Cannes 2012 : Jean-Pierre Dardenne présidera le jury de la Cinéfondation et des courts-métrages

Posté par vincy, le 28 mars 2012

Le Festival de Cannes a annoncé le jury de la Cinéfondation et des courts métrages aujourd'hui. Grand prix du jury l'an dernier, double Palme d'or et prix du scénario à Cannes, les films des frères Dardenne sont à chaque fois parmi les chouchous des festivaliers de la Croisette. Pas étonnant que Jean-Pierre Dardenne ait été choisi pour la présidence du jury de la Cinéfondation et des courts métrages.

Il sera accompagné de l'actrice canadienne Arsinée Khanjian (par ailleurs épouse et égérie d'Atom Egoyan), du réalisateur et scénariste brésilien Karim Aïnouz (Madame Sata), de l'écrivain, scénariste et réalisateur Emmanuel Carrère (auteur de "Limonov" et réalisateur de La moustache) et du réalisateur (All Tomorrow's Party) et directeur de la photographie de Jia Zhang-ke, le chinois Yu Lik-wai.

Ils devront choisir parmi les films d'écoles de cinéma de la Sélection Cinéfondation, les trois premiers Prix, dotés de 15 000€, 11 250€ et 7 500€.

Le jury devra également désigner la Palme d’or du court métrage, remise lors de la cérémonie de Clôture du Festival, dimanche 27 mai.

Le réalisateur de La désintégration évoque la déconstruction de certains jeunes

Posté par vincy, le 27 mars 2012

C'est passé relativement inaperçu durant le "feuilleton" de la semaine dernière qui a suivi la tragédie au collège juif Ozar Hatorah de Toulouse. Le bruit des politiques et la fureur médiatique ont réduit au silence les voix extérieures aux événements. Philippe Faucon, réalisateur de La désintégration, film sorti en février avec une critique élogieuse, a rappelé que son film évoquait justement ces jeunes conduits sur un "itinéraire de déconstruction." Dans sa critique, Ecran Noir expliquait : "La manière dont Philippe Faucon décortique le mécanisme qui transforme un jeune ouvert et sympathique en intégriste tenté par le terrorisme est édifiante. Il ne blâme personne en particulier mais additionne implacablement les causes : racisme ordinaire, frustration, vulnérabilité sociale..."

Le cinéaste, interviewé par l'AFP, indiquait : "On en parle très peu ou pas du tout, ou alors sous forme de stigmatisation. On ne sait plus parler à ces jeunes gens, il y a comme une panne du discours politique".

En réalisant son film, Faucon avait en tête le parcours de Zacarias Moussaoui, étudiant français condamné à perpétuité pour avoir été complice des attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York. "J’ai fait beaucoup de rencontres avec des jeunes qui tous avaient été confrontés à des difficultés du même ordre que celles que connaît Ali dans le film ; dont quelques uns avaient été tentés par des engagements du même type, en étaient revenus, etc ; et aussi avec des profs, des éducateurs, des policiers, des intervenants pénitentiaires. Tout cela dans l’intention de parvenir à faire exister de vrais personnages complexes et denses" explique le cinéaste. Il s'est aussi aidé du journaliste Mohamed Sifaoui, connu pour ses enquêtes sur le milieu islamistes. Il a également travaillé avec des sociologues.

Il en retient que ces jeunes "ont un sentiment de mise à l'écart, de ne pas appartenir complètement et réellement à la société dans laquelle ils ont grandi, au même titre que les autres." "Sur certains sujets fragiles, ça peut avoir des conséquences dramatiques. Le rejet de la République, les rejetant vers l'islamisme radical, par le truchement d'un discours violent ou vers l'explosion sociale comme en novembre 2005". Selon lui, "l'entourage familial est déconsidéré aux yeux de certains d'entre eux, les grands frères, les parents".

Evidemment cela n'explique tout, il existe aussi une "dimension pathologique" dans des cas comme celui de Mohamed Merah, l'auteur des 7 meutres de Toulouse et Montauban. Tout cela reste "ultra-minoritaire, ultra-marginal" rappelle-t-il. "Mais ça n'empêche pas de chercher à comprendre pourquoi ça arrive". "Quand on déserte ces terrains, on laisse un vide que d'autres savent occuper".

