La sortie d’Hugo Cabret subit la grève des laboratoires LTC

Posté par vincy, le 13 décembre 2011

Après l’annonce de la possible mise en liquidation par le tribunal de Nanterre du laboratoire LTC, les salariés se sont mis en grève vendredi dernier.

Cela impacte sur l’une des plus grosses sorties de la semaine, et la plus importante sortie de l’année de son distributeur : Hugo Cabret, de Martin Scorsese. 695 copies. Le distributeur Metropolitan Filmexport a du faire face au blocage de 25% des copies 35MM (environ 140/150). Le reste du plan de sortie est prévu en copie numérique. Metropolitan a donc demandé à Technicolor Italia, à Rome, de tirer les copies manquantes, qui seront livrées à temps. Mais à quel prix, si l’on compte aussi les frais d’acheminement en livraison express ?

Selon Le Film Français, la grève des laboratoires LTC touche aussi 32 réassorts d’Intouchables. Ces 32 copies ne seront pas livrées à temps pour mercredi, mais devraient être disponibles pour jeudi.

Les 115 salariés de LTC se battent contre la liquidation de leur société qui pourrait être décidée jeudi.

Le festival d’un jour clôt la saison 2011 d’Espagnolas en Paris

Posté par MpM, le 12 décembre 2011

crebinskyPour la dernière de l'année, Espagnolas en Paris  invente un concept novateur et festif, un festival d'un jour centré autour d'un film joyeux, poétique et décalé, qui a déjà su séduire le jury du Festival Cinespaña 2011 : Crebinsky d'Enrique Otero, Violette d'or lors de la dernière manifestation toulousaine, mais également double prix d'interprétation pour les acteurs Miguel De Lira et Sergio Zearreta et prix de la meilleure musique pour le compositeur Pablo Pérez.

Au programme de cette journée exceptionnelle, deux rencontres professionnelles (l'une entre Enrique Otero et des universitaires parisiens et l'autre sur la question des perspectives du cinéma espagnol, avec notamment la présentation du catalogue de la production galicienne 2012) et une soirée pleine de surprises au Majestic Passy.

En présence du réalisateur Enrique Otero et de Miguel de Liria, acteur et scénariste, Crebinsky sera ainsi présenté au public et recevra symboliquement le prix C+ du Festival d'un jour, destiné à encourager sa sortie dans les salles françaises.

Un hommage sera rendu par la même occasion au festival Cinespaña de Toulouse en présence de Françoise Palmerio-Vielmas, présidente de Cinespaña, Patrick Bernabé, vice-président, et Judith Colell, vice-présidente de l'Académie du cinéma espagnol. L'occasion de rappeler l'important travail de découverte de diffusion réalisés par l'équipe de Cinespana depuis maintenant plus de quinze ans.

Après la projection, place aux festivités avec le premier concert français de la Banda Crebinsky au grand complet (dix musiciens) et un buffet de Noël à base de produits galiciens.

Moralité, ce nouveau festival a beau ne durer qu'une journée, il parvient quand même à concentrer les principaux temps forts de toute fête du cinéma qui se respecte : un bon film, des rencontres, et une ambiance chaleureuse !

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Festival d'un jour
Lundi 12 décembre 2011
au Majestic passy

Informations sur le site d'Espagnolas en Paris

The Descendants, favori des Critiques de Los Angeles

Posté par vincy, le 12 décembre 2011

C'est la troisième fois qu'Alexander Payne remporte le prix du meilleur film de l'Association des Critiques de Los Angeles. The Descendants succède ainsi à Monsieur Schmidt (2002) et Sideways (2004). Avec ce prix, il cumule sept récompenses de la part de cette association tout au long de sa carrière : un record. Il en avait déjà établi un avec Sideways, cinq fois primé.

A trois jours de  l'annonce des nominations aux Golden Globes, The Descendants rejoint Hugo Cabret et The Artist parmi les favoris pour les Oscars. A noter cependant qu'hormis Démineurs en 2009, aucun gagnant du meilleur film de cette Association n'a obtenu l'Oscar depuis 1993...

