De plus en plus de films à louer sur Facebook

Posté par vincy, le 25 août 2011

Rien de vraiment neuf sous le soleil de Facebook. Mais une tendance lourde : les studios américains investissent le réseau social pour louer leurs films. Au printemps (voir actualité du 27 mars), Warner avait lancé un test avec The Dark Knight avant d'étendre son offre avec des titres comme Harry Potter, Inception ... En juillet, Paramount s'est jeté dans le réseau avec toute la série Jackass.

Depuis une semaine Universal a mis à disposition de tous ses amis The Big Lebowski, le film culte des Frères Coen, avec l'application Social Theater (pour 30 crédits Facebook d'une valeur de 3$ US).

Et là, Miramax s'y est investit à son tour avec The Miramax Experience. 20 titres seront immédiatement disponibles pour les internautes américains, parmi lesquels Will Hunting, Gangs of New York, Retour à Cold Mountain, Spy Kids, Chicago et No Country for Old Men. Les conditions tarifaires de location sont les mêmes que pour Universal. Miramax avait déjà signé avec NetFlix, qui propose davantage de titres (dont Pulp Fiction, Le Patient anglais, les Scream et Shakespeare in Love).

Facebook est une force de frappe incontournable selon les studios. Premier portail d'entrée sur Internet, il doit cependant modifier sa stratégie tant les usages ont évolué depuis sa création. L'aspect purement communautaire est en déclin tandis que les usages ludiques (jeux, vidéos) et marketing (fan d'une marque) progressent. Cette passivité des internautes est donc compensée par la facilité d'utilisation du site.  Ainsi, les sites autour de films sont en nette augmentation, tout comme le partage de vidéo ou le téléchargement d'une vidéo.

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Sophie Marceau revient au théâtre

Posté par vincy, le 24 août 2011

Sophie Marceau sur scène, cela faisait 18 ans que ce n'était pas arrivé. Elle avait joué dans Eurydice, de Jean Anouilh, mis en scène par Georges Wilson, en 91. Elle avait d'ailleurs obtenu le Molière de la révélation théâtrale. Puis en 93, elle jouait aux côtés du fils de Georges Wilson, Lambert, dans une pièce de George Bernard Shaw, Pygmalion, mise en scène par Bernard Murat.

Cet automne, l'actrice préférée des français surprendra sans doute en jouant un texte d'Ingmar Bergman, Une histoire d'âme. A Paris, on pourra la voir au Théâtre du Rond-Point du 13 octobre au 19 novembre. Une tournée suivra, au Théâtre de Lorient (22-27 novembre), au Centre Dramatique National de Nice (30 novembre-7 décembre) et au Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence (9-17 décembre).

Dans le journal du Théâtre de Lorient, l'actrice revient sur son amour du théâtre, de la danse et de ce texte de Bergman : "Quand j'ai lu Une histoire d'âme, j'ai eu l'impression qu'il y avait là dedans quelque chose qui m'échappais, que je n'arrivais pas à saisir, en me disant que cela devait venir de moi. (...) J'y ai découvert une justesse, une simplicité, une limpidité qui 'ont fait complètement entrer dedans, et m'ont donné envie de me lancer." Elle sera seule sur scène.

Bergman/ Marceau. Etrange lien que réalise la metteur en scène Bénédicte Acolas. "Pour adapter ce monologue, j’explore à la fois le dédoublement de la personnalité de Viktoria et ses multiples voix intérieures qui l’assaillent et je souhaite montrer l’histoire d’une femme qui joue et rejoue sa vie sur scène sincère et souffrante" explique-t-elle. Le texte est fidèle aux questionnements du cinéaste disparu, qui a souvent écrit pour le théâtre : "Ingmar Bergman parle de Sexe comme il parle de Dieu et de l’Art dans cette pièce. Il s’interroge sur l’intimité, les tabous et les malentendus. Maître illusionniste, il fait s’affronter les fantômes, les démons et les passions sincères de notre humanité."