La Désintégration raconte l'histoire de trois jeunes en quête de réponses, qui font la rencontre de Djamel, charismatique et attentif. Peu à peu, les trois jeunes se laissent convaincre par les discours de plus en plus radicaux de leur mentor et se laissent endoctrinés par ce prêcheur salafiste qui va les conduire au terrorisme. Toute ressemblance avec des faits et des personnes ayant vraiment existé...

Le film est encore diffusé dans une quinzaine de villes en France. Il a attiré un peu moins de 50 000 spectateurs depuis sa sortie.

Cinélatino 2012 : La vida util, réussite exemplaire du programme Cinéma en construction

Posté par MpM, le 27 mars 2012

Avant de sortir sur les écrans ce mercredi 28 mars, La vida util de Federico Veiroj était présenté en avant-première au Festival Cinélatino de Toulouse en présence du réalisateur et de l'acteur principal. Un retour aux sources pour ce film uruguayen qui a bénéficié du programme Cinéma en construction créé en 2002 par le Festival toulousain en association avec celui de San Sebastian pour répondre à la demande de jeunes cinéastes et producteurs latino-américains.

Cinéma en construction permet en effet à des longs métrages arrivés au stade de la post-production, mais manquant de moyens, de compléter leur financement et de voir le jour. En dix ans, ce sont plus de cent films qui ont ainsi été soutenus, parmi lesquels Tony Manero de Pablo Larrain (ensuite remarqué à Cannes),  Historias minimas de Carlos Sorin et donc La vida util de Federico Veiroj.

Ce dernier raconte l'histoire à la fois cocasse et touchante de Jorge, un passionné de cinéma qui travaille à la cinémathèque de Montevideo depuis 25 ans. et dont toute l'existence est remise en cause par la mauvaise santé économique de l'institution. Dans un noir et blanc très atemporel, le film raconte par petites touches le quotidien de Jorge (la présentation des films, la réception des copies, l'émission de radio consacrée au cinéma...) dans lequel surgit parfois la poésie de l'absurde ou l'ironie tragique du destin.

Le format très court du film lui permet de jouer avec un rythme volontairement lent et un scénario plutôt dépouillé qui privilégie l'observation à l'action. Des plus petits détails surgit ainsi le portrait d'un homme dévoué au 7e art, qui a mis sa propre vie entre parenthèse pour mieux se consacrer à ce véritable sacerdoce. L'humour qui émane du personnage n'est jamais moqueur et propose au contraire une mise en abyme tendre et respectueuse, tant Jorge se comporte au quotidien comme un des personnages de cinéma qu'il affectionne tant.

Pensé comme une déclaration d'amour à ceux qui œuvrent dans l'ombre pour faire découvrir et partager le cinéma dans toute sa diversité, La vida util se déguste comme tel, avec une vraie reconnaissance et pas mal de plaisir.

Le très français INA sur l’américaine YouTube

Posté par redaction, le 26 mars 2012

Dans un communiqué publié aujourd'hui, l’Institut National de l’Audiovisuel, "première source d’images numérisées au monde", et YouTube, filiale de Google, annoncent "la signature d’un partenariat permettant aux internautes du monde entier d’accéder gratuitement à une partie du fonds audiovisuel de l’INA."

"Ces vidéos représentent près de 60 ans de programmes télévisés aussi bien sportifs (Tour de France, etc.) artistiques (Interview de Dali, ouverture du Festival de Cannes en 1947, etc.) ou encore de société (JT de mai 1968, etc.). Ce fonds sera accessible sur YouTube depuis plusieurs grandes chaînes thématiques dédiées (politique, sport, divertissement, culture, histoire...)" détaille le communiqué.

On comprend mal pourquoi l'INA - 120 millions d'euros de budget dont les 3/4 venant de dotations de l'Etat - qui possède un excellent portail sur Internet (7 sites internet, une application mobile et tablette, les TV Connectées, la VoD, et également par ses différentes éditions DVD, CD, Livre ou productions diffusées sur les téléviseurs), cherche à "brader" ses archives sur une chaîne web (américaine). Certes, l'accord "couvre la diffusion et la monétisation sur YouTube" des 57 000 vidéos du fonds. Il y a  donc bien partage de recettes sur le visionnage des vidéos. Mais pourquoi ne pas l'avoir fait avec une chaîne "européenne" (Dailymotion, par exemple, bien française) si l'objectif était d'augmenter et valoriser la visibilité de ces archives ?