De même, Michael Fassbender semble proche de la statuette tant il squatte les palmarès depuis deux semaines mais Clooney et Pitt ont encore leur chance. Christopher Plummer et Albert Brooks se livrent une bataille pour le second rôle masculin. Tilda Swinton part dans les favorites pour l'Oscar de la meilleure actrice. Et Jessica Chastain pourrait faire la course en tête côté second rôle féminin. Une séparation paraît imbattable pour le film en langue étrangère et Rango a quelques longueurs d'avance sur ses rivaux dans la catégorie film d'animation.

Côté réalisateur, en revanche tout reste ouvert : Scorsese et Malick sont difficiles à partager. Et les critiques de Los Angeles l'ont bien compris en récompensant l'un et en citant l'autre comme finaliste. S'ils snobent The Artist, les critiques californiens se singularisent surtout avec une meilleure actrice coréenne (qui succède à une autre coréenne et à Yolande Moreau en 2009), un film chinois deux fois récompensé et un prix honorifique à la grande Doris Day (L'homme qui en savait trop, Confidences sur l'oreiller, Un pyjama pour deux).

Meilleur film : The Descendants / finaliste : The Tree of Life

Meilleur réalisateur : Terrence Malick / finaliste : Martin Scorsese

Meilleur acteur : Michael Fassbender (Shame) / finaliste : Michael Shannon (Take Shelter)

Meilleure actrice : Yun Jung-hee (Poetry) / finaliste : Kirsten Dunst (Melancholia)

Meilleur scénario : Une séparation / finaliste : The Descendants

Meilleur second rôle masculin : Christopher Plummer (Beginners) / finaliste : Patton Oswalt (Young Adult)

Meilleur second rôle féminin : Jessica Chastain (6 films) / finaliste : Janet McTeer (Albert Nobbs)

Meilleure image : The Tree of Life / finaliste : City of Life and Death

Meilleur décor : Hugo Cabret / finaliste : La taupe

Meilleure musique : Hanna par The Chemical Brothers / finaliste : Drive par Cliff Martinez

Meilleur film en langue étrangère : City of Life and Death / finaliste : Une séparation

Meilleur documentaire : La Grotte des rêves perdus/ finaliste : The Arbor

Meilleur film d'animation : Rango / finaliste : Les aventures de Tintin

Prix Douglas E Edwards pour le meilleur film indépendant, expérimental ou vidéo : Spark of Being

Prix pour l'ensemble de sa carrière : Doris Day

Prix Nouvelle génération : Martha Marcy May Marlene

Rencontres Henri Langlois 2011 : palmarès et clap de fin

Posté par redaction, le 12 décembre 2011

rihl poitiers 2011Les 34e Rencontres Henri Langlois auront particulièrement bien porté leur nom lors de cette édition 2011 ! Cette année, professionnels et amateurs du 7e art se sont en effet réunis dans un esprit de convivialité et surtout de partage pour générer  échanges et débats autour des courts métrages, des leçons de cinémas, des conférences ou encore lors des soirées où l’humeur était au beau fixe. Comme tous les ans, Poitiers s’est ainsi érigé l’espace d’une semaine en un véritable carrefour international des écoles de cinéma, recevant les réalisateurs en compétition, qu’ils proviennent d’Amérique du sud ou d’Europe de l’Est, et incitant son public à découvrir davantage de films provenant d’horizons culturels complètement différents.

Avec des invités d’honneur comme l’illustre réalisateur mexicain Arturo Ripstein, qui a ponctué de sa présence une majeure partie des festivités, ou encore le réalisateur Michel Hazanavicius et le compositeur Ludovic Bource pour leur récent succès The Artist, ces 34e rencontres ont fait plus que jamais le pont entre talents confirmés et en devenir.

Samedi soir, lors de la clôture du festival, le jury composé de Hélène Zylberait, Dante Desarthe, Justin frozen storiesTaurand, Tanel Toom et Stéphane Touitou a donc récompensé le très émouvant et singulier Frozen Stories du Polonais Grzegorz Jaroszuk, également gratifié du prix du public. Le réalisateur offre avec ce court métrage 27 minutes délicieusement grinçantes teintées d’un humour décadent, retraçant la rencontre forcée de deux employés d’un même supermarché menant un quotidien insipide. Dépité de leur incompétence et de leur paresse, le directeur du magasin les sanctionne d’une manière des plus originales : trouver en 48 heures un sens à leurs vies. Un court moment de cinéma, bouleversant de réalisme, et qui happe le public avec ce désarroi que hante la jeunesse du 21e siècle (à l’instar également des générations précédentes) mais ne l’empêche pas d’espérer vivre le bonheur au moins une fois dans sa vie.

