Planète 51?: au pays des petits hommes verts

Posté par Morgane, le 1 février 2010

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L’histoire?: Pour les habitants de la Planète 51 l’humain est un horrible alien qui rêve d’envahir leur belle planète. Alors, lorsque Chuck, astronaute terrien, débarque sur la Planète 51, c’est la panique et toute l’armée se mobilise pour capturer le monstre. Mais heureusement, Chuck trouvera tout de même quelques alliés... (voir la bande annonce sur note compte YouTube)

Notre avis?: L'idée d'une planète lointaine envahie par un monstre intergalactique qui n'est autre que l'humain semble plutôt séduisante... mais sur le papier seulement car on regrette très vite le manque d'imagination. Les petits bonshommes verts de la Planète 51, mis à part leur couleur, ressemblent trait pour trait aux américains de notre bonne vieille planète la Terre. Nos premiers pas parmi les habitant de la Planète 51 nous entraînent dans une banlieue type Wisteria Lane dans Desperate Housewives. On y retrouve une caricature des États-Unis dans laquelle les pelouses se couvrent de barbecues une fois le week-end venu, les maisons ressemblent toutes à leurs voisines... Même l’armée semble être la même que celle qui a envahi l’Irak quelques années auparavant, vindicative et destructrice. Et tout cela sans auto dérision aucune, dommage.

Le réalisateur propose tout de même quelques scènes drôles et répliques cinglantes. Les nombreuses références au cinéma d’Hollywood (E.T, Star Wars, Mars Attacks Singin’ in the rain...) font sourire. Mais le scénario lui-même manque de surprise et d’originalité. Car au final, on a beau inverser les rôles et les planètes, la première réaction est toujours la peur de l’autre, de ce qui nous est inconnu et qui se révèle finalement totalement inoffensif. Rien de bien nouveau sous la Planète 51...

Festival de Gérardmer 2010 : les neiges silencieuses (suite)

Posté par geoffroy, le 1 février 2010

Dimanche 31/01/2010

Métropia de Tarik Saleh (Hors compétition)

Film d’animation suédois, Métropia développe une histoire d’anticipation assez classique entre asservissement du genre humain, complot et anti-héros ordinaire prêt à sauver l’humanité. Ce long-métrage vaut le détour pour son esthétique incroyable (photomontage réussi mélangeant la 2D pour les personnages macrocéphales et la 3D dans des décors exclusivement urbains et souterrains) et son idée, brillante, de relier toutes les capitales d’Europe via un réseau de métros. Beau comme mélancolique, Métropia nous plonge dans un monde individualiste sans perspective mais traversé par la lumière d’un amour salvateur.

Notes : Denis 3/5 ; Geoffroy 4/5

Moon de Ducan Jones (Compétition officielle)

SF d’ambiance et de scénario, ce huis-clos lunaire anglais ne tombe jamais dans la facilité ni le twist final racoleur. Mieux, il arrive à nous capter littéralement en façonnant au compte goutte l’incroyable vérité vécue par Sam Bell, employé gérant l’extraction d’un gaz à même de résoudre la crise énergétique de la Terre. Suffisamment maîtrisé dans sa narration, son exploitation scénaristique et son interprétation (Sam Rockwell tout simplement parfait), Moon est une excellente surprise qui le place bien au-dessus des sempiternelles séries B proposées chaque année.

Notes : Denis 4/5 ; Geoffroy 4/5 ; Petsss 5/5

Splice de Vincenzo Natali (hors compétition)

La mise en abime d’un couple d’apprentis sorciers talentueux franchissant l’ordre moral voire déontologique propre à toute création organique, fait immédiatement penser aux films de Cronenberg. Sauf que Natali se dérobe des questions éthiques à proprement parler pour aller sonder les ravages d’une intimité de couple se retrouvant à gérer tant bien que mal l’existence de « Nerd »,  mutant androgyne créé à partir d’ADN d’animaux et d’un humain. Le film explose les conventions, devient viscéral, organique et arrive à nous toucher au plus profond de notre être. Le sexe devient le moteur de toute vie, sa raison fondamentale entre séduction et procréation. Splice est une fable psychologique autour d’un couple dépassé par leur propre création (elle-même remarquablement bien intégrée grâce à des effets spéciaux réussis), être prodigieux et destructeur. Sans aucun doute Splice est la vraie claque ciné du festival.

