Madrid de Cine 2013 : 40 films pour défier la crise du cinéma espagnol

Posté par vincy, le 23 juin 2013

logo madrid de cine 2013La 8e édition de Madrid de Cine, l'équivalent des rendez-vous d'Unifrance pour le cinéma espagnol, avait lieu la semaine dernière, du 17 au 19 juin, dans la capitale des Ibères. L'occasion pour la presse internationale et plus de 400 professionnels de découvrir 40 films locaux prêts à être exportés.

Carmina o revienta de Paco Leon (3 fois nommé aux Goyas), Encierro 3D : Bull Running in Pamplona, documentaire de Olivier van der Zee, Alpha de Joan Cutrina, Esto no es una cita de Guillermo Fernández Groizard, The extraordinary tale of the times table de Jose F. Ortuño, Ali de Paco R. Baños, avec Veronica Forque, Somos Gente Honrada de Alejandro Marzoa et Una pistola en cada mano ont été parmi les films les plus vus durant ces journées d'après l'organisation.

Ainsi la comédie de Cesc Gay, Una pistola en cada mano, sortie fin 2012, portée par un casting alléchant - Ricardo Darín, Luis Tosar, Javier Cámara, Eduardo Noriega, Cayetana Guillén et Candela Pena, qui a remporté un Goya du meilleur second-rôle féminin pour ce film - a trouvé un distributeur en France. On a aussi appris que le duo de Cellule 211, Daniel Monzon et Luis Tosar, tourne un autre polar, El niño ; ou que L'orphelinat, le film phénomène de Juan Antoni Bayona, va faire l'objet d'un remake aux USA.

Pendant 3 jours, acheteurs de 29 pays, producteurs, journalistes (35 médias) se sont croisés dans un lieu unique pour rencontrer réalisateurs et comédiens des films participants.

Box office en chute libre

Ce succès croissant de Madrid de Cine a consolé une industrie cinématographique déprimée. Le box office est en chute libre depuis le début de l'année, après une année 2012 déjà désastreuse. Depuis 2009, le cinéma en Espagne est passé de 110 millions de spectateurs à 94 millions l'an dernier! En cause : la hausse de la TVA sur les billets de cinéma qui rend le ticket hors de prix (voir notre actualité du 4 octobre 2012). Le plus gros succès de l'année, The Croods, a rapporté 18 millions de $ quand l'an dernier déjà deux films avaient dépassé les 20 millions de $. Côté espagnol, le film le plus populaire cette année, à l'exception de Mama, reste le Pedro Almodovar, Les amants passagers, avec 6,5 millions de $ de recettes et une modeste 10e place dans le classement annuel.

Le nombre de tournage s'effondre avec seulement 43 productions lancées entre janvier et début juin, soit 25% de moins qu'en 2012 et 56% de moins qu'en 2011. Les mois à venir risquent de ne pas être plus réconfortants. Les budgets moyens par films sont eux aussi en forte baisse : 3 millions d'euros en 2010, à peine 1,8 million d'euros en ce début d'année.

Un cinéma tiré par ses recettes internationales

Cependant, la part de marché des films espagnols augmente (de 11,5% pour les six premiers mois de 2012 à 17,9% pour le premier semestre 2013). Cela confirme la tendance enregistrée l'année dernière, où le cinéma espagnol avait battu son record de 27 ans avec une part de marché de 19,3%. The Impossible a même été le plus gros succès de l'année avec 5,86 millions d'entrées.

Et l'exportation des films espagnols n'a jamais été aussi dynamique - ce qui renforce la nécessité d'un rendez-vous comme Madrid de Cine. En 2012, les recettes internationales ont rapporté 150 millions d'euros à l'industrie du cinéma espagnol, soit largement plus que les recettes du cinéma espagnol dans le pays (110 millions d'euros); au total, 141 films ont été vendus en 2012 pour des marchés étrangers (soit une trentaine de plus qu'en 2011) alors que le nombre de films produits diminue.

Bilan 2012 : 279 films français dont 18 à plus de 15 millions d’euros

Posté par vincy, le 29 mars 2013

En 2012, la France a produit un nombre record de 279 films, dont 209 films d'initiative française. Le documentaire a le vent en poupe (+23%) Tel est le bilan rendu public mardi par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), qui a annoncé simultanément le lancement d'une étude sur la rentabilité des films, toujours difficile à déterminer. Cette étude contribuera à coup sûr à définir l'avenir du financement d'un cinéma français en pleine crise existentielle avec la polémique sur les cachets des stars.

L'an dernier, la production cinématographique française a bénéficié de 1,34 milliard d'euros en 2012 (- 3,4% au total et - 5,5% pour les films d'initiative française). L'apport des télévisions, notamment les chaînes gratuites, a fortement baissé : elles se concentrent sur les budgets les plus élevés. Ce sont donc "les films du milieux" qui souffrent le plus de la crise. Ainsi le nombre de jours de tournage a atteint son plus bas historique (27 jours). Ajoutons que le nombre de films sans financement de chaîne de télévision augmente fortement en 2012 à 112 films agréés (+14 films), soit le plus haut niveau de la décennie

Par ailleurs, la production cinématographique française est marquée par l’augmentation du nombre de films tournés en vidéo numérique (182 films, contre 150 en 2011). Ainsi, 87,1 % des films d’initiative française sont tournés en vidéo numérique en 2012, contre 72,5% en 2011.

En revanche, l'animation se porte bien. Pour la première fois, deux films animés entrent dans le classement des budgets les plus élevés de l'année. Et avec 12 films agréés, 2012 a été une année record dans ce secteur très porteur, y compris à l'international.

Voici le Top 20 des films les plus chers de l'année.

1. Pourquoi j’ai (pas) mangé mon père de Jamel Debbouze (31,80 M€, en photo)
2. Astérix et le domaine des dieux de Louis Clichy (31,03 M€)
3. L’extravagant voyage … TS Spivet de Jean-Pierre Jeunet (26,81 €)
4. Grace de Monaco d’Olivier Dahan (25,22 M€)
5. Eyjafjallojokull d’Alexandre Coffre (23,13 M€)
6. L’écume des jours de Michel Gondry  (21 M€)
7. Blood Ties de Guillaume Canet 19,79 M€)
8. Passion de Brian de Palma (18 M€)
9. Des gens qui s’embrassent de Danièle Thompson (17,45 M€)
10. Casse-tête chinois de Cédric Klapish (17,29 M€)
11. En solitaire de Christophe Offenstein (16,99 M€)
12. Zulu de Jérôme Salle (16,23 M€)
13. Vive la France de Michael Youn (16 M€)
14. Là où tombent les anges de Fred Cavayé (16 M€)
15. Angélique marquise des anges d’Ariel Zeitoun (15,75 M€)
16. 100% cachemire de Valérie Lemercier (15,54 M€)
17. Miserere de Sylvain White (15,41 M€)
18. Möbius d’Éric Rochant (15,24 M€)
19. La grande boucle de Laurent Tuel (14,08 M€)
20. L’homme qui rit de Jean-Pierre Améris (13,34 M€)

Le Prénom, champion de la rentabilité en 2012

Posté par vincy, le 22 février 2013

Comme chaque année, Le Film Français a calculé le ratio budget/entrées pour déterminer le taux de rentabilité des films. On en déduira que Bruel n'est pas forcément bankable malgré le carton du Prénom puisque Paris Manhattan est 57e de cette liste de 136 films. En revanche Omar Sy, Jean Dujardin, Jamel Debbouze et Fabrice Luchini méritent davantage leurs gros cachets que des Dany Boon, Gérard Depardieu, Mathilde Seigner, Gad Elmaleh, Yvan Attal et autres Audrey Tautou... D'autant que dans les 10 films les plus rentables de l'année, on compte deux films d'animation et deux films avec des inconnus en vedettes. Par ailleurs 7 films sur les 10 plus rentables ont coûté moins de 9 millions d'euros.