Evidemment, on ne se plaindra pas de "ce partage de mémoire" accessible à tous, gratuitement. Mais voir Google s'approprier une fois de plus notre patrimoine (numérisation de livres avec la Bibliothèque nationale de France, ...) mériterait quelques réflexions sur "l'exception culturelle" qu'on vante tant. D'autant que la numérisation du patrimoine audiovisuel de l'INA est financé en grande partie par le contribuable français. Et malgré ça, c'est bien le géant américain Google qui en sera le principal bénéficiaire...

James Cameron réalise un exploit 20 000 lieues sous les mers

Posté par vincy, le 26 mars 2012

James Cameron aime les grands fonds autant que les exploits cinématographiques. Le plus aventurier des cinéastes hollywoodiens a commencé hier sa descente vers la zone la plus profonde de l'océan Pacifique, dans la fosse des Mariannes, découverte en 1875 (après la publication de 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne), à 500 kms au sud-ouest de l'île américaine de Guam, entre le Japon et la Papouasie-Nouvelle Guinée. A bord d'un sous marin, dont le réalisateur avait co-dessiné les plans, il a frôlé le plus profond de la croûte terrestre, c'est-à-dire 11,2 kms au dessous du niveau de la mer, en atteignant 10 898 mètres de profondeur.

Cette expédition, le Deep Sea Challenge, pilotée par le National Geographic, réussie sans encombres, a duré cinq heures (dont 156 mn de descente et 70 mn de remontée).  Il s'agissait évidemment de ramener des images d'un monde encore mal connu des scientifiques. L'unique fois où le fond avait été atteint date de 1960 : il y a 52 ans, le lieutenant de la Navy américaine Don Walsh et l'océanographe suisse Jacques Piccard  avaient plongé et atteint la croûte terrestre mais n'avaient pu rester que 20 minutes dans un univers obscurci par la vase. Les moyens ont changé.

Cameron est devenu ainsi le premier homme à fouiller ces fonds en solitaire, et ce durant plusieurs heures. Il devait filmer la biologie marine autant que la géologie, les spécimens et leur environnement. Il était doté de caméras 3D et de puissants projecteurs.

Un documentaire (en 3D) sera diffusé en salles (notamment IMAX) et sur la chaîne TV du National Geographic (qui existe dans plusieurs pays, dont la France), en plus d'être publié dans le mensuel.

Le résultat sera intriguant tant d'un point de vue visuel que scientifique. Même si Cameron a tout de suite tempéré nos fantasmes : "je n'ai pas vu d'énormes méduses ou d'anémones comme dans la Fosse de la Nouvelle Bretagne (Îles Salomon)".

James Cameron s'est toujours passionné pour les fonds marins : Abyss en 1989, Titanic (indirectement) en 1997, Les fantômes du Titanic et Volcans des abysses (2003), Aliens of the Deep (2005)... Lors de sa conférence de presse ce matin, le cinéaste a confié : "Beaucoup me connaisse en tant que réalisateur, mais l'océan et son exploration ont toujours été le moteur le plus fort dans ma vie".

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Site internet de l'expédition

Cannes 2012 : les (nombreux) prétendants français

Posté par vincy, le 26 mars 2012

Cannes 2012. Chapitre 4 : les films qui pourraient venir sur la Croisette. On achève ce teasing avec les films français.

Au maximum, ils seront 4 en compétition : nul ne doute que les sélection parallèles iront piocher ailleurs. Il y a quand même quelques éléments pour faire le tri : ceux qui ont déjà été en compétition, comme Cantet, Assayas, Audiard, Giannolli, Miller, Ozon ou Resnais partent avec un peu plus d'avantages. De même on voit mal Depardon ne pas être, ad minima, hors-compétition.

Il est évident que certains affichent un casting qui mériterait le tapis rouge. On pense au Carax, qui mixe Eva Mendès, Kylie Minogue et Michel Piccoli! Mais Cannes aime aussi promouvoir des nouveaux auteurs, au style singulier : le tandem Delépine/Kervern a toutes ses chances. Tout est question d'équilibre.