Notes : Denis 5/5 ; Geoffroy 4/5

Le Tintin de Speilberg en avant-première à Angoulême… en octobre 2011

Posté par vincy, le 1 février 2010

tintin-lefilm.jpgSi les bédéphiles ont été déçus de ne pas voir les premières images du film de Steven Spielberg, Tintin - Le secret de la Licorne (réalisé en 3D motion capture), un an après avoir vu les premières images de tests de la production, ils auront au moins appris que l'avant-première mondiale devrait avoir lieu dans la capitale du 9e art, où la tête d'Hergé trône en plein coeur de la ville.
L'événement aura lieu hors festival, en octobre 2011, en présence de Peter Jackson, qui réalisera le deuxième opus cinématographique, et co-produit avec Spielberg les premiers pas de cette franchise. Ce sera aussi le premier film d'animation du cinéaste, qui, à l'origine voulait le faire en prises de vues réelles. Peter Jackson l'a convaincu de rester fidèle au dessin d'Hergé.

Au casting on retrouve Daniel Craig (Rackham le rouge), Simon Pegg et Nick Frost (Dupont et Dupond), Andy Serkis (Capitaine Haddock), Jamie Bell (Tintin), Cary Elwes (le pilote), Tony Curran (Lt Delcourt) , Sébastian Roché (Pedro) et Gad Elmaleh (Ben Salaad).

Selon les premières informations, le film reprendrait la trame de l'ambul du Secret de la Licorne mais avec des éléments du "Crabe aux Pinces d'or", de "L'étoile mystérieuse" et du "Trésor de Rackham le rouge".

Vesoul 2010 : Omer Kavur et le visage de la Turquie

Posté par kristofy, le 1 février 2010

omerkavur.jpgLa 16ème édition du festival de Vesoul propose l’intégrale des films du réalisateur Omer Kavur, disparu il y a cinq ans, qui fût le chef de file (avec aussi d’autres comme Atif Yilmaz, Metin Erksan) du cinéma d’auteur en Turquie. Ses films abordent des sujets comme le doute identitaire, une incompréhension à communiquer avec les autres, le croisement de destinées, le temps qui passe et les souvenirs sont un de ses thèmes de prédilection. Omer Kavur a aussi étudié le cinéma à Paris et il a même été assistant d'Alain Robbe-Grillet. En 1986 son troisième film L’Hotel de la Mère Patrie est remarqué à Venise, ce qui lui ouvre les portes d’une reconnaissance internationale pour certains de ses films suivants.

Pour son film Le Visage Secret de 1991, Omer Kavur a travaillé le scénario en collaboration avec Orhan Pamuk, un écrivain qui fût récompensé plus tard en 2006 d’un prix Nobel de littérature. Suite à la demande d’une mystérieuse femme un photographe doit retrouvé un homme de l’une de ses photographies, mais après qu’elle ait croisé cet homme ils disparaissent. Le photographe va alors partir à le recherche de cette femme et aussi revenir dans son village… "Tout visage expressif raconte une histoire. Ce qui explique la tristesse des gens c’est leur incapacité à raconter leur histoire". Au bout de presque deux heures d’un récit assez énigmatique l’introspection du personnage principal donne sa clé.

La Turquie est aussi présente dans les films en compétition avec Des vies sans valeur de la réalisatrice Selda Cicek. Après un deuil particulièrement éprouvant la vie continue pour une famille qui nous fait apercevoir certains questionnements actuels des femmes. Une femme qui n’a jamais eu d’enfant ressent du rejet : un arbre sans fruit est maudit. Une autre femme enceinte n’est pas du tout enviée car elle attend une fille au lieu d’un garçon. Ce sont les questions d’une petite fille en particulier qui font ressortir une envie de changements. "Pourquoi une femme qui fume c’est un pêché ?... Il n’y a pas de pêchés pour les hommes." D’ailleurs un homme marié fréquente régulièrement sa maîtresse en imposant presque ce fait à son épouse. Enfin, un petit détail pas anodin autour du sous-titrage du film est que le mot Allah prononcé par un acteur est traduit par God en anglais et par Dieu en français.

Palmarès de Sundance : Winter’s Bone et Southern District remportent deux prix

Posté par vincy, le 31 janvier 2010

sundance-grandprix.jpgSundance, clap de fin. Les films récompensés vont maintenant faire le tour du monde et des festivals : Cannes (Un certain regard, Quinzaine des réalisateurs...), Tribeca, Venise, Deauville, Locarno, Toronto...

