Eastwood de toutes les parties

Posté par vincy, le 12 mai 2008

Clint Eastwood montera les marches avec le casting de Changeling (L’échange) le 20 mai. Mais il a déjà fait deux requêtes. La première est d’assister à l’hommage célébrant le centenaire du réalisateur portugais Manoel de Oliveira, le 19 mai, à l’occasion de la journée de l’Europe. La seconde est plus classique : il fera le détour par la soirée qui accueillera l’hommage à la Warner Bros, son studio, qui fête ses 85 ans. Enfin, en plus de son film en compétition officielle, il viendra présenter L’inspecteur Harry dans le cadre de Cannes Classics, le 22 mai. Et le 25 mai,il reçoit une Palme d’or ?

Le Prix Jean Vigo pour Finkiel et Doillon

Posté par vincy, le 11 mai 2008

Les prix Jean Vigo 2008 ont été décernés à Nulle part, terre promise de Emmanuel Finkiel (meilleur film), Les paradis perdus de Hélier Cisterne (meilleur court métrage) et Le premier venu de Jacques Doillon (prix spécial).
L’association fait remarquer pertinemment que les trois cinéastes français en compétition officielle au Festival de Cannes sont d’anciens lauréats : Philippe Garrel l’a reçu en 1982, Arnaud Desplechin en 1991 et Laurent Cantet en 1995.

Les Ch’tis bienvenus en Belgique aussi

Posté par vincy, le 11 mai 2008

La neuvième semaine fut fatale au Ch’tis qui ont perdu leur première place du box office belge, tous territoires linguistiques confondus. Seulement 4e en dixième semaine, le déclin semble (enfin) amorcé. Mais l’exploit n’est pas à sous-estimé puisqu’en huit semaines, le film de Dany Boon a été vu par plus d’un millions de spectateurs, un record pour un film français dans ce pays. Toujours diffusé sur une cinquantaine d’écrans, le film a cumulé 6 millions d’euros dans le plat pays (120 millions d’euros en France).

A l’ère de GTA IV

Posté par vincy, le 10 mai 2008

On le sait depuis plusieurs années, les jeux vidéos représentent la principale « menace » pour l’industrie du cinéma. La concurrence en matière de divertissement est d’autant plus rude que l’interactivité permet un défoulement personnel que n’offre pas le cinéma. Le lancement mondial et réussi  de Grand Theft Auto IV peut d’ailleurs faire réfléchir. Qu’un jeu s’offre des affiches dans toute la France c’est déjà ambitieux. Mais qu’une publicité télévisée envahisse les petits écrans, voilà qui va devoir nous faire repenser nos idéologies traditionnelles quant à la publicité des produits culturels comme le livre et les sorties de films en salles. Car il ne s’agit pas d’un simple jeu vidéo érigé en machine marketing.

Quand Nicole Kidman vante les vertus d’un jeu mnémotechnique de Nintendo, les ventes de DS explosent (70% de parts de  marché dans le monde). Et c’est le budget loisirs qui est ainsi amputé de 200 euros. 20 places de cinéma pour une durée de jeu bien plus  grande que 140 heures. Ne parlons pas de la Wii qui immerge le joueur dans le programme (sport, remise en forme, courses poursuites…) : il se vend désormais une console Wii sur deux sur la planète. Sony réplique en offrant une console capable de lire des films en format Blu-ray. Le film n’est alors qu’un bonus !
Quant aux jeux vidéos issus de films, inquiétons-nous aussi de l’ampleur prise, et disons-le de l’emprise, sur nos habitudes de consommation : 5 million de jeux Shrek, 27 millions pour les trois premiers Harry Potter. Dorénavant, le livre a deux produits dérivés incontournables, le film et le jeu. Le Monde de Narnia, le jeu, a ainsi coûté 30 millions de dollars en développement, l’équivalent d’un gros budget pour un film français.
Tandis que le DVD voit ses ventes s’écrouler, que les chaînes de télé constatent une baisse d’audience sur les tranches de cinéma en prime-time, le cinéma va devoir résister, en offrant des films véhiculant de l’émotion, en s’ouvrant à des narrations et des styles plus abstraits, ou en pariant sur la 3D en ce qui concerne les blockbusters.
Cependant on voit mal comment nos professions vont s’armer face à un public, notamment les moins de 18 ans qui ont grandit avec un joy-stick dans la main, en pleine mutation comportementale (Internet, téléphonie mobile…). Les professionnels du cinéma ont trop tendance à n’y voir qu’un produit dérivé là où il s’agit d’un concurrent audiovisuel comme les autres. D’autant qu’en n’étant pas vraiment reconnu comme un secteur culturel spécifique, le jeu vidéo se développe dans son coin, à Montreuil, Lyon ou Montréal. Dans son dernier bilan 2007 sur les chiffres clés de la culture, le Ministère oublie complètement de répertorier les ventes de jeux et de consoles. Révélateur, non ?