Bénédicte Acolas évoque la pièce et son actrice : "Sophie Marceau, entourée de rares projections, incarne une figure emblématique d’Ingmar Bergman. Viktoria ne veut pas se lever. Oublier tout, dormir encore, fumer des cigarettes. Elle est peut-être folle. Cruelle, perdue, à la fois trop vieille et trop jeune. Trop belle. Actrice inaccomplie qui se parle à elle-même et femme trompée, infiniment malheureuse et révoltée. Une histoire d’âme fouille les tréfonds des ratages partagés, vies pourries d’hypocrisies, de désirs non satisfaits dans une société bouffie de conventions tyranniques."

Sera-t-elle à la hauteur, la Marceau? A en croire la jolie déclaration d'amour de Christophe Honoré (Les bien-aimés), Sophie Marceau souffre surtout d'une mise à l'écart de la part des cinéastes : les vieux (Téchiné) comme les jeunes (Desplechin, Assayas). Ils préfèrent filmer Béart, Binoche, Devos, Bonnaire... "Personne ne la filme dans ces films-là. Pas un plan d'elle, pas une incarnation, pas l'idée d'une idée de l'éventuelle actrice qu'elle est devenue". Honoré loue sa performance dans Police (Pialat), La fidélité (Zulawski, qui a compris qu'elle était plus "gaillarde qu'Adjani, plus solide que Romy"). Cette "prisonnière du cinéma" pourrait trouver le salut sur les planches. "Sophie Marceau sur scène. On n'ose pas trop y croire, on se prend à espérer. Qu'elle accepte enfin d'être inquiétée" (...) Que le théâtre la force à s'acquitter de ce qu'elle est. Avec affection". Qu'attendez-vous Christophe pour faire tourner Sophie?

One Piece Strong World : le 10e film débarque enfin dans les salles françaises (les autres en DVD)

Posté par vincy, le 23 août 2011

Plus de 63 tomes à date. Un peu moins en français (le prochain, le N°58 sort en septembre). One Piece est l'un des mangas les plus populaires du monde : 220 millions d'exemplaires selon son éditeurs, dont 6 millions rien qu'en France ; les derniers volumes se vendent à 50 000 exemplaires à chaque sortie. Outre une série TV de plus de 500 épisodes, il a donné lieu à dix films en salles, tous des succès majeurs. One Piece Strong World, le 10e de la série, est le premier à sortir dans les salles françaises ce mercredi 24 août. Il avait attiré 3,6 millions de spectateurs au Japon (53 millions de $ au box office nippon, un record pour la franchise). Pour la première fois, l'auteur du manga, Eiichiro Oda, a participé à ce dixième film anniversaire, comme scénariste.

Le film avait été présenté au Festival du cinéma d'animation d'Annecy en 2010. Les neuf autres films vont être diffusés en DVD et Blu-Ray. One Piece : le film sort ce même 24 août. L'aventure de l'île de l'horloge est prévu en novembre, Le Royaume des Chopper, l'île des bêtes étranges en mars 2012, L'aventure sans issue en juillet 2012, La malédiction de l'épée sacrée en novembre 2012, Baron Omatsuri et l'île aux secrets en mars 2013, Le Mecha Géant du Château Karakuri en juillet 2013, Episode d'Alabasta : les pirates et la princesse du désert en novembre 2013, et enfin Episode de Chopper : le miracle des cerisiers en hiver en mars 2014. Un onzième film, Mugiwara Chase, en 3D, est sorti au Japon en mars dernier.

Et d'ailleurs ce film, que vaut-il? Que la farce soit avec toi!

Ce n'est pas du Miyazaki (malgré de fortes influences dans les décors). Le dessin est imprécis, certains figurants lointains sont à peine esquissés, parfois figés... l'aspect artistique est plus proche d'un manga pour la télévision que d'un film d'animation pour le cinéma. Mais il y a au moins le sens du spectacle. Cet univers fantastique et bariolé, avec ses drôles d'animaux et ses personnages très typés, en font une aventure délirante et inventive. Entre jeu vidéo (on frôle les Pokémons côté histoire) et véritable univers de genre (les films de pirates, sans la noirceur d'Albator), avec une musique idéale pour des consoles Nintendo, et un humour grotesque très nippon, le film d'aventures mue - malgré lui? - en une farce où chacun rivalise de grimaces démoniaques ou burlesques. C'est imaginatif (par exemple ces escargophones vidéos autopropulsés), drôle ("Tu ne mérites pas qu'on te tue") et simpliste (des gentils immortels et invulnérables contre un vilain méchant qui veut régner sur le monde).

