L’instant Court : Pixels, réalisé par Patrick Jean

Posté par kristofy, le 28 octobre 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le court-métrage Good morning Good afternoon Good night, réalisé par Pedro Becker, voici l’instant Court n° 51.

Il arrive, une ou deux fois dans l’année, que certains cinémas proposent en plus de la multitude des sorties hebdomadaires une affiche pas comme les autres : un programme de courts-métrages. C’est court mais bon, et les spectateurs peuvent à cette occasion découvrir des courts sur grand écran. Le dernier programme en date Logorama and co proposait 6 films dont le dénominateur commun était d'utiliser différentes techniques d'animation. Il y avait le célèbre Logorama (festival de Cannes 2009) qui a remporté l’Oscar 2010 du meilleur court-métrage et aussi le César (en 2011), L'Homme à la Gordini (produit en 2009 et  également nommé aux Césars 2011) , Fard, La Vénus de Rabo, Rubika, et enfin Pixels. Si cette reconnaissance est un peu tardive (trois de ces courts ont été produits en 2009 !), mieux vaut tard que jamais.

Voila donc Pixels réalisé par Patrick Jean, une véritable pépite qui a fait le tour du monde. Ce court métrage produit en 2010 a récolté des récompenses presque partout où il est passé : du grand prix au festival d'Annecy 2011 à de nombreux prix du public ou du jury comme aux festivals de Trouville, Brest, Bordeaux, Madrid, New-York… Pour Patrick Jean « le fait est qu'avant internet, les voies de diffusion des courts étaient encore plus étroites. Maintenant, on a en gros internet pour le "grand public" et les festivals pour les professionnels et les passionnés. Je pense que les deux sont complémentaires. »

A cette occasion le réalisateur Patrick Jean nous commente l’expérience de Pixels où des créatures envahissent New-York :

Ecran Noir : Comment est arrivée l’idée de la destruction d’une ville réduite en pixels ?
Patrick Jean :
Je voulais mettre en scène une perte d'informations progressive qui aboutirait à l'information la plus simple qui puisse exister : un bit (0 ou 1), représenté dans le film par le cube final. C'est issu d'une réflexion sur le numérique et l'effet qu'il a sur notre quotidien. En effet, ce qui fait la valeur d'une information, c'est sa rareté. En démultipliant l'information à l'infini, le numérique tue la rareté et donc aboutit à cette perte de valeur de l'information qui est représentée sous la forme d'une allégorie dans le court-métrage.

EN : Dans quelle mesure est-ce difficile de produire ce genre de court métrage, avec un univers de jeu vidéo qui pourrait peut-être limiter son public ?
PJ :
Pixels a été produit par OneMoreProd, qui m'a trouvé le matériel et payé le billet d'avion pour New-York City. La suggestion de tourner à NYC, je la dois à Benjamin Darras, producteur du film. Le film était prévu pour être une bande-démo de réalisateur en fait. Et aussi pour le fun. Sinon, je pensais effectivement qu'il ne toucherait qu'un public limité, mais je me suis trompé ; étrangement, beaucoup de gens se sont reconnus là-dedans. Le fait est que tout le monde de nos jours est en rapport avec l'informatique à un moment ou un autre. C'est devenu impossible d'y échapper.

EN : Dans Pixels on voit en quelque sorte une révolution numérique devenir une invasion numérique, quel regard avez-vous sur d’autres films où l’informatique arrive au premier plan ?
PJ :
Je suis un grand fan de Tron, l'original, c'est rare de voir un film aussi créatif graphiquement et narrativement parlant. J'ai aussi apprécié The last Starfighter en son temps. Toutefois, mon ambition avec ce court était de faire quelque chose qui se rapproche plus de Qui veut la peau de Roger Rabbit?, mais avec des pixels. C'est un film incroyable, avec 15 idées à la minute, et où aucun plan n'est de trop.

EN : Qu’en est-il d’une possible extrapolation du concept de Pixels dans le domaine du long-métrage cinéma ou du spot publicitaire ?
PJ :
Il y a un petit peu de cette idée dans le clip de Madonna 4 minutes. Pour ce qui est du long-métrage, l'idée est de faire une sorte de Ghostbusters, où une équipe de nerds sauve le monde en combattant des personnages de jeu-vidéo qui l'envahissent.

