Les reprises de l’été: Edward Yang, Takeshi Kitano, Ernst Lubitsch et un film queer culte

Posté par vincy, le 8 août 2018

A Brighter Summer Day d'Edward Yang (1991)

L'histoire: Dans les années 60, Xiao Si'r, jeune adolescent, fils d'un réfugié politique chinois, vit à Taiwan. Comme tous les jeunes gens de sa condition il fréquente les gangs qui se mènent une guerre sans merci.

Pourquoi il faut le voir? Edward Yang transpose ici une histoire vraie aussi dramatique que douloureuse. Le cinéaste taïwannais, né à Shanghaï, est mort à l'âge de 59 ans aux Etats-Unis il y a 11 ans. C'est un cinéaste peu connu a priori, par rapport à ses compatriotes (dont Hou Hsiao-hsien pour le quel il a été interprète et compositeur de la musique du film Un été chez grand père). Pourtant ses 7 longs métrages ont reçu de prestigieuses récompenses à Locarno, Berlin et à Cannes (prix de la mise en scène pour l'ultra sensible Yi Yi en 2000). C'est la jeunesse qui l'intéresse ici dans ce "Roméo et Juliette" violent où des ados paumés cherchent à exister au milieu d'une société moralisatrice. A Brighter Summer Day est considéré comme l'un de ses deux chefs d'œuvre avec Yi Yi. Cette chronique sensible et sociale décrypte (avec une sublime esthétique) aussi le phénomène de groupe, le lien entre père et fils, la vaine révolte de la jeunesse face aux institutions (nation, parents, éducation, culture, etc....). Tout est affaire de lien chez lui, de ces relations qui forgent l'identité malgré soi.

A Scene at the Sea de Takeshi Kitano (1991)

L'histoire: Un jeune éboueur sourd-muet se prend d'une passion obsessionnelle pour le surf. Soutenu par le regard protecteur de sa fiancée, sourde-muette comme lui, le jeune homme progresse, d'apprentissages éprouvants en compétitions harassantes, jusqu'à ce que la mer les sépare.

Pourquoi il faut le voir? Tout le monde connaît Kitano en Yakuza et autres rôles de flics et films de mafias. Mais dans les années 1990, Kitano a été un cinéaste marquant pour ses histoires douce-amère, à l'humour ironique, à la sensibilité palpable, et même à l'émotion débordante. A Scene at the Sea est un tournant, pour ne pas dire un virage dans l'œuvre de "Beat Takeshi". C'est son premier film sans gangsters. Le héros est sourd muet et se réfugie dans la passion du surf. Romantique, le film est aussi naturaliste avec cette mer comme horizon indépassable, ce soleil éclatant, le silence et l'amour comme seuls bruits au chaos environnant. Le plus surprenant finalement c'est qu'il s'agit d'un film en apparence légère et en profondeur sublime. Car ce film sur un exclu de la société est peut-être son plus beau, son plus lumineux, son plus coloré. Il y a quelque chose de californien dans l'air et même de hippie. Kitano n'hésite pas à fustiger l'exploitation, la soumission, les inégalités, l'injustice. Même si le soleil se noircit sur la fin, le bonheur est quand même là, dans une larme et un sourire.

Le lieutenant souriant d'Ernst Lubitsch (1931)

L'histoire: L'empereur du Flausenthurm et sa fille, la princesse Anna, sont en visite à Vienne. Pendant le défilé, le lieutenant Niki lance un sourire à son amie Franzi mais la princesse Anna le prend pour elle. Niki doit l'épouser pour réparer l'offense...

Pourquoi il faut le voir? Un roman de Hans Müller, une opérette (1907) et puis un film, inconnu, d'Ernst Lubitsch. Un film musical avec sa dose de "tubes" de l'époque un peu désuet, avec deux stars: le Français Maurice Chevalier et la future oscarisée (et née en France) Claudette Colbert. Le premier était à son apogée, la seconde à ses débuts de vedette. Ce fut la plus grosse recette de l'année pour la Paramount. Aux débuts du cinéma parlant, Lubitsch expérimentait toutes les possibilités offertes par le son. Le lieutenant souriant a été nommé à l'Oscar du meilleur film. Mais ce qui rend le film précieux, outre la mise en scène déjà virevoltante du réalisateur et son talent pour les duos alchimiques, c'est que le film est rare. A cause d'une sombre affaire de droit d'auteur lié à la version muette de l'opérette au cinéma (Rêve de valse, 1925), le film a longtemps été impossible à projeter ou diffusé puis considéré comme perdu. Il a fallu attendre les années 1990 pour retrouver une copie. L'état de la copie a nécessité un long travail de restauration et il ne fut visible qu'à partir de 2008. Une occasion en or pour découvrir ce joyau joyeux du patrimoine.