Le reste du palmarès fait la part belle à l’Europe de l’Est (boudant la France au passage) et notamment à l’Allemagne, qui place deux films. La Russie cumule quant à elle trois prix pour le seul Reaching Out To Mama d'Olga Tomenko qui repart avec le prix de mise en scène, celui de la Critique française et du jury étudiant.

Pour le public parisien, une partie du palmarès sera repris à la Cinémathèque française le 14 décembre à 20h30. L’occasion de s’offrir un aperçu du meilleur de la toute jeune création cinématographique contemporaine et de goûter a posteriori la fameuse ambiance des rencontres Henri Langlois.
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Le palmarès

Grand Prix du Jury
Frozen Stories de Grzegorz Jaroszuk (Pologne)

Prix Spécial du Jury

L'Échange de Maria Steinmetz (Allemagne)

Prix de la Mise en Scène
Reaching Out To Mama d'Olga Tomenko (Russie)

Prix du Scénario
Silent River de Anca Miruna Lazarescu (Allemagne)

Prix Wallpaper Post
Broken Pieces de Sae-mi Yang (Corée du sud)

Prix Découverte de la Critique Française
Reaching Out To Mama d'Olga Tomenko (Russie)

Mention spéciale du Jury de la Critique Française
Umbral de Matias López (Chili)

Prix du Public
Frozen Stories de Grzegorz Jaroszuk (Pologne)

Prix du Jury Étudiant
Reaching Out To Mama d'Olga Tomenko (Russie)

Prix Amnesty International France
Abuelas d'Afarin Eghbal (Grande Bretagne)

Yanne Yager

Festival du Film de Vendôme : une semaine de découvertes

Posté par christophe, le 11 décembre 2011

Tout au long de cette semaine, il s'est passé de nombreux événements riches et variés au 20ème Festival du Film de Vendôme.

Sans pouvoir être exhaustif, lundi 5 décembre, par exemple, certains élèves du lycée Rotrou ont eu la chance d'avoir une rencontre exclusive avec Benoît Forgeard à la fois membre du jury, réalisateur et acteur dans Réussir sa vie. Son film fut d'ailleurs projeté samedi 3 décembre. Il se situe entre Le Sens de la vie, des Monty Pythons, et un humour à la Gotlib. Le réalisateur nous sert là un film délirant, ou plutôt "barré" selon son expression.
Autre bijou: Là où meurent les chiens, de Svetlana Filippova. Il s'agit d'un court métrage d'animation de sable sur verre. C'est un film très émouvant, avec peu de dialogues. Il retrace la vie d'un chien avec une dimension spirituelle. La réalisatrice enchante notre regard et notre esprit par une prouesse technique qui allie originalité et contraste.
Autre belle surprise durant ce festival: Le Marin masqué, de Sophie Letourneur, est un court métrage sur deux parisiennes, Laëtitia et Sophie, qui partent en virée en Bretagne. Laëtitia va revoir son amour de jeunesse, "le marin masqué". La jeune réalisatrice nous offre un film léger et plein d'humour. L'histoire en elle-même n'a pas une grande importance, c'est une toile de fond qui laisse place au côté artistique en privilégiant l'image et le son.
Une belle révélation aussi avec Dicen, réalisé par Ruiz de Azua Alauda. C'est  une histoire à la fois émouvante et dure. Pourquoi est-on persécuté lorsque l'on est différent ? La réalité de Dicen marque le spectateur. Cette fiction dénonce les problèmes d'une société moderne et hypocrite qui reste indifférente face à la méchanceté gratuite et l'acharnement.
Mardi 6 décembre, nous avons assisté à Instants critiques, une pièce de théâtre mise en scène par François Morel et interprétée par Olivier Bloche, Olivier Saladin et Lutèce Sassela dont le jeu était surprenant, plaisant et juste. Les avis des "acteurs-critiques" s'opposent durant toute la pièce et la première partie traite de la Nouvelle Vague: on passe de Truffaut à Godard, sans oublier Rohmer... Serait-ce un hommage ?

Un festival sous le signe du plaisir, qui s'est clôt avec le traditionnel palmarès.