EN : Le CNC va organiser une nouvelle opération ‘Le jour le plus Court le 21 décembre pour promouvoir le format court, avec une journée spéciale le 21 décembre, qu’en pensez-vous ?
- PJ :
Le CNC, c'est génial d'avoir ça, mais trop d'auteurs en France se reposent dessus. Personnellement, je conseillerais plutôt aux jeunes auteurs de ne pas attendre d'hypothétiques subventions et de se mettre au boulot tout de suite. Mais j'ai conscience que tout le monde n'est pas autodidacte, donc c'est probablement un peu plus compliqué que ça...

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Pixels.

Noémie Lvovsky réalise son Peggy Sue s’est mariée

Posté par vincy, le 27 octobre 2011

A l'affiche de L'apollonide, Le Skylab et bientôt de 17 filles, l'actrice Noémie Lvovsky reprend sa casquette de réalisatrice après 5 ans d'absence derrière la caméra. Camille redouble sera son cinquième film après Oublie-moi (1994), La vie ne me fait pas peur (1999, plusieurs fois primé à Locarno, prix France Culture à Cannes, Prix Jean Vigo), Les sentiments (2003, Prix Louis-Delluc, nommé au César du meilleur film) et Faut que ça danse ! (2007, un flop).

Actuellement en tournage, jusqu'au 9 décembre, ce nouveau film met en scène Samir Guesmi (que l'on verra bientôt dans La femme du Ve, aux côtés de Ethan Hawke), India Haire, Julia Faure, Michel Vuillermoz, Vincent Lacoste (avec qui Lvovsky a tourné dans Les beaux gosses et Le skylab), Judith Chemla, et les plus connus Anne Alvaro, Yolande Moreau, Denis Podalydès, Jean-Pierre Léaud et Mathieu Amalric. La réalisatrice tiendra le rôle principal de son film.

Il s'agit de l'histoire de Camille, 16 ans, qui rencontre Eric, et avec qui elle a une fille. 25 ans plus tard, Eric et Camille sont séparés. Comme dans Peggy Sue s'est mariée, un soir d'une Saint-Sylvestre, Camille retourne dans son passé, quand elle à 16 ans. La possibilité de changer de vie en connaissant la fin de son histoire d'amour ?

Le cul de James Franco, « le rebelle », en couverture de Flaunt

Posté par vincy, le 26 octobre 2011

Le magazine californien Flaunt, spécialisé dans la mode et la culture, peut désormais crâner en mettant James Franco en couverture. Ou plutôt son cul, slip baissé. Déjà soupçonné de flirter avec les fantasmes homos, Franco joue les provocateurs en exhibant ses fesses, surmontées du titre du magazine en tatouage. De quoi se vanter...

Est-ce que cela méritait un article sur ce blog très sérieux? Si l'on parle simplement de cette image exhibitionniste, non. Mais il ne faudrait pas passer à côté du véritable sujet. James Franco a lui même réalisé le dossier - The Orgiastic Education of James Franco - qui lui ait consacré : la direction artistique, en collaboration avec Adarsha Benjamin, comme les photographies. La star de La Planète des singes semble beaucoup plus sage dans les pages intérieures. Dans un univers coloré, tantôt flashy tantôt saturé, entre érotisme et séances de travail, il révèle un comédien studieux, joyeux et curieux. On se croirait même à la fac. On est davantage dans l'art contemporain que dans la réinterprétation d'influences cinématographiques.

Franco dévoile surtout une partie de son exposition accompagnant son nouveau court métrage, Rebel, d'après La fureur de vivre de Nicholas Ray. Franco assume : il veut transgresser les genres, les préjugés, alterne la débauche choquante et les moments comateux et songeurs.

Désormais chorégraphe, réalisateur, documentariste, auteur, animateur des Oscars, mannequin pour Gucci, professeur à l'Université de New York, ce touche-à-tout a trois films prêts à sortir, et tourne actuellement Oz : The Great and Powerful. Où il incarne le magicien d'Oz dans ce nouveau délire de Sam Raimi.

Angers célèbrera Godard et Gamblin

Posté par vincy, le 26 octobre 2011

Le 24e Festival de cinéma Premiers Plans d'Angers (20-29 janvier 2012) mettra à l'honneur le cinéaste Jean-Luc Godard et le comédien Jacques Gamblin.