Puisque c'est dans cette longue liste que les choix sont les plus cruels, nous ne nous avancerons pas. Même si le film de Jacques  Audiard semble désormais optionné (date de sortie avancée à mai, et en plus un jeudi). A l'inverse, le Resnais est prévu dans les salles en avril. Sauf si...

Avec une ancienne Palme d'or, des chouchous de la Croisette, des cinéastes de la nouvelle génération qui n'ont jamais monté les marches, la représentation française est en surnombre. Certains feront aussi le choix de Venise... Ozon avait ainsi refusé que Potiche soit en clôture de Cannes pour finalement aller sur la lagune italienne.

- Jean-Pierre Améris (L'homme qui rit, avec Gérard Depardieu, Emmanuelle Seigner et Marc-André Grondin)

- Alexandre Arcady (Ce que le jour doit à la nuit, avec Anne Parillaud, Vincent Perez et Anne Consigny)

- Olivier Assayas (Après mai, avec Lola Créton et Dolores Chaplin)

- Yvan Attal (Do not Disturb, avec François Cluzet)

- Jacques Audiard (De rouille et d'os, avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Bouli Lanners et Céline Sallette)

- Sandrine Bonnaire (J'enrage de mon absence, avec William Hurt, Alexandra Lamy et Augustin Legrand)

- Stéphane Brizé (Quelques heures de printemps, avec Vincent Lindon, Emmanuelle Seigner et Hélène Vincent)

- Laurent Cantet (Foxfire, avec Michelle Nolden, Ali Liebert, Tamara Hope et Matthew Deslippe)

- Léos Carax (Holly Motors, avec Eva Mendes, Kylie Minogue, Michel Piccoli, Denis Lavant et Edith Scob)

- Raymond Depardon et Claudine Nougaret (Journal de France, documentaire)

- Jacques Doillon (Un enfant de toi, avec Lou Doillon, Samuel Benchetrit et Malik Zidi)

- Valérie Donzelli (Main dans la main)

- Hélène Fillières (Les adorés, avec Laetitia Casta, Benoît Poelvoorde et Richard Bohringer)

- Xavier Giannoli (Superstar, avec Cécile de France, Mathieu Amalric et Kad Merad)

- Gustave Kervern et Benoît Delépine (Le grand soir, avec gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel, Barbet Schroeder, Yolande Moreau et Brigitte Fontaine)

- Marion Laine (Un singe sur l'épaule, avec Juliette Binoche, Edgar Ramirez et Romain Rondeau)

- Anne Le Ny (Cornouailles, avec Vanessa Paradis, Samuel le Bihan, Aurore Clément, Jonathan Zaccaï et Laurent Stocker)

- Patrice Leconte (Le magasin des suicides, animation)

- Noémie Lvovsky (Camille redouble, avec Mathieu Amalric, Jean-Pierre Léaud, Yolande Moreau, Anne Alvaro et Denis Podalydès)

- Claude Miller (Thérèse Desqueyroux, avec Audrey Tautou, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche)

- François Ozon (Dans la maison, avec Kristin Scott-Thomas, Emmanuelle Seigner et Frabrice Luchini)

- Bruno Podalydès (Adieu Berthe ou l'enterrement de mémé, avec Denis Podalydès, Valérie Lemercier, Isabelle Candelier et Catherine Hiegel )

- Alain Resnais (Vous n'avez encore rien vu, avec Mathieu Amalric, Lambert Wilson, Michel Piccoli, Anne Consigny, Sabine Azéma et Pierre Arditi)

- Brigitte Rouän (Tu honoreras ta mère et ta mère, avec Nicole Garcia, Eric Caravaca, Gaspard Ulliel, Julie Gayet et Patrick Mille)

- Sylvie Verheyde (Confessions d'un enfant du siècle, avec Charlotte Gainsbourg, Pete Doherty, Lily Cole, et August Diehl)

Patricio Guzman à l’honneur au cinéma la clef

Posté par MpM, le 25 mars 2012

Du 28 mars au lundi 9 avril, le cinéma La Clef propose la première rétrospective française de l’œuvre du réalisateur documentariste chilien Patricio Guzmán, qui vit désormais en France.

