L’instant Court : Week-end, réalisé par Andrew Haigh

Posté par kristofy, le 23 mars 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le clip Time to dance avec l’acteur Jake Gyllenhaal, voici l’instant Court n° 71.

A l’automne dernier, le 22e Festival du film britannique de Dinard avait présenté en compétition le film Week-end qui y a d'ailleurs reçu la mention spéciale "La règle du jeu" décerné par un jury d'exploitants de salles.

Week-end sort enfin sur nos écrans ce mercredi 28 mars, et c’est le coup de cœur d'Ecran Noir parmi les (nombreuses) nouveautés à l’affiche la semaine prochaine.

Avant de découvrir dans quelques jours l'interview intégrale de son réalisateur, Andrew Haigh, voici une bande-annonce du film accompagnée des premières réactions du cinéaste lors de sa venue à Dinard.

Ecran Noir : Week-end est l’histoire d’une rencontre entre deux personnes qui s’aiment, mais il s’agit de deux hommes. Dans quelle mesure est-ce difficile de trouver des financiers et des acteurs prêts à s'investir dans ce type de projet ?

Andrew Haigh : Il est vrai que ça n’a pas été facile, ça a été même un peu difficile justement parce le sujet était une histoire d’amour entre deux hommes. Quand vous démarchez les gens avec ce genre de projet en expliquant qu’on veut le faire avec une certaine authenticité, on ressent de leur part comme une anxiété. Les interrogations qui arrivent sont du genre "quel va être le genre de public de ce film ?", et donc ça a été dur de réunir des fonds. Au début les gens ont un peu peur de s’engager sur un film comme ça, on a eu beaucoup de ‘non’ et de ‘peut-être’ comme réponses avant qu’on nous dise ‘oui’. Trouver des acteurs a été beaucoup plus simple en fait. On leur a simplement envoyé le scénario donc ils savaient ce qu’il en était, et les comédiens qui sont venus aux auditions étaient motivés. Trouver des financements et des distributeurs pour sortir le film a pris un peu de temps et la raison est la suivante : un film sur des homosexuels ne fait pas venir beaucoup de spectateurs.

EN : Quelles ont été les premières réactions autour du film ?

AH : Le film est sorti aux Etats-Unis durant l’été 2011, ensuite était prévue la sortie en Angleterre pour novembre, décembre pour l’Allemagne, mars pour la France. C’est un peu bizarre que le film ne soit pas sorti en premier dans notre pays l’Angleterre, en fait il est d’abord sorti aux Etats-Unis car le film avait été vu et remarqué dans des festivals et on a eu vite des propositions pour sa distribution, ce qui est plutôt bon signe. On a eu de très bonnes critiques. Pour un film à petit budget, on a eu la chance d’avoir eu une sortie dans une cinquantaine de villes américaines environ avec un très bon accueil, c’est mieux que ce qu’on aurait pensé.

EN : Dans le film, on remarque que les hétéros parlent facilement de leurs expériences sexuelles en public mais pas les gays. Pourquoi se sentent-ils gêné de le faire eux aussi ?

AH : C’est quelque chose de bizarre, aujourd’hui en 2011 on pourrait penser que les mentalités ont évolué sur ces questions d’identités sexuelles, mais en fait pas assez. Les choses ont certes changé par rapport à l’acceptation et l’intégration des différences et c’est vraiment mieux. Toutefois, dans un bar avec plein de monde, une personne ne se sent toujours pas à l’aise pour raconter une rencontre homosexuelle, tandis que les autres gens en majorité hétéros le font sans aucun problème de leur côté. Une personne homosexuelle ressent comme une pression sociale avec un poids du passé où il y avait discrimination, même si les personnes qui vous entourent sont très ouvertes d’esprit. Le film évoque d’ailleurs cette difficulté de se confier, même à des amis.

EN : Qu’est ce qui était le plus difficile à tourner entre les scène de sexe et celle de tendresse ?

AH : Ce sont les scènes de tendresse entre les deux personnages qui ont été les plus délicates. En fait, les scènes de sexe ont été assez faciles à faire, ce qu’on filmait restait plutôt soft, les acteurs le font et voila. Là, il s’agit surtout de savoir où placer la caméra et de comment cadrer. Pour les scènes de tendresse entre les deux hommes, il y avait beaucoup de dialogues et en plus des émotions à jouer. Ce sont ces différentes émotions qu’il faut obtenir de la manière la plus juste.