Tout est exagéré. Les pirates ont plutôt des airs de Yakuzas (notamment dans les batailles finales façon Kill Bill). L'hommage au Mime Marceau ajoute une bonne intention aux créateurs. Ce grand n'importe quoi est cinématographiquement pauvre, mais cela ne retire pas l'éventuel plaisir régressif que l'on peut éprouver. Il manque quand même le perfectionnisme d'un auteur, une vision artistique ambitieuse pour que One Piece Strong World, malgré quelques séquences d'action pas mal foutues, se différencie d'une production vidéo ou télévisuelle.

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Synopsis : « East Blue menacé de destruction ? » Alors que l'équipage au chapeau de paille continue son voyage, les pirates apprennent une nouvelle des plus surprenantes. Devant la menace qui plane sur leurs îles natales respectives, Luffy et ses compagnons décident d'interrompre leur aventure pour revenir vers East Blue, « la mer de l'Est ». C'est à ce moment qu'apparaît dans le ciel un mystérieux bateau pirate. Aux commandes de cet étrange navire qui peut voler, un pirate qui a mangé un fruit du Démon : le légendaire
« Shiki le lion d'or » ! Il est le seul prisonnier à être parvenu à s'évader d'Impel Down, le pénitencier sous-marin. Sa renommée s'élève sans problème au rang de celle de Barbe Blanche ou encore de Gold Roger, l'ancien Roi des Pirates. Shiki attire nos amis dans un piège : Il enlève Nami et disperse le reste de l'équipage sur l'archipel volant qui lui sert de refuge.Sur ces îles, la loi du plus fort règne en maître ! Les pirates y croisent les animaux les plus féroces qu'ils aient jamais croisés. Nami, ravalant ses larmes, doit supplier Shiki de l'accepter dans l'équipage du lion d'or... Et ces animaux gigantesques qui ont connu une évolution totalement hors-normes... Mais qu'arrive-t-il à l'équipage au chapeau de paille ? Quelles sont les véritables ambitions de Shiki ? C'est le début d'une formidable aventure qui décidera du sort de l'équipage au chapeau de paille.
Bande annonce du film

Pixar : des dinosaures au cerveau humain

Posté par vincy, le 22 août 2011

Pixar a besoin de se relancer. Malgré le box office honorable de Cars 2 (500  millions de $ à ce jour), il s'agit de la plus faible fréquentation parmi tous les films du studio. Pixar compte rebondir en juin prochain avec Brave, le premier conte de fée du studio (bande annonce), et a déjà prévu pour juin 2013 Monsters University, prequel de Monsters Inc.. La branche de Disney avait aussi annoncé la mise en production de Newt, avant d'abandonner le projet, trop similaire à Rio. Tout comme The Bear and the Bow a été purement et simplement annulé l'an dernier.

Lors du congrès D23 Expo organisé par Disney ce week-end, deux nouveaux films ont été officialisés. Sans titre, mais avec un réalisateur.

Le premier sortirait le 27 novembre 2013 en Amérique du nord. Il s'agirait d'une histoire de dinosaures. Les monstres préhistoriques façon Pixar, on demande à voir. Et cela irait bien au studio, spécialisé dans les mondes où l'humain n'est qu'un faire-valoir. Bob Peterson (scénariste du Monde de Némo et co-réalisateur de Là-haut) en sera le réalisateur. L'histoire, qui se déroule à notre époque, raconte comment vivraient les dinosaures aujourd'hui si la Terre n'avait pas été percutée par un astéroïde.

L'autre cinéaste de Là-haut, Pete Docter, hérite de l'autre nouveau projet de Pixar, celui "qui vous emmène à l'intérieur du cerveau". Il est prévu pour l'été 2014.

