Le National Board of Review confirme le film de Kathryn Bigelow comme favori de la saison

Posté par vincy, le 6 décembre 2012

jessica chastain zero dark thirty

Le National Board of Review a confirmé le choix des Critiques de New York : Zero Dark Thirty, le film de Kathryn Bigelow a été choisi comme meilleur film. Bigelow y ajoute le prix de la meilleure cinéaste et Jessica Chastain celui de la meilleure actrice. Lincoln, en revanche, même s'il est classé dans le Top 10 de l'année, ne reçoit aucune récompense. Deux autres films se distinguent : Les bêtes du Sud sauvage (espoir féminin, premier film) et Happiness Therapy, prix du public à Toronto (meilleur acteur, scénario adapté).

Tout comme pour Zero Dark Thirty, le NBR a confirmé aussi Amour comme favori de la saison, dans la catégorie film étranger. La Palme d'or l'emporte, notamment, sur Intouchables, qui fait partie des 5 meilleurs films étrangers.

Enfin, Argo est distingué. Lui aussi dans le Top 10 annuel, le film de Ben Affleck est récompensé par un prix spécial.

Le Palmarès 2012

Meilleur film : Zero Dark Thirty

Meilleur réalisateur : Kathryn Bigelow, Zero Dark Thirty

Meilleur acteur : Bradley Cooper, Happiness Therapy

Meilleure actrice : Jessica Chastain, Zero Dark Thirty

Meilleur second rôle masculin : Leonardo DiCaprio, Django Unchained

Meilleur second rôle féminin : Ann Dowd, Compliance

Meilleur scénario original : Rian Johnson, Looper

Meilleure adaptation : David O. Russell, Happiness Therapy

Meilleur film d'animation : Les Mondes de Ralph

Prix spécial pour la réalisation : Ben Affleck, Argo

Meilleur espoir masculin : Tom Holland, The Impossible

Meilleur espoir féminin : Quvenzhané Wallis, Beasts of the Southern Wild

Meilleur premier film : Benh Zeitlin, Beasts of the Southern Wild

Meilleur film étranger : Amour, de Michael Haneke

Meilleur documentaire : Searching for Sugarman

Prix William K. Everson (histoire du cinéma): 50 Years of Bond Films

Meilleur ensemble: Les Miserables

Prix "Spotlight" : John Goodman (Argo, Flight, Paranorman, Trouble with the Curve)

Prix NBR pour la liberté d'expression : Central Park Five et Promised Land

NBR Freedom of Expression Award: "Promised Land"

Les 10 meilleurs films : Argo ; Beasts of the Southern Wild ; Django Unchained ; Les Miserables ; Lincoln ; Looper ; The Perks of Being a Wallflower ; Promised Land ; Happiness Therapy

Les 5 meilleurs films étrangers : Barbara ; Intouchables : Le gamin au vélo ; No ; Rebelle (War Witch)

Les 5 meilleurs documentaires : Ai Weiwei : Never Sorry ; Detropia ; The Gatekeepers ; The Invisible War ; Only the Young

Les 10 meilleurs films indépendants : Arbitrage ; Bernie ; Compliance ; End of Watch ; Hello I Must Be Going ; Little Birds ; Moonrise Kingdom ; Sur la route ; Quartet ; Sleepwalk with Me

Tabou : un film poétique, un livre théorique, une polémique politique

Posté par vincy, le 5 décembre 2012

Tabou est d'abord un film. Il sort en salles aujourd'hui. Tout comme le livre, publié par Independencia éditons, Au pied du Mont Tabou, série d'entretiens entre le cinéaste, le chef opérateur, l'ingénieur du son, le producteur et Cyril Neyrat. Trois jours à Lisbonne pour revenir en théorie sur une oeuvre véritablement originale, entre fantasme et désenchantement. Un poème en noir et blanc qui hante durablement. Réalisé par le portugais Miguel Gomes, le film a reçu deux prix à Berlin (Fipresci et prix Alfred Bauer), deux à Las Palmas (prix du public et de la mise en scène) et deux autres à Paris Cinéma (dont le coup de coeur du jury). Il est assurément l'un des événements de l'année dans le cinéma d'art et d'essai.