EN : Un des personnages note que la norme hétéro est partout à la télévision, dans les livres, dans les publicités, dans les films... Week-end veut-il aller à l’encontre de cette situation ?

AH : De manière très modeste, peut-être, il s’agit d’amener un peu d’homosexualité dans un environnement très hétérosexuel. C’est très bien de raconter des histoires où un prince rencontre une princesse, mais on peut aussi raconter une histoire où un prince rencontre un prince. Les choses mettent beaucoup de temps à évoluer, des dizaines d’années. Il faudrait que plus de gens s’engagent à raconter des histoires différentes.

Crédit photo : image modifiée d’après un extrait du film Week-End et portrait de Andrew Haigh à Dinard par kristofy

Le biopic sur Yves Montand en « work in progress »

Posté par vincy, le 23 mars 2012

Le Film français a confirmé aujourd'hui que Jean-Louis Livi produira bien un "biopic" sur Yves Montand. Le scénario définitif ne sera pas prêt avant 2 mois (juste à temps pour le marché du film de Cannes) mais le réalisateur est déjà choisi : Christophe Ruggia (Le gone du Chaâba, Dans la tourmente).

Avec un budget de 13 millions d'euros, le producteur a du déjà réduire ses ambitions : à l'origine, le film devait être un dyptique. L'histoire débutera en Italie dans les années 20 et s'achèvera en 1981, lors du concert de Montand au Metropolitan de New York, soit dix ans avant sa mort et quatre ans avec celle de Signoret. Le scénario s'articulera autour les femmes qui entouraient l'acteur-chanteur-militant (la mère, la soeur, Edith Piaf, Marilyn Monroe et Simone Signoret) mais il explorera également les rapports avec son frère, Julien.

Cela fait trois ans que Livi, neveu d'Yves Montand, travaille sur ce projet. Le film pourrait se tourner début 2013 pour une sortie prévue en 2014. Le scénario, écrit par le réalisateur, Pierre Trividic, et Patrick Rotman s'inspire du documentaire de Rotman, Ivo Livi, dit Yves Montand, diffusé en novembre dernier (et joli succès à l'audimat).

Yves Montand sera incarné par Thierry Neuvic (l'amant de Cécile de France dans Au-delà de Clint Eastwood) et Simone Signoret par Céline Salette (L'apollonide). Livi cherche une star hollywoodienne, comme Naomi Watts ou Scarlett Johansson, pour incarner Marilyn.

Cannes 2012 : les prétendants américains (nord et sud)

Posté par vincy, le 23 mars 2012

Cannes 2012. Chapitre 1 : les films qui pourraient venir sur la Croisette. Les Amériques pour commencer.

C'est le continent qui a le plus de sélectionnables quasi certains, avec notamment le film d'ouverture mais aussi la présence de Salles, Cronenberg et Dolan déjà dans les starting blocks. Malick demeure une incertitude fidèle à sa réputation. Et Quentin Tarantino ne semble pas avoir fini son film, Django Unchained. Même si on en rêve, Steven Spielberg ne prendra certainement pas le risque de présenter son Lincoln à l'occasion de ses 40 ans de carrière. La nouvelle génération est cependant très présente au profit des habitués. Certains seront sans doute promus en compétition, et tous ceux de Sundance peuvent espérer une belle place à Un certain regard.

Parmi les blockbusters (hors compétition), The Dictator, Men In Black III, Snow White and the Huntsman, Prometheus, Brave et L'âge de glace IV font figure d'événements éventuels.

- Wes Anderson (Moonrise Kingdom, avec Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray et Tilda Swinton), confirmé en film d'ouverture

- Paul Thomas Anderson (The Master, avec Amy Adams, Joaquin Pheonix, Philip Seymour Hoffman et Laura Dern)

- Derek Cianfrance (The Place Beyond the Plains, avec Ryan Gosling, Bradley Cooper et Eva Mendes)

- David Cronenberg (Cosmopolis, avec Robert Pattinson, Samantha Morton, Juliette Binoche et Paul Giamatti)

- Lee Daniels (The Paperboy, avec Zac Efron, John Cusack, Nicole Kidman et Matthew McConaughey)

- Xavier Dolan (Laurence Anyways, avec Nathalie Baye, Melvil Poupaud et Yves Jacques)

- Andrew Dominik (Killing Them Softly, avec Brad Pitt, James Gandolfini,  et Sam Shepard)

