George Clooney arrêté, menotté, révolté !

Posté par vincy, le 16 mars 2012

George Clooney est un acteur engagé. Il se bat depuis 6 ans pour donner une visibilité au Darfour, ce territoire entre Soudan et Tchad où sévit une forte famine. La star a été arrêtée ce vendredi à Washington alors qu'il manifestait devant l'ambassade du Soudan afin de protester contre les crimes de guerre commis selon lui par Khartoum dans le sud du pays, récemment divisé en deux. Le Soudan et la République du Soudan du Sud, né en juillet dernier, se disputent leurs frontières (et le pétrole enfoui sous ces territoires).

Clooney et plusieurs membres de la Chambre des représentants et des militants associatifs, ont été menottés et emmenés dans une fourgonnette de la police. De vulgaires manifestants? L'affaire fait grand bruit aux USA : les images passent en boucle sur les chaînes d'infos.

Selon Reuters, George Clooney a expliqué devant de très nombreuses caméras qu'il exigeait que le gouvernement soudanais autorise la communauté internationale à envoyer une aide humanitaire «avant que cela ne devienne la pire crise humanitaire à la surface du globe». «L'autre chose que nous demandons est très simple: que le gouvernement de Khartoum arrête de tuer au hasard des hommes, des femmes et des enfants innocents», a-t-il lancé, «arrêtez de les violer et arrêtez de les affamer, c'est tout ce que nous demandons».

L'acteur a effectué une mission récente au Kordofan-Sud, un Etat du Soudan (1/4 de la France, 1,2 millions d'habitants) où des combats entre l'armée de Khartoum et des rebelles favorables à un rattachement au Soudan du Sud ont entraîné une famine. Des rebelles ont même récemment enlevés 29 ouvriers chinois. Les combats ont commencé en juin dernier, avant l'indépendance de la République du Soudan du Sud. Il y a deux jours, Clooney au Council of Foreign Relations, une commission d'étude sur la politique étrangère, qui s'est réuni à New York, il témoignait : « Il y a une différence entre deux armées qui combattent et ce que la convention de Genève appelle les crimes de guerre ». « Nous avons constaté cela spécifiquement à deux reprises: des viols, la famine, le manque d'aide humanitaire. Le régime soudanais terrorise les gens et les tue en espérant que cela va les faire fuir».

George Clooney travaille également pour la Not on Our Watch organisation, qui œuvre à l'éveil des consciences et à mettre un terme aux massacres.

L’instant Court : Time to dance, avec Jake Gyllenhaal

Posté par kristofy, le 16 mars 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après la bande-annonce de Tim Burton pour son exposition à la Cinémathèque et son concours de court-métrage d’animation, voici l’instant Court n° 70.

A partir d’un certain degré de popularité, et surtout après un succès (commercial) au cinéma, un acteur devient une star. Ce changement de statut lui vaut d’entrer dans la A-list qui regroupe ceux qui ont le potentiel d’attirer le public avec leur nom sur l’affiche, et ça lui permet aussi de réclamer un salaire minimum (qui se chiffre en millions) avant de considérer un nouveau projet de film… En conséquence, il est rare que ce genre d’acteur populaire participe à un film court, à moins qu’il ne s’agisse d’une publicité pour un café avec George Clooney ou pour un parfum avec Natalie Portman (voir à ce sujet le classement des stars les plus côtées en pub ici).

Le seul format court où apparaît une vedette de cinéma reste le clip musical. Cependant, il s’agit la plupart du temps d’une figuration prestigieuse, comme Scarlett Johansson dans un clip de Justin Timberlake ou encore Natalie Portman dans un clip de Paul McCartney. Il existe en fait très peu de clips qui offrent un vrai rôle de composition…

Voici pourtant le clip Time to dance, du groupe The Shoes, avec en vedette l’acteur américain Jake Gyllenhaal. Ce qui est curieux, c’est qu’il s’agit en fait d’un groupe de musiciens français originaires de Reims et relativement méconnus (avec tout de même un buzz grandissant outre-Manche). Le clip est réalisé par Daniel Wolfe, et sa durée de 8 minutes lui permet de prendre la forme d’un court-métrage où un homme est déséquilibré par les meurtres qu’il a commis. A l’opposé de son image de héros hollywoodien (Le Secret de Brokeback Mountain, Zodiac, Love et autres drogues...), on y voit Jake Gyllenhaal dans un rôle de violent serial-killer...