C'est au milieu des années 70 que Patricio Guzman se fait connaître avec la trilogie documentaire La Bataille du Chili pour laquelle il collabore avec Chris Marker. Ce triptyque imposant fondera les bases de son cinéma, qui revient sans cesse sur l'histoire de son pays. Le cinéaste se caractérise d'ailleurs lui-même comme un "passeur de mémoire" ne cessant jamais d'interroger le passé et le présent pour mieux envisager l'avenir.

Au programme de la rétrospective, on pourra donc découvrir ses huit longs métrages (dont La Bataille du Chili, le documentaire sur Salvador Allende et son dernier film Nostalgie de la lumière), 5 moyens métrages et 5 courts qui complètent Nostalgie de la Lumière. Par ailleurs, deux longs métrages documentaires qui s'inscrivent en parallèle de son oeuvre seront également présentés : Aracana de Cristobal Vicente (Chili) et Les fantômes de Victoria de Ronnie Ramirez (Belgique/Chili).

A l'issue des séances, le public aura l'occasion de débattre avec Patricio Guzman lui-même, ainsi qu'avec des spécialistes de l'histoire contemporaine du Chili et des représentants d'associations chiliennes.

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Du mercredi 28 mars au lundi 9 avril 2012
Cinéma La Clef
34 rue Daubenton
75005 Paris
Programme et horaires sur le site du cinéma.

Cannes 2012 : les prétendants européens

Posté par vincy, le 25 mars 2012

Cannes 2012. Chapitre 3 : les films qui pourraient venir sur la Croisette. On poursuit avec les films européens (y compris russes).

Parmi les grands noms du continent qui sont attendus pour le prochain festival de Cannes, on notre trois Palme d'or, des jeunes talents et de nombreux cinéastes venus de l'Est. Mais certains de ces films peuvent ne pas être prêts. Deux inconnues : des cinéastes très connus, mais défunts, peuvent chambouler le programme : L'altro mare, avec Toni Servillo, de Théo Angelopoulos ou celui de Raoul Ruiz. Des oeuvres posthumes, pas forcément achevées, où le réalisateur a été remplacé. Traditionnellement, le cinéma allemand et espagnol est sous représenté à Cannes. Mais cette année, le Festival pourrait aussi compensé avec des cinématographies en difficulté : Grèce, Portugal, Roumanie, ...

Enfin, si on imagine mal Nicolas Winding Refn (Drive) finir son nouveau film (Only God Forgives) dans les temps, il se pourrait qu'il soit tout de même présent à Cannes pour d'autres raisons.

- Marco Bellocchio (La bella addormentata, avec Isabelle Huppert, et Toni Servillo)

- Bernardo Bertolucci (Moi et toi 3D, avec Tea Falco et Jacopo Olmo Antinori)

- Stephen Frears (Lady Vegas, avec Bruce Willis, Rebecca Hall, Catherine Zeta Jones et Vince Vaughn. Déjà présenté à Sundance, il peut aller à Un certain regard).

- Matteo Garrone (Big House, avec Claudia Gerini)

- Teona Grenade (Dzma)

- Aleksei German (Il est difficile d'être un Dieu, avec Leonid Yarmolnik)

- Michael Haneke (Amour, avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva)

- Ilya Khrzhanovskiy (Dau, avec Teodor Kurentzis)

- Joachim Lafosse (Aimer à perdre la raison, avec Tahar Rahim, Niels Arestrup et Emilie Dequenne)

- Ken Loach (The Angels' Share, avec Roger Allam et John Henshaw)

- Sergei Loznitsa (In the Fog)

- Cristian Mungiu (Beyond the Hills, avec Cosmina Stratan et Cristina Flutur)

- Manoel de Oliveira (Gebo et l'ombre, avec Claudia Cardinale, Jeanne Moreau et Michael Lonsdale)

- György Palfi (Final Cut. Ladies & Gentlemen, film montage)

- Jaime Rosales (Rêve et silence)

- Raoul Ruiz et Valeria Sarmiento (As Linhas de Torres, avec Catherine Deneuve, John Malkovich, Isabelle Huppert, Mathieu Amalric,Marisa Paredes, Chiara Mastroianni, Vincent Perez et Malvil Poupaud)

- Ulrich Seidl (Paradise, avec Maria Hofstätter et Margarete Tiesel)

Cinéma, livre, musique unis pour la présidentielle : décryptage

Posté par vincy, le 24 mars 2012

On pourrait regretter que le jeu vidéo n'ait pas été inclus dans la boucle. Mais reconnaissons, pour une fois, que l'unité affichée par les trois grands piliers de la Culture (hors spectacle vivant et patrimoine), le Cinéma, la Musique et le Livre, est suffisamment rare pour être soulignée.