- Amat Escalante (Heli)

- Michel Gondry (The We and the I)

- James Gray (Lowlife, avec Jeremy Renner, Marion Cotillard et Joaquin Phoenix)

- Pablo Larrain (No, avec Gael Garcia Bernal)

- Ben Lewin (The Surrogate, avec Helen Hunt, John Hawkes et William H. Macy)

- Terrence Malick (film encore sans titre, avec Rachel McAdams, Rachel Weisz, Ben Affleck et Javier Berdem)

- Jeff Nichols (Mud, avec Reese Witherspoon, Matthew McConaughey, Michael Shannon et Sam Shepard)

- Carlos Reygadas (Post tenebras lux)

- David O. Russell (The Silver Linings Playbook, avec Jennifer Lawrence, Robert de Niro, Bradley Cooper et Chris Tucker)

- Walter Salles (Sur la route, avec Sam Riley, Garrett Hedlund, Kristen Stewart, Viggo Mortensen, Amy Adams et Alice Braga)

- Steven Soderbergh (Magic Mike, avec Channing Tatum, Matthew McConaughey, Alex Pettyfer et Matt Bomer)

- Olivier Stone (Savages, avec Taylor Kitsch, Emile Hitrsch et Blake Lively)

- Pablo Trapero (Elefante blanco, avec Jérémie Renier, Ricardo Darin et Martina Gusman)

- Robert B. Weide (Woody Allen : A documentary)

- Benh Zeitlin (Beasts of the Southern Wild)

Valéria Bruni-Tedeschi déballe ses histoires de famille

Posté par vincy, le 22 mars 2012

Il y a moins d'un mois, Valéria Bruni-Tedeschi a donné le premier clap de son troisième film, Un château en Italie. Un film très autobiographique, co-écrit avec Noémie Lvovsky et Agnès de Sacy. Le tournage se poursuivra cet été.

Produit par SBS prodictions, et ARTE France Cinéma, Un château en Italie s'inspire en effet de l'histoire de la famille de la réalisatrice (et donc de celle de sa soeur, Carla Bruni-Sarkozy). Il s'agit de la vie d’une grande famille de la bourgeoisie industrielle italienne exilée en France pendant les années de plomb pour fuir les Brigades rouges italiennes.

Valéria Bruni-Tedeschi sera aussi devant la caméra, aux côtés de sa propre mère, Marisa Borini, de son compagnon (s'ils sont toujours ensemble) Louis Garrel, mais aussi de Xavier Beauvois (réalisateur de Des hommes et des Dieux), Céline Sallette (L'Apollonide) et André Wilms (Le Havre)

L'actrice a déjà réalisé Il est plus facile pour un Chameau… (prix Louis Delluc du meilleur premier film en 2003) et Actrices (Prix spécial du jury Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2007).

Deux bonnes nouvelles pour la numérisation du patrimoine cinématographique

Posté par vincy, le 21 mars 2012

Gros enjeu de ces prochaines années, la numérisation du patrimoine cinématographique vient de recevoir deux bonnes nouvelles.

Tout d'abord, la Commission européenne a donné son feu vert aujourd'hui au projet français d'aide à la numérisation des oeuvres du patrimoine cinématographique car ce projet contribue à la promotion de la culture tout en limitant les distorsions de concurrence.

Les oeuvres, courts et longs métrages produits jusqu'en 1999, ainsi que le cinéma muet de patrimoine, sont ainsi éligibles pour bénéficier du plan. Les longs métrages postérieurs à 1929 comptent parmi les 2 500 premières oeuvres concernées par ce plan de numérisation.

Le ministre français de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, avait annoncé en mai dernier, que le Grand Emprunt réservait un budget de 100 millions d'euros afin de numériser près de 10 000 films.

Incitation à la délocalisation

Selon la Commission, le plan français de numérisation des films du patrimoine devrait au total disposer, sur six ans, d'un budget global de 400 millions d'euros. La Commission précise que "l'aide vise essentiellement des œuvres qui ont des perspectives d’exploitation commerciales très aléatoires et sur de très longues périodes" même si cette aide peut-être "modulée au cas par cas en tenant compte des perspectives de recettes de l'œuvre soutenue".

