supérieurs à ceux qui ont envahit la Croisette. Les rares films asiatiques ont séduit les cinéphiles. Et des cinéastes européens comme Assayas, Bellocchio ou Sarmiento ont su alimenter le débat et plaire aux festivaliers.

Osons donc un pronostic, qui n'engage que son auteur :

- Lion d'or du meilleur film : Thy Womb, de Brillante Mendoza
- Lion d'argent du meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson, pour The Master
- Prix Spécial du Jury ex-aequo : Pieta, de Kim Ki-duk & Après mai d'Olivier Assayas
- Coupe Volpi pour la meilleure interprétation masculine : Joaquin Phoenix, dans The Master
- Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine : Franziska Petri, dans Izmena (Betrayal)
- Prix Osella pour le meilleur scénario : Fill the void, de Rama Burshtein
- Prix Marcello Mastroianni de la révélation meilleur(e) jeune interprète : Giulia Valentini, dans Un giorno speciale
- Prix Osella pour la meilleure contribution technique : Benoît Debie, pour Spring breakers

Venise 2012 : Passion, quand Brian De Palma s’approprie Alain Corneau

Posté par kristofy, le 7 septembre 2012

Le nouveau film de Brian De Palma arrive comme le dernier évènement des films en compétition de ce 69ème Festival de Venise. Passion raconte une histoire déjà connue pour les francophone puisqu’il s’agit en fait du remake de Crime d’amour, dernier film d'Alain Corneau, qui avaita ttiré près de 500 000 spectateurs dans les salles françaises en 2009. Les grandes lignes du scénario sont semblables, mais Brian De Palma y ajoute quelques variations typiques de son univers.

Le décor est délocalisé en Allemagne (pour des raisons de coproduction on s'en doute), on y entend d’ailleurs quelques dialogues en allemand tandis que tous parlent en anglais. Les prénoms des deux héroïnes ont été conservés : Rachel McAdams devient Christine (Kristin Scott Thomas) et Noomi Rapace se mue en Isabelle (Ludivine Sagnier).

La différence d’âge et de stature qui mettait en avant un rapport hiérarchique entre elles se transforme ici en un contraste plus classique entre une blonde et une brune. Les rapport de domination-soumission sur le lieu de travail du film originel est toujours présent mais atténué dans cette nouvelle version. Brian De Palma privilégie beaucoup plus la séduction et la perversion, thèmes majeurs de sa filmographie.

Passion montre assez vite avec une charge érotique entre ces deux femmes avant de partir en direction du thriller. Brian De Palma y joue le marionnettiste en faisant évoluer ses personnages vers un meurtre que l'on attend ; il joue avec les faux-semblants pour enfin conclure avec un final un peu différent de Crime d’amour.

La ‘patte’ de Brian De Palma est omniprésente, il n'hésite pas à s'autociter, quitte à se répéter. On y trouve une séquence en split-screen (comme dans Carrie),  un plan d'une femme sous la douche avant d'être tuée (comme dans Blow out), l'usage d'une perruque (comme dans Pulsions), des images relevant de l’imagination (comme dans Femme fatale).

Le suspens de Passion est accompagné de la musique de Pino Donaggio, son compositeur habituel. Crime d’amour apparaît du coup comme un scénario qui semble avoir été écrit pour le cinéaste qui démontre à travers Passion , une nouvelle fois, toute la sophistication formelle de son cinéma. Ni plus, ni moins.

Crawl, premier film primé à Venise

Posté par vincy, le 7 septembre 2012

Crawl est le premier film primé de cette 69e Mostra à Venise. Il remporte le label Europa Cinemas décerné par un jury de quatre exploitants européens. Le film d'Hervé Lasgouttes, qui faisait la clôture des Venice Days, a ainsi obtenu le précieux label récompensant le meilleur film européen présenté dans cette sélection, équivalente italienne de la Quinzaine des réalisateurs.

Le communiqué justifie son choix ainsi : "Crawl est un premier film impressionnant. Hervé Lasgouttes a un sens très fort de la narration et son film évoque de façon puissante l'atmosphère de la vie professionnelle en Bretagne, dans des conditions économiques difficiles . Les deux jeunes acteurs sont exceptionnels. La fin du film n'est pas heureuse mais un sentiment d'espoir demeure pour les personnages et le public". Le film va désormais recevoir le soutien du réseau pour sa promotion et la durée de son exposition sur les écrans.