Godard aura le droit à une rétrospective. Claude-Eric Poiroux, délégué général du festival, explique que "c'est un penseur, un artiste, un plasticien et sans doute celui qui a été le plus loin pour démolir le cinéma classique, son oeuvre excite la curiosité". Une trentaine de films seront présentés en plus de rencontres autour de son oeuvre. Godard a débuté en 1955 et a été consacré sur la scène mondiale avec A bout de souffle en 1960. Son dernier film, Film Socialisme, avait été présenté au Festival de Cannes en 2010. Ours d'or à Berlin (Alphaville), deux fois César d'honneur, Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, Lion d'hor pour sa carrière en plus d'un Lion d'or pour Prénom Carmen, il est aussi l'un des derniers survivants de la Nouvelle Vague.

Cependant point de JLG sur les bords de la Loire. L'artiste ne se déplace plus.

Par conséquent, il faudra compter sur l'acteur Jacques Gamblin. Meilleur acteur à Berlin en 2002 (Laissez-passer), deux fois nommé aux Césars (Le premier jour du reste de ta vie, Pédale douce), populaire et respecté, Gamblin a su nous charmer dans des films comme Au petit Marguery, Les enfants du Marais, Mademoiselle, A la petite semaine, et récemment Le nom des gens. Il a tourné (et parfois plus d'une fois) avec Lelouch, Guédiguian, Blier, Chabrol, Tavernier, ... Épatant dans Ni à vendre ni à louer, ignoré du public (car très mal sorti cet été), il revient sur les écrans avec Le premier homme, de Gianni Amelio, d'après le roman d'Albert Camus. le film a reçu le prix de la critique internationale à Toronto en septembre.

Gamblin sera sur place avec la reprise au théâtre Le Quai de deux de ses spectacles, "Tout est normal, mon coeur scintille" et un concert-lecture avec le pianiste jazz Laurent de Wilde, "Gamblin Jazze De Wilde Sextete". Six de ses films seront projetés.

Outre ces deux vedettes de premier plan, Angers rendra hommage à Alan Clark, avec une sélection dédiée, à Jorge Semprun avec une lecture de ses textes, à Florence Miailhe avec une diffusion de ses courts métrages animés et une exposition. Le festival organisera aussi un panorama Danse / Cinéma (fictions comme documentaires).

Le festival Premiers Plans a réuni près de 68 000 spectateurs en janvier dernier, battant son record de fréquentation.

Une première réalisation pour Matt Damon de plus en plus probable

Posté par vincy, le 25 octobre 2011

Il en parlait depuis quelques temps dans les interviews. Les succès de ses amis Ben Affleck et George Clooney derrière la caméra n'y sont sans doute pas étrangers. Oscar du meilleur scénario, avec Affleck, pour Will Hunting en 1998, Matt Damon devrait se lancer dans la réalisation avec un drame qu'il co-écrit avec John Krasinski ("The Office", Away We Go). Le scénario devrait être finalisé d'ici quelques semaines et le tournage est envisagé pour cet hiver. Budgété à hauteur de 12 millions de $, Warner Bros, déjà producteur des films d'Affleck, est en passe d'accepter de le distribuer. Damon et Krasinski seront aussi les acteurs principaux du film.

L'acteur interpréterait un VRP qui débarque dans un bled où il se remet complètement en question.

Matt Damon a cependant un emploi du temps chargé : il tourne actuellement Elysium de Neill Blomkamp, avec Jodie Foster, et prépare Liberace de Steven Soderbergh, avec Michael Douglas.

Feu vert pour Akira

Posté par vincy, le 24 octobre 2011

23 ans après la version animée d'Akira, Warner Bros a (enfin) donné son accord pour une version en prises de vues réelles (mais avec beaucoup d'effets visuels) du manga. Le tournage devrait débuter à la fin de l'hiver 2012.

Le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra (voir notre actualité du 21 juillet) devra piloter cette machinerie de 90 millions de $ (soit un peu moins que le devis initial). Désormais, il reste quelques mois pour enrôler les comédiens, après des mois d'hypothèses et de rumeurs. Garret Hedlund (Tron : Legacy) semble tenir la pôle position pour le rôle principal.

Cependant, ne crions pas victoire trop tôt. Akira, produit notamment par Leonardo DiCaprio, a connu suffisamment de revirements depuis plusieurs mois (y compris le départ du réalisateur Albert Hughes).

Mais Warner a acquis les droits du manga pour une somme si astronomique (sept chiffres) en 2008 que le studio a plutôt envie de rentabiliser son investissement.