Fraise et Chocolat de Tomas Gutierrez Alea (1994)

L'histoire: Dans un quartier de la Havane, David, un étudiant militant du parti communiste est chargé d'enquêter sur les activités transfuges d'un marginal, Diego. Ce dernier, homosexuel et fier de son pays, tombe amoureux de David.

Pourquoi il faut le voir? Alors que Cuba ouvre la voie au mariage entre personnes du même sexe, il y a près de 25 ans, le cinéma cubain nous offrait l'un des plus beaux films "queer" (interprété par des acteurs à la beauté ravageuse). Torride, sensuel, mélodramatique, le film a d'abord été un immense triomphe dans les festivals (9 prix à celui de La Havane, un prix spécial du jury et le Teddy Award à Berlin, le prix spécial du jury à Sundance, un Goya espagnol du meilleur film hispanophone, une nomination à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère). Ce film où se côtoient politique et sexualité a étonnement réussi à franchir les grilles de la censure castriste. Après tout, l'idée de départ est quand même d'espionner un homme, homosexuel et érudit, suspecté comme dissident au régime communiste. Un étudiant militant, hétéro, beau comme un Dieu va en fait devoir s'ouvrir l'esprit et les deux hommes vont apprendre à dépasser leurs préjugés. Ce n'est pas un film gay mais plutôt un film sur la tolérance face à une société rigide. Toute l'histoire tend vers le contact entre les deux hommes: se toucheront-ils enfin? Il n'est pas question de sexe, mais c'est finalement plus pour contourner la censure. Le cinéaste a préféré la parabole. La force de Fraise et Chocolat est finalement d'être un des plus beaux récits sur l'homophobie, évoquant aussi bien la répression des homosexuels que la paranoïa de l'Etat. Malgré cela, sans doute à cause du régime dictatorial de son pays, le cinéaste évite les sujets qui auraient pu fâcher Cuba frontalement.

Takeshi Kitano quitte sa société de production

Posté par vincy, le 14 mars 2018

L'acteur, humoriste, producteur, réalisateur et écrivain Takeshi Kitano quittera Office Kitano, la société qu'il a co-fondé, à la fin du mois de mars. Il affirme vouloir retrouver son indépendance. C'est le président d'Office Kitano, Masayuki Mori, qui a révélé l'information dans la presse japonaise. "Beat Kitano" lancerait sa propre structure.

Office Kitano, créée par Takeshi Kitano et Masayuki Mori en 1988, est à la fois une société de production et une agence de talents, qui a représenté des dizaines d'humoristes et de comédiens, surnommés "L'armée de Kitano".

Masayuki Mori affirme ainsi que Takeshi Kitano "abandonne les fardeaux qu'il a portés durant trente ans, y compris toute son "armée", afin d'avoir plus de temps personnel".

Office Kitano voit ainsi partir sa star dont elle a produit tous les films depuis 1991. En décidant de lâcher l'affaire, le réalisateur et l'acteur Kitano, âgé de 71 ans, rend l'avenir de la société incertain. Selon les médias japonais, de nombreux artistes devraient quitter Office Kitano suite à cette décision.

Office Kitano est né de la nécessité de gérer les émissions télévisée de Takeshi Kitano et d’une bande d’amis acteurs. Trois ans plus tard, Office Kitano devient une société de production avec A Scene at the Sea, le troisième long métrage de Takeshi Kitano. Office Kitano produit (et distribue au Japon) d'autres films japonais et étrangers, en commençant avec Ikinai de Hiroshi Shimizu (1998). Shôzô Ichiyama, Jia Zhangke (Au delà des montagnes, A touch of sin), Abolfazl Jalili, Atsushi Funahashi, Takashi Miike, Dankan, Makoto Shinozaki, sont tous des auteurs de la maison. L'entreprise a également lancé en 2000 FILMEX, un festival de cinéma dédié aux productions indépendantes.