Seul bémol : la Commission n'a pas réservé d'exclusivité européenne au processus de numérisation. A croire qu'ils sont autistes. En effet, "le demandeur de l’aide pourra choisir librement les prestataires techniques auxquels il confiera le travail de numérisation et, le cas échéant, de restauration, que ces prestataires soient ou non établis dans un État membre de l’Union européenne". Autrement dit, si les prestataires sont moins chers en Inde, en Chine, ou ailleurs, ce n'est pas un problème. Le ailleurs peut concerner une multinationale américaine, qui voudra forcément en échange quelques contreparties...

270 films de Gaumont numérisés

La deuxième bonne nouvelle, qui a été annoncée hier, est liée à la première : Gaumont a signé avec la commission du Grand emprunt un accord pour pouvoir numériser en très haute définition (2K) et restaurer 270 films de son catalogue sur quatre ans.

270 films des années 1920 à 1990 seront ainsi concernés parmi lesquels L'assassin habite au 21 d'Henri-Georges Clouzot (affiche), La passion de Jeanne d'Arc de Carl Theodor Dreyer, L'atalante de Jean Vigo, Mon oncle Benjamin d'Édouard Molinaro, F comme Fairbanks de Maurice Dugowson, La gifle de Claude Pinoteau et Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat, Palme d'or en 1987.

Eclair pourrait être le prestataire choisi. Les laboratoires ont déjà numérisé 150 films de la Gaumont. Il sont aussi été retenus pour bénéficier du Grand Emprunt, en décembre dernier.

Pour Gaumont, c'est une bonne affaire : l'État investira 10 millions d'euros (Gaumont seulement la moitié),  en contrepartie d'une part des recettes à venir sur les films restaurés, sur une durée de 15 ans pour chaque titre.

Cinélatino 2012 : les 24e rencontres de Toulouse mettent l’Argentine et l’Uruguay à l’honneur

Posté par MpM, le 21 mars 2012

Pour leur 24e édition, les Rencontres d'Amérique latine de Toulouse changent de nom et deviennent Cinélatino, rencontres de Toulouse, mais le concept, lui, reste le même. Pendant dix jours, c'est bien le cinéma d'Amérique latine dans ce qu'il a de plus riche et varié qui sera mis à l'honneur dans la célèbre ville rose.

Pour ce faire, le festival propose trois compétitions réunissant 14 longs métrages de fiction (dont 9 premier films), 10 courts et 7 documentaires, un panorama qui recouvre toutes les facettes du cinéma sud-américain, des films radicaux de la section Otra Mirada aux longs métrages déjà distribués en France, en passant par des documentaires et une programmation jeune public, et une sélection thématique qui met l'accent sur des cinématographies et des cinéastes spécifiques.

Ainsi, deux pays sont plus particulièrement à l'honneur : l'Uruguay, dont on découvrira les meilleures comédies (Whisky de Juan Pablo Rebella et Pablo Stoll, Les toilettes du pape de César Charlone et Enrique Fernández, Gigante de Adrián Biniez...), et l'Argentine,qui présentera un "autre visage" avec des films produits de manière indépendante et hors des sentiers battus (Historias extraordinarias de Mariano Llinás, Ostende de Laura Citarella, Todos mienten de Matías Piñeiro...)

Par ailleurs, un hommage sera rendu au cinéaste Raoul Ruiz, décédé l'an dernier, avec la présentation de ses derniers films tournés au Chili, un focus sur le directeur de la photographie brésilien Walter Carvalho permettra de (re)découvrir son travail au travers de ses oeuvres les plus marquantes (notamment chez Walter Salles), tandis qu'une rétrospective sera consacrée à Alexandro Jodorowsky au travers de plusieurs de ses longs métrages.

Cinélatino propose également une plate-forme professionnelle d’échanges avec les cinéastes et producteurs latino-américains et de mise en réseau des professionnels du cinéma. Trois temps forts prendront ainsi place pendant le festival : Cinéma en construction 21, qui aide des projets arrivés au stade de la post-production mais manquant de financement, cinéma en développement 7, qui propose des rencontres entre réalisateurs ayant un projet en cours et professionnels susceptibles de les accompagner, et Cinémalab 4, un atelier qui soutient la diversité de l’offre cinématographique par le biais d’une formation et d’une mise en réseau des professionnels de la diffusion.

Autant dire que cette édition 2012 de Cinélatino s'annonce d'une rare richesse, en terme de découvertes cinématographiques et de rencontres, mais aussi d'initiatives contribuant au dynamisme, à la diffusion et à la reconnaissance du cinéma latino-américain. Fidèle à son engagement auprès des vrais amoureux du cinéma, Ecran Noir sera de la partie pour vous faire vivre en direct ce grand moment de partage et de vitalité !