Palmarès

- Grand Prix National
Le Marin masqué, de Sophie Letourneur

- Grand Prix Européen
Killing the chickens to scare the monkeys, de Jens Assur

- Prix Spécial du Jury
Compétition Nationale: Un monde sans femmes, de Guillaume Brac
Compétition européenne: Girl, de Fijona Jonuzi

- Prix Spécial 20 ans
Et ils gravirent la montagne, de Jean-Sébastien Chauvin
La Maladie blanche, de Christelle Lheureux

- Prix de la Jeunesse
Compétition Nationale: Les Pseudonymes, de Nicolas Engel
Compétition européenne: Dicen, de Ruiz de Azua Alauda

- Prix de la Mise en Scène
Birdboy, de Alberto Vasquez et Pedro Rivero

- Prix d'Interprétation
Alexandre Steiger dans Le Commissaire Perdrix ne fait pas le voyage pour rien, de Erwan Le Duc

- Prix du Public
Asylum, de Joern Utkilen

- Prix Format Court
La Maladie blanche, de Christelle Lheureux

- Prix Cinécole en Vendômois
Citrouilles et vieilles dentelles, de Juliette Loubières

L’instant Court : Blackout et Détritus, réalisés avec un téléphone par Judith Milligan

Posté par kristofy, le 11 décembre 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le court-métrage Dans mon jardin réalisé par Sylvain Gillet, voici l’instant Court n° 57.

Vous avez une minute et un téléphone mobile qui filme ? On vous invite à participer au prochain Mobile Film Festival ! Si vous êtes créatif, vous pouvez remporter 15 000 euros et un producteur pour réaliser un film, si vous êtes spectateur, vous pourrez voir ces petits courts métrages sur internet et voter pour votre préféré.

Le concept du Mobile Film Festival, c’est en effet 1 minute, 1 mobile, 1 film. Il faut l’envoyer avant le 5 janvier, le public pourra voter jusqu’au 5 février, et la cérémonie de remise des prix aura lieu le 8 février (les détails pour participer sont à voir sur le site mobilefilmfestival.com). La présidente du jury sera la scénariste-réalisatrice Danièle Thompson, accompagnée de Elsa Amiel, Laurent Cotillon, Marc-Benoît Créancier, Arié Elmaleh, Frédéric Fleurier, Isabelle Giordano, Victor-Manuel Godoy, Sylvie Landra, Jessica Rosselet, et Yann Samuell.

Et pour vous inspirer, voici le court-métrage Blackout, réalisé par Judith Milligan, d’une durée d'une minute, et filmé lui-aussi avec un téléphone mobile, suivi de Détritus, également réalisé par Judith Milligan.

La réalisatrice Judith Milligan nous fait part de ses expériences de tournage avec un téléphone.

Ecran Noir : Combien de films très courts avez-vous présenté en festival et pourquoi ?

Judith Milligan : J'ai participé car c’est une manière de filmer plus spontanée et on a moins d'attente par rapport a la technique (lumière/son). Détritus a été au Pocket Film Festival (Beaubourg), Ich bin in Goteborg geboren et Klementine étaient au Mobile Film Festival d’Allemagne,  Pied bot et Close shave au Mobile Film Festival français. Blackout lui n'était pas en festival, et  Stories to be told était pour une expo privée du travail de l'artiste Stacey Jaco Wilson.

EN : En général comment sont les films que l’on peut voir au Mobile Film Festival ?

JM : Je trouve que l'année 2009 était un grand cru, voir un résumé ici. Je pense que le petit écran par exemple sur internet convient mieux que le grand écran pour regarder ce genre de court. Il y a un moment où on se dit qu'il y a peu de films tournés avec un téléphone portable qui n'auraient pas été mieux si ils avaient été tournés avec une vraie caméra et un budget.

EN : Cette durée de 1 minute est-elle plus une frustration ou une stimulation ? 

JM : Une stimulation : j'adore les contraintes, surtout quand on n'a aucun budget ! Mais c'est vrai que, du coup, je vais favoriser un montage rythmé pour compenser le manque d'histoire.

EN : En quoi un téléphone est-il - ou pas - une caméra comme une autre, et est-ce qu'il implique une façon spécifique de filmer ?