Tabou est pourtant l'arbre qui cache un désert. Dans une tribune éditée dans le quotidien Publico en janvier dernier, le cinéaste et son producteur, Luis Urbano, ont rappelé l'apocalypse qui menaçait le cinéma portugais. Le texte traduit est diffusé sur le site du distributeur français, Shellac. "Depuis 2006 et le film En avant jeunesse de Pedro Costa, présenté en compétition officielle au festival de Cannes, aucun film portugais n'avait figuré en section compétitive long métrage d'un des trois festivals les plus importants du monde." Rappelant que le film a été financé par l'Etat portugais dans le contexte d'une loi du cinéma qui comprend le financement des films nationaux et d'une cinémathèque, en tant que bien public et patrimoine du pays, "la nouvelle de la présence de Tabou à Berlin nous arrive au moment-même où le nouveau Secrétaire d'Etat à la Culture (SEC) annonce une coupe de 100% pour le cinéma. Cela signifie qu'en 2012, il n'y aura aucun programme d'aide de l'ICA à la production cinématographique, à la distribution et à l'exploitation. Trajectoire interrompue pour le cinéma portugais. L'austérité ne suffit pas à expliquer une coupe de 100%."

Le texte oppose logiquement la vision d'un cinéma libre et artistiquement ambitieux, sélectionné dans les grands festivals, propageant la culture lusophone (et citons ainsi Manoel de Oliveira, Fernando Lopes, Paulo Rocha, João César Monteiro, Pedro Costa, Teresa Villaverde, João Pedro Rodrigues...) à une vision politique d'un cinéma commercial, rentable, industriel, dont les commanditaires seraient les financiers et les exploitants.

Depuis, au printemps, le président de l'ICA (l'équivalent du CNC) José Pedro Ribeiro et sa directrice adjointe ont démissionné, faute de disposer des moyens nécessaires pour réaliser leur mission. La nouvelle Loi du cinéma tardait alors à être votée et l'Institut n'a plus de trésorerie. La loi a finalement été adoptée le 6 juillet. La principale modification introduite par cette loi concerne le modèle de financement du secteur. Elle vise à accroître les sources de financement, y compris par la participation directe des radiodiffuseurs télévisuels. Plus précisément, la loi a été écrite pour renflouer les caisses de l'ICA : l'Institut sera financé non seulement par la publicité à la télévision comme auparavant, mais également par de nouvelles taxes provenant d'autres opérateurs de contenus audiovisuels. Des mesures plutôt bien perçues par les professionnels du cinéma. Mais ces opérateurs rejettent cette taxe, ce qui devrait décaler à 2014 les premiers financements.

Actuellement la Culture est en crise dans un pays subissant de plein fouet l'austérité. La TVA sur les billets de cinéma a plus que doublé en passant de 6 à 13%. Une mesure violemment critiquée au moment où les portugais n'ont plus les moyens d'aller au cinéma.

Depuis le début de l'année, les subventions de l'ICA se sont brusquement arrêtées. L'institut n'a pas les fonds nécessaires pour financer les copies et l'année à venir est incertaine. De nombreux producteurs attendent les aides promises depuis deux ans et plusieurs projets sont suspendus.

Projections et idées cadeaux au premier petit salon de l’édition DVD engagée – du monde

Posté par MpM, le 5 décembre 2012

Cela n'aura échappé à personne : les fêtes de fin d'année approchent, et avec elles leur cortège de tentations/injonctions consuméristes pour aligner les cadeaux sous le sapin. Dans cette course en avant matérialiste, une initiative sort du lot pour sacrifier intelligemment aux traditions : le premier petit salon de l'édition DVD engagée du monde.

Les 8 et 9 décembre prochains, le cinéma La Clef accueillera en effet 10 éditeurs indépendants qui partagent un goût commun pour les œuvres fortes, engagées et de qualité, qu'ils font connaître de leur mieux au grand public.