Réalisé par Hervé Lasgouttes, avec les comédiens Anne Marivin, Nina Meurisse et Gilles Cohen, ce premier long métrage français raconte l'histoire d'amour entre un jeune homme, Martin, beau gosse un peu sauvage, précaire et un peu voleur et une nageuse, Gwen solitaire dans son "mobil home", employée à la conserverie de poissons et économisant pour partir au Mexique faire de la compétition en haute mer. Elle tombe enceinte, il est accusé de meurtres : leurs vies vont être bouleversées.

Tourné l'an dernier en Bretagne, Crawl est produit par Sensito Film et a bénéficié de l'Avance sur recettes. Lasgouttes avait jusque là réalisé trois courts métrages : Un Arabe ouvert en 2000, avec Gilles Lellouche, Elle ou une autre en 2002 et 220 bonnes raisons en 2005.

A trois mois du 35e Festival du film du Caire, son directeur artistique est renvoyé par le Ministre

Posté par vincy, le 7 septembre 2012

Le directeur artistique du festival du film du Caire, le critique de cinéma et président de l'Association du cinéma égyptien Youssef Cherif Rizkallah, a été remercié brutalement par le Ministre de la culture, Mohamed Saber Arab, en début de semaine. Il est remplacé par la productrice et cinéaste Marianne Khoury, à moins de trois mois de l'ouverture de la manifestation.

Khoury, qui fut jurée cette année de la Semaine de la critique à Cannes (Jury Découverte Nikon), a accepté le poste par téléphone alors qu'elle était au Festival de Venise. Ancienne collaboratrice d'Youssef Chahine, elle a réalisé Le Temps de Laura (1999) et Les Passionnées du Cinéma (2002). En 2004, elle a crée le Panorama du Film Européen au Caire.

Le Festival du film du Caire est le plus vieux festival de cinéma au Moyen Orient et en Afrique. Autrefois glorieux, il est désormais dépassé par ceux de Doha, Abu Dhabi et Dubaï qui investissent des millions d'euros dans leurs événements culturels.

La 35e édition, l'an dernier, avait été annulée à cause de la situation politique tumultueuse du pays. En renvoyant Youssef Cherif Rizkallah, nommé il y a un an,  le Ministre de la culture n'a pas forcément envoyé un signe encourageant. Marianne Khoury avoue qu'elle devra résoudre cette crise de confiance, en plus de la reprise du Festival.

L'indépendance de Rizkallah semblait poser  problème. Le gouvernement, mis en place début août, souhaite finalement avoir la main mise sur le Festival, comme aux temps d'Hosni Moubarak. Le Ministre venait de demander que tous les films ayant pour thème l'homosexualité soient interdits dans la sélection. Rizkallah ne s'interdit pas de porter cette affaire en justice, jugeant la décision de son renvoi illégale. Il est fortement soutenu par la presse locale.

Le 35e Festival du film du Caire doit se tenir du 27 novembre au 6 décembre. En 2010, dernière édition en date, le palmarès avait récompensé Alessandro Gassman, Isabelle Huppert (Copacabana), le film arabe Microphone et le film italien Due vite per caso. Deux prix pour l'ensemble de leur carrière avaient été décernés à Juliette Binoche et Jeong-hie Yun. L'année précédente, Le hérisson de Mona Achache avait raflé 4 prix.

Le Festival de Locarno se projette à Paris

Posté par vincy, le 7 septembre 2012

Pendant trois jours, le Nouveau Latina (Paris 4e) proposera une Carte blanche au 65e Festival du Film de Locarno. Du 25 au 27 septembre, pour la troisième année, le Centre Culturel Suisse, des films du palmarès, des courts métrages et des coups de coeur de l'ex-directeur artistique Olivier Père seront projetés pour le public parisien, en attendant une éventuelle distribution en salles.

Pour 7€ par séance ( artes UGC Illimité et Pass Gaumont acceptées), vous pourrez ainsi voir les auteurs de demain ainsi que le nouveau film de Jean-Claude Brisseau, Léopard d'or, en présence du réalisateur.

Mardi 25 septembre : le palmarès.

- 17h : Somebody Up There Likes Me de Bob Byington - Prix spécial du jury
- 18h30 : When Night falls de Ying Liang - Meilleur réalisateur, Meilleure actrice
- 20h : La fille de nulle part de Jean-Claude Brisseau - Léopard d'or
- 22h : Inori de Pedro Gonzalez Rubio - Léopard d'or de la sélection Cinéastes du présent

Mercredi 26.09 : la carte blanche à Olivier Père.