Le podium.

Champion toute catégorie, la pièce à succès transposée sur grand écran, Le prénom, en lice pour le César du meilleur film ce soir. Le film affiche un taux de 93,57% grâce à ses 3,34 millions de spectateurs pour un film qui a coûté 11 millions d'euros. Seuls deux autres films ont dépassé les 75% de rentabilité : De l'autre côté du périph' et Les kaïra.

Césarisables.

Parmi les césarisables pour le meilleur film, l'ordre est le suivant : Camille redouble (12e), Dans la maison (14e), De rouille et d'os (16e), Quelques heures de printemps (28e), Amour (37e, mais plus rentable grâce aux entrées à l'étranger), Les adieux à la reine (38e). Seul Holy Motors fait figure de vilain petit canard avec sa 46e place.

Animation.

Zarafa domine les films d'animation avec un taux de 52,3%. 9e film le plus rentable de l'année, il devance le troisième épisode de Kirikou, 10e. Ernest et Celestine est le seul autre film animé rentable (30e), surclassant largement Le jour des corneilles (47e) et surtout le fiasco de Patrice Leconte, Le magasin des suicides (77e). Il fait partie des 5 films ayant coûté plus de 10 millions d'euros à avoir une rentabilité de mois de 8%.

La comédie en forme.

Contrairement à ce qu'on entend depuis des mois, la comédie française ne se porte pas si mal. Ainsi Mince alors!, Les infidèles, La vérité si je mens 3 sont dans les 10 films les plus rentables de l'année. Sur la piste du Marsupilami (13e), Les seigneurs (15e), Les vacances de Ducobu, malgré des budgets supérieurs à 10 millions d'euros affichent une rentabilité supérieure à 30% et se classent parmi les 25 films les plus rentables. Parmi les budgets moyens, à ce niveau de rentabilité on retrouve Et si on vivait tous ensemble?, Les saveurs du palais, Du vent dans mes mollets, Le grand soir et Radiostars.

Petits films costauds.

Si on prend en compte les budgets inférieurs à 4 millions d'euros, on remarque quelques jolis succès financiers. Rengaine et Adieu Berthe sont ainsi 4e et 5e du classement. Le premier a coûté un demi million d'euros et a séduit plus de 109 000 spectateurs ; le Podalydès avec 702 000 entrées a couvert 63% de son budget avec les seules entrées. Ainsi dans les films ayant une rentabilité de 20% et plus, soit 40 longs métrages, 7 sont des très petits budgets.

Gros fiascos.

Chers ou pas assez populaires, Cendrillon au Far West, La traversée, Confession d'un enfant du siècle, Bye Bye Blondie, Dans la tourmente, Mauvaise fille, Do not Disturb, David et Madame Hansen, Trois mondes, Sport de filles, A coeur ouvert n'ont même pas rapporté 6% de leurs budgets. Dans une moindre mesure, Populaire, Astérix 4, Nous York, Bowling, Un plan parfait, Thérèse Desqueyroux, Comme un chef et L'oncle Charles ont beau voir dépensé de 10 à 61 millions d'euros pour leur production, ils n'ont même pas atteints les 25% de rentabilité. De même des cinéastes comme Costa-Gavras, Assayas, Arcady, Salles, ou encore Resnais n'ont pas satisfait les attentes des producteurs.

La production en France en 2012 : autant de films, moins d’investissements et davantage de délocalisations

Posté par vincy, le 4 février 2013

Selon les premiers chiffres du CNC, le nombre de films d’initiative française est stable en 2012, même si les montants investis diminuent. 209 films d’initiative française ont été agréés, contre 207 films l’année précédente. En revanche, les investissements consentis pour la production de ces films passent de 1,13 milliard d’euros en 2011 à 1,07 milliard d’euros en 2012 (-63 Millions €, soit -5,5 %).

La production de films agréés (films d’initiative française ou films coproduits avec des partenaires étrangers) s’établit à 279 films, soit une croissance de 7 films par rapport à l’année 2011. 1,34 milliard d’euros sont investis dans la production de films agrées en 2012, soit 47 M€ de moins que l’année précédente (-3,4 %).

Le nombre de films intégralement français passent de 152 en 2011 à 150 en 2012. En 2012, le devis moyen des films d’initiative française recule, il en se situant à 5,10 Millions €, contre 5,45 Million € en 2011 (-6,5 %). Le devis médian des films d’initiative française est aussi en baisse à 3,22 Millions € en 2012, contre 3,73 Millions € en 2011 (-13,8 %).

Ce sont les films à petits budgets qui progressent le plus (58 films à moins de 1 Million €, contre 47 films en 2011 et 40 films en 2010). De même 71 films présentent un devis compris entre 1 Million € et 4 Millions € en 2012, contre 70 en 2011 et 65 en 2010.

Cela n'empêche pas les gros budgets d'être plus nombreux également : 55 films d’initiative française affichent un devis supérieur à 7 Millions € en 2012, contre 52 en 2011 et en 2010.

Finalement ce sont les "films du milieu", entre 4 Millions € et 7 Millions €, qui baissent dangereusement : 25 films d’initiative française sont agréés en 2012 (contre 38 en 2011 et 46 en 2010).

Le nombre de jours de tournages chute dangereusement : en 2012 on parvient au total de 6 004 jours de tournage, soit 875 jours de moins (-12,7 %) que les fictions agréées en 2011. Cette baisse affecte notamment le nombre de jours de tournage en France, qui passe de 5 002 en 2011 à 4 243 en 2012 (-15,2 %).

Ainsi, les films à majorité étrangère atteignent un niveau historique avec 70 films (contre 65 en 2011) et des investissements mobilisés qui augmentent de 16 Millions € (+6,1 %), passant de 261 Millions € en 2011 à 277 Millions € en 2012.

Une explosion des délocalisations selon la Ficam

L’Observatoire « Métiers et Marchés » de la Ficam , qui ne couvre pas le même périmètre que le CNC, constate aussi la stagnation du nombre de films de fiction et une légère baisse du nombre de semaines de tournage (-3%), hors documentaire et animation. Pour la Ficam,  les films de plus de 10 M€ sont en hausse de 30%  tandis que "les films du milieu" (entre 4 et 7 M€) sont en baisse de 22%

La baisse du nombre de semaines de tournage est aussi en baisse de 3%. La Fiam précise que le nombre de semaines de tournage à l’étranger (+32%) suit une évolution opposée à la localisation des tournages en France (-13%). "Cette évolution inquiète les Industries techniques, d’autant plus que les films à gros budgets sont beaucoup plus sujets à la délocalisation" explique le communiqué. Ainsi elle constate que le taux de délocalisation des FIF  est de 31% (23% en 2011) en 2012 et concerne même 54% pour les films à plus de 10 M € soit un manque à gagner pour les Industries Techniques de 21,6 Millions €.