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Time to dance.

Festivals de Venise et de Rome : la guerre est déclarée

Posté par vincy, le 16 mars 2012

Venise est menacé. La Mostra, l'un des quatre plus importants festivals de cinéma du monde, entame donc sa révolution.

Car le tout jeune Festival de Rome a de l'ambition. Celui-ci vient d'annoncer aujourd'hui la nomination de Marco Müller, comme directeur artistique du Festival (rappelons qu'il a été évincé de Venise en décembre dernier). Cela faisait plusieurs semaines que la rumeur courrait...

Rome, en s'octroyant les services de Müller, s'offre aussi son extraordinaire carnet de contacts. Il aura pour mission  de dynamiser le profil international de la manifestation.

Venise a commencé à répliquer. Le nouveau directeur artistique, Alberto Barbera, a décidé de réduire le nombre de sélections (Contro Campo Italiano disparaît au bout d'un an d'existence), de créer un marché (qui sera dirigé par Pascal Diot) et d'une résidence, sur le modèle de celle qui existe déjà à Cannes. Venise n'aura donc plus que trois sélections : compétition (20 films maximum), hors compétition et Orizzonti. La Semaine de la Critique ne pourra pas montrer plus de 8 films et Venice Days 12.

La rénovation du palais du Lido a été votée et commencera en octobre 2012. De quoi essayer de relancer un Festival qui a subit une mauvaise édition en 2011.

Mais contrairement aux autres gros festivals, la Mostra a un rival dans son propre pays, ce qui pourrait à terme devenir plus dangereux. Les subventions ne sont pas extensibles et les bons films ne se multiplient pas non plus. Le Festival de Venise devra convaincre qu'il est toujours la meilleure rampe de lancement de l'automne, alors que, déjà Toronto lui prend de nombreuses avant-premières.

Montréal célèbre l’Art

Posté par vincy, le 15 mars 2012

Cette année, le Festival International du Film sur l’Art de Montréal souffle ses 30 bougies et se prépare à offrir une édition exceptionnelle. Le Moulin et la croix de Lech Majewski ouvrira cette édition au Musée des beaux-arts de Montréal. Désert vent feu, de Jill
Sharpe, assurera la clôture.

Durant ces dix jours de festivité, toute la ville sera mise à contribution et le public montréalais pourra non seulement choisir parmi les 232 films au programme (issus de 27 pays), mais assistera à des spectacles (dont certains gratuits), des expositions, conférences et autres tables rondes. Bref, cette année, le FIFA met une fois de plus l’accent sur l’Art, sur la création et sur la diversité.

Il est impossible de dresser la liste et la description des 232 films annoncés, mais on peut toutefois tenter de donner un avant-goût du voyage car il est assuré que n’importe quel amateur de culture y trouvera son bonheur.

Voici une petite sélection par thèmes :
- Architecture : pour ceux qui aiment les créateurs de notre temps. On retient par exemple Comment Haussmann a transformé Paris d’Yves Billon.
- Bande-dessinée : Secrets du manga – Seoul District d’Hervé Martin-Delpierre tente de découvrir les secrets de fabrication d’un manga coréen.
- Danse : la chorégraphe Carolyn Carson est mise à l’honneur avec deux films : Carolyn Carson chorégraphie du Nord de Bernard Nauer et Immersion – Un solo de Carolyn Carson d’Alain Fleischer qui est le premier film en 3D jamais présenté au FIFA. Sera-t-il aussi convaincant que le Pina de Wim Wenders ?
- Littérature : une section particulièrement riche car on y trouve des films sur le centenaire de la maison Gallimard (Gallimard, le Roi Lire de William Karel), sur Romain Gary (Romain Gary – le Roman du double de Philippe Kohly) ou encore sur Céline (Voyage au bout de Céline de Jean-Baptiste Péretié).
- Musique : la sélection s’intéresse aussi bien à des œuvres cultes ("About Canto" de Ramon Gieling, morceau pour quatre pianos) qu’à des créateurs (Gustav Mahler – "Autopsie d’un génie" d’Andy Sommer).
- Peinture : des grands peintres (Gauguin : Maker of Myth de Carroll Moore) au pouvoir de la peinture (Yarapa, une école d’art au cœur de la forêt amazonienne de Franck Provvedi qui est un documentaire sur un établissement scolaire qui initie de jeunes indiens à la peinture).
- Regard sur le 7ème Art : pour les cinéphiles, des documentaires tels que Cinéma d’horreur : Apocalypse, virus et zombies de Luc Lagier ou encore Science-fiction et paranoïa : la Culture de la peur aux Etats-Unis de Clara et Julia Kuperberg qui comprend des témoignages de Spielberg, James Cameron et Georges Lucas.