Ainsi les organisations du cinéma et de l'audiovisuel - ARP, SACD et Scam - de la musique - SNP, Upfi - et du livre - SNE, SGDL-, se sont unies aux plateformes de diffusion - FilmoTV, Dailymotion, Libsum -  pour promouvoir une offre légale culturelle numérique accessible, riche et attractive et la défendre auprès des candidats à l'élection présidentielle.

Ils se sont réunis hier au siège de l'ARP, le Cinéma des cinéastes, à Paris. C'est la première fois que les représentants des principaux "corps intermédiaires" de la profession signent un communiqué commun.

L'après Hadopi en question

Il y a plusieurs raisons à cela : Hadopi est considéré comme un semi-échec (coûteux, impact difficilement quantifiable, ...), le numérique s'ancre de plus en plus dans les habitudes de consommation du citoyen (et on n'a toujours pas prouvé que le piratage était néfaste culturellement), l'accès légal aux oeuvres culturelles reste confus et complexe... Sans oublier qu'une grande partie de cet accès passe par des plateformes étrangères (iTunes d'Apple ou bientôt Netflix).

L'autre raison, plus pragmatique, est la différence de points de vue des dix candidats à l'élection présidentielle. Si l'on prend le comparatif des programmes effectués par Le Monde (pas forcément exhaustif mais factuel), voici les propositions des candidats (par ordre alphabétique) :

- Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) : Films, disques, reportages en accès libre sur internet avec un service public associé.
- François Bayrou (Modem) : Abrogation de la loi Hadopi et développement d'une offre de téléchargement légal.
- Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : Abrogation des lois Dadvsi et Hadopi ; Taxe de 2€ par mois et par abonnement sur les fournisseurs d’accès à Internet ; Possibilité pour les artistes de s’organiser en auto-producteurs ou en coopératives pour diffuser leurs oeuvres, avec une subvention fournie à des individus, non à des structures ; Etablir une plateforme de téléchargement publique ; Accroître les moyens juridiques sur la protection des données personnelles ; Lancer une stratégie du logiciel libre.
- Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) : Abrogation de la loi Hadopi pour une licence globale.
- François Hollande (Parti Socialiste et Parti Radical de Gauche) : Remplacement d'Hadopi par "une loi qui conciliera la défense des droits des créateurs et un accès aux œuvres par internet facilité et sécurisé ; Couverture de 100 % du territoire en très haut débit d'ici à 2022 (voir aussi « Réconcilier les internautes et le monde de la culture » par Fleur Pellerin et Aurélie Filippetti et « La loi Hadopi doit être repensée » par François Hollande).
- Eva Joly (Europe Ecologie - Les Verts) : Abrogation de la loi Hadopi et légalisation du partage non marchand ; Instauration d'une contribution de l'offre d'un milliard d'euros (internautes et fournisseurs d'accès à internet) pour soutenir la création.
- Marine Le Pen (Front National) : Abrogation de la loi Hadopi pour une licence globale.
- Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) : Abrogation de la loi Hadopi et création d'une plateforme publique de téléchargement ; Engagement d'une concertation en vue de garantir le respect des droits des artistes, auteurs et interprètes grâce à une mise à contribution des fournisseurs d’accès, des opérateurs de télécommunications et du marché publicitaire.
- Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste) : Abrogation de la loi Hadopi pour une licence "égale" (maintient de l'exception pour copie privée des internautes et protection de la rémunération des artistes et techniciens), financée par une taxe sur le chiffre d'affaire des majors, des opérateurs de télécoms, des fabricants de matériel informatique.
- Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement populaire) : Maintien d'Hadopi (mais évolution possible), et couverture de 100 % du territoire en très haut débit d'ici à 2020. Création de taxes et impôts propres à Internet (notamment une taxe sur la publicité en ligne et l'assujettissement à l'impôt sur les sociétés - quitte, dans ce dernier cas, à renégocier certaines de nos conventions fiscales) ; possibilité d’organiser des raids équivalents à ceux du FBI contre Megaupload.