Bilan 2012 : Le court métrage de plus en plus aidé par l’argent public

Posté par vincy, le 4 février 2013

Depuis vendredi et jusqu'à la fin de la semaine, le 35ème festival international du film court de Clermont-Ferrand bat son plein (ainsi que le 28e Marché international du court-métrage).

En 2012, le court s'est plutôt bien porté en France, malgré, toujours et encore, une diffusion toujours rare.

Selon le CNC, 639 films français de format court ont obtenu un visa d’exploitation. 85 % des tournages des films des courts métrages ont été faits en numérique (77 % en 2011, 70 % en 2010, 55 % en 2009). Globalement un chiffre équivalent à celui des longs métrages (84% selon la Ficam).

Le soutien du CNC a augmenté de 6,9 % pour atteindre pratiquement 12 Millions € (contre 6 M€ en 2005 et 11 M€ en 2011), soit 53,5 % des aides à la production du secteur. "L’ensemble des financements consacrés par les autres partenaires (collectivités territoriales, chaînes de télévision,…) à la production des courts métrages progresse également et s’élève à plus de 10 M€ (7,5 M€ en 2005, 9,8 M€ en 2011)" explique le Centre National du Cinéma et de l'Image Animée.

Des aides en hausse (22 Millions € qui ont été mobilisés par l’ensemble des partenaires sur le secteur en 2012 contre 14 M€ en 2005 et 21 M€ en 2011) mais une distribution toujours anémique.

Heureusement, il y a Le Jour le plus Court, manifestation créée en 2011 par le CNC  qui a lieu le 21 décembre. Le succès de l'événement permet de sortir de l'ombre tous ces films ignorés du grand public. Le web servira sans doute de nouvelle fenêtre pour ces créations puisque les salles et la télévision restent réticentes à projeter ces formats.

Le CNC lancera également à l’occasion du festival "une nouvelle opération destinée à aider les jeunes auteurs et producteurs à mieux appréhender le milieu professionnel, et plus particulièrement les aides du CNC". Cette opération nommée Parcours d’un court proposera une matière à réflexion sur le processus de création grâce à la scénariothèque des courts métrages aidés disponible sur le site du CNC, avec à l’occasion du festival, une sélection de scénarios de films aidés et sélectionnés lors de cette édition.

Le cinéma allemand, un ami pas forcément privilégié (Das deutsche Kino, ein nicht notwendigerweise privilegierter Freund)

Posté par vincy, le 22 janvier 2013
Juliette Binoche et Yves Montand sur le Mur de Berlin © vincy thomas

Juliette Binoche et Yves Montand sur le Mur de Berlin © vincy thomas

50 ans d'amitié franco-allemande et après? Les Français ne parlent pas plus allemand. Même s'ils aiment aller faire la fête à Berlin, boire de la bière à Munich, se laisser charmer par les villes rhénanes, admirer le dynamisme d'Hambourg... On lit parfois des auteurs allemands, une élite culturelle vénère danseurs, metteurs en scène et opéras des voisins de l'Est, on écoute rarement de la pop ou du rock germanique, et il n'y a bien que les quelques centaines de milliers de téléspectateurs d'ARTE qui regardent des programmes bilingues. L'Allemagne c'est quoi finalement pour un Français? La rigide chancelière, des marques de voiture, Hugo Boss, éventuellement la coopération aéronautique, des supermarchés low-cost, des Kinders avec un cadeau à l'intérieur, les immuables Playmobil, Adidas, de la colle Uhu, de la crème Nivea, des appareils Siemens...

Et le cinéma? Il est de plus en plus "absent". En France, le cinéma allemand est vu de la même manière que le cinéma belge, italien ou scandinave. Les cinéphiles français sont plus proches des cinémas espagnols et anglais. Ça n'a pas toujours été comme ça mais c'est ainsi. Il est loin le temps où Jules et Jim, L'As des As, La Grande vadrouille valorisaient les liens renoués entre les deux pays, tout en cartonnant au box office des deux côtés du Rhin.

Ce lien est aujourd'hui invisible, et financier. Le nombre de coproductions entre les deux pays a considérablement augmenté depuis le début des années 2000, donnant des Palmes d'or comme Le Pianiste, Le Ruban blanc ou le récent Amour, ou des triomphes populaires comme Astérix. Là encore, la création d'ARTE n'y est pas pour rien. La chaîne reverse une partie de son budget annuel (3,5%) pour coproduire des films européens (Lars von Trier entre autres). Des centaines de films de plusieurs dizaines de nationalités ont ainsi profité de ce financement, propulsant la chaîne dans les génériques de films sélectionnés dans les plus grands festivals de cinéma du monde.

Quelques succès cachent le fossé

Mais. Il y a 30 ans, les cinéphiles couraient voir les films de Rainer Werner Fassbinder, Volker Schlöndorff et Wim Wenders. Ils ont influencé des générations de cinéastes, à l'instar de François Ozon. Aujourd'hui, aucun cinéaste allemand n'a leur notoriété, ou même celle d'un Kaurismaki, d'un Moretti, d'un Almodovar, d'un Verhoeven, d'un Von Trier, ou encore d'un Ceylan (considérant que la Turquie est en partie européenne). Et que dire des stars allemandes? Spontanément on cite qui? Où sont les Dietrich ou les Schneider d'antan? Bien sûr, il y a des succès. Et pas des moindres : La Vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck, 1,4 million d'entrées), Good Bye Lenin (Wolfgang Becker, 1,2 million d'entrées), Le Parfum (Tom Tykwer, 925 000 entrées) ou La Chute (Oliver Hirschbiegel, 795 000 entrées).

Mais plus généralement, un film allemand, quand il trouve son public, ne dépasse pas les 350 000 spectateurs, que ce soit Pina de Wim Wenders, La grotte des rêves perdus de Werner Herzog, Soul Kitchen ou en 2012 Barbara (225 000 entrées). A peine dix films allemands ont bénéficié d'une couverture médiatique minimale (critiques dans la presse écrite, chroniques à la radio, campagne d'affichage...). Il faut avoir reçu des prix internationaux (Barbara) ou profité du nom du cinéaste (Into the Abyss de Werner Herzog) pour obtenir davantage (interview d'un cinéaste, portrait d'un comédien). La télévision reste à l'écart, et ne participe pas à un quelconque essor.

Une relation déséquilibrée même dans les grands festivals

En fait, la relation bilatérale entre les deux cinématographies est plus que bancale. Si le Festival de Berlin met en compétition de nombreux films Français (jusqu'à les primer : 2 Ours d'or en 20 ans, 3 prix de mise en scène, 3 prix d'interprétation, 4 Ours d'or d'honneur...), le Festival de Cannes est souvent critiqué par les professionnels allemands pour ignorer le cinéma germanique dans sa compétition. La dernière Palme d'or remonte à 1984, le dernier Grand prix du jury à 1993, le dernier prix de la mise en scène à 1987, le dernier prix d'interprétation féminine à 1986, et aucun acteur n'a jamais été récompensé... Wenders est le dernier cinéaste a avoir été retenu en compétition, en 2008. Fatih Akin, sans doute le réalisateur allemand le plus passionnant de ce début de millénaire, est le dernier à avoir été récompensé, par un prix du scénario pour De l'autre côté. On note cependant quelques pépites dans les autres sélections (Pour lui, meilleur film allemand 2011, à Un certain regard). A Venise, la tendance est la même qu'à Cannes. En France, les César n'ont donné qu'un seul prix (La vie des autres) pour trois nominations (De l'autre côté, la même année, et Good Bye Lenin!) dans le même laps de temps.