En attendant, Parisiens et Franciliens peuvent avoir un avant-goût de l'ambiance toulousaine en assistant à la pré-ouverture du festival qui se tiendra le 22 mars au cinéma Majestic Passy, dans le cadre d'Espagnolas en Passy. Au programme : le court métrage Hors-Saison de Victoria Saez et l'avant-première de La vida Util de Federico Veiroj, suivis d'une discussion avec les équipes du film et d'une dégustation de produits espagnols et uruguayens.

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Cinélatino, du 23 mars au 1er avril 2012
Programme et informations sur le site du festival

Soirée spéciale à Paris le 22 mars dans le cadre d'Espagnolas en Passy.

200 millions de pertes pour Disney à cause de John Carter

Posté par vincy, le 20 mars 2012

2 semaines après la sortie mondiale de John Carter, Disney fait le bilan de ce film astronomiquement cher, 250 millions de $ pour la seule production (hors marketing : 100 millions de $). Le film a déjà réalisé 180 millions de $ de recettes dans le monde (70% hors Amérique du nord). Mais il en aurait fallu deux fois plus à ce stade pour que Disney limite la casse.

Le studio a donc commenté ce fiasco, presque anticipé : "À la lumière des résultats de John Carter en salle, le film devrait entraîner des pertes opérationnelles d'environ 200 M$ sur le deuxième trimestre fiscal, clos au 31 mars". De quoi peser lourd sur les finances du groupe. "Par conséquent, nous prévoyons que l'activité studio affichera une perte opérationnelle comprise entre 80 et 120 M$ sur le deuxième trimestre".

L'avertissement était prévu, tant le marketing autour du film a été brouillon et n'a jamais su créer le buzz (voir John Carter : un monstre de 250 millions de $ qui a mis 80 ans à naître). Mais la perte est plus lourde que prévu (les analystes prévoyaient un déficit de 165 millions de $). Pour Disney c'est aussi un deuxième coup dur, un an après le fiasco de Mars Needs Mom, qui avait entraîné une perte de 70 millions de $. Le film sorti le 11 mars 2011, avait coûté 150 millions de $ et encaissé 39 millions de $ de recettes dans le monde!

Tout ne doit pas être imputé à John Carter : Disney est dans une mauvaise vague. Si la re-sortie en 3D de La Belle et la Bête a rapporté 47 millions de $ en Amérique du nord et si le dernier Miyazaki (Arrietty) a dépassé toutes les espérances (18 millions de $), Cheval de guerre (80 millions de $ aux USA) et Les Muppets (89 millions de $) n'ont pas atteint leurs objectifs.

Le studio a rassuré ses actionnaires en croyant fermement à ses prochaines sorties : The Avengers, début avril, le nouveau Pixar, Brave, fin juin, ou encore le Tim Burton animé, Frankenweenie en octobre.

Hunger Games : les origines d’un phénomène annoncé

Posté par vincy, le 19 mars 2012

Hunger Games sera-t-il le nouveau Twilight? C'est ce qu'espère le studio Lionsgate.

A l'origine une trilogie littéraire pour la jeunesse, comme Twilight, vendue à 30 millions d'exemplaires dans le monde (dont 340 000 en France), principalement aux USA pour le moment. Et les ventes s'accélèrent ces derniers mois : le succès entraîne le succès. Le film sort simultanément cette semaine dans presque tous les pays, à l'exception de l'Afrique du Sud, du Vietnam, de l'Italie et de l'Espagne.

Entre jeux du cirque façon Gladiateur, reality-show et monde apocalyptique style 1984, Hunger Games évoque une Amérique détruite par ses excès et son mépris de la planète. Suzanne Collins, 50 ans, scénariste pour la TV (notamment pour des séries destinées aux chaînes jeunesse), a commencé à publier The Hunger Games en 2008, en se fondant sur le mythe de Thésée et du Minotaure : "tous les neuf ans, on envoyait une phalange de jeunes garçons et filles dans un labyrinthe mortel combattre le Minotaure". Elle y a ajouté les émissions de téléréalité et les reportages de guerre, qui font partie de notre univers visuel. Grâce à elle, on a oublié les magiciens et les vampires. Ni fantasmagorique, ni mélodramatique, Hunger Games est avant tout un reflet d'une civilisation en déclin, absorbée par la dévalorisation et la déshumanisation des images. On peut comprendre que cela séduise les adolescentes accros à la télé, au web et à leurs smartphones. Avec un triangle amoureux qui rappelle aussi bien Harry Potter que Twilight.