D’autres sections telles que la photographie, la poésie ou encore l’opéra complètent déjà ce formidable et très éclectique tableau.

Pour cette 30ème édition, un Marché International du Film sur l’Art aura lieu du 21 au 24 mars, avec les traditionnelles conférences, séances de pitch, etc.

Les films et expositions ont lieu dans les grands lieux culturels de la ville de Montréal, à savoir : le Musée des Beaux Arts, la Cinémathèque québécoise, la Cinérobothèque, la Grande Bibliothèque, le Musée d’art contemporain de Montréal, l’université Concordia et bien d’autres encore.

________
Site internet du festival

Le Salon du Livre de Paris : le cinéma en vedette

Posté par vincy, le 15 mars 2012

Cette année, le Salon du livre de Paris, qui ouvre ses portes demain vendredi, fait une place au cinéma. "Du livre au film" reflète une tendance de plus en plus structurelle : les films font vendre les livres dont ils sont l'adaptation. Surtout, depuis quelques années, les écrivains préfèrent les adapter eux-mêmes. Philippe Claudel, David Foenkinos, Frédéric Beigbeder ou encore Virginie Despentes sont à la fois en librairie et sur les affiches de leurs films.

Depuis 4 ans, le salon du livre organisait les Rencontres SCELF des droits audiovisuels où producteurs et éditeurs passaient une journée en séances de speed dating.

Mais cette année, le Salon du livre a décidé de parler de cinéma autrement qu'aux professionnels. Plusieurs rendez-vous destinés au grand public vont permettre de mieux comprendre comment on passe de l'écrit à l'écran. Cette année, suprême bonus, les Comics arrivent pour la première fois Porte de Versailles avec une exposition des super héros de DC Comics. A cela s'ajoute les Mangas en grands invités de l'année, avec l'anniversaire de Naruto.

Demandez le programme!

Vendredi 16 mars

14h : Littérature jeunesse au cinéma et cinéma dans la littérature jeunesse.

15h30 : Autour du manuscrit Le Quai des brumes de Prévert.  Retour sur la genèse d'une création à travers le manuscrit d'un film.

16h : Ecrire pour le cinéma en Outre-mer.

16h30 : Présentation du film d'animation Aya de Yopougon, d'après la bande dessinée de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie. Sortie du film cet été.

17h30 : remise des prix Animeland (meilleurs oeuvres japonaises)

19h : Ecrire des livres, écrire des films, avec Delphine de Vigan.

Samedi 17 mars

14h30 : Les interprètes du roman, avec Morgan Sportès et son adaptateur Richard Berry, mais aussi le scénariste Julien Rappeneau (Cloclo) et le cinéaste Jérôme Salle (Largo Winch).

16h : Master Class : L'adaptation, du livre au film

16h30 : Grand débat autour du Marsupilami, star de la BD européenne

17h30 : Grande rencontre avec David Foenkinos (La délicatesse)

18h30 : Grande rencontre avec Frédéric Beigbeder (L'amour dure 3 ans)

Dimanche 18 mars

12h : Présentation du film Le Petit Prince, la planète Libris.

12h30 : Grande rencontre avec Milena Agus et Nicole Garcia (Le mal de pierre)

14h30 : Présentation des Adieux de la Reine (en salles le 21 mars) avec Benoît Jacquot et Chantal Thomas.