Côté box office, on constate le même déséquilibre. Intouchables attire 8,5 millions de spectateurs dans les salles allemandes. The Artist, Et si on vivait tous ensemble et le troisième Astérix se classent dans le Top 100 de 2012. Aucun film allemand ne parvient à réussir cet exploit en France.

Et que dire des succès allemands que l'on ne verra jamais en France comme Türkisch für Anfänger (12e du BO annuel), Mann tut was Mann kann ou même la version cinéma du Club des Cinq?

Comme si le Rhin était un fossé infranchissable dans un sens, mais pas dans l'autre. Cependant le cinéma allemand est aussi responsable de ses propres maux. La part de marché locale ne dépasse par les 25% (et sera même beaucoup plus faible en 2012) là où le cinéma français séduit 35 à 40% des spectateurs français. En 2011, un seul film allemand (Kokowääh) était classé dans les 20 films européens les plus vus en Europe. On est loin du record de 2009 (avec trois films, même si aucun d'eux n'a été réellement exporté hors pays germanophones). Même les films récompensés aux German Film Awards ne sortent pas dans les salles françaises.

Un cinéma marginalisé même dans un pays cinéphile

Pourtant il existe le cinéma allemand : cinq réalisateurs germaniques ont été nommés à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère depuis 2000 (et deux ont gagné). Le dernier grand événement lié au cinéma allemand fut la rétrospective Fritz Lang et l'exposition Metropolis à la Cinémathèque française. On pourrait alors se demander si le cinéma allemand a intérêt à se concentrer sur le rendez-vous de la Berlinale chaque année, en se coupant des autres festivals... Le nombre de productions respectables est peut-être trop faible pour jouer toute son année en un seul rendez-vous...

Alors, où est le problème? Une nostalgie d'un cinéma autrefois glorieux et audacieux et aujourd'hui banalisé par l'invasion de cinématographies de pays comme l'Argentine, la Corée du sud ou la Roumanie? Une absence de cinéphilie experte permettant de valoriser ce cinéma en France? Un problème allemand, politique et culturel, qui ne permet pas de promouvoir son cinéma à l'extérieur de ses frontières? Ou, plus concrètement, la fragilité d'un cinéma d'auteur allemand? Un peu de tout ça sans doute. Auquel on ajoute une carence de vision européenne du 7e art de la part des institutions : le cinéma reste un domaine national quand il s'agit de création. Seuls les capitaux sont transfrontraliers. Ainsi Haneke, autrichien, est coproduit par la France et l'Allemagne, tout comme Polanski franco-polonais, qui vient tourner à Berlin, etc... La mondialisation est partout, sauf dans les sujets, dans les projets.

Des initiatives institutionnelles et professionnelles, coupées du public

Face à cette impuissance à copuler ensemble, le cinéma allemand et le cinéma français essaye d'initier des collaborations "en amont" et "en aval". L’Académie franco-allemande du cinéma a été initiée en 2000 par le chancelier allemand Schröder et le président français Jacques Chirac pour favoriser la collaboration entre ces deux pays en matière de cinéma. Sous la tutelle du Centre National de la Cinématographie et de l'Image animée (CNC) et du Beauftragter für Kultur und Medien (BKM), elle a pour objectif de contribuer à la construction de l’Europe du cinéma, en renforçant la collaboration entre la France et l’Allemagne dans quatre secteurs : la production, la distribution, la formation et le patrimoine.

Par ailleurs, le CNC et la Filmförderungsanstalt (FFA) ont mis en place un fonds dans lequel chaque pays contribue à hauteur de 1,5 millions d’euros. Ce fonds, appelé également mini-traité, permet aux producteurs d’accéder à des aides pour la coproduction franco-allemande.

Dans le cadre de cette Académie, une formation commune dans les secteurs de la production et de la distribution de films a été créée en 2001 entre La Fémis et l’école de cinéma à Ludwigsburg.

Enfin, en 2003,  Les rendez-vous franco-allemands du cinéma permettent d’harmoniser les deux systèmes de production pour faciliter les coproductions et d’encourager la distribution des films allemands en France et des films français en Allemagne. Ils ont lieu chaque année, alternativement en France et en Allemagne, sous le parrainage d'Unifrance et German Films.

Il y a aussi Les Journées du film français à Stuttgart et Le Festival du cinéma allemand à Paris. Mais il faudra bien plus pour que le pont entre les deux pays, les deux cinématographies, soit consolidé. Des films qui font le lien comme Joyeux Noël par exemple. C'est d'autant plus important que le cinéma, culture de masse par excellence, est un outil de divertissement idéal pour mieux comprendre son voisin, abattre les préjugés et apprendre à connaître la culture et la société de cet ami de 50 ans. Il faut en finir avec l'idée que l'Allemagne c'est Derrick. Comme la France est parvenue à remplacer Louis de Funès par Omar Sy.

Record d’entrées dans le monde pour le cinéma français grâce à Taken 2 et Intouchables

Posté par vincy, le 20 janvier 2013

Unifrance va ajouter des arguments à ceux qui expliquent les vertus du financement actuel du cinéma français. 2012 a en effet été une année record en nombre d'entrées, à l'étranger. 140 millions de spectateurs (le double de l'année précédente) ont vu une production française dans les salles. Ce sont donc 875 millions d'euros de recettes qui ont été encaissées!

On pourra toujours expliquer que le score phénoménal sera difficile à répéter en 2013. On peut aussi toujours s'inquiéter des difficultés structurelles que connaît le cinéma hexagonal : accès aux salles compliqué, budgets marketing de plus en plus élevés, manque de notoriété de nos stars...

Cependant, 2012, malgré ces écueils, fut faste. 455 films français (contre 507 en 2011) ont réalisé 1 650 sorties en salles dans le monde. 48% d'entre eux sont en langue française, soit un cumul de 66 millions d'entrées. "Not bad". 3 titres ont évidemment dominé le box office international : Taken 2, Intouchables et The Artist. Mix étrange d'un film en anglais, un film en français et un autre muet. Ces trois films représentent 65% de la fréquentation globale à l'international. Au niveau box office mondial, Intouchables se situe à la 14e place et Taken 2 à la 17e : du jamais vu là où d'habitude les films américains dominent le Top 50 mondial année après année.

Par conséquent, toutes les zones territoriales sont en hausse. Ainsi, le cinéma français enregistre un record de fréquentation depuis le début des années 2000 en Europe occidentale tandis quel la plus forte hausse de fréquentation en 2012 par rapport à l’an passé a été enregistrée en Asie.

Enfin, on remarquera que la plupart de ces films font bien mieux au box office international qu'en France, doublant parfois leur nombre d'entrées.