Cette année, seuls deux films gagnent plus d'un prix et aucun ne parvient à réconcilier jury et public, qui ont chacun fait des choix différents. A l'étranger, le cinéma sud américain se taille la part du lion.

Les droits de Winter's Bone (Grand prix du jury fiction et meilleur scénario) ont été acquis lors du Festival pour être distribué aux Etats-Unis par Roadside Entertainment. A noter que les plus gros chèques des studios ont été faits pour des films absents du palmarès.

Prix du jury :

Grand prix du jury - documentaire :  Restrepo, de Sebastian Junger et Tim Hetherington. Plongée d'une rare violence dans l'enfer de la guerre, à travers la vie quotidienne d'un peloton de 15 soldats américains postés dans l'une des régions les plus dangereuses d'Afghanistan.

Grand prix du jury - fiction : Winter’s Bone, de Debra Granik. Portrait d'une adolescente qui traverse la région sauvage des montagnes d'Ozark, au coeur des Etats-Unis, pour retrouver son père, trafiquant de drogue.

Prix cinéma du monde - documentaire :  The Red Chapel (Det Røde Kapel), de Mads Bru?gger - Danemark. Un groupe de journalistes se fait passer une troupe de théâtre pour infiltrer le régime nord-coréen.

Prix cinéma du monde - fiction : Animal Kingdom, de David Micho?d - Australie. Les pas d'un adolescent aux prises avec une famille de truands à Melbourne.

Meilleur réalisateur - documentaire : Leon Gast (Smash his Camera)

Meilleur réalisateur - fiction :  Eric Mendelsohn (3 Backyards)

Meilleur réalisateur étranger - documentaire : Christian Fei - Suisse (Space Tourists)

Meilleur réalisateur étranger - fiction : Juan Carlos Valdivia - Bolivie (Southern District)

Meilleur scénario : Winter’s Bone, de Debra Granik et Anne Rosellini

Meilleur scénario étranger : Southern District, de Juan Carlos Valdivia - Bolivie

Meilleur montage - documentaire : Joan Rivers—A Piece Of Work, monté par Penelope Falk

Meilleur montage - documentaire du monde :   A Film Unfinished, monté par Joe?lle Alexis - Allemagne/Israël

Meilleure photographie - documentaire :  The Oath, image de Kirsten Johnson et Laura Poitras.

Meilleure photographie - fiction : Obselidia, image de Zak Mulligan.

Meilleure photographie - documentaire du monde :  His & Hers, image de Kate McCullough et Michael Lavelle - Irlande

Meilleure photographie -  fiction du monde :  El Hombre de al Lado (The Man Next Door), image de  Mariano Cohn et Gasto?n Duprat - Argentine

Prix spécial du jury cinéma du monde - meilleure interprétataion : Tatiana Maslany (Grown Up Movie Star) - Canada
Prix spécial du jury cinéma du monde -  documentaire : Enemies of the People, de Rob Lemkin et Thet Sambath - Cambodge / Royaume

Prix spécial du jury - documentaire : Gasland , de Josh Fox
Prix spécial du jury - fiction : Sympathy for Delicious, de Mark Ruffalo

Prix du public :

- documentaire : Waiting for Superman, de Davis Guggenheim
- fiction : happythankyoumoreplease, de Josh Radnor
- documentaire du monde : Wasteland, de Lucy Walker - Royaume Uni/Brésil
- fiction du monde : Contracorriente (Undertow), de Javier Fuentes-Leo?n - Pérou

Prix Best of NEXT :  Homewrecker, de Todd & Brad Barnes

Prix Albert P. Sloan - meilleur film mettant en valeur les Sciences et Technologies : Obselidia, de Diane Bell

Gagnants du Prix des cinéastes intrenationaux du Sundance Institute & de NHK : Amat Escalante (Mexique) ; Andrey Zvyagintsev (Russie) ; Daisuke Yamaoka (Japon) ; Benh Zeitlin (USA)

Oscars : le match entre James Cameron et Kathryn Bigelow, son ex, est ouvert

Posté par vincy, le 31 janvier 2010

Coup sur coup, deux Guildes très influente, celle des producteurs et celle des réalisateurs, ont préféré, comme de nombreux critiques américains en décembre, récompenser Kathryn Bigelow et ses Démineurs à James Cameron et ses Avatars.