D'ici là Disney Animation a plusieurs films aux fourneaux : Le Roi Lion en 3D, The Muppets, Wreck-It Ralph, Planes, Frankenweenie, Le Roi des elfes...

Warner Bros veut revitaliser La horde sauvage avec Tony Scott

Posté par vincy, le 21 août 2011

Warner Bros a décidé de développer un "reboot" de La Horde Sauvage (The Wild Bunch), le film de Sam Peckinpah sorti en 1969, avec William Holden, Ernest Borgnine et Robert Ryan. L'effet True Grit, sans doute, est passé par là.

Tony Scott est déjà en négociations pour réaliser ce projet. Etrange choix (certes le cinéaste esthétise la violence depuis 30 ans mais généralement au détriment de l'histoire), d'autant que le dernier succès véritable de Scott date de 1998 (Ennemi d'Etat, 250 millions de $ dans le monde). On imagine déjà assez bien ce que pourrait devenir ce  western culte (et violent, avec 145 morts au compteur, et des scènes de massacre au ralenti) qui avait emporté un joli succès lors de sa sortie, en plus de deux citations aux Oscars (dont meilleur scénario).

Depuis, le film est entré dans le patrimoine américain. A l'époque John Wayne avait pourtant créé la polémique en accusant La horde sauvage de détruire la mythologie du Western. Ironiquement, le film est classé 6e parmi les 10 plus grands westerns selon l'American Film Institute. Il a été restauré en 1995 dans sa version européenne, la plus complète, qui comprend dix secondes de tuerie censurées lors de la sortie américaine. Cependant, rappelons que le film avait été interdit aux moins de 18 ans en France.

L'histoire se déroule en 1913, entre le Texas et le Mexique. Un gang d'hors-la-loi vétérans, dirigé par Pike Bishop, est pris au piège par un ancien compagnon, alors qu'ils tentent de dérober la paie d'ouvriers du chemin de fer. Une fois l'échec constaté, ils s'allient à un chef mexicain pour attaquer un convoi de l'armée américaine...

Ridley Scott accepte de revenir dans l’univers de Blade Runner

Posté par vincy, le 20 août 2011

Ce n'est pas un remake mais d'une nouvelle version. Ridley Scott veut revisiter son film de science-fiction culte Blade Runner.

Il y a cinq mois, Alcon Entertainment avait acquis les droits du film, lui ouvrant ainsi la possibilité de produire une série TV, un prequel ou une suite. La société a confirmé jeudi 18 août que Ridley Scott réaliserait et coproduirait une nouvelle version de Blade Runner. Les discussions ont té engagées au printemps, sur le plateau du prochain film de Scott, Prometheus (voir actualité du 27 janvier dernier).

Le nouveau Blade Runner devrait entrer en production d'ici fin 2012. D'ici là, il faut engager un scénariste et surtout choisir l'extension : un prequel ou une suite? Ce qui est évident pour Alcon, c'est qu'il ne peut pas s'agir d'un remake.

Blade Runner, sorti en 1982, a souvent été loué pour son tour de force artistique. Film de noir d'anticipation, le thriller, avec Rutger Hauer, Harrison Ford et Sean Young, avait séduit plus de 2 millions de spectateurs en France, le pays où il a connu son plus gros succès. En Amérique du nord, le film avait récolté 27 millions de $ (de l'époque), soit à peu près son coût de production, ce qui avait été considéré comme un flop. Il est ressorti en salles en 1993 et en 2007 (dans une version inédite "Director's Cut").

Blade Runner est une adaptation du roman de Philip K. Dick Do Androids Dream of Electric Sheep?, qui se déroulait en 1992. Le film avait été situé en 2020.

Raoul Ruiz (1941-2011) prend sa place parmi les morts

Posté par vincy, le 19 août 2011

Le cinéaste franco-chilien Raoul Ruiz est décédé vendredi matin à l'âge de 70 ans, à Paris, des suites d'une infection pulmonaire, a annoncé son producteur François Margolin. Il avait reçu le Prix Louis-Delluc l'an dernier pour Mystères de Lisbonne.