Top Gun 2 en piste ?

Posté par vincy, le 24 octobre 2011

Top Gun, le retour ? Hollywood manquant cruellement d'idées, le projet d'une suite du hit militaro-sentimental très eighties (et terriblement kitsch dans le genre mélo macho) refait surface. Après Karate Kid, Dirty Dancing et Footloose, les années 80, ses Levi's 501, blousons de cuir et tee-shirts en coton blanc, sont de retour. Paramount et Jerry Bruckheimer seraient en négociation avec les scénaristes de Thor et X-Men : le commencement, Ashley Miller et Zack Stentz, pour écrire le script.

Reste à savoir si Tony Scott sera intéressé pour reprendre du service derrière la caméra et quel rôle Tom Cruise, avec 25 ans de plus, pourrait jouer.

Film à 15 millions de $ de budget, Top Gun, sorti en 1986, avait rapporté près de 350 millions de $ dans le monde (dont la moitié en Amérique du nord), propulsant Cruise parmi les stars de catégorie A à Hollywood. Le film avait remporté l'Oscar de la meilleure chanson (le slow "Take my breath away") l'année suivante. De nombreuses parodies, dont Hot Shots, et interprétations homoérotiques ont perpétué son culte depuis.

Y-a-t-il de la place pour un nouveau festival de cinéma à Paris?

Posté par vincy, le 23 octobre 2011

Sophie Dulac, productrice et distributrice indépendante, a décidé de lancer le premier Paris Film Festival, entièrement consacré aux cinémas franco-américains. Il se tiendra un peu avant Paris Cinéma, le festival créé par la Ville de Paris. Du 6 au 12 juin, Paris Film Festival investira les Champs-Elysées, l'avenue la plus belle du monde, l'une des plus chères, l'une des plus fréquentées d'Europe (600 000 personnes de toutes nationalités). Rendue légendaire par Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo dans A bout de souffle (on ne peut as faire plus belle alliance franco-américaine), l'avenue accueille aussi de nombreux cinémas : des multiplexes (UGC et Gaumont) comme des indépendants dans les rues adjacentes (Lincoln, Balzac, Mac Mahon). Les Champs Elysées avaient déjà accueillis un festival de cinéma, le Festival du Film de Paris, jusqu'à sa disparition en 2007. L'avenue n'accueille plus de grands événements et la part de marché parisienne des cinémas du quartier décline depuis de nombreuses années, tandis que les salles les plus fragiles sont menacées.

Cependant, le Festival, qui se situera entre Cannes et Paris Cinéma, mais trois mois avant celui de Deauville, va devoir trouver sa place. Paris Film Festival cible clairement le grand public à travers les 150 séances prévues. Les avant-premières devraient séduire des spectateurs pas forcément cinéphiles. De plus, en concentrant l'événement dans un seul quartier, contrairement à Paris Cinéma, l'esprit d'un festival sera davantage présent, en plus d'être visible.

La programmation devrait comprendre une cinquantaine de films, diffusés dans sept salles autour des Champs. Une quinzaine de films français et américains, indépendants voire inédits seront projetés. Il n'y aura aucune compétition. A cela s'ajoutera une sélection de films candidats à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Plus étonnant de la part de cette distributrice spécialisée dans un cinéma plutôt pointu, elle envisage l'avant-première d'un blockbuster américain chaque soir. La plupart des grosses machines hollywoodiennes sortent après la mi-juin... Harvey Weinstein sera le premier invité d'honneur avec une "Hollywood conversation" en public. Une rencontre entre producteurs est aussi prévue pour l'angle plus professionnel.

Tout cela impactera forcément sur les avant-premières de Paris Cinéma mais aussi sur les sélections du festival du cinéma américain de Deauville si l'équipe autour de Sophie Dulac réussit son pari.

Finalement Disney donne son feu vert à Lone Ranger

Posté par vincy, le 22 octobre 2011

Suspendu en août (voir notre actualité du 31 août 2011), The Lone Ranger renaît de ses cendres. Walt Disney Studios et Jerry Bruckheimer sont parvenus à un accord sur le devis de production, fortement réduit.  Le film de Gore Verbinski est désormais dans le "line-up" de Disney. La sortie est prévue pour le 31 mai 2013 aux USA, un mois après Iron Man 3.