Or, si les palmarès des acteurs sont cohérents depuis plusieurs semaines, et laissent peu de doute pour les Oscars, le match Cameron-Bigelow tourne à la guerre des Rose entre les lobbyistes des deux studios. A cela s'ajoute une rivalité factice (purement médiatique) entre ex.  L'un a déjà eu l'Oscar, l'autre pas. Les Oscars sont aussi jugés assez misogynes, ce serait une manière de se "rattraper" en la récompensant.

Etat des lieux.

D'un côté Goliath, Avatar : ses 2 milliards de $ de recettes, ses deux Golden Globes (film et réalisateur), ses 8 nominations aux British Awards, et  l'aura d'un déjà oscarisé, James Cameron.

De l'autre David, Démineurs : 16 millions de $ de recettes dans le monde, une image de revenante pour celle qui fut la seule femme à réaliser de bons films d'action dans les années 90, 7 nominations aux British Awards et meilleur film et meilleur réalisateur selon les critiques de New York, Los Angeles, Chicago. Sans oublier une flopée de prix mineurs au festival de Venise.

Deux conceptions du cinéma d'action, deux modèles économiques différents, deux visions du 7e art. Les deux ex - qui sont amis selon les journaux bien informés - se retrouveront certainement aux Oscars. La compétition séduira sans doute les journaux "people". Le résultat, lui, sera révélateur de ce que les professionnels hollywoodiens veulent afficher comme programme. On a déjà vu de nombreux favoris s'éclipser en faveur du film le plus spectaculaire et consensuel.

Mais là, la course à l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur dépasse les deux personnalités de Cameron et Bigelow et même les sujets politiques (le pacifisme en toile de fond) des deux oeuvres. Non il s'agit de savoir si on récompense l'ambition d'un Cameron et la folie de la Fox de l'avoir accompagné dans ce projet. Ou si l'on préfère l'aventure indépendante de Summit Entertainment, qui a épaté Hollywood avec sa saga Twilight, en plus d'avoir conquis le coeur des critiques américains avec Démineurs.

Dans tous les cas, disons-le, ce serait une année mineure.

Chronique du Festival de Gérardmer 2010 : les neiges silencieuses

Posté par geoffroy, le 31 janvier 2010

Vendredi 29/1/10 14 :00

Dans les neiges vosgiennes profondes le giallo fut Amer et La horde peu sanglante. Mais beaucoup d’aboiements ont transpercés les festivaliers lorsque les chiens sont sortis de leur maison (Doghouse).

Amer, de Hélène Cattet et Bruno Forziani (Compétition officielle)

Quête charnelle à travers trois temps dans la vie d’une femme, Amer brille par son expérimentation de l’image et du son. Ce premier film exploite une palette cinématographique dense et cohérente entre l’hommage au giallo et le cinéma de Bunuel. Par effleurement des sens Amer suggère le désir et la fragilité de la chair de manière brutale, colorée, intime, comme offerte à l’autre tout en le lui refusant. Expérience troublante entachée par un troisième acte un peu vain, Amer reste une très bonne surprise.

Notes : Denis 4/5 ; Geoffroy 4/5

La Horde, de Yannick Dahan et Benjamin Rocher (Compétition officielle)

La Horde est un essai français sympathique mais un peu vain voire léger du film de zombies. Association de circonstance entre des flics masqués et des durs à cuire de cité contre une horde de zombies sortie de nulle part, l’action non stop se répète à chaque étage entre punch lines agressives et dégommage de zombies pas si sanglant que prévu. Un brin décevant.

Notes : Denis 2/5 ; Geoffroy 2/5

Doghouse de Jack West (Hors compétition)

Film potache à la Shaun of the dead, Doghouse est un film de femmes zombies lorgnant du côté de la parodie sans prétention des films du genre. On est jamais vraiment surpris ni déçu. On se marre des quelques situations incongrues entre misogynie et découpage de doigts. Un vrai bon moment sympathique à partager entre pote.

Notes: Denis 3/5 ; Geoffroy 2/5

***

Samedi 30 /01/2010

Halloween 2 de Rob Zombie (Hors Compétition)

Faisant suite au remake d’Halloween sortie en 2009 et réalisé également par Rob Zombie, ce n°2 reste sur les traces de la saga tout en offrant une pointe d’originalité assez rare dans ce genre cinématographique. Zombie nous gratifie de belles scènes oniriques plongeant le spectateur dans la folie meurtrière d’un Myers toujours aussi flippant.