Deux films européens dans le Top 20 de l’UE

Posté par vincy, le 7 mai 2008

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Les européens plébiscitent toujours les productions américaines ou anglo-américaines. Quatre films dépassent les 30 millions d’entrée dans l’Union Européenne : Harry Potter et l’ordre du Phénix domine le Top 20 de l’année, devant Pirates des Caraïbes 3, Shrek le troisième et Ratatouille (qui fait un quart de ses entrées en France !). Ils sont suivis dans l’ordre des Simpsons, de Spider-Man 3 , seuls autres films à dépasser les 20 millions d’entrée. On compte ainsi, au total, plus de neuf suites ! Mais seulement deux films véritablement européens : Les vacances de Mister Bean, qui surclasse facilement tous les autres films européens avec 15 millions d’entrées (7e film le plus toutes nationalités confondues) et La Môme, seul production en langue non anglophone du Top 20 avec 7.2 millions d’entrées (autant que Blood Diamond).

Les films britanniques continuent de dominer les cinémas européens avec six films anglais comédies ou films historiques, dans le Top 20 des films européens les plus populaires, devant les films italiens (cinq), français (quatre), et allemand (trois). Tous les marchés ne sont pas égaux puisque les productions anglaises et françaises ont fait de nombreuses entrées en dehors de leur territoire national tandis que les films italiens ou le film polonais ne parviennent pas à séduire en dehors de leurs frontières. En Allemagne, il y a l’exception La vie des autres (sorti en 2006 (6 millions d’entrées sur deux ans, dont un quart en France). En Espagne, L’orphelinat n’était pas encore sorti dans le reste de l’Europe mais avait fait le plein dans son pays. Notons quand même que les pays de l’Union européennes ne sont pas capables de poduire plus de dix films faisant cinq millions d’entrées et plus sur 18 mois…

En 2007, le cinéma européen affiche des résultats stables

Posté par vincy, le 7 mai 2008

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Comme chaque année avant Cannes, l’Observatoire européen de l’audiovisuel, rattaché au Conseil de l’Europe, publie le bilan 2007 des 27 pays membres de l’Union européenne. En trois chiffres cela donne : 919 millions d’entrées (-1.3% par rapport à 2006), 28.8% de part de marché pour les films européens (28.6% en 2006) et 921 longs métrages réalisés (911 en 2006). La progression est plus notable dans la durée puisqu’en 2003 on enregistrait 754 longs métrages réalisés et seulement 25% de part de marché pour les films européens.

Les pays de l’Est tirent la fréquentation

Si les publics anglais et surtout italiens sont revenus dans les salles l’an dernier, ce sont principalement les pays émergents, en Europe de l’Est, qui ont connu une augmentation des entrées dans leur salle : +34% en Lituanie, +11.4% en République Tchèque, et des hausses supérieures à 4% en Bulgarie, Chypre et Roumanie. Les pays alémaniques et scandinaves souffrent énormément. De même les publics français et espagnols, à la baisse, ne sont pas compensés par les spectateurs des nouveaux pays européens. La France reste cependant le premier pays cinéphile d’Europe avec 177 millions d’entrées, devant le Royaume Uni, L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, tous au dessus des 1000 millions d’entrées par an. Un seul autre marché majeur pourrait perturber ce classement quasiment inchangé depuis cinq ans : la Russie, qui dépasse pour la première fois cette barre symbolique des 100 millions d’entrées (contre 68 millions entre 2003).

Les latins produisent plus

La France, l’Espagne et l’Italie sont les trois pays produisant le plus de films, et ceux dont la croissance est la plus forte. C’est plus d’un tiers des films européens qui sont produits entièrement dans ces pays là. Avec les coproductions, ces trois pays sont partie prenante de 439 films !

L’influence américaine continue de diminuer

En part de marché, les productions américaines continuent de séduire moins de spectateurs avec une part de marché de 62.7% (contre 69.3% en 2003). Même en ajoutant les coproductions américano-européennes, la tendance est à la légère baisse. Cela bénéficie aux productions européennes qui continuent de séduire de plus en plus de spectateurs. Tandis que la Journée de l’Europe à Cannes s’ouvre aux productions extra-occidentales, il est intéressant de voir que la part de marché des films venus d’Asie, d’Amérique Latine, d’Océanie et d’Afrique ne parvient pas à décoller de son seuil de 2-3%...( à peine 20 millions de spectateurs).

(photo : Vincy Thomas / Berlin 2008)

G.A.L. : un film ambitieux mais raté

Posté par geoffroy, le 6 mai 2008

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Sortie le 7 mai

Synopsis : Espagne, années 80 : le pays est meurtri quotidiennement par les attentats de l'ETA, mouvement séparatiste basque, auxquels répond la violence du GAL, Groupe Antiterroriste de Libération. Manuel Mallo et Marta Castillo, journalistes d'un quotidien national, sont contactés par une taupe qui dit pouvoir leur amener la preuve des liens unissant le GAL à de hauts responsables du gouvernement espagnol. De quoi provoquer le scandale du siècle, à condition d'être prêt à risquer sa vie pour l'info... (in DP)
Critique : Entreprise courageuse. Film raté ! En voulant brasser une décennie de lutte armée dans l’Espagne post franquiste afin d’y dénoncer les responsabilités d’un gouvernement légitimant les méthodes expéditives du GAL, le cinéaste Miguel Courtois s’empêtre dans la surdémonstration et nous livre un film indigeste. Enquête journalistique brouillonne, imbroglio politique pour le moins flou, revendication indépendantiste peu ou mal contextualisée et scènes de violence chorégraphiées à la Borsalino. Dans ce GAL à la mise en scène de télé, l’encrage scénaristique brille par son instabilité et donc sa superficialité. Point de salut pour un film qui aurait du choisir sa mise en abîme : politique, évènementielle ou journalistique. Trop, c’est trop et contrairement à l’affirmation du producteur Melchor Miralles, le but du cinéma n’est ni de se rapprocher d’une réalité qui « dépasse de 100 fois la fiction », ni de sous tendre implicitement vers ce constat amer.