Top 15 en 2012 (certains films sont également sortis en 2011 et d'autres sont toujours en exploitation en 2013)

1. Taken 2 (46 460 000 entrées, 77 pays)
2. Intouchables (30 460 000 e., 57 p.)
3. The Artist (13 260 000 e, 49 p.)
4. Carnage (3 650 000 e., 38 p.)
5. Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté (3 190 000 e, 27 p.)
6. Un monstre à Paris (1 360 000 e., 24 p.)
7. Les femmes du 6e étage (1 280 000 e., 27 p.)
8. Amour (980 000 e., 18 p)
9. Sur la piste du Marsupilami (920 000 e., 8 p.)
10. Sur la route (850 000 e., 20 p.)
11. Le prénom (800 000 e., 14 p.)
12. Et si on vivait tous ensemble ? (780 000 e., 15 p.)
13. Les infidèles (770 000 e., 16 p.)
14. The Lady (760 000 e., 30 p.)
15. La délicatesse (750 000 e., 27 p.)

Box Office France : un trio « animal » domine les films les plus attendus

Posté par geoffroy, le 7 janvier 2013

L’année 2012 s’achève avec un cumul estimé à 204,26 millions d’entrées en France. Soit une baisse de 5% par rapport à l’année dernière (215,59 millions d’entrées à la même date). Mais la quatrième année au dessus des 200 millions de spectateurs en salles, alors que les théâtres ont des difficultés à se remplir, que les CD, les DVD et les livres accusent une baisse de leurs ventes, qu'Internet monopolisent toujours l'attention des consommateurs...

1/ Le podium

Les trois vainqueurs sont des bêtes d'écran : une icône qui fait figure de dinosaure du 7e art, sorte d'animal invincible, des bêtes préhistoriques et une créature amazonienne fictive mais attachante...

Car le lauréat 2012 n’est ni un super-héros, ni une comédie française ou un spectacle pyrotechnique en 3D. Il s’agit du célèbre espion de sa majesté. Pour le grand retour de James Bond, qui a fêté cette année son cinquantième anniversaire, la franchise place Skyfall tout en haut de la hiérarchie 2012 avec 6,8 millions d’entrées. Outre sa place de leader annuel, il aura détrôné le record de Goldfinger datant de 1964 et ses 6,6 millions d’entrées. La classe pour un film qui n’en manque pas !

Skyfall devance d’une courte tête l’Age de glace : la dérive des continents et ses 6,5 millions d’entrées. Le film d’animation de la Fox aura tenu de longues semaines la place de leader avant de voir fondre sur lui le sculptural Daniel Craig. Depuis le second opus, les Age de glace cartonnent en France comme un peu partout dans le monde. La recette fait mouche au point qu’un cinquième épisode est déjà programmé.

Nous retrouvons, sur la troisième marche du podium, un film français avec la comédie « bondissante » d’Alain Chabat, Sur la piste du Marsupilami. 5,3 millions de spectateurs ont suivi les aventures folkloriques de la créature créée par Franquin. Ce succès confirme la popularité de Jamel Debbouze malgré les échecs de Parlez-moi de la pluie, de Hors-la-loi ou, dans une moindre mesure, Hollywoo (qui a quand même dépassé les 2 millions d’entrées l’année dernière). Il conforte aussi Chabat en réalisateur populaire, l'un des rares à fédérer les publics depuis près de 20 ans...

2/ Les films français : en dessous des attentes

Les nombreuses suites et autres duos de circonstance n’auront pas réussi à sauver une année moribonde pour les sorties attendues. Si seulement quatre films français auront dépassé les trois millions de spectateurs (contre sept pour des productions américaines, le Bond inclus), ils rentrent dans le top 11 de l’année. Les films français représentent ainsi 36,3% de part de marché. L’année dernière, ils représentaient 40,4% (grâce au phénomène Intouchables).

Malgré sa promotion « maousse costaud » que dire des 3,7 millions d’entrées d’Asterix et Obélix : au service de sa majesté. Qu’il s’agit d’un des plus gros bides de l’année en forme de déconvenue pour une franchise qui ne s’est toujours pas remis du catastrophique Astérix aux jeux olympiques. Si l’on excepte le score très correct – le seul ? – de la Vérité si je mens 3 (4,6 millions d’entrées, bien en dessous des attentes cependant) presque tous les films attendus ont patiné. Les Seigneurs et son casting de stars (2,7 millions), la comédie franchouillarde Stars 80 (1,8 million), le biopic sur Claude François, Cloclo (1,8 million) ou le duo Sophie Marceau / Gad Elmaleh dans Un bonheur n’arrive jamais seul (1,8 million).

D’autres ont évité de boire la tasse, mais de justesse. C’est le cas d’Un plan parfait avec Dany Boon (1,2 million d’entrées, loin d'être rentable malgré tut), de la suite de l’élève Ducobu, Les vacances de Ducobu et de Populaire avec Romain Duris (1 million d’entrées), ou du troisième épisode de Kirikou (tout juste 1 million d’entrées, ce qui le rentabilise largement, là où les deux premiers totalisaient 1,5 et 2 millions d’entrées).

Justement, parlons de l’animation française. Si celle-ci démontre une réelle vivacité créative, bien supérieure aujourd’hui aux films d’animation américains, Pixar compris, le public ne suit pas. Ou bien timidement. Zarafa, joli conte historique, émarge en tête avec 1,4 million de spectateurs. C’est mince au vu des scores réalisés par l’animation pixelisée de l’Oncle Sam. Suivent Kirikou, donc, Ernest et Célestine (meilleure animation de l’année toujours en exploitation et bien parti pour achever sa carrière autour des 700 000 entrées), Le jour de Corneilles (316 000 entrées) et Le magasin des suicides de Patrice Leconte avec moins de 300 000 entrées.

Question naufrage, Etienne Chatiliez tient le haut du pavé avec son Oncle Charles de piètre qualité. Lui, l’habitué au hit, a séduit moins de 300 000 spectateurs. Dans la même veine citons Comme un chef avec Jean Réno (346 000 entrées), le Capital de Costa Gavras (362 000 entrées) ou encore le sympathique Radiostars (560 000 entrées). Enfin, mention spéciale à la suite Mais, qui a re-tué Pamela Rose ? de Kad et Olivier. Il ne suffit pas de passer à la télé ou d’avoir fait les Choristes pour s’assurer du succès. Leur film aura bien du mal à dépasser les 300 000 entrées.

Heureusement quelques surprises demeurent. Comme les valeurs sûres. Les Infidèles (2,3 millions d’entrées) vogue sur l’effet Dujardin tandis que Le Prénom (3,3 millions d’entrées quand même, très rentable) prouve qu’une adaptation réussie d’une pièce de théâtre à succès peut fonctionner au cinéma, même si le cinéma est assez absent du film. Saluons également les 2 millions d’entrées du film de Jacques Audiard, De Rouille et d’os. Un peu plus bas nous retrouvons la comédie rondouillarde, et surprise, Mince, alors ! (1,4 million d’entrées), le « thriller » signé Ozon Dans la maison (1,2 million d’entrées), les Kaïra (1 million), Catherine Frot et ses Saveurs du palais quasi millionnaire et l’excellente comédie dramatique Camille redouble (871 000 entrées). À noter que la palme d’or 2012 n’a pas raté sa sortie dans les salles. Amour, le film de Haneke, dépasse les 600 000 entrées et fait jeu égal avec le Ruban blanc du même réalisateur, palme d’or 2009. Terminons ce petit horizon des succès français avec le film international de Luc Besson, Taken 2. Mauvais et toujours aussi réac, le film d’Olivier Megaton se paye le luxe de flirter avec les 3 millions d’entrées, soit le 13ème plus gros score de l’année.