Avec Hana-bi de Takeshi Kitano, Office Kitano a été couronnée par un Lion d'or à Venise en 1997. Plusieurs de ses films ont été en Sélection officielle à Cannes. Récemment, la société a produit Traces of Sin de Kei Ishikawa, présenté à Venise en 2016, et le dernier Kitano en date, Outrage Coda, troisième volet de sa saga Outrage, sélectionné à Venise en 2017. Deux films sont actuellement en production: Lovers on borders, une coproduction avec le Portugal, réalisé par Atsushi Funahashi et Ash is purest white, le prochain Jia Zhangke, prévu pour 2019.

Quant au réalisateur Takeshi Kitano, il a récemment évoqué l'idée de faire une comédie romantique, inspirée de son premier roman, paru au Japon l'an dernier.

L’acteur japonais Ren Osugi est mort (1951-2018)

Posté par vincy, le 22 février 2018

L'acteur japonais Ren Osugi est mort le 21 février 2018 à l'âge de 66 ans d'une attaque cardiaque. Figure récurrente du cinéma de Takeshi Kitano, il avait été de plusieurs de ses films comme les beaux Kids Return et Hana-bi, mais aussi dans Sonatine, mélodie mortelle, Aniki mon frère, Dolls, Glory to the Filmmaker, Achille et la tortue, Takeshis, Getting Any? et Outrage coda ( l'an dernier). Il avait été nommé comme meilleur second-rôle aux Awards of Japanese Academy pour Hana-bi. Le Festival de Yokohama lui avait décerné un prix du meilleur second-rôle pour l'ensemble de ses films de la saison 1997-1998.

Ren Osugi a aussi tourné régulièrement avec Takashi Miike (Ley Lines, Audition, Dead or Alive 2, MPD Psycho, Zebraman) et Kiyoshi Kurosawa (Cure, Licence to live, Charisma, Loft). Second-rôle à la filmographie impressionnante, on l'a aussi vu chez des cinéastes connus comme Yoichi Sai (Inu Hashiru), Hirokazu Kore-eda (Maborosi), Masayuki Suo (Shall we dance?), Sabu (Monday, Blessing bell, Ten no Chasuke), Yoji Yamada (Le Samouraï du crépuscule)...

Sa carrière de près de 45 ans, aussi bien sur le petit que le grand écran, l'a mené à jouer les yakusas, les pères de famille comme les chauffeurs de taxi ou les gérants d'hôtel. Très populaire dans l'archipel nippon, il avait cette capacité de passer en un instant du rire au drame, de l'idiot à l'autoritaire, de l'amoureux au mélancolique.

Scarlett Johansson, du Major Motoko Kusanagi à Zelda Fitzgerald

Posté par vincy, le 25 avril 2016

En plein tournage de la version en prises de vues réelles de Ghost In The Shell, Scarlett Johansson a confirmé son intérêt pour incarner l'épouse de Francis Scott Fitzgerald (auteur de Gatsby le Magnifique et du Dernier Nabab), Zelda Sayre. Le biopic sur "la première garçonne américaine", comme l'appelait son mari, s'intitulera The Beautiful and The Damned (inspiré du titre du livre de F.S. Fitzgerald, Les heureux et les damnés). Il est écrit par Hanna Weg et se focalisera sur la vie tumultueuse de cette femme "délurée", émancipée, provocatrice et surtout insatisfaite. Egérie de son mari, romancière elle aussi (Accordez-moi cette valse) et auteure de nouvelles, elle a séjourné plusieurs fois en hôpital psychiatrique, souffrant de schizophrénie, avant de mourir prématurément en 1948 à l'âge de 47 ans. le scénario était dans la Black List d'Hollywood depuis 2007.

En attendant, Johansson sera le Major Motoko Kusanagi dans Ghost In The Shell. Alors que les fans occidentaux du manga ont crié à la trahison, les japonais ont opposé une certaine indifférence voire un enthousiasme, comme la maison d'édition Kodansha qui s'est félicité du choix d'une star internationale. Réalisé par Rupert Sanders (Blanche Neige et le chasseur), et programmé pour le 29 mars 2017, le remake du film d'animation de Mamoru Oshii, adapté des mangas de Masamune Shirow, est actuellement tourné en Nouvelle Zélande. Au casting, on retrouve Michael Pitt, Juliette Binoche, Takeshi Kitano et Pilou Asbaek. Là aussi, le projet traînait dans les cartons des studios depuis 2008.