A la lecture des propositions, on constate qu'hormis le Président-candidat qui a créé Hadopi, tous veulent soit l'abroger ou la remplacer. Les différences, qui ne démontrent pas un clivage gauche/droite sur ce sujet là, sont davantage dans la manière d'envisager la rémunération des auteurs (licence globale, ...) ou la diffusion des oeuvres.

Enjeu culturel et industriel

Les organisations culturelles qui se sont réunies expliquent leur motivation : "L’enjeu est à la fois culturel – faciliter l’accès légal aux œuvres dans toute leur diversité – et industriel – encourager le développement des plateformes françaises et européennes de diffusion numérique capables de concurrencer les géants américains de l’Internet. Il implique que ces offres puissent se développer hors de la présence et de la concurrence massive des offres de téléchargement et de streaming illégales."

En 6 points, elles expliquent que la concurrence déloyale (téléchargement et streaming illégaux, contournement des règles fiscales nationales par les géants américains de l'Internet) menacent l'offre (et la diversité) culturelle française. Elles s'accordent qu'il faut dépasser les débats "stériles" de l'Hadopi, qui ont opposé les créateurs à leur public. On peut être en désaccord sur le fait que cette union d'organisations représentatives estiment qu'Hadopi est pédagogique et "non répressive" (sic, que dire alors de sanctions malgré tout radicale non validées par un juge?).

Les 6 points ont la vertu de poser le problème rationnellement. Et reconnaissons qu'aucun des candidats ne réponds à tous les points, ou, pire, quand ils y répondent, c'est parfois à côté de la plaque. On privilégie la taxation nationale au détriment d'une harmonisation européenne, ou on augmente la TVA sur les biens culturels quand leur consommation est déjà en baisse (livre, musique).
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Cannes 2012 : les prétendants asiatiques, océaniens et africains

Posté par vincy, le 24 mars 2012

Cannes 2012. Chapitre 2 : les films qui pourraient venir sur la Croisette. L'Asie-Océanie-Afrique pour continuer.

Certes, il restera l'inconnue Wong Kar-wai jusqu'au bout : celui qu'on espère mais qu'on n'attend plus. Cela fait plus de deux ans que son film est en post-production...

Tous les autres grands maîtres du cinéma asiatique sont là, y compris une ancienne Palme d'or et un Goncourt. Nombreux sont ceux qui ont tourné à l'étranger. Et puis il y a les fidèles ou les boulimiques qui peuvent s'inviter comme Johnnie To (un film en tournage, un autre tout juste sorti dans les salles chinoises).

- Chan-wook Park (Stocker, avec Mia Wasikowska, Nicole Kidman et Dermot Mulroney)

- Lu Chuan (The Last Supper, avec Ye Liu et Daniel Wu)

- Ibrahim El-Batout (Winter of Discontent)

- Eytan Fox (Ha-Sippur Shel Yossi)

- Bahman Ghobadi (Rhinos Season, avec Monica Bellucci)

- John Hillcoat (The Wettest County, avec Tom Hardy, Gary Oldman, Jessica Chastain, Shia LaBeouf, Guy Pearce et Mia Wasikowska)

- Mamoru Hosoda (The Wolf Children Ame and Yuki, animation)

- Wong Kar-wai (The Grandmasters, avec Tony Leung Chiu Wai, Ziyi Zhang et Chen Chang)

- Abbas Kiarostami (The End, avec Ryo Kase)

- Takeshi Kitano (Anata e)

- Yousry Nasrallah (Après la bataille)

- Atiq Rahimi (Pierre de patience, avec Golshifteh Farahani)

- Hong Sang-soo (In Another Country, avec Isabelle Huppert)

- Im Sang-soo (Taste of Money)

- Cate Shortland (Lore, avec Saskia Rosendahl)

- Moussa Touré (La pirogue, avec Souleymane Seye NDiaye)

- Kôji Wakamatsu (Mishima, A Life in Four Chapter)

- Lou Ye (Mistery, avec Hao Lei et Qin Hao)