On imagine mal l'étendue de l'oeuvre du cinéaste (67 films!), érudit et perfectionniste, maniériste et passionné. Inspiré par la littérature sud-américaine et ses flamboyances surréalistes et fantastiques (Borgès, Garcia Marquez), son cinéma magnifiait les symboles, situés dans chaque petit détail de l'image, et sublimait l'inconscient à travers des comédies humaines, tantôt tragiques tantôt dérisoires. Il s'amusait avec les genres, du film d'époque au polar, qu'il revisitait avec un style singulier et des histoires issues de la littérature (Giono, Proust, Balzac, Kafka) ou flirtant avec les grands maîtres (Hitchcock, Bunuel).

Raoul Ruiz a commencé sa carrière cinématographique en 1967 avec El tango del Viudo. L'artiste chilien avait, auparavant, fait ses armes dans le théâtre expérimental, et écrit des pièces d'avant-garde. Il réalise des films courts avant de passer aux longs.  Mais l'arrivée du dictateur Augusto Pinochet en 1973 va le contraindre à fuir en Argentine, puis, un an plus tard, en France, où il s'exile avec sa femme, monteuse, Valéria Sarmiento.

Cannes l'a déjà repéré. En 1972, il a présenté Que faire?, son quatrième long métrage. Il viendra présenté quatorze films, toutes sélections confondues, durant 35 ans. Membre du jury du Festival de Cannes en 2002, il fera l'événement avec Le temps retrouvé en 1999 et la clôture de la compétition avec Les âmes fortes en 2001. C'est aussi à Cannes, en 1992 et 1996 que son cinéma s'ouvre à un public plus large avec, respectivement, L'oeil qui ment et surtout Trois vies et une seule mort, l'avant-dernier film avec Marcello Mastroianni, et le seul où il joue avec sa fille Chiara.

Ce poète de l'image avait un don soigné pour l'écriture et une curiosité généreuse pour choisir ses comédiens : Deneuve, Giraudeau, Béart, Malkovich, Casta, Huppert, Berling, Alvaro, Piccoli, Dombasle, Paredes... il n'y avait aucune frontière. Les miroirs se dédoublaient, les fantômes rodaient. Le surréalisme régnait. L'expérimental, l'avant-gardisme, l'onirisme se confondaient de plus en plus dans des films conceptuels ou abstraits, ou se diluaient dans des fresques somptueuses, qui n'avaient de classiques que leur apparence. Ruiz cherchait l'essence même du théâtre : la phrase forte, le comédien charismatique, la restitution d'une ambiance qui n'avait rien de réel. Il coupait au couteau ses films. Il concédait quelques échecs, mais jamais de complets ratages.

Filmant avec la délectation la folie des hommes, son cinéma reste, à l'image de ses castings cosmopolites et de ses influences culturelles, un mélange harmonieux de cultures variées. Son cinéma était aussi délicat que raffiné, intellectuel et formel, anticonformiste et ludique.

Gilles Jacob, président du Festival de Cannes lui a rendu hommage très rapidement : "Comme souvent chez les meilleurs écrivains latinos, il était doué d'une imagination d'une prodigalité incomparable". "C'était un conteur des mille et une nuits, dont les aventures, les bizarreries, la logique, les incidentes, les quiproquos renvoyaient l'art d'un Stevenson (qu'il avait adapté) au niveau de la comtesse de Ségur."

Ruiz fit considéré tardivement comme un grand. Berlin lui décerne un Ours d'argent pour l'ensemble de son oeuvre en 1997, près de trente ans après son léopard d'or à Locarno (Tres tristes Tigres). Le Delluc l'an dernier restera son prix le plus prestigieux pour l'un de ses films.

"Il était en train de finir le montage d'un film (La noche de enfrente) qu'il avait tourné sur son enfance au Chili. Et par ailleurs, il préparait un autre film au Portugal sur une bataille napoléonienne célèbre. Il devait y avoir Melvil Poupaud", a précisé son producteur François Margolin.

Le cinéaste franco-chilien Raoul Ruiz sera inhumé au Chili, a annoncé le ministre chilien de l'Education Luciano Cruz-Coke. Une cérémonie religieuse se tiendra à Paris le mardi 23 août 2011 à 10h30 à l’Eglise Saint-Paul à Paris.