Il faut, au contraire, recréer les conditions narratives et scéniques susceptibles de capter l’attention d’un public aussi versatile, qu’exigeant. Enchaîner les crimes, les explosions et les pressions en tout genre dans un montage haché remplit de flash-back n’aide pas à clarifier le propos du cinéaste. Pire, cette « déconstruction » narrative dessert l’enquête journalistique. C’est simple, plus les journalistes avancent moins nous sommes attentifs à la machination d’Etat. L’aspect immersif d’une enquête difficile, périlleuse et politiquement fondamental dans un pays démocratique devient caduc par manque de cohérence et de ligne scénaristique claire. Le réalisateur a donc recours aux tics les plus démonstratifs, les évènements bouffant littéralement la progression de ce qui deviendra le plus grand scandale en Espagne.

Si la démarche, rappelons le, est sans doute nécessaire, sa mise en application reste trop imparfaite dans son traitement pour emporter l’adhésion.

Cannes: la journée de l’Europe en faveur des cinémas émergents

Posté par vincy, le 5 mai 2008

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Pour la sixième journée de l'Europe au Festival de Cannes, la Commissaire Européenne Viviane Reding a décidé d'évoquer la coopération entre l'Europe et les cinémas émergents, ceux d'Europe centrale, d'Asie, d'Amérique Latine, ... Pour parrainer "Cinéma, Dianying Yan, Kino, Chalchitra, Cine : construire un monde d’échanges", la Commission a choisit Cristian Mungiu. Cinéaste venu d'un nouveau membre de l'Union Européenne, la Roumanie, Mungiu "apportera son point de vue d'artiste et de professionnel à la discussion des ministres de la Culture sur le renforcement de la coopération audiovisuelle entre l'Europe et les grandes zones de cinéma." Révélé à la Quinzaine des réalisateurs en 2002, Palme d'or l'an dernier, il est la figure de proue du cinéma roumain, en pleine effervescence depuis quielques années.

Notons que José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne, s'offrira un petit séjour à Cannes pour ouvrir cette journée de l'Europe. Il lui restera alors 12 mois, 3 semaines et quelques jours avant la fin de son mandat.

Mel is back

Posté par vincy, le 2 mai 2008

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Mel Gibson a enfin annoncé son retour au cinéma.

Il n'était pas apparu depuis son second rôle dans The Singing Detective, film passé inaperçu en 2003. Son dernier premier rôle demeure celui du Révérand Graham Hess dans Signs (408 millions de $ au box office mondial), en 2002. Bien sûr entre temps Mel Gibson ne s'est pas roulé les pouces. Il a notamment réalisé Apocalypto, qui a divisé la critique. En revanche, il a fait l'unanimité contre lui lorsqu'il a été arrêté en état d'ivresse et tenu des propos antisémites. C'était en août 2006 et Mel Gibson a mis dangereusement sa carrière en péril. Son image, en tout cas.

 Désormais dans la catégorie quinca, deux projets sont annoncés et un autre a été lancé en pré-production. Under and Alone, d'après l'histoire vraie racontée dans un essai de William Queen, serait réalisé par Antoine Fuqua. Sam and George est un drame où deux amis se retrouvent après la sortie de prison de l'un d'eux. Gibson retrouverait son vieux complice, le cinéaste Richard Donner. Warner Bros prévoit de les réunir pour la cinquième Arme Fatale prévue en 2009-2010, mais toujours pas confirmée.

 Mais surtout, Gibson a claironné son "come-back" en confirmant sa participation à l'adaptation de la série télévisée policière et dramatique britannique, "Edge of Darkness". Ce feuilleton de la BBC, en six parties, avait reçu 6 British Awards (sur 11 nominations) en 1986. Martin Campbell (GoldenEye, Le maque de Zorro, Casino Royale) qui avait réalisé le feuilleton serait aux manettes pour la version cinéma.

Cannes : le Modianesque Edouard Baer en Maître de Cérémonie

Posté par vincy, le 2 mai 2008

Une fois n'est pas coutume, c'est un homme qui présentera les soirées d'ouverture et de clôture du Festival de Cannes. Edouard Baer, actuellement sur scène avec Un pedigrree (L'Atelier) de Patrick Modiano et à l'affiche dans Passe-passe et J'ai toujours rêvé d'être un gangster, fera le trublion parfait, avec un peurt de dérision et beaucoup d'élégance.