15h : L'argent des autres, du roman à l'écran (nouvelles aides, écriture de scénario, ...)

16h30 : Le roman "idéal" pour le cinéaste, avec Jean Becker, Serge Joncourt et Jean-Christophe Grangé.

Lundi 19 mars

14h : Raconte-moi le cinéma : François Truffaut, pour les enfants de 8 ans et plus.

Cannes 2012 : les quinze lauréats de l’atelier de la cinéfondation

Posté par MpM, le 15 mars 2012

L'atelier de la Cinéfondation a été créé en 2005 dans le but de favoriser la création en aidant des réalisateurs à accéder à la production et à la distribution internationale. Les lauréats et leurs producteurs  seront présents durant le festival de Cannes 2012 afin de rencontrer "tous les professionnels intéressés par leur projet et susceptibles de compléter le financement de leur film".

Une initiative qui a accueilli par le passé des cinéastes aujourd'hui reconnus comme Joachim Lafosse, Apichatpong Weerasethakul, Michelange Quay, Bertrand Bonello, Tsai Ming-Liang ou encore Lou Ye.

Cette année, les projets viennent véritablement du monde entier, avec peut-être une légère priorité pour l'Europe (Pays-Bas, Espagne, Roumanie et production franco-portugaise), l'Asie (Chine, Inde, Philippines) et l'Afrique (Algérie, Côte d'Ivoire et une production franco-sénégalaise), mais une bonne représentation du Moyen-Orient (Jordanie, Palestine) et de l'Amérique latine (Chili, Paraguay).

Parmi les lauréats, on retrouve Shivajee Chandrabhushan dont on avait découvert le premier long métrage, Frozen, au festival des cinémas d'Asie de Vesoul, Alejandro Almendras dont la première oeuvre, Huacho (photo), avait fait sensation à la Semaine de la critique 2009, Pablo Lamar dont on avait découvert le court métrage Noche adentro également à la Semaine de la Critique, ou encore le documentariste Malek Bensmaïl (1962, de l'Algérie française à l'Algérie algérienne, Le grand jeu, La Chine est encore loin...).

Les projets 2012

Odysseys de Malek Bensmaïl (Algérie)
To kill a man de Alejandro Almendra (Chili)
Du, Zooey and Ma de Robin Weng (Chine)
Underground fragrance de Pengfei Song (Chine)
Des Etoiles de Dyanan Gaye (France/Sénégal)
The Untold Tale de Shivajee Chandrabhushan (Inde)
Run de Philippe Lacôte (Côte d'Ivoire)
Blessed benefits de Mahmoud Al Massad (Jordanie)
In you name de Marco van Geffen (Pays-Bas)
3.000 Nights de Mai Masri (Palestine)
The Last Land de Pablo Lamar (Paraguay)
The Dog Show de Ralston Jover (Philippines)
Tristes Monroes de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt (France/Portugal)
Touch me not d'Adina Pintilie (Roumanie)
Cannibal de Manuel Martin Cuenca (Espagne)

Pierre Schoendoerffer (1928-2012) : le dernier combat

Posté par vincy, le 14 mars 2012

Pierre Schoendoerffer, 83 ans, est mort dans la matinée de ce mercredi 14 mars, des suites d'une opération à l'hôpital militaire de Percy à quelques kilomètres de Paris. Grand reporter, écrivain, cinéaste, sa carrière polymorphe est centrée sur la grande histoire : la guerre, et la décolonisation.

Témoin d'événements sanglants et violents, il a voulu les restituer avec justesse et vérité que ce soit dans l'écriture ou l'image. Observateur à distance, artiste individualiste, il était pourtant au coeur du XXe siècle.

Membre fondateur des César, académicien aux Beaux-Arts dans le collège du cinéma, récipiendaire de multiples honneurs militaires et culturels, Pierre Schoendoerffer a filmé les combattants, entre grandeur et décadence.