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Raoul Ruiz en 10 dates :

25 juillet 1941 : naissance à Puerto Montt, Chili

1963 : premier court métrage, La maleta

1969 : Trois tigres tristes, Léopard d'or à Locarno

1973 : L'expropriation

1985 : L'île au Trésor

1996 : Trois vies et une seule mort

1997 : Généalogies d'un crime, Ours d'argent à Berlin

1999 : Le Temps retrouvé, d'après Marcel Proust

2010 : Mystères de Lisbonne, Prix Louis-Delluc

19 août 2011 : décès à Paris

Deauville 2011 : une 37e édition qui condense le meilleur du cinéma américain contemporain

Posté par MpM, le 18 août 2011

Deauville 2011Chaque année, le Festival américain de Deauville lance la rentrée cinématographique en proposant un condensé de films US attendus ou ayant fait parler d'eux tout au long de l'année. On retrouvera donc dans la programmation 2011 une poignée de bonnes surprises cannoises (l'excellent Take shelter de Jeff Nichols, bien placé pour un grand prix, Drive de Nicolas Winding Refn, Restless de Gus Van Sant, et même The artist de Michel Hazanavicius) et quelques titres qui ont fait parler d'eux lors d'autres manifestations comme Yelling to the Sky de Victoria Mahoney (Berlin) ou En secret de Maryam Keshavarz (Paris Cinéma). Sans oublier l'avant-première française du nouvel Abel Ferrara, en compétition à Venise, 4:44 Last Day on Earth.

C'est à la fois l'occasion de faire le point sur la programmation "indépendante" (à l'honneur dans la compétition), et de prendre de l'avance sur les "grosses sorties" de l'automne, voire de l'hiver, telles que Too Big to Fail de Curtis Hanson, La Couleur des sentiments de Tate Taylor (d'après le best-seller éponyme) ou Dark Horse de Todd Solondz (vérifier les dates). Pas vraiment de quoi découvrir des pépites insoupçonnées jusque-là, mais un moyen efficace de se tenir au courant.

D'autant que Deauville s'agrémente également d'une section documentaire (Les docs de l'Oncle Sam), de nuits rétrospectives "pour se réapproprier le patrimoine du cinéma américain" et de sessions consacrées aux séries télé. Sans oublier des hommages rendus, parfois en leur présence, à des personnalités incontournables du cinéma américain. Cette année, ce sont ainsi Francis Ford Coppola, Todd Solondz, Naomi Watts, Shirley MacLaine et Danny Glover qui seront à l'honneur.Un hommage à Blake Edwards sera rendu.

Bien sûr, Ecran Noir sera sur place pour vous faire vivre cette grande fête du cinéma américain au jour le jour.

Les quatorze films de la section compétitive :
Another Happy Day de Sam Levinson,
All She Can d'Amy Wendel,
Another Earth de Mike Cahill,
Detachment de Tony Kaye,
En secret (Circumstance) de Maryam Keshavarz,
Jess + Moss de Clay Jeter,
On the Ice d'Andrew Okpeaha MacLean,
Return de Liza Johnson,
Take Shelter de Jeff Nicols, Terri d'Azazel Jacobs,
The Dynamiter de Matthew Gordon,
Trust de David Schwimmer,
Without de Mark Jackson,
Yelling to the Sky de Victoria Mahone

Les jurys

Le jury principal : Olivier Assayas (Président), Nathalie Baye, Chiara Mastroianni, Bruno Todeschini, Claire Denis,  Nicolas Godin (Air),  Angelin Preljocaj et Jean Rolin.

Le jury révélation : Samuel Benchétrit (Président), Leila Hatami, Sabrina Ouazani, Elisa Sednaoui et Benjamin Siksou

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Festival du cinéma américain de Deauville
37e édition
Du 2 au 11 septembre 2011
Informations et programme sur le site de la manifestation

160 000 spectateurs pour le Festival de Locarno cette année

Posté par vincy, le 18 août 2011

Après le palmarès, les chiffres. La 64e édition du Festival de Locarno a connu un beau succès public. “Le nombre total de spectateurs  s’élève à 159 503 (contre 148 436 en 2010), avec une augmentation d’environ 7,5%, due en particulier à l’excellente fréquentation de la Piazza Grande (61 700 spectateurs contre 52 300 en 2010). La participation dans les salles reste stable, avec 97 803 spectateurs (2010: 96 136) malgré la légère réduction du nombre de films” annonce le communiqué des organisateurs.