- 18h : Leviathan de Verena Paravel & Lucien Castaing-Taylor
- 20h : A Ultima Vez Que Vi Macau de Joao Pedro Rodrigues & Joao Rui Guerra da Mata
- 21h40 : Playback de Sho Miyake

Jeudi 27.09 : les courts métrages
- 18h : 4 Films du palmarès 2012
- 19h45 : Programme Corti d'artista
- 21h15 : Programme Corti d'autore

Amour, Grand prix Fipresci de l’année

Posté par vincy, le 6 septembre 2012

Palme d'or, le film de Michael Haneke Amour a été honoré aujourd'hui par le Grand Prix Fipresci, la fédération internationale des critiques de films. 225 critiques de cinéma du monde entier ont voté.

Choix assez logique. Rappelons que Le Ruban blanc, également Palme d'or, avait également reçu ce prix la même année. Double doublé donc pour Haneke.

Le prix sera remis à l'acteur basque Ramon Agirre, en l'absence du réalisateur, lors de la cérémonie d'ouverture du Festival de San Sebastian, le 21 septembre. Agirre interprète le mari de la concierge de l'immeuble où vit le couple Trintignant/Riva.

Le Grand Prix Fipresci a récompensé les années précédentes Pedro Almodóvar, Paul Thomas Anderson, Jafar Panahi, Kim Ki-duk, Aki Kaurismäki, Nuri Bulge Ceylan, Jean-Luc Godard, Cristian Mungiu, Roman Polanski et Terrence Malick.

La Fipresci remet un prix dans chaque festival où elle peut-être présente. Depuis le début de l'année, 19 prix ont été remis à des films turc, albanais, brésilien, suédois, britannique, kazakh, italien, tchèque, ukrainien, ...

Venise 2012 : Accouchement complexe pour Thy Womb de Brillante Mendoza

Posté par kristofy, le 6 septembre 2012

Le réalisateur philippin Brillante Mendoza enchaîne les films année après année , sélectionnés à Cannes, Locarno ou Berlin comme son précédent Captive avec Isabelle Huppert. Trois ans après Lola, sa dernière œuvre Thy Womb (Sinapupunan) et de nouveau en compétition à Venise. On y retrouve son habile sens de la mise en scène où la caméra semble toujours filmer ce qui se passe de manière naturaliste : le spectateur est ainsi pris à témoin. Thy Womb est une nouvelle preuve de son savoir-faire pour nous faire rencontrer des personnes davatage que des personnages.

Le film s’ouvre sur une séquence d’accouchement, on y voit un bébé naître avec l’assistance d’un couple qui fait office de sage-femme. C’est ce couple que l’on va suivre ensuite, dans différentes actions quotidiennes. Eux ne peuvent pas avoir d’enfant. La femme se met à recherche d’une bonne seconde épouse pour que son compagnon puisse devenir père…

Comme à son habitude Mendoza se laisse aller à nous montrer des séquences sans couper. Ainsi la cérémonie après la mort d’un banc de poisson où une autre où le couple attend quelqu’un paraissent s'étirer. Toutefois il réussit à faire tenir son film dans une durée raisonnable (1h40). On y voit des images marquantes comme la gorge tranchée d’un animal ou un bébé sortir du ventre de sa mère, mais c’est avant tout l’histoire de ce couple qui procure le plus d’émotions. Il flirte avec le débat des mères porteuses, qui offusquent les féministes occidentales : les candidates pour être secondes épouses et future mère (le titre womb signifie utérus) contre paiement d’une dot à leurs familles ne songent jamais à l'amour. Ce sacrifice d'une épouse pour le bien de son mari rappelle Une seconde femme. Mais c'est surtout une tragédie amoureuse où la seconde femme va apprendre à aimer son époux et lui demander de se séparer de la première. Une répudiation qui peut choquer...

Brillante Mendoza s’en explique : « Le film se déroule dans une partie du sud des Philippines, il montre une réalité qui est même ignorée de beaucoup de philippins. Tout ce qui a été tourné est le plus réel possible. Pour la femme qui accouche l’actrice a étudier les gestes d’une sage-femme, je montre la beauté de ce moment extraordinaire qu’est une naissance. Pour l’animal mis à mort ça fait partie de la culture de cette communauté de l’offrir pour des noces. Dans cette communauté il est possible d’avoir deux femmes, c’est autorisé dans la culture musulmane, il faut que le mari arrive à subvenir aux besoins de ces deux femmes. Avoir un enfant est une grâce divine de Allah. Je voulais montrer la beauté de la nature de cet environnement et aussi la beauté de la communauté de ces gens qui vivent là. »