Cela vient de son enfance. Adorateur de Joseph Kessel, qu'il rencontrera à Hong Kong, et de Joseph Conrad, cet ancien cancre s'embarque sur un bateau suédois à la sortie de l'adolescence. Ce garçon auvergnat rêve d'aventures et de grand large. Après la Baltique, il s'engage en 1952 au service cinématographique des armées, où il fait ses débuts de caméraman en Indochine. Il apprend le cinéma en filmant la guerre durant trois ans. En 1954, il est fait prisonnier par le Viêt Minh à Diên Biên Phu, passant quatre mois en captivité. Il transcrira l'expérience de cette défaite française ça dans son film Diên Biên Phu (1992), fresque puissante et brutale.

Une fois libéré, il quitte l'armée et devient reporter photographe pour le magazine Life. 4 ans plus tard, il adapte La Passe du diable, roman de Kessel, à l'écran. Il s'agit de sa première réalisation. L'année suivante, il adapte un roman de Pierre Loti, autre romancier du voyage, avec Le pêcheur d'Islande.

Mais c'est en 1963 que Schoendoerffer se fait un nom. Il écrit La 317e section qu'il adapte deux ans plus tard pour le cinéma. Jacques Perrin et Bruno Cremer donnent corps à cette guerre d'Indochine, dans l'ombre de la seconde guerre mondiale pas si lointaine. Déjà il pose les fondations de son oeuvre : les sacrifices inutiles de la chair à canon, l'honneur de l'armée, les illusions saccagées, la dureté des combats. Ses films sont aussi documentaires que fictifs, francs et humains. Prix du scénario à Cannes, 45 ans plus tard, il s'agit toujours du film symbolique sur la guerre d'Indochine.

En 1967, il réalise un documentaire, toujours sur le Vietnam, La section Anderson, où l'on suit une troupe de soldats américain en pleine guerre. Oscar à Hollywood. Puis il y aura une longue absence au cinéma. Il écrit en 1969 L'adieu au Roi, qui sera transposé au cinéma 20 ans plus tard par John Milius, prix Interallié.

En 1976, il écrit un autre roman, Le Crabe-tambour. Grand prix du roman de l'Académie française, le livre croise les guerres de décolonisation (Indochine, Algérie). Il réalise le film un an plus tard, inspiré de la vie du Commandant Pierre Guillaume, avec Jean Rochefort, en officier austère proche de la retraite, et Claude Rich. 6 nominations aux César (dont film et réalisateur), dont trois prix : acteur (Rochefort), second-rôle masculin (Dufilho), photo.

5 ans plus tard, il filme L'honneur d'un capitaine, avec Jacques Perrin et Nicole Garcia,de nouveau un portrait de soldats, durant la Guerre d'Algérie. Toute cette filmographie a fait de Schoendoerffer une icône de l'Armée comme de l'extrême droite, rôle qu'il refusait obstinément. Lui préférait se voir en contributeur d'un récit de l'Histoire de France contemporaine, réveillant les mémoires et affrontant les sujets tabous.

La guerre et l'humanité, voilà son oeuvre. Un homme d'honneur, pudique, tourmenté, nostalgique que le goût des horizons lointains a mené à l'horreur des émotions intimes. L'homme en gros plan dans des situations extrêmes où la vie de chaque des personnages est en jeu. Un cinéma hanté, lucide, réaliste, prenant tous les risques, voulant flirter avec ses souvenirs atroces.

Loyal et fidèle, cet ancien combattant détestait les artifices et faisait l'éloge de la liberté. Sa caméra héroïsait des hommes à son image. Des individus défaits. Comme pour vouloir se prouver qu'il n'avait pas subit son calvaire indochinois en vain. Il préférait l'universalité de son propos à la récupération politique. De même sa condition d'artiste, d'artisan selon lui, sublimait son passé militaire.

En 1981, il écrit son avant-dernier roman, Là haut (le dernier date de 2003, L'aile du papillon), qui deviendra son dernier film, en 2004. Bruno Cremer, Jacques Perrin et Claude Rich retrouvent leur cinéaste d'autrefois. Il utilise d'ailleurs des images de ses précédents tournages avec ces comédiens pour des flash backs dans cette histoire qui revient en Indochine, période post-coloniale. Un film testament.