Le phénomène a rapidement pris avec 1,5 million d'exemplaires vendus en Amérique du nord durant sa première année.

Lionsgate acquiert immédiatement les droits pour l'adapter. Collins co-écrit elle-même le scénario avec le réalisateur Gary Ross (Pleasantville, La légende de Seabiscuit).

Entre temps, Hunger Games devient le roman le plus vendu sur Kindle en livres numériques. Le magazine Time en fait l'une des 100 personnes les plus influentes de 2010, année de parution du troisième tome.

Collins n'en était pas à son coup d'essai puisqu'elle avait déjà écrit une autre série (de 2003 à 2007), The Underland Chronicles (en France, la saga est traduite sous le nom de Gregor et a commencé à être publiée cet hiver).

Hunger Games en France est édité chez Pocket Jeunesse depuis 2009. A cela s'ajoutent de nouveaux ivres autour du film depuis quelques semaines : Le guide officiel illustré du film, Le guide des Tributs, La saga Hunger Games décryptée, Le guide officiel du film, Le Monde de The Hunger Games. L'éditeur français a misé pleinement sur cette sortie au cinéma en associant les campagnes marketing des livres avec ceux du film ; un concours sur Facebook, jusqu'au 2 avril, permet de gagner des places de cinéma, des posters et autres produits dérivés.

Hunger Games, devenue la série favorite des adolescents américains, est ainsi devenu le film le plus attendu du moment : des centaines de salles de cinéma affichent déjà complet grâce aux pré-réservations en ligne. Le box office de démarrage serait supérieur à celui de Twilight. On parle d'un box office supérieur à 70 millions de $ sur les trois premiers jours d'exploitation.

L'héroïne du film est interprétée par la très douée Jennifer Lawrence (nommée à l'Oscar pour Winter's Bone et vue l'an dernier dans Le Complexe du Castor et X-Men Le Commencement). De quoi changer son statut à Hollywood si le film cartonne au box office.

D'autant que le studio a déjà commencé le développement de la suite (pour une sortie en 2013) et du troisième volet (espéré d'ici 2015).

L’instant vintage : Charley Bowers, le technicien du burlesque

Posté par Benjamin, le 18 mars 2012

Voilà un artiste du cinéma burlesque qui fut ramené à la vie grâce aux cinémathèques (celle de Toulouse dans les années 50), grâce aux festivals, au DVD de Lobster Films, à tous ces restaurateurs, amoureux des premiers films qui s’émerveillent devant ces petites pépites retrouvées presque par hasard.

Au départ, il n’y a qu’un nom « Bricolo » (son nom de scène en France), qui ne dit pas grand-chose à personne. Puis, en communiquant avec la Cinémathèque de Québec, un nom s’ajoute, celui de l’artiste : Charley Bowers. La cinémathèque de Québec connaît sa carrière d’animateur, celle de Toulouse celle d’acteur burlesque. Le tableau de la vie professionnelle de Bowers semble se compléter de plus en plus et livrer ses étonnants secrets.

Charley Bowers (1889-1946) n’a fait que peu de films (une douzaine de courts métrages, muets et parlants) mais plus de deux cents films d’animation en noir et blanc, très rudimentaires, sans scénario, simplement des enchaînements de gags. Car il est l'undes pionniers du dessin animé, adaptant des BD populaires du début du XXe siècle. Côté cinéma, il ressemble quelque peu à Buster Keaton dont il s’inscrit dans la même lignée. Buster Keaton et Charley Bowers sont des techniciens de l’image là où Chaplin était celui de l'émoition. Pour le premier, la machine n’est autre que son corps. Son corps aux compétences athlétiques qu’il soumet à de rudes épreuves. Pour Charley Bowers, c’est l’image même, c’est la technique cinématographique qui est source de gags et non une situation ou un évènement particulier. Il est davantage un héritier de Méliès, tout en étant un grand admirateur du surréaliste André Breton.