3/ Les films américains : des recettes plus ou moins efficaces

Avec 53,5% la part de marché des films américains est en légère hausse par rapport à l’année dernière. Comme à son habitude rien de bien neuf puisque les films attendus ont fonctionné. Depuis maintenant quelques années, les super-héros tiennent la corde. C’est le cas cette année si nous enlevons de la liste le reboot malheureux de Spiderman, The Amazing Spiderman (2,5 millions là où les films de Sam Raimi réalisaient entre 5 et 6 millions d’entrées). Ainsi The Avengers se classe 5ème avec 4,5 millions d’entrées tandis que The Dark Knight Rises avec 4,4 millions d’entrées le talonne et bat le record tous Batman confondus.

Outre le dernier épisode de la saga Twilight (4,4 millions d’entrées), record de la série, l’animation US s’en sort bien avec Madagascar 3 (3,3 millions) et Rebelle (3 millions d’entrées). Contrairement aux Etats-Unis, le Dreamworks bat le Pixar. Une constante chez nous… Fragile, l'empire Disney n'a même pas réussi à s'imposer à Noël : Les Mondes de Ralph, est un échec et aura bien du mal a dépassé le million et demi d’entrées. Comme pour Rebelle, il est distancé par le Dreamworks de fin d’année les Cinq légendes (2,2 million d’entrées à ce jour).

Les suites et autres franchises ont plutôt bien fonctionné entre un Sherlock Holmes 2 à plus de 2 millions, un Men in Black 3 itou (déception quand même pour une star comme Will Smith) et un Expendables 2 aux portes des 2 millions d’entrées. Prometheus, le grand film de SF proche de la génétique d’Alien de Monsieur Scott à, quant à lui, déçu avec son 1,8 million d’entrées. A titre de comparaison, Alien 4 de Jean-Pierre Jeunet, avait totalisé en 1997 2,8 millions d’entrées. Le Hobbit de Jackson devrait s’en sortir avec les honneurs mais ne sera pas le hit de l’année avec une fin de carrière probable entre 4,5 et 5 millions de spectateurs.

Au registre des adaptations, si Blanche-neige et le chasseur s’impose d’une courte tête (1,9 million d’entrées), Hunger Games n’a rien du phénomène US (moins de 2 millions). Battleship ou John Carter ont en commun un score très faible pour des blockbusters (1 million de spectateurs chacun) et le Millenium de Fincher déçoit lui aussi avec un score sensiblement identique.

Bref, rien de neuf dans le monde du succès US. Ce qui scelle la politique absurde des franchises à tout va. Seule surprise, Projet X, comédie scabreuse d’une fête qui dégénère à plus de 1,8 million d’entrées. Le film fait mieux que Ted (1,3 million là où le premier Very Bad Trip dépassait les 2 millions d’entrées), que Jason Bourne l’héritage ou que la Colère des Titans, fiasco à 780 000 entrées. Autre grand perdant : Woody Allen qui signe l'un de ses plus gros flops en France avec son aventure romaine.

4/ Le reste du monde

Dur, dur de récolter des miettes. Car le premier film hors français ou anglo-saxon est 66ème. Il s’agit du film d’animation belge, Sammy 2 (700 000 entrées). En deuxième position, nous retrouvons The Impossible, film espagnol tourné en anglais avec des stars internationales. Il est 92ème et proche des 500 000 entrées. Plus nous descendons dans la hiérarchie, plus l’éclectisme du cinéma mondial se fait sentir. Starbuck (Canada), Nikko le petit Renne 2 (Danemark), la Colline aux coquelicots (Japon) ou [Rec]3 Génesis (Espagne) dépassent les 300 000 entrées.

Reste les succès de films ayant eu peu de promotion mais qui, par le bouche à oreille, ont pu dépasser les 150 000 entrées. Nous pouvons citer Barbara, les femmes du bus 678 (240 000 entrées tout de même), Monsieur Lazhar, The Raid, Royal Affair, lLs Enfants loups, Ame & Yuki et A en perdre la raison.

Mais aucune de ces productions n’aura réussi à attirer un public nombreux et rééditer le succès formidable d’une Séparation (1 million d’entrées en 2011).

Box Office USA: l’année où James Bond se prend pour un super-héros…

Posté par geoffroy, le 6 janvier 2013

Avec 10,807 milliards de dollars de box office nord-américain (chiffre arrêté au 31 décembre 2012), l’année 2012 fait mieux que le dernier record établit en 2009 avec 10,595 milliards de dollars.

Si le nombre de films distribués (655 en 2012 contre 521 en 2009), le prix du billet (7,94$ en 2012 contre 7,50$ en 2009) ainsi que l’avènement de la 3D en salles pondèrent indiscutablement ce nouveau record, ils n’enlèvent rien quant à l’attractivité des films attendus pour la plupart déclinés sous la forme de suites, de reboots ou de nouvelles franchises en devenir.

Un podium surprise…

Sans forcément les comparer – surtout qualitativement –, notons que The Avengers aura servi de locomotive au B.O dans son ensemble à l’instar d’Avatar en 2009. Avec 623M$, le film demeure l’indiscutable carton de l’année, 3ème plus gros succès US hors inflation derrière Avatar et Titanic. Prenant à rebours tous les pronostics qui le plaçaient derrière le Batman de Nolan et le Hobbit de Jackson, le film de Joss Whedon est devenu un phénomène du box-office. Etonnant si l’on se réfère au genre ancré, certes, dans la culture pop américaine, mais disposant d’une base « public » a priori restreinte.

Après avoir effectué le meilleur démarrage de tous les temps (207M$ lors de son premier week-end d’exploitation), The Avengers a su se maintenir au fil des semaines, porté par de très bonnes critiques et un excellent bouche-à-oreille. Une nouvelle ère du box-office, amorcée depuis The Dark Knight (553M$ en 2008), semble se profiler. Cette tendance sera scrutée dès 2013 et la sortie très attendue du Superman (Man of Steel) de Zack Sydner (300, Watchmen…), produit par Christopher Nolan.

The Dark Knight Rises termine donc deuxième pour un total de 448M$. Soit 85M$ de moins que The Dark Knight sortit en 2008. Sans doute pénalisé par un méchant (Bane) beaucoup moins charismatique que le Joker (incarné à la perfection par le regretté Heath Ledger), le film de Nolan s’en sort plutôt bien, puisqu’il devient, hors inflation, le 7ème plus gros succès US de tous les temps. Pas mal pour un film en forme de requiem.