Michel Duchaussoy (1938-2012) : le comédien se meurt

Posté par vincy, le 13 mars 2012

Un comédien subtil, séducteur à sa façon, capable de capter les moindres nuances d'un personnages, quelque soit le registre ou le genre de son texte. Décédé d'un arrêt cardiaque ce mardi 12 mars, Michel Duchaussoy, 73 ans, n'était peut-être pas un comédien de premier plan au cinéma, mais il appartenait à la race de ces seigneurs du métier en explorant toutes ses facettes : théâtre, télévision, grands noms du cinéma comme films populaires. Il a eu toutes les audaces sans jamais se fourvoyer. Duchaussoy avait même cette élégance qui le rendait à la fois familier et distant.

Au début, il y a le théâtre. Prix d'excellence au Conservatoire national d'art dramatique, il intègre la Comédie-Française en 1964 (il devient sociétaire en 1967 pour la quitter en 1987), passant de Molière à Feydeau, mais aussi Marivaux, Pirandello, Ionesco, Corneille, Shaw, Racine... "Un même jour, je jouais un vieillard en matinée dans 'Le Cardinal d'Espagne' et, en soirée, le jeune groom de 18 ans dans 'Le Dindon'" expliquait-il. Duchaussoy fut mis en scène par Jean-Louis Barrault, Jean Piat, Bernard Murat, Roger Planchon et Patrice Chéreau qui lui permet enfin d'entrer de plein pieds dans la tragédie... Il reçut deux Molières pour des seconds rôles (Pygmalion en 1993 et Phèdre en 2003) et un de meilleur comédien (Le refuge en 1996).

50 pièces de théâtre environ mais 75 films. Il débuta avec Louis Malle (Vie privée, 1961) qui lui offrit aussi un magnifique rôle dans Milou en Mai qui lui valut le César du meilleur second-rôle masculin. Éternel second rôle, certes, mais inoubliable le plus souvent. Il tourna sous la direction des plus grands cinéastes français : Claude Chabrol (Que la bête meure, La rupture, La femme infidèle, Nada, La demoiselle d'honneur), Patrice Leconte (La Veuve de Saint Pierre, Confidences trop intimes), Costa Gavras (en cardinal dans Amen), Alain Corneau (Fort Saganne, Le môme), Michel deville (Bye Bye Barbara), Edouard Molinaro (L'homme pressé), Jacques Deray (Les bois noirs), Bertrand Tavernier (La vie et rien d'autre), Patrice Chéreau (Persécution)...

Juge, général, capitaine, flic, prêtre, directeur d'école, mari, grand père... il partage l'affiche avec les plus grands : Delon, Girardot, Depardieu, Audran, Bouquet, Yanne, Noiret, Marielle, Galabru, Binoche, Auteuil, Poelvoorde, Bonnaire, Marceau, Deneuve,  Dalle, Piccoli, Gainsbourg, Duris, Scott-Thomas ... Sans oublier qu'il était la voix française de Marlon Brando dans Le Parrrain.

En 1967, Alain Jessua lui offre son premier rôle sur grand écran dans Jeu de massacre, prix du meilleur scénario à Cannes. L'un des rares premiers rôles dans la carrière du comédien.

Depuis les années 2000, il acceptait de nombreux films, comédies, drames ou polars de la nouvelle génération du cinéma français : Le plus beau jour de ma vie, Poltergay, Tricheuse, L'âge de raison, Mères et filles, L'Autre Dumas, Le petit Nicolas, Elle s'appelait Sarah... Il était le mari de Deneuve, le père de Cassel (le diptyque Mesrine), la voix d'Archibald (Arthur de Luc Besson) ...

Le grand public se souvient évidemment de son rôle de capitaine peureux des services secrets dans Le grand blond avec une chaussure noire d'Yves Robert, coincé entre le gaffeur Pierre Richard et le tordu Jean Rochefort.

Très présent à la télé (grandes séries de l'été, "Braquo", "Palace", "Maigret"), il était capable de s'adapter à n'importe quel univers. En 2006, ce comédien, engagé, se livrait sur son métier d’acteur dans Lettre de l’Adami : « Il y a sans doute un certain masochisme à poursuivre un métier comme celui de comédien où la part de souffrance est si importante ».