Les histoires des films de Bowers ne sont toujours que des prétextes à ses inventions : (il aura l’argent de son oncle décédé à la seule condition que son invention marche, ou bien il ne pourra épouser sa dulcinée que s’il se montre capable de quelque chose de génial. Car Bowers incarne un marginal, un inventeur incompris. Vivant en marge de la société, il ne se lève et ne respire que pour créer des inventions dans lesquelles il est le seul à croire. Cependant, tout ce qu’il veut, c’est rendre l’existence de chacun plus facile et ses inventions ont toutes pour but de faciliter les gestes du quotidien. Il veut par exemple créer une machine qui fait pousser n’importe quels légumes en quelques secondes tandis qu’une autre doit rendre les œufs incassables.

La Nature est d’ailleurs toujours au cœur de son œuvre, une Nature dont il cherche toujours à tirer profit. Les machines, d’un autre côté, sont des êtres vivants à part entière et elles ne font qu’un avec la Nature, comme si dans le futur, les deux étaient destinés à s’accorder, avec l’Homme au milieu. il n’est pas alors anormal de voir dans ses films dans œufs éclore et donner naissance à des voitures ! Dans un autre court métrage, un oiseau avale du fer. Et c’est les yeux écarquillés que l’on regarde ses voitures « naître » et ses objets de métal être mangés par cet oiseau animé.

Bowers est un vrai technicien du cinéma. Il ne joue pas sur l’image (pas de surimpressions ou autre) mais donne vit aux objets. Il se fait le chef d’orchestre et le mécanicien de tout ce cirque d'illusions.

Même 80 ans plus tard, les effets spéciaux de ses films sont toujours saisissants et Charley Bowers, bien qu’il demeure loin derrière les Chaplin, Keaton et Lloyd, demeure un artiste burlesque de premier ordre.

L’instant Vintage : Harry Langdon, appelez-le Baby Face

Posté par Benjamin, le 17 mars 2012

La collection, Les pionniers du burlesque, édité par Bach Films, est une formidable occasion de (re)découvrir les artistes qui permirent au burlesque américain de se propager à travers le monde. Ce sont les Buster Keaton, Mack Sennett et autres Harold Lloyd qui ont donné à la comédie américaine ses fondements.

Un des DVD de la collection est consacré à Harry Langdon (1884-1944). Trois films y sont présentés, deux courts métrages et un moyen de 50 minutes. Tous sont produits par Mack Sennett (qui fut en son temps un véritable découvreur de talents !). Harry Langdon, certes moins célèbre aujourd'hui que ses confrères de l'époque, fut une star. Une vedette suffisamment importante pour que sa marque de fabrique soit exportable. Tous les acteurs burlesques de renom avaient leurs caractéristiques, un style visuel et vestimentaire, un personnage bien précis : Chaplin en vagabond, Lloyd en fils à papa, etc. Harry Langdon lui, fut qualifié de Baby Face. Même la vingtaine passée, son visage gardait l’allure de celui d’un poupon. Cette innocence, cette candeur serait donc sa force.

On le voit clairement dans ces trois films, Langdon joue très peu avec son corps et tout son art burlesque passe par son visage de bébé. Il incarne un petit homme chétif et craintif. Peu entreprenant (dans l’un des films, il est dominé par sa femme), son personnage est un peureux, emporté par les aventures sans l’avoir demandé. Ce qui frustre, c’est le manque d’engagement physique de la part de l’acteur. Il aurait certainement été un brillant comédien au temps du parlant, car les mimiques de son visage auraient trouvé toute la latitude qui leur convient. Mais, dans le cadre du muet qui implique la mobilité du corps tout entier, il ne fait qu’à moitié mouche. Il réalise peu de cascades et même peu d’acrobaties. Sa distinction se fait par l’expressivité de son faciès. Langdon fait en sorte d’élargir au maximum la palette de ses émotions et affine son jeu, jamais outrancier si l'on compar à ses rivaux des années 20. Pierrot atemporel, il avait l'image d'un poète névrosé, incapable d'exprimer fermement ses sentiments.

Sa faute est d’avoir voulu mettre au point un style trop statique, sans modifier ou apporter de la nouveauté du côté des emplacements et mouvements de caméra et sans chercher à améliorer les intrigues. Ainsi, Langdon se situe entre deux univers : il est en avance d’un certain côté sur le cinéma parlant qui pointe la bout de son nez, mais reste engluer dans la mécanique quelque peu usée du muet.

Un artiste quelque peu en avance sur son temps mais dont le génie était limité. Sa gloire fut brève, le temps de trois films. Pourtant, acteur, scénariste et réalisateur, il en tourna des dizaines (principalement des courts), y compris des films parlants.