Les 10 participants (Blaq out, Canal Marches, C-P productions, Doc Net Films, Doriane Films, ICTV-Solférino, K Films, Momento, Les Mutins de Pangée, Voir&Agir) ont ainsi choisi parmi leur catalogue un titre qui sera diffusé sur grand écran au cours du weekend puis suivi d'un débat avec un invité.

On pourra par exemple (re)découvrir Le soldat Dieu de Koji Wakamatsu en présence de Shoko Takahashi, amie, interprète, accompagnatrice et représentante du cinéaste décédé en octobre dernier, Cathy come home de Ken Loach présenté par le spécialiste du cinéma britannique Philippe Pilard ou encore Hollande, DSK, Etc. de Julien Brygo, Pierre Carles, Nina Faure et Aurore Van Opstal, en présence de Nina Faure.

De quoi passer un excellent moment cinéphile tout en dégottant le cadeau de Noël idéal ! En effet, les films projetés (et bien d'autres) seront ensuite disponibles sur les stands des différents éditeurs présents. Au rendez-vous : documentaires engagés (Grand puits et petites victoires d'Olivier Azam, L'affaire Clearstream de Denis Robert et Pascal Lorent, La sociologie est un sport de combat de Pierre Carles...), œuvres confidentielles d'auteurs méconnus (Claudio Pazienza, Otar Iosseliani, Eyal Sivan...), cinématographies peu diffusées (cinéma africain, Etats généraux du film documentaire...)...

En bref, un cinéma différent et indispensable qu'il est primordial de défendre et d'accompagner, mais aussi de partager. Heureusement, rien de plus facile avec ce "petit salon" qui, on en est sûr, est appelé à devenir très grand.

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Petit salon de l'édition DVD engagée - du monde
Samedi 8 décembre de 11h45 à 20h et dimanche 9 décembre de 10h45 à 19h30
Cinéma La Clef (34 rue Daubenton 75005 Paris)
Entrée libre
Programme et horaires des projections sur le site du cinéma

Hollywood sur Garonne : la fin du rêve toulousain

Posté par vincy, le 4 décembre 2012

Aujourd'hui, l'Etat a rejeté le projet d'installation de vastes studios sur une ancienne base aérienne militaire près de Toulouse. Le dossier était présenté par un entrepreneur local Bruno Granja, avec le soutien (et le lobbying) des studios américains Raleigh (lire nos articles sur le sujet : Un studio hollywoodien veut s’installer près de Toulouse et Les Studios Raleigh mettent la pression sur l’Etat français pour leur projet toulousain).

La raison invoquée est que le dossier ne répondait pas aux critères du cahier des charges de l'appel d'offres lancé par l'Etat. Cet appel d'offre visait à reconvertir les 25 hectares de la base de Francazal.

L'appel d'offres était divisé en deux lots. Quatre réponses ont été examinées, toutes ont été refusées.

Concernant le lot Sud, qui concernait la proposition "cinématographique", la préfecture de Haute-Garonne a précisé son refus :
"- L’offre de prix est notablement inférieure à l’estimation domaniale,
- Les modalités de paiement proposées ne correspondent pas au cahier des charges,
- Le candidat subordonne son offre à la réalisation de certaines conditions suspensives qui n’étaient pas prévues au cahier des charges.

Par ailleurs, la structure qui se porte acquéreur n’a pas la taille financière compatible avec l’ampleur du projet, et aucun engagement ferme de partenariat n’est apporté."

Les studios, selon le dossier, pouvaient créer 5 000 emplois directs, avec le soutien du premier exploitant américain, Raleigh (dont les structures accueillent les tournages des deux suites d'Avatar).

La préfecture a donc écouté l'avis des sceptiques et les contestataires : il est vrai qu'avec l'ouverture de la Cité du cinéma près de Paris, le développement de studios à Lyon, Marseille, en plus de ceux existants dans le Grand Paris ou près de Nice, le marché semblait déjà un peu saturé. Au niveau européen, la concurrence est encore plus rude, notamment avec les installations britanniques ou celles en Europe centrale. Ceux de Valence en Espagne sont en faillite, et les célèbres studios de Cinecitta à Rome sont en péril.