JM : Oui, on voit trop de films sur le sujet des portables ou avec les gens qui passent des coups de fils ! Je pense de plus en plus que l’intérêt est de jouer avec l'instant : le côté "à l'improviste" est finalement très sympa, et ce que je disais avant : quel est l’intérêt du portable ? Le film tourné aurait-il pu être mieux réussi avec une vraie caméra ? C'est pour ça que j'ai essayé avec Blackout de mixer une mise en scène (the morning after the night before) filmée dans le même appart dans lequel a eu lieu une vraie fête de nouvel an. Les images que j'ai tourné à la fête, ce sont les gens qui faisaient la fête et qui n'avaient aucune idée que je "tournais". Ceci dit, c'est mon seul film a ne pas avoir été sélectionné pour un festival...

EN : Le CNC va organiser une nouvelle opération ‘Le jour le plus Court’ pour promouvoir le format court, avec une journée spéciale le 21 décembre, qu’en pensez-vous ?

JM : Je trouve que le plus gros problème avec le format court, c'est que les gens essaient de faire l'esquisse de leur long métrage en espérant recevoir de l'argent et/ou du soutien pour le réaliser. Malheureusement, le genre film court (comme le roman court d'ailleurs) est peu apprécié en tant que tel, mais plutôt comme un test pour voir si on est capable de faire un film plus long, avec l'exception de l'animation ou il y a des très belles choses.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Blackout.

Facebook : en 2011, le cinéma n’a pas créé le buzz

Posté par vincy, le 11 décembre 2011

Le cinéma n'a pas fait le poids face à la mort de Ben Laden, les frasques de Charlie Sheen, le décès de Steve Jobs, le mariage royal britannique ou la guerre en Libye. Facebook n'est pas un miroir si déformant de notre époque. Il reflète ce qui choque, marque, crée les conversations au coin de la machine à café. Mais le cinéma semble encore bien faiblard face aux événements de l'actualité, du fait divers à la guerre, en passant par la séquence émotion des "morts". A voir le classement, on se dit même que le marketing et le public adolescent dominent le plus grand réseau social du mode.

Les Schtroumpfs ont réussi à s'imposer dans le Top 10 des sujets les plus évoqués dans les statuts en France, derrière l'horrible "Secret Story". Aux USA, c'est Insidious qui créé la surprise, surclassant le trépas d'Amy Winehouse. Au Canada, il se classe même 6e, devant la guerre en Libye. En Inde, le film Rockstar semble bien seul dans un Top 10 nécrologique et politique.

Mais dans tous les autres grands pays, aucune star, aucun film ne rivalise avec l'actualité générale.

Côté popularité, Megan Fox, Vin Diesel et Adam Sandler forment le podium des comédiens et comédiennes les plus aimés. Will Smith, Taylor Lautner et Jackie Chan ne sont pas très loin.

Harry Potter domine les films présents sur Facebook, en nombre d'amis, devant Twilight, Toy Story, Avatar, Jackass, Shrek, Saw, Pirates des Caraïbes, Fast & Furious et Titanic. Le film de James Cameron ressort en 3D en avril prochain pour le centenaire du naufrage du paquebot.

Annie Awards : Une vie de Chat, Chico & Rita et Tintin face à Kung Fu Panda 2

Posté par vincy, le 10 décembre 2011

Trois films animés européens traditionnels - deux espagnols et le français Une vie de chat - se sont glissés au milieu des gros blockbusters américains parmi les meilleurs films d'animation de l'année. Les Annie Awards ont révélé un avant goût des Oscars : DreamWorks emporte le gros lot avec 21 nominations. Rango et Rio parviennent à dominer le Pixar de l'année, Cars 2, talonné par Mission : Noël, pourtant un fiasco au box office.

On notera cependant quelques détails qui révèlent l'absence de favori. Tintin, meilleur film, n'a aucune citation pour Spielberg. Kung Fu Panda 2 n'obtient rien dans la catégorie scénario, tout comme Le chat potté. Rango, à ce titre, cumulant film, scénario, réalisation et montage, pourrait créer la surprise. Autre étonnement, Winnie l'Ourson, l'un des cinq films les plus cités, n'est même pas retenu parmi les meilleurs films, alors qu'il est nommé pour sa réalisation et son scénario.