Nous retrouvons, sur la troisième marche du podium, Hunger Games, l’adaptation éponyme d’un roman d’anticipation en forme de dystopie sortit en 2008. Le buzz autour du film à quelques jours de la sortie officielle n’a laissé planer aucun doute quant au phénomène en marche. Premier week-end à 152M$ - 5ème meilleur démarrage de tous les temps – et prise des rennes du box-office jusqu’à l’arrivée de The Avengers. Avec 408M$ de recettes, le film relègue les succès des opus de Twilight à plusieurs encablures. Une saga est née. Encore une…

007 au top, une comédie qui trash, des vampires saignants et un Hobbit plutôt convaincant…

Mais la plus grande surprise de l’année 2012 ne vient pas de Pixar (Rebelle) ni du dernier opus de Twilight, du reboot de Spiderman, ou du Hobbit de Jackson, mais bien du dernier James Bond. Skyfall affole les compteurs et devrait terminer sa carrière au-delà de la marque ahurissante des 300 millions de dollars. Soit le meilleur score pour la franchise derrière les intouchables Goldfinger (1964) et Opération Tonnerre (1965), si l'on prend en compte l'inflation. Il aura fallu trois films à Daniel Craig pour que celui-ci s’impose définitivement comme le meilleur Bond au côté de Sean Connery. Il aurait d’ores et déjà signé pour deux autres épisodes…

Un peu comme Very Bad Trip en 2009, Ted, comédie décalée et irrévérencieuse, produite pour 50 millions de dollars, est venue se mêler à la lutte des gros bras du box-office. Un démarrage à 54M$ pour un final à 218M$. En plus de finir à la 9ème place de l’année, le film de Seth MacFarlane s’avère être l’un des plus rentables (501M$ dans le monde).

Le dernier opus de Twilight – Twilight : Révélation partie 2 – , a fait du Twilight. C'est-à-dire qu’il a réalisé un démarrage conséquent (141M$) représentant à lui seul la moitié des recettes finales. Les fans ont répondu présent avec une constance de métronome depuis le deuxième opus (New Moon). Il n’y aura pas eu, contrairement à l’épilogue de Harry Potter, une poussée hors fans dans les salles obscures. Le film achèvera sa carrière en dessous des 300 millions de dollars. Presque une déception.

Le Hobbit : un voyage inattendu, premier film de la nouvelle trilogie de Peter Jackson, ne rééditera pas les scores du premier triptyque, Le Seigneur des anneaux. Mais le film s’en sort bien puisqu’il cumule déjà à 238M$ en seulement trois semaines d’exploitation. Les 280-300 seront atteints et, pourquoi pas, une 4ème place derrière Hunger Games. Son score à l’international, déjà conséquent (464M$), fera le reste. La trilogie est, pour ainsi dire, lancée.

L’animation 2012 reprend des couleurs…

Après une année 2011 moribonde ou pas un seul des 5 films attendus n’avait pu franchir la barre des 200 millions de dollars, Rebelle (237M$), Madagascar 3 (216M$) et Le Lorax (214M$) ont remis les pendules à l’heure. Ce qui n’est pas le cas pour L’Age de glace : la dérive des continents et le Disney de Noël, Les mondes de Ralph, dont les scores à domicile sont décevants (161M$ et 175M$).

Mais ce n’est rien comparé au Dreamworks des fêtes, Les Cinq légendes, qui aura bien du mal à franchir la barre des 100 millions de dollars malgré la période de Noël. Pour un film d’un tel studio – entendez par là une firme qui enchaîne les hits – au budget conséquent (145M$) ça sent le bide. À force de tirer sur la corde elle finit toujours par se rompre…

Signalons, également, la bonne performance d’Hôtel Transylvania, la « moyenne production » Sony aux résultats rafraîchissants (85M$ de budget, 143M$ de recettes).

Amazing Spiderman, MI3, Jason Bourne et Expandables 2 au rayon des semi-déceptions…

« Rebooter » Spiderman cinq ans après le troisième épisode de la trilogie de Sam Raimi était un sacré pari (motivé, il est vrai, par l’obligation de réaliser un film pour que le personnage ne retombe pas dans l’escarcelle Marvel). Que les producteurs ont à moitié réussi. Car si le film n’est pas un naufrage au box-office USA (262M$), son utilité comme sa qualité cinématographique posent quelques problèmes. Une chose est sûre. L’attraction du personnage reste intacte. D’où la mise en chantier d’une suite prévue pour 2014.

Le retour des hommes en noir, les Men In Black pose la question, quinze ans après la sortie du premier film, de la pertinence d’un long-métrage (qui n’est pourtant pas si mauvais) incapable de proposer autre chose que les anciennes recettes. Au B.O pas vraiment de surprise avec 179M$ dans le tiroir-caisse. Pour Will Smith c’est juste correct mais tout de même un peu faible face aux mastodontes du billet vert.

Avec Jason Bourne : L'héritage, exit Matt Damon, bonjour Jérémie Renner. Exit aussi Paul Greengrass. Tony Gilroy (Michael Clayton, Duplicity) reprend les rennes d’une franchise sacrément bien foutue. Le résultat, honnête d’un point de vue pellicule, n’aura pas su intriguer les spectateurs potentiels. 113M$ face aux 227M$ de The Bourne Ultimatum sortit en 2007, ça fait mal. D’autant que le film de Gilroy se comprend comme une histoire parallèle directement impactée par les événements déclenchés par Bourne. Les résultats à l’international sauvent le film de l’échec mais n’augure rien de bon quant à une suite probable.

Sinon, la bande à Stallone était de retour. Et ils voulaient tout casser. Côté pyrotechnie Expendables 2 est une réussite. Côté tiroir-caisse un peu moins. Alors que le premier opus avait terminé sa carrière au-delà des 100 millions de dollars, le 2 ne fait pas mieux que 85M$. Pour ce type de production c’est plutôt pas mal. Même très bien. Mais nous sommes déçus surtout que son petit concurrent, Taken 2, lui a chipé la première place avec 139M$. C’est Besson qui doit être content…

Les outsiders attendus...

Les résultats sont, comme souvent, en dents de scie. Si l’adaptation héroïque de Blanche-neige et le chasseur se montre assez vigoureuse (155M$), la vraie-fausse préquelle d’Alien, Prometheus, déçoit. 126M$ pour un démarrage à 51M$,  c’est le signe d’un mauvais bouche-à-oreille. L’effroi revendiqué et quasi affiché dans les différentes bandes-annonces n’a pas été au rendez-vous. D’une beauté plastique indéniable, le film de Ridley Scott est chiant, pompeux, passant à côté d’un sujet ambitieux même si casse-gueule.

L’adaptation ciné de la série 21 Jump Street a cartonné. Tout simplement. 138M$ pour 42M$ de budget. Qui dit mieux ? Personne en 2012 pour ce type de sortie.

Le retour de Zemeckis dans un film live était attendu. Flight, avec Denzel Washington, ne démérite pas et termine paisiblement sa carrière au-delà des 90M$. Peu importe si le film n’atteint pas les 100 millions pour Washington. Pour preuve son Sécurité rapproché, sortie en début d’année, a totalisé 126M$ sur le sol américain. Pas mal pour un acteur de 58 ans.

La suite improbable de l’improbable Voyage au centre de la terre, L’Ile mystérieuse, a séduit en début d’année un public familial. Cette aventure gentillette portée par The Rock a, elle aussi, dépassé les 100M$.

Si Moi, Député, comédie politique satirique réussit avec Will Ferrel, déçoit quelque peu (86M$), la Colère des Titans, suite calamiteuse du Choc des Titans de Leterrier, se prend les pieds dans le tapis (83M$ pour un budget de 150M$).