Locarno 2015: Office Kitano, producteur de l’année

Posté par vincy, le 2 août 2015

Le Festival de Locarno commence mercredi et lance la saison d'automne du 7e art. On connait la sélection, les prix honorifiques, les hommages. Un autre prix sera décerné à une société et non pas à une personnalité, même si, pour l'occasion, les deux sont liés.

La société japonaise Office Kitano recevra le Prix Raimondo Rezzonico, qui rend hommage aux personnalités les plus significatives de la production indépendante internationale.

Fondé en 1988 en tant qu’agence d’acteurs, Office Kitano est né de la nécessité de gérer les émissions télévisée de Takeshi Kitano et d’une bande d’amis acteurs. Trois ans plus tard, Office Kitano devient une société de production avec A Scene at the Sea, le troisième long métrage de Takeshi Kitano, qui, dès lors, produira tous les films de l’acteur-réalisateur.

Mais pas seulement. Office Kitano produit (et distribue au Japon) d'autres films japonais et étrangers, en commençant avec em>Ikinai de Hiroshi Shimizu (1998). Shôzô Ichiyama, Jia Zhang-ke, Abolfazl Jalili, Atsushi Funahashi, Takashi Miike, Dankan, Makoto Shinozaki, sont tous des auteurs de la maison.

Office Kitano a également lancé en 2000 FILMEX, un festival de cinéma dédié aux productions indépendantes.

Une reconnaissance et un encouragement

Pour le directeur artistique du Festival de Locarno, Carlo Chatrian, "le choix de primer Office Kitano, une société riche de plus de vingt ans d’activité", c'est rendre "hommage aujourd’hui à un territoire et une compagnie pour lesquels il nourrit un intérêt tout particulier. Non seulement pour témoigner de l’amour que nous portons au réalisateur et acteur japonais mais aussi pour récompenser un studio qui soutient de jeunes réalisateurs nippons et noue des collaborations prestigieuses, comme celle avec Jia Zhang-ke. Un prix est à la fois une reconnaissance pour le travail accompli mais aussi un encouragement à continuer le chemin: ces deux facettes s’adaptent parfaitement à Office Kitano à qui nous souhaitons un futur radieux."

Masayuki Mori, président d’Office Kitano, et le producteur Shôzô Ichiyama seront à Locarno pour recevoir le prix et rencontrer le public lors d’un débat. Trois films seront projetés au Festival à l’occasion de cet hommage: Hana-bi (1997) et Dolls (2002) de Takeshi Kitano, ainsi que Plaisirs inconnus de Jia Zhang-ke.

Le Premio Raimondo Rezzonico a été créé en 2002 et a déjà récompensé Paulo Branco, Ruth Waldburger, le collectif Agat Films & Cie, Martine Marignac, Menahem Golan, Arnon Milchan, Margaret Ménégoz et, en 2014, Nansun Shi.

De 1990 à 2025, une histoire d’amour et ses conséquences par Jia Zhangke

Posté par vincy, le 2 mars 2015

jia zhangke tao zhao

Jia Zhangke, dont le dernier film - A Touch of Sin - avait remporté le prix du scénario au Festival de Cannes en 2013, s'active actuellement sur son nouveau film, Shan He Gu Ren (Mountains May Depart).

Cette coproduction internationale (Chine/Japon/France) est l'histoire d'une bouleversante histoire d’amour dans une Chine bousculée par ses mutations économiques. Le récit se déroule sur différentes périodes, à partir des années 1990.

"Ce sera la première fois que je mettrai en présence dans un même film passé, présent et futur. Les réalités sociales ne seront présentes qu’en arrière-plan, à peine perceptibles, tandis que je mettrai en évidence, au premier plan, ces instants difficiles mais incontournables que tout individu est amené à vivre, quelle que soit l’époque dans laquelle il vit" précise le réalisateur.