Notes : Denis 3/5 ; Geoffroy 3/5

The Door de Anno Saul (Compétition officielle)

Sur le thème très original du monde parallèle, le réalisateur brosse le quotidien d’un père responsable de la mort de sa fille. Traversant par hasard une porte temporelle, il a la possibilité de revenir en arrière et modifier ses erreurs. S’ensuit une mise en scène convenue qui, malgré le talent des acteurs (mention spéciale à Mikkelsen), plombe irrémédiablement le film. Le twist final ne changera pas le cours des choses et The Door s’avère être une œuvre rapidement oublié.

Notes : Denis 1/5 ; Geoffroy 2/5

Survival of the dead, de Georges Romero (Hors compétition)

L’un des films les plus attendus du festival fut aussi l’une des plus grosses déceptions. Romero plagie Romero et nous pond un zombie chez les ploucs. Il enterre d’un coup de sabot sa saga et par là même occasion le film de zombie. Adieu critique des Etats Unis, adieu fronde contre le consumérisme et la saturation des images, Romero n’a plus rien à dire. Clap de fin.

Notes : Denis 0/5 ; Geoffroy 1/5

Vesoul 2010 : un documentaire sur le festival en guise de miroir

Posté par kristofy, le 30 janvier 2010

frederic ambroisineComme toutes les belles histoires, celle de Vesoul commence par "il était une fois"… Il était une fois dans la ville de Vesoul en Franche-Comté deux professeurs et documentalistes, Martine et Jean-Marc Thérouanne, qui ont commencé à organiser un festival de cinéma dédié aux films asiatiques, puis les ont rejoint une troisième personne puis d’autres encore. Maintenant en 2010 c’est la 16ème édition du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, le FICA est reconnu au niveau international. Le 15ème anniversaire l’année dernière était l’occasion de filmer les coulisses du festival, et ces images sont devenues un documentaire projeté cette année.

C’est Frédéric Ambroisine (notre photo), journaliste et réalisateur de bonus dvd de films asiatiques, qui a réalisé ce documentaire FICA : du proche à l’extrême orient, soit un montage de plus d’une heure de la vie du festival de 2009. On y voit les organisateurs se souvenir des débuts qui était presque un ciné-club avec la conviction que la culture n’est pas réservée aux grandes villes ni à une élite intellectuelle.

Depuis le festival s’est développé et a changé de lieu, c’est environ 25 000 spectateurs en une semaine et 700 films qui ont été montré en 15 ans. On revoit certains temps forts de l’année dernière comme la venue du réalisateur Mohsen Makhmalbaf avec sa famille ou les échanges de points de vue entre les membres du jury jeunes. Le documentaire fait aussi la part belle aux passionnés bénévoles qui participent activement à son organisation.

On découvre Wafa Ghermani gère l’accueil des professionnels et qui fait la traductrice, Eugénie Zvonkine évoque la chance de pouvoir découvrir des films russophones ici, ou encore Anaïs qui conduit les invités en discutant avec eux dans la voiture, et même la directrice Martine Thérouanne qui vérifie un sous-titrage. Les différents cinéastes et acteurs invités sont heureux de la réelle proximité avec le public avec des échanges après les séances ou même des discussions autour d’un verre.

Vesoul est devenue capitale de l’Asie et souvent la première fenêtre européenne de distributions de certains films, dont certains ne peuvent même pas être vus dans leurs pays d’origine. Le réalisateur Frédéric Ambroisine avec ce documentaire FICA : du proche à l’extrême orient a réussi à synthétiser l’esprit de Vesoul, ce que Jean-Marc Thérouanne définit comme une recherche d’émotions collectives partagées.

Crédit photo : Christophe Maulavé

Vesoul 2010 : 3 questions au réalisateur indien Satish Manwar

Posté par kristofy, le 30 janvier 2010

Satish ManwarMême s'il ne figure pas dans la sélection "L'homme et la nature", The damned Rain (présenté en compétition) montre avec acuité comment l’homme dépend de la nature pour subvenir à ses besoins. Le réalisateur indien Satish Manwar s’intéresse en effet aux milliers d’agriculteurs qui se suicident chaque année. Dès le début du film, un fermier est
retrouvé pendu à un arbre, une femme va alors inquiéter pour son mari et faire en sorte qu’il soit toujours accompagné de sa mère ou de son fils pour éviter qu’il soit un moment seul.