Les nominations pour le meilleur film animé (et leurs autres nominations)

  • Une vie de chat
  • Arrugas
  • Mission : Noël (6) : performance vocale (Ashley Jensen), performance vocale (Bill Nighy), scénario, dessin des personnages, storyboard
  • Cars 2 (7) : montage, direction artistique, 2 citations pour les effets animés, dessin des personnages, storyboard
  • Chico & Rita
  • Kung Fu Panda 2 (12) : réalisation, performance vocale (Gary Oldman), performance vocale (James Hong), direction artistique, montage, 2 citations pour les effets animés, 2 citations pour l'animation d'un personnage, 2 citations pour le storyboard
  • Le chat potté (9) : réalisation, performance vocale (Zach Galifianakis), montage, effets animés, animation d'un personnage, dessin des personnages, musique, storyboard
  • Rango (9) : réalisation, scénario, montage, 2 citations pour les effets animés, dessin des personnages, 2 citations pour le storyboard
  • Rio (8) : réalisation, performance vocale (Jemaine Clement), direction artistique, 2 citations pour l'animation d'un personnage, dessin des personnages, musique
  • Les aventures de Tintin (5) : scénario, montage, effets animés, musique

Les autres films nommés

Winnie l'Ourson (8) : réalisation, scénario, direction artistique, effets animés, 2 citations pour l'animation d'un personnage, musique, storyboard

Gnomeo & Juliette (4) : réalisation, performance vocale (Jim Cummings), scénario, storyboard

Star Wars : The Clone Wars : effets animés

Pirates des Caraïbes : la fontaine de Jouvence : effets animés dans un film

Transformers : Dark of the Moon : effets animés dans un film

Cowboys & Aliens : 2 citations pour les effets animés dans un film

Hop : animation d'un personnage dans un film

Paul : 2 citations pour l'animation d'un personnage dans un film

La Planète des Singes, les origines : animation d'un personnage dans un film

Rencontres Henri Langlois 2011 : entretien avec Michel Hazanavicius et Ludovic Bource

Posté par redaction, le 10 décembre 2011

Venus présenter la traditionnelle "Leçon de cinéma" des Rencontres Henri Langlois 2011, consacrée cette année à la musique, Michel Hazanavicius et Ludovic Bource (récemment primé aux European Film Awards) ont accordé quelques minutes aux journalistes. L’occasion de revenir sur l’un des succès de l’année, le film muet The artist.

Ecran Noir : The Artist a dû être un véritable défi pour vous, dans la mesure où le spectateur du 21e siècle a évolué avec l’idée du « parlant ». Cela devait représenter un risque en soi pour ce film où la musique est omniprésente. N’aviez vous pas peur de la manière dont il allait être reçu ?

Michel Hazanavicius : Je n’ai pas vraiment peur en réalité…

Ludovic Bource : Moi si ! (rires) Michel m’a dit : « eh bien écoute, tu va être condamné à l’excellence ! »

MH : Je travaille personnellement plus sur le désir. Si on m’avait forcé à le faire, j’aurais sans doute eu peur. Je n’ai donc pas eu peur car je savais qu’il y avait un beau film à faire quoi qu’il arrive. A tout prendre, je préfère me planter avec un film que j’ai désiré plutôt qu’avec un film qui est le projet de quelqu’un d’autre. La notion de risque reste tout de même très relative. D’abord, il n’y a pas de risque réel ; au pire on fait un mauvais film et voilà ! Mais très honnêtement, je ne serais pas le premier à en faire un... Celui qui a réellement pris un risque, c’est celui qui a investi dans ce projet, à savoir le producteur Thomas Langmann. Et en troisième lieu, je considère qu’il est beaucoup plus « casse-gueule » de faire une comédie romantique aujourd’hui avec des trentenaires qui habitent à Paris que de faire un film muet en noir et blanc.

LB : C’était plutôt un projet qui présentait une part de risque par rapport au temps qui nous était imparti pour être en temps et en heure à Cannes pour le défendre. Ca a été une véritable course. C’est une chose que j’aime : lorsqu’un projet est atypique, ou présente quelque chose qui va me faire évoluer, avancer… Là,  c’était vraiment quelque chose d’extrême.

EN  : Pour la composition du film, vous êtes vous appuyés sur certains artistes ?