On le reverra en Abraracourcix dans le prochain Astérix (Astérix et Obélix: God Save Britannia) et en François Mitterrand dans le téléfilm L'Affaire Gordji réalisé par Guillaume Nicloux.

Deauville Asia 2012 : retour sur la compétition

Posté par kristofy, le 13 mars 2012

Le 14e Festival asiatique de Deauville s'est achevé avec l'annonce du palmarès qui récompense les longs métrages suivants :

Meilleur film
Mourning de Morteza Farshbaf (Iran)

Prix du jury
Baby factory de Eduardo Roy Jr. (Philippines)

Prix de la Critique
Himizu de Sono Sion (Japon)

La compétition montrait cette année une préférence pour les premiers films avec beaucoup d’histoires qui tournaient autour du deuil.

Les cinéastes dont on connaissait déjà les précédents films n’ont pas changé de style avec leur nouveau film : Wang Xioshuai avec 11 fleurs (sortie prévue le 9 mai)  évoque la révolution culturelle chinoise par les yeux d’enfants, Sono Sion évoque avec son lyrisme un peu fou le traumatisme qui a suivi la catastrophe de Fukushima (Himizu), et Hitoshi Matsumoto glisse dans son humour caustique un peu plus de sensibilité pour faire de Saya Zamuraï une comédie très réussie.

Certains films semblaient relever d’un choix hasardeux car leur sélection ne semble pas méritée : le seul film de Corée du Sud Beautiful miss Jin ressemble un téléfilm gentillet (alors que tant d’autres titres coréens auraient pu être choisis) tandis que le thaïlandais I carried you home fait surtout illusion avec le jeu de ses actrices.

Les films les plus fragiles et les plus intéressants étaient donc la révélation de nouveau talents en devenir. The sun-beaten path du Chinois Sonthar Gyal est très intéressant, Death is my profession de l’Iranien Amir Hossein Saghafi est dans sa première moitié assez réussi avant que la seconde moitié gâche l’ensemble, l’autre film iranien Mourning de Morteza Farshbaf met à rude épreuve la patience des spectateurs, et des Philippines Baby factory de Eduardo Roy Jr nous montre avec une fiction proche du documentaire (un peu comme Brillante Mendoza) à l’intérieur d’une maternité pas comme les autres (près d’une centaine de naissances par jour) à Manille.

Le prix du meilleur film attribué à Mourning de Morteza Farshbaf s'avère ainsi plutôt une surprise, voire un choix osé puisqu'il présente un couple de sourds-muets qui se querellent en langage des signes (avec sous-titre sur l’image) devant un enfant qui ne sait pas encore que ses parents sont morts dans un accident. Les favoris du public étaient Saya Zamuraï de Hitoshi Matsumoto (pas assez sérieux pour le jury), Baby factory de Eduardo Roy Jr qui obtient donc le prix du jury, et Himizu de Sono Sion (qui repart avec le prix de la critique comme l’année dernière pour Cold Fish).

Si les différents films de Sono Sion ne sont malheureusement toujours pas distribués en France, Saya Zamuraï sera en salles le 9 mai et Mourning le 25 avril sous le titre Querelles.

Premier film issu du pacte entre Warner Bros et Tom Hardy

Posté par vincy, le 13 mars 2012

Tom Hardy, 35 ans cette année, produira son premier film dans le cadre de son pacte avec Warner Bros. Sa société, Executive Options vient en effet de signer avec le studio un droit de premier regard.

Hardy s'est aussi engagé à tenir le rôle principal de ce film écrit par Mark L. Smith. Le scénario retrace celui d'un vétéran du Vietnam, blessé, qui revient chez lui à San Francisco durant les rassemblements pacifiques de 1969. Il deviendra alors le leader du plus violent club de motards hors-la-loi de Californie.

Mark L. Smith a déjà scénarisé Motel et The Hole.

Depuis Inception qui l'a révélé, Tom Hardy a été à l'affiche de La Taupe, Warrior, Target, en attendant le troisième volet de Batman, The Dark Knight Rises, et Wettest County, de John Hillcoat.