Tao Zhao, son épouse et sa muse, y tient le rôle principal. Elle y incarne une femme qui tombe amoureuse de Dong. Le jeune couple se sépare quand Tao décide de se marier à un riche exploitant de mine. Des années plus tard, de nos jours, Dong, sur son lit de mort, la revoit. Elle est divorcée et son fils est parti en Australie. Le film s'achève en 2025, avec ce fils, exilé loin de son pays d'origine dont il ne se souvient pas.

Le film, dont le projet avait été révélé au marché du film cannois l'an dernier, est produit, entre autres, par MK2, Office Kitano et Arte. C'est aussi la première fois que Jia Zhangke tourne à l'extérieur de la Chine.

Venise 2012 : une compétition sans réelles surprises

Posté par vincy, le 26 juillet 2012

69e clap pour le Festival de Venise le 29 août prochain. 17 films sont en course pour le Lion d'or, auxquels viendra s'ajouter un "film-surprise" (on murmure que ce sera The Master de Paul Thomas Anderson, retiré de la liste publiée sur les journaux professionnels américains après l'annonce de la sélection * voir fin d'article).

Le directeur du Festival, Alberto Barbera, a annoncé que "le thème principal de cette Mostra sera la crise économique actuelle, mais aussi la crise de valeurs, de modèles ainsi que celle des rapports humains et sociaux, notamment à travers la solitude".

Deux cinéastes français (mais 8 productions ou coproductions françaises!) sont en compétition avec quatre américains et trois italiens. Géographiquement, on note une forte présence de l'Europe avec 9 réalisateurs du vieux continent (5 pays seulement), 4 venus d'Asie, et 4 américains : l'Amérique latine, le Canada, le Royaume Uni, l'Espagne, l'Afrique, l'Océanie, la Chine, l'Inde, le Moyen orient, la Turquie, l'Europe de l'Est ou la Scandinavie sont ainsi complètement absents.

Pied de nez ou provocation au Festival de Cannes, cette édition de 2012 est très féminine avec quatre réalisatrices en compétition.

Mais, si de grands noms (Malick, Bellochio, De Palma, Kitano, Kim Ki-duk) côtoient des habitués des festivals (Assayas, Gianolli, Mendoza, Comencini, Bahraini, Seidl, Korine), on note peu de surprise ou de nouveaux talents dans cette compétition qui sera jugée par Michael Mann et son jury en vue de rendre leur palmarès.

La compétition

Après Mai de Olivier Assayas - France. Avec Clément Métayer, Lola Créton, Félix Armand.

At any price de Ramin Bahraini - USA/GB. Avec Dennis Quaid, Zac Efron, Kim Dickens, Heather Graham.

La belle endormie (Bella Addormentata) de Marco Bellocchio - Italie/France. Avec Toni Servillo, Isabelle Huppert, Alba Rohrwacher, Michele Riondino, Maya Sansa, Pier Giorgio Bellocchio.

La cinquième saison de Peter Brosens et Jessica Woodworth - Belgique/Pays-Bas/France. Avec Aurélia Poirier, Django Schrevens, Sam Louwyck, Gill Vancompernolle.

Lemale Et Ha'Chalal (Fill the void) de Rama Burshtein - Israël. Avec Hadas Yaron, Yiftach Klein, Irit Sheleg, Chaim Sharir.

E stato il figlio de Daniele Cipri - Italie/France. Avec Toni Servillo, Giselda Volodi, Alfredo Castro, Fabrizio Falco.

Un giorno speciale de Francesca Comencini - Italie. Avec Filippo Scicchitano, Giulia Valentini.

Passion de Brian de Palma - France/Allemagne. Avec Rachel McAdams, Noomi Rapace, Paul Anderson, Karoline Herfurth.

Superstar de Xavier Giannoli - France/Belgique. Avec Kad Merad, Cécile De France.

Pieta de Kim Ki-duk - Corée du Sud. Avec Cho Min-soo, Lee Jung-jin.

Outrage Beyond de Takeshi Kitano - Japon. Avec Tomokazu Miura, Ryo Kase, Fumiyo Kohinata, Toshiyuki Nishida.

Spring Breakers de Harmony Korine - USA. Avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson, Heather Morris.