Un nouvel appel d'offre sera lancé pour déterminer ce que deviendra cette base aéronautique.

Les films de Kathryn Bigelow, Steven Spielberg et Michael Haneke distingués par les Critiques de New York

Posté par vincy, le 4 décembre 2012

zero dark thirty jessica chastain

Le Cercle des critiques de cinéma new yorkais a tiré la première salve de prix américains de la saison. Grand vainqueur, le film sur la traque finale et fatale de Ben Laden par l'oscarisée Kathryn Bigelow, Zero Dark Thirty qui remporte trois prix dont meilleur film et meilleure réalisatrice. Après Démineurs (Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur), c'est la deuxième fois que la cinéaste se voit décerner ce double prix de la part des critiques de la Grosse pomme. Le film sort le 23 janvier en France.

Même nombre de récompenses pour le dernier Spielberg, qui va bientôt dépasser la barre des 100 millions de $ au box office nord-américain : Lincoln est notamment distingué pour son acteur (Daniel Day-Lewis reçoit ce prix pour la 3e fois) et son scénario. Sally Field est nommée comme meilleur second rôle féminin. Elle avait déjà été citée comme meilleure actrice en 1979 pour Norma Rae.

Tim Burton, avec un film d'animation, et Michael Haneke, avec sa Palme d'or complètent la liste prestigieuse de ces gagnants. Dans les deux cas, c'est la première fois que ces Maîtres sont primés à New York.

Les prix du NYFCC sont remis depuis 1935.

Meilleur film : Zero Dark Thirty
Meilleure réalisatrice : Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty)
Meilleur scénario : Tony Kushner (Lincoln)
Meilleure actrice : Rachel Weisz (The Deep Blue Sea)
Meilleur acteur : Daniel Day-Lewis (Lincoln)
Meilleur second rôle féminin : Sally Field (Lincoln)
Meilleur second rôle masculin : Matthew McConaughey (Bernie, Magic Mike)
Meilleure image : Greig Fraser (Zero Dark Thirty)
Meilleur film d'animation : Frankenweenie
Meilleur documentaire : The Central Park Five
Meilleur film étranger : Amour
Meilleur premier film : David France pour How to Survive a Plague

Le Hobbit de Tolkien, victime de contrefaçon ?

Posté par vincy, le 3 décembre 2012

peter jackson bilbo le hobbitOn apprenait la semaine dernière que les héritiers de J.R. Tolkien (qui n'ont rien créé mais comptent bien profiter du génie de leur aïeul) et l'éditeur américain de l'écrivain (HarperCollins) ont porté plainte contre la Warner (mais aussi New Line, MGM...). Le studio américain qui coproduit et distribué les films adaptés des livres de Tolkien, est accusé d'abuser de ses droits sur les produits dérivés tirés de Bilbo le Hobbit et du Seigneur des anneaux. La plainte a été déposée le 26 novembre auprès du tribunal fédéral de Los Angeles.

Un problème de contrat et surtout d'époque. En effet le contrat original date d'avant la sortie du premier volet du Seigneur des Anneaux, autant dire à la préhistoire, quand le numérique ne concernait que quelques millions d'internautes.

Autrement dit, le contrat avait pensé aux figurines, à la papeterie, aux fringues, à la vaisselle, aux jouets, aux jeux vidéos... mais pas aux produits numériques comme les jeux en ligne ; les machines à sous sont également pointées du doigts.

Les ayants droit réclament donc 80 millions de $ de dommages et intérêts pour cette violation de copyright. Selon la plainte, « Ce comportement illicite a scandalisé la communauté des fidèles de Tolkien, et a causé des dommages irréparables à son héritage, à sa réputation ». Ah? Et ils s'en rendent compte seulement maintenant?