LB : Au départ, on s’inspire évidemment du climat général de l’époque. J’ai étudié certaines biographies, éventuellement la vie de certains compositeurs qui ont été influents pendant l’âge d’or du cinéma hollywoodien, en passant par les classiques et les grands compositeurs de l’Europe de l’est. Max Steiner et d’autres notamment qui maitrisaient la symphonie, qui sortaient du style romantique. C’était une ère totalement différente, donc une musique émotionnellement différente. Mais je pense aussi que The Artist n’est pas complètement désuet dans l’image, car certains caractères du film sont assez modernes. Il y a par exemple cette scène incroyable avec le rêve de George Valentin. A cet instant il y a du « sound design » (bruits intra-diégétiques), les gens trouvent ça génial mais à l’époque personne n’a jamais fait ça. Il y a donc plusieurs relectures différentes sur le film, presque actuelles et politiques.

J’ai donc suivi Michel par rapport à sa sensibilité musicale et cinématographique. Pendant plusieurs semaines, j’ai essayé de m’informer, d’ingurgiter des choses et à un moment donné, de m’arrêter, de me mettre au piano et de laisser faire les choses. Sans copier, sans s’influencer de ce patrimoine-là, car j’avais visité presque 50 années de la musique, jusqu’à Bernard Herrmann (musique de Vertigo) qui est en hommage à la fin. Il y a donc forcément un peu de musique contemporaine, parfois même de la pop des années 70 dans les love-thèmes entre Peppy et George.

EN : Vous avez travaillé pour ce tournage à Los Angeles avec des personnalités américaines comme John Goodman et James Cromwell. Comment ont-ils réagi à la lecture du scénario ?

MH : Bien étant donné qu’ils ont acceptés. Goodman a dit oui en 5 min, et Cromwell, qui voulait tout savoir, en deux heures. Il y a deux types de personnes à qui j’ai fait lire le scénario : ceux a qui j’ai demandé de l’argent, et ceux à qui j’ai proposé du travail. Ces derniers ont été ravis car c’est un film qui est très différent, et où ils n’ont rien à perdre.

EN : Tourner ce film à Hollywood, là où le cinéma muet avait connu sa plus grande effervescence, cela du vous procurer un léger pincement au cœur ?

MH : C’est surtout pendant la recherche et la préparation des décors qu’il m’est arrivé de me retrouver dans des endroits incroyables comme le bureau de Charlie Chaplin, les studios de la Ruée vers l’or et des Temps Modernes, la maison de Marie Pickford, des découvertes (toiles peintes de décors) qui avaient servi pour le film Casablanca... Toutes ces choses-là, comme tourner à la Paramount, sont très émouvantes. Après cela, il a fallu tourner le film en 35 jours, ce qui est relativement court, donc les pincements au cœur vous les avez surtout quand vous pensez que vous n’allez pas finir votre journée !

Lire l'intégralité de la rencontre

Propos recueillis par Yanne Yager

Mobilisation pour le Balzac

Posté par MpM, le 9 décembre 2011

Le Balzac, cinéma historique des Champs Elysées, est aussi l'un des plus agréables du quartier, qui propose de nombreuses exclusivités art et essai, des ciné-concerts, des séances de courts métrages... soit toute une programmation originale et de qualité. Las, cette indépendance d'esprit, et cette offre devenue rare de ce côté-ci de la Seine, sont menacées.

Le directeur du Balzac, Jean-Jacques Schpolianski, lance un appel à la mobilisation pour sauver le Balzac de la marginalisation et de l'asphyxie. En effet, les difficultés croissantes de programmation (on vient de lui refuser A dangerous method) lui font envisager d'abandonner sa politique actuelle de première exclusivité pour se tourner vers des films d'auteurs plus "porteurs", en partenariat avec l'une des grandes enseignes du quartier (Gaumont ou UGC). Car les films d'auteurs fragiles, pour passionnants qu'ils soient, ne suffisent pas à assurer l'équilibre financier des trois salles de la rue Balzac, s'ils ne sont accompagnés d’œuvres plus grand public.

Or, dans cette nouvelle déclinaison du combat de David contre Goliath, c'est bien au public de jouer les arbitres. Donc, comme le répète souvent Jean-Jacques Schpolianski en préambule des séances : "si un film se donne dans plusieurs salles, venez le voir au Balzac !".