To the wonder de Terrence Malick - USA. Avec Ben Affleck, Rachel McAdams, Rachel Weisz, Javier Bardem, Olga Kurylenko

Sinapupunan (Thy Womb) de Brillante Mendoza - Philippines. Avec Nora Aunor, Bembol Rocco.

Linhas de Wellington de Valeria Sarmiento - France/Portugal. Avec Nuno Lopes, Soraia Chaves, John Malkovich, Marisa Paredes, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric.

Paradies: Glaube (Paradise: Faith) de Ulrich Seidl - Autriche/France/Allemagne. Avec Maria Hofstätter, Nabil Saleh.

Izmena (Betrayal) de Kirill Serebrennikov - Russie. Avec Franziska Petri, Dejan Lilic, Albina Dzhanabaeva, Arturs Skrastins.

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Le 7 août The Master de Paul Thomas Anderson a rejoint la liste. USA. Avec Philip Seymour Hoffman, Joaquin Phoenix, Amy Adams.

Jeu concours Outrage de Takeshi Kitano : 10 DVD à gagner

Posté par MpM, le 1 avril 2011

outrageTakeshi Kitano a fortement contribué à faire connaître, voire à populariser en Occident, les clans de yakuzas, équivalents japonais des triades chinoises et de la mafia sicilienne. Comme leurs homologues du monde entier, les yakuzas pratiquent le racket et l'extorsion, organisent les paris clandestins, gèrent la prostitution et s'occupent de différents trafics, ce qui donne une grand latitude pour des films d'action violents et haletants.

Dans Outrage, Takeshi Kitano reprend le motif du film de yakuzas qui l'a fait connaître en Europe (Sonatine), mais sur une modalité différente, beaucoup plus cynique et désenchantée qu'autrefois.

Ainsi, ses personnages n'obéissent plus à aucun code d'honneur et ne sont mûs que par la soif du pouvoir et l'appât maladif du gain qui les poussent à s'entretuer. Devenu maître dans l'art du cynisme et de l'humour noir, le réalisateur s'en donne à coeur joie dans la violence stylisée et parfois même la surenchère sanglante. Le brio et le panache de sa mise en scène ont fait sensation à Cannes où le film était présenté en compétition l'an dernier.

A l'occasion de la sortie du DVD le 1er avril, Ecran Noir vous fait gagner 10 DVD. Pour participer au tirage au sort, il suffit de répondre à la question suivante :

Avant Outrage, Takeshi Kitano est resté dix ans sans réaliser de véritable film de gangsters. Dans le dernier, il incarnait un yakuza qui, après avoir refusé de se soumettre à un clan adverse, s'exilait aux Etats-Unis. Comment s'appelait ce film ?

Votre réponse et vos coordonnées postales sont à envoyer par courriel avant le 8 avril 2011. Aucune réponse postée dans les commentaires du site ne sera prise en compte.

Kitano fera un deuxième Outrage

Posté par vincy, le 8 septembre 2010

Pas forcément apprécié lors de sa projection en compétition au dernier festival de Cannes, Outrage, le premier film de Yakuza de Takeshi Kitano depuis plus de 10 ans, aura malgré tout droit à une suite.

Sorti le 12 juin au Japon, le film est arrivé 4e du box office, ne parvenant pas à surclasser le hit national Confessions (Kokuhaku) qui a régné quatre semaines consécutives dans les salles nippones. Il a cependant bien résister en cumulant, au final, 9 millions de $. Un score respectable.

Kitano vient de confirmer qu'il ferait une suite à son film. La sortie est prévue pour l'automne 2011.

Cannes 2010 – la phrase du jour : Takeshi « Beat » Kitano

Posté par vincy, le 17 mai 2010

Conférence de presse au Festival de Cannes du spécialiste ès yakusas du cinéma. Takeshi Kitano (Outrage) s'amuse avec les critiques toujours insatisfaits : "Quand j'ai commencé à faire des films j'ai acquis la réputation d'un réalisateur qui faisait des films violents. J'en avais assez de cette situation et j'ai commencé à tourner des films non violents. Mais alors, on m'a demandé pourquoi j'avais cessé de filmer la violence, alors j'étais un peu perdu et j'ai pensé que c'était le moment d'y revenir. Mais si ce film ne marche pas, je reviendrai à des films non-violents, parce que ma carrière est basée sur la répétition, d'un échec à l'autre. "