Côté professionnels, le nombre d'accrédités a aussi augmenté avec 3 950 personnes enregistrées (contre 3 852 en 2010), parmi les quels 251 acheteurs pour le marché du film et 900 journalistes.

Le Directeur artistique Olivier Père s’est déclaré “satisfait du succès rencontré auprès du public, de la critique et des professionnels”. Le Président du festival, Marco Solari, espère “que le succès du Festival permettra de convaincre la population de la région de Locarno qu’elle a désormais toutes les cartes en main pour aspirer à devenir un centre d’excellence de l’audiovisuel”.

Locarno fait partie des cinq festivals de cinéma majeurs européens, avec Cannes, Berlin, Venise et San Sebastian.

L’univers de Pedro Almodovar adopté par Broadway

Posté par redaction, le 17 août 2011

Outre la sortie de La piel que habito, Pedro Almodovar a déjà fait parler de lui cette année avec l’adaptation de son film culte Femmes au bord de la crise de nerfs, sorti en 1988, sur les planches de Broadway.

Avec 30 avant-premières, et 69 représentations, c’est donc tout l'univers de Pedro Almodovar, et aussi la culture espagnole, qui a été adopté et adapté par Broadway pendant deux mois entiers au Balasco Theatre (la dernière ayant eu lieu le 2 janvier). “Pedro pense d’une manière qu’il appelle ‘antipático’, qui est une façon de traiter les choses odieuses que je ne peux décrire que comme un certain dédain”, avoue le metteur en scène de la pièce, Barlett Sher. Le box office n'a pas été déshonorant la salle était remplie aux deux tiers environ en moyenne), mais la rude concurrence à New York a obligé les producteurs à baisser le rideau plus tôt que prévu.

C’était la première fois que le cinéaste travaillait sur un projet à Broadway et il y a mis tout son coeur. Ainsi, au début de la création du spectacle, il a réuni toute l’équipe dans sa chambre d'hôtel pour leur décrypter le film dont est tiré la pièce, en décrivant les choix qu’il avait fait pour chaque scène, chaque détail, et permettre ainsi aux auteurs de rester authentiques en transformant le film en comédie musicale. Ce qui est amusant, c'est que le cinéaste s’était inspiré de “comédies américaines loufoques comme référence” et qu’il avait “écrit le script du film pour qu’il ressemble à une adaptation cinématographique d’une pièce imaginaire”.

Jeffrey Lane (livret) et David Yazbek (musique et paroles) avaient déjà fait équipe pour la création de la comédie musicale Dirty Rotten Scoundrels, elle aussi adaptée d'un film (Le plus escroc des deux). Ils ont décidés de faire à nouveau équipe pour Almodovar, travaillant “mieux lorsqu' [ils ne sont] pas dans [leur] élément”, en occurrence sur un film européen.

Il leur aura fallu 18 mois pour mettre en place ce spectacle avec un Pedro Almodovar plus que présent pour accompagner au mieux cette aventure en 18 chansons (le disque est disponible sur iTunes depuis avril). Le premier atelier avait eu lieu en octobre 2009 avec Salma Hayek et Jessica Biel.

La comédie musicale, qui se déroule dans le Madrid des années 80, a reçu 3 nominations aux derniers Tony Awards (meilleur musique, meilleure actrice pour la grande Patti LuPone dans le rôle de Lucia et meilleure actrice pour Laura Benanti dans le rôle de Candela). Benanti a, par ailleurs, gagné le prix de la meilleure actrice dans un "musical" aux Drama Desk Awards.

Reste à savoir si la pièce voyagera à Londres, Madrid et Paris...

Le film attire aussi le petit écran puisque le cinéaste travaille, en collaboration avec la Fox, à une sitcom dérivée de cette histoire.