Quelques situations cocasses vont laisser place aux difficultés de cultiver la terre : il faut labourer, semer, traiter, récolter, vendre, transporter… et surtout s’endetter. De plus, tout dépend de la pluie dans une région où il ne pleut quasiment jamais ou alors beaucoup trop et ça inonde tout. Au fur et à mesure du film, on mesure la somme d’efforts dépensée pour peut-être pas grand-chose en bénéfice...

Trois questions au réalisateur Satish Manwar à l’issue de la projection.

EN : Racontez-nous l’élaboration de ce film ?

SR : Il a fallu cinq ans pour faire ce film entre l’écriture et le tournage. Je suis originaire de ce milieu rural que l’on voit ici, je voulais raconter des histoires vraies et tourner en décors réels. Il y a des acteurs mais aussi beaucoup de vrais villageois. On était tous émus par la situation de ces gens. Lorsque les paysans ont vu le film, il y a eu une
décharge émotionnelle énorme.

EN : Pourquoi autant de paysans sont confrontés à de telles extrémités ?

SR : Il y a plusieurs causes mais la principale est que le prix d’achat des récoltes n’est pas assez élevé, il couvre à peine les dépenses. Mais je crois que ça ne concerne pas seulement ces gens de l’Inde.

EN : Quelles sont les mesures pour aider ces paysans ?

SR : Ce que l’on voit dans le film existe en réalité. Lorsqu’il y a un suicide, le gouvernement selon certains cas indemnise la famille en lui donnant une somme d’argent, surtout quand il s’agit de la disparition d’un homme qui travaillait pour subvenir aux besoins de toute sa famille. Il y a quelque temps le gouvernement a aussi débloqué une énorme somme pour venir en aide aux agriculteurs, mais cette somme a été donnée aux banques pour les inciter à accorder plus de prêts. Ce qui ne change en fait absolument rien puisque ces paysans sont déjà beaucoup trop endettés.

Crédit photo : Christophe Maulavé

Premiers plans d’Angers : des jeunes talents qui manquent d’inspiration

Posté par Benjamin, le 29 janvier 2010

Pour éviter tous malentendus, pour mettre les points sur les "i" avant de clamer toute chose, il faut préciser sans tarder que tous les films de la compétition n’ont pas été vus et que donc cet article ne concerne qu’un petit nombre d'entre eux.

La 22ème édition du festival Premiers plans souffre d'une légère faiblesse, un certain style dans quelques uns des longs métrages de la compétition qui agace. En effet, ces jeunes cinéastes semblent manquer de deux choses : la première de scénario et la deuxième d’inspiration quant à leur mise en scène. De scénario car leurs personnages vagabondent dans des paysages sans fin sans rien exprimer, si ce n’est des sentiments confus et des émotions brouillées. A ces longs métrages, il n’y a pas de but, pas de carotte auquel le spectateur peut tenter de s’accrocher, pas d’objectif à atteindre. C’est le néant. Alors les mots sonnent faux, le ton est creux et les acteurs peinent à sauver le naufrage.

Faute d’un véritable sujet à aborder, le metteur en scène essaye de combler. Alors, habiter un trop long instant par Antonioni, il laisse sa caméra, fixe, filmant le regard profondément hagard de son personnage et à l’occasion quelques paysages sympa qui passaient par là. On se demande pour finir si l’équipe n’est pas allée prendre un café, laissant tourner la caméra dans le vide. Mais enfin, grâce à ses longs plans à rallonge qui contemplent mais ne disent rien, le film peut gravir les 1h30 de pellicules. On ne demandait pourtant pas tant de souffrances.

Heureusement, lorsqu’une perle arrive, nos mirettes ne passent pas à côté et là on tremble, on vibre pour quelque chose. On accompagne des personnages forts confrontés à des situations intenses. On se laisse embarquer par cette folle proposition d’un réalisateur en herbe. On se dit qu’enfin nos efforts sont récompensés. On rencontre un talent. C’est arrivé au festival Premiers Plans avec le très beau film, La régate, du belge Bernard Bellefroid (photo) qui suit la vie difficile d’un adolescent écrasé par un père instable qui le cogne plus qu’il ne l’embrasse. Une histoire d’amour, une relation fusionnelle mais impossible entre un père et son fils. Un film extrêmement sensible et courageux qui nous porte jusqu’à l’espoir après nous avoir fait passer par les plus effroyables tensions.