Le budget initial de 250 millions de $ ne sera plus que de 215 millions de $. Cette coupe financière a impacté sur l'écriture. Les scénaristes (Justin Haythe, Ted Elliott et Terry Rossio) ont du retravailler sur les séquences les plus dispendieuses afin de réduire le coût des effets spéciaux. Le coup de rabot concerne aussi les pourcentages sur les profits, diminués de 20%, que doivent toucher le producteur, le réalisateur, et les deux vedettes, Johnny Depp et Armie Hammer

Le tournage, notamment au Nouveau-Mexique et qui devait commencer dans les prochaines semaines est décalé à février 2012.

The Lone Ranger est un personnage créé pour la radio en 1933 avant de devenir une série télévisée très populaire dans les années 50.

L’ordre et la morale provoque le désordre et l’indignation en Nouvelle-Calédonie

Posté par vincy, le 21 octobre 2011

L'ordre et la morale, le nouveau film de Mathieu Kassovitz, n'est décidément pas le bienvenue en Nouvelle-Calédonie. Déjà, le territoire ultra-marin avait refusé que la production s'installe sur l'archipel pour tourner ce film qui retrace les événements tragiques autour de la Grotte d'Ouvéa en 1988. Un député UMP s'était même offusqué de voir des financements publics dans une telle production. Le film a donc du tout reconstituer en Polynésie française.

La sortie ne s'annonce pas plus calme. Le distributeur local s'est désisté et suspend ainsi, de facto, la diffusion du film, qui était prévue, comme en France, le 16 novembre. Le seul exploitant de salles de cinéma "ne souhaite plus diffuser le film" sous prétexte qu'il attiserait les rancoeurs. Sic. "Les cinémas Hickson ont le monopole et je m'y attendais. Il y a eu des pressions politiques, bien évidemment", a déclaré à l'AFP Macky Wéa, un des acteurs du film.

Douglas Hickson, patron de Cinécity, a qualifié le film de "très caricatural, qui rouvre des plaies qui s'étaient cicatrisées". "Nous sommes une entreprise de divertissement, alors que ce film est un film polémique. Nos salles ne sont pas le lieu approprié pour le présenter", a-t-il déclaré. Divertissement = abrutissement ?

Cet acte de censure révèle une volonté de penser à la place des citoyens. Proprement scandaleux sur le territoire français. C'est indigne d'une démocratie et d'un pays vantant la diversité culturelle. Que fait le Ministère de la Culture?

Ont-ils vu le même film que nous? Kassovitz est bien plus critique sur l'appareil de l'Etat français et l'Armée que sur les indépendantistes, pour lesquels on sent davantage d'empathie. mais les rôles et responsabilités sont assez équilibrés.

Les avant-premières sont donc reporter aussi bien à Ouvéa (le 29 octobre) qu'à Nouméa (le lendemain).

Mathieu Kassovitz s'est déclaré choqué, évoquant des pressions politiques. "On s'est battu dix ans pour faire ce film, personne n'a réussi à nous empêcher et tout à coup le dernier maillon de cette chaîne cède, c'est impossible... Ce serait très fort s'ils arrivaient à censurer un film au dernier moment", déclare-t-il, visiblement abattu, dans une vidéo en ligne sur le site du quotidien Presse-Océan.

Le film a déjà été montré à des officiels (kanaks et caldoches) ainsi qu'à des élus, des militaires, des gendarmes et aux familles des victimes des deux camps, et cela sans provoquer le moindre incident. "On organisera des projections ailleurs, dans les mairies. Il y a déjà eu des projections avec des gens de bords différents et à 99%, le film a été perçu positivement", se rassure Macky Wéa. A l'AFP, un responsable du FLNKS souhaite "que le film soit vu, même si c'est douloureux. Bien sûr, on peut craindre la réaction de jeunes, qui se sentent marginalisés, il faut expliquer."

Suite à Ouvéa et aux accords de Nouméa qui ont été signés dans la foulée du réferendum pour l'autonomie de la Nouelle Calédonie en 1988, un processus de décolonisation par étapes a été mis en place en 1998. La Nouvelle-Calédonie décidera de son avenir institutionnel par un référendum d’auto-détermination entre 2014 et 2018. Le Président de la République et le Premier Ministre se sont déplacés pour tenter de convaincre les calédoniens de rester dans la République. Des moments de tension de ce genre ne sont qu'une petite partie d'un problème politique, économique et géostratégique plus vaste.

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