L’extraordinaire spectacle du dernier Ang Lee, l’Odyssée de Pi est une merveille narrative à l’imagerie fabuleuse. Son score, pas déshonorant pour autant, ne reflète pas le potentiel d’un film grand public aussi réjouissant. Les fêtes de fin d’année dynamisent ses entrées et vont lui permettre de se rapprocher des 100M$. Est-ce pour autant satisfaisant ?

Cette marque, symbolique, sera une nouvelle fois dominée par Tarantino. Django Unchained, le western du cinéaste avec sa brochette de stars (DiCaprio, Jamie Foxx, Samuel L. Jackson et Christoph Waltz) totalise 78M$ en huit jours. Les 120M$ de Inglourious Basterds sont accessibles et plus encore si le bouche-à-oreille s’en mêle.

Le Jack Reacher de Tom Cruise ne réalisera sans doute pas 100M$. Un semi-échec pour notre Ethan Hunt préféré. Mais attendons la fin de carrière d’un film bien ficelé sans trop de concurrence jusqu’au 5ème opus de Piège de Cristal prévu pour le 14 février 2013.

Reste Les Misérables. La comédie musicale de Tom Hooper (le Discours d’un roi) tirée de l’œuvre de Victor Hugo dure 2h37. Ses 80 millions de dollars en une semaine sont remarquables. D’autant que le film attend beaucoup de l’international. Son coût de production (61M$) fera du film une œuvre rentable. Peut-être pas un méga hit – même si les 100M$ seront franchis sans coup férir – mais à coup sûr un succès.

Les échecs patents…

Commençons, si vous le voulez bien, par the Dark Shadows de Tim Burton. Le retour du réalisateur d’Edward aux mains d’argent à ses premières amours en a ravi plus d’un. Mais pas le public en demande d’autre chose, hélas. Ainsi, ses 79M$ de recettes finales sonnent comme une injustice. Le temps pour ce genre d’histoire serait-il révolu ? Frankenweenie, le petit bijou d’animation du même Burton, n’a pas, lui non plus, remporté le succès escompté. 34 petits millions de dollars. C’est moins bien que les Noces funèbres (2005) et l’Etrange Noël de Monsieur Jack (1996). La déception est, là aussi, de taille. Pourvu que Burton continue sur cette lancée et ne retombe dans ses travers synonyme d’Alice au pays des merveilles ou Charlie et la chocolaterie.

Impossible, ici, de ne pas mentionner John Carter. La superproduction Disney est devenue le bide US de l’année. Budgété à 250M$, il totalise en fin de carrière un tout petit 73M$. Bel échec pour Disney auteur d’une promotion coupable et d’une stratégie de sortie maladroite. Le Space Opéra méritait mieux et surtout autre chose que Star Wars. Le troisième film des Chroniques de Riddick sort cette année. Chouette !

Total Recall 2012 n’a pas créé la surprise. 58M$ pour un remake à 125M$. Chercher l’erreur. De casting tout d’abord avec un Colin Farrell aux oubliés absents. De réalisation avec Len Wiseman en mauvais yes man. Paul Verhoeven peut se marrer…

L’adaptation du jeu Touché-Coulé, Battleship, n’a jamais existé. Coulé, l’insubmersible blockbuster. Et pas qu’un peu. 65 à 209. Universal s’est pris pour la Paramount avec son Transformers. Faut vraiment qu’ils arrêtent de prendre les spectateurs pour des nouilles.

Pour finir autour des échecs, citons Mirror Mirror, le dernier et inutile American Pie, Ghost Rider des réalisateurs fous Mark Neveldine et Brian Taylor, Red Tails du producteur George Lucas, Rocks of Ages (avec un certain Tom Cruise), la bouse numérique Abraham Lincoln : chasseur de vampires et The Watch avec Ben Stiller et Vince Vaughn. Hollywood aime les recettes, mais elles ne font pas toujours recettes.

Les belles et très belles surprises…

La plus belle est l’œuvre de Spielberg. Son Lincoln fait sensation. Il ne cesse de se maintenir sur un nombre d’écrans tout à fait raisonnable garant d’une moyenne par copie remarquable. Les critiques sont dithyrambiques, le bouche-à-oreille également. Le film, après 8 semaines d'exploitation, vient de franchir les 135M$. Avec l’annonce des films nommés aux Oscars (avancée au 10 janvier 2013), le film à toutes les chances, sauf s’il est snobé, de dépasser les 150 voire les 170M$. Après les relatives déceptions qu’ont été Tintin et le Cheval de guerre, Spielberg revient plus fort que jamais.

Dans des registres différents suivent Magic Mike et Argo. 113M$ pour le premier. 109M$ pour le deuxième, toujours en exploitation. Magic Mike de Soderbergh n’a rien coûté. 7M$. Dérisoire. L’effet Channing Tatum (grand vainqueur de l’acteur le plus rentable de l’année avec Magic Mike, 21 Jump Street et the Vow) a joué à fond pour ce « petit » film sexy et divertissant. Argo confirme le talent de Ben Affleck à la réalisation. Pour son troisième long il frappe fort, ne tombe jamais dans le piège de la caricature, assure le spectacle de bout en bout.

Looper, film d’anticipation ambitieux n’a pas loupé sa sortie. Si ses 66M$ ne sont pas mirobolants, son budget (30M$) compense ce score a priori médiocre. Idem pour The Chronicle, premier film remplit d’énergie communicative. 12M$ de budget, 64M$ de recettes. Quand l’originalité, la rigueur de l’écriture et l’inventivité de la mise en scène payent, ça fait plaisir.

Geoffroy

2012 : Et la Chine devînt le deuxième marché mondial du cinéma…

Posté par vincy, le 5 janvier 2013

Petit séisme dans la planète cinéma. le Japon n'est plus le marché international (comprendre hors USA) le plus important. En 2012, il a été dépassé par la Chine, qui continue sa progression avec un dynamisme à faire pâlir les pays occidentaux.

Avec 2,69 milliards de dollars de recettes, la Chine dépasse son voisin nippon de très loin (2,25 milliards de dollars) quand en 2011 c'était l'inverse (2,03 milliards pour la chine contre 2,27 milliards pour le Japon).

Dorénavant, la part de marché des films locaux est minoritaire dans l'Empire du milieu avec 48% des recettes. Cela s'explique par l'élargissement des quotas permettant de diffuser non plus 20 mais 34 films étrangers par an. Cependant, le film le plus vu reste chinois. Lost in Thailand, de Xu Zheng, a encaissé 160 millions de $. En 21 jours, 300 millions de personnes avaient vu le film , une comédie au budget relativement modeste, qui raconte les aventures en Thaïlande de deux hommes d'affaires rivaux et d'un crêpier simple d'esprit.

Painted Skin : The Resurrection et Chinese Zodiac 12 sont également dans le Top 10 annuel.

Côté films étrangers, c'est un film de 1997 qui domine le box office puisque la version 3D de Titanic a rapporté 150 millions de $. James Cameron continue de détenir le record du film ayant rapporté le plus d'argent : Avatar avait récolté 220 millions de $.

Au total ce sont 303 films qui sont sortis en Chine, dont 227 chinois et 76 films importés. Quatre cinquième des films locaux ont perdu de l'argent et très peu se sont exportés.