Ceci dit, les héritiers ont raison. Si la violation de droits d'auteur est prouvée, il s'agit d'une contrefaçon. En France, tout ce qui n'est pas cédé dans le contrat est réservé au propriétaire des droits, qu'il soit auteur, héritier, fondation... D'où l'importance de la définition / délimitation des supports d'exploitation et des produits dérivés dans le contrat. Tout ce qui n'est pas mentionné ne peut pas être exploité.

Il est évident que si le contrat n'a pas été correctement modifié ou révisé, cela risque de poser quelques soucis : le téléphone mobile, les tablettes, les livres interactifs sont autant de licences à forts revenus potentiels.

Le Hobbit : un voyage inattendu n'en est pas à sa première controverse puisque l'association PETA qui défend les animaux contre la barbarie des hommes a appelé le public au boycott des films sous le prétexte que 27 animaux étaient morts pendant le tournage des deux trilogies de Peter Jackson. Le film a également survécu au quasi crash financier de la MGM, à un tremblement de terre, à une fronde syndicale néo-zélandaise, aux premières pré-projections désastreuses en avril et juillet...

Malgré tout, le premier volet de cette nouvelle trilogie sortira le 12 décembre en France.

Les Oscars européens tombent en Amour

Posté par vincy, le 2 décembre 2012

michael haneke european film awardsLors de la soirée des European Film Awards, qui se tenait samedi soir à Malte, la Palme d'or, Amour, de Michael Haneke, a remporté tous les prix importants : meilleur film, réalisateur, actrice (Emmanuelle Riva), acteur (Jean-Louis Trintignant).

Autre film cannois, La Chasse a récolté le prix du meilleur scénario.

Shame de Steve McQueen, présenté à Venise l'an dernier, est reparti avec le prix de la meilleure image et celui du meilleur montage. La Taupe de Tomas Alfredson, qui a été présenté à Berlin plus tôt cette année, a été distingué par le prix du meilleur décor et celui de la meilleure musique.

Le Prix Fipresci de la découverte a été attribuée à Kawboy de Boudewijn Koole ; celui du meilleur documentaire à Hiver nomade de Manuel von Stürler ; celui du meilleur film d'animation à Alois Nebel de Tomáš Lu?ák ; et le meilleur court métrage est Superman, Spiderman or Batman du roumain Tudor Giurgiu.

Aucun cinéaste français n'a été récompensé. Et même si Amour est une production française, on pourra toujours être étonné que le prix du public ait échappé à Intouchables, le film européen le plus vu sur le continent. Le public a préféré un film équivalent, une comédie évoquant le handicap, Hasta la vista de Geoffrey Enthoven.

On ne doute pas du bonheur des gagnants. Mais au bout de 25 éditions cette cérémonie n'a toujours pas la notoriété des récompenses équivalentes. Le palmarès est souvent contesté car le collège des votants est déséquilibré géographiquement et cinématographiquement. Les règles de sélection restent assez opaques. Et les médias demeurent indifférents. Plus problématique, certains films sont sortis dans les salles de plusieurs pays depuis plus d'un an, empêchant un impact quantitatif sur les entrées. Et d'autres ne seront pas distribués correctement dans la plupart des pays européens.

Autrement dit, ces prix semblent plus honorifiques que pertinents.

Cet échec illustre bien la difficulté à définir ce qu'est le cinéma européen.

Tavernier tourne Quai d’Orsay avec Thierry Lhermitte et Raphaël Personnaz

Posté par vincy, le 1 décembre 2012

raphael personnazLe réalisateur Bertrand Tavernier avait acquis les droits de la bande dessinée Quai d'Orsay l'an dernier (lire notre actualité sur ce sujet). Le tournage de cette adaptation a débuté fin octobre. Les deux albums de la série se sont déjà vendus à 280 000 exemplaires en France.

Thierry Lhermitte y endosse le rôle du Ministre des affaires étrangères inspiré de Dominique de Villepin. Raphaël Personnaz (photo) - déjà l'une des vedettes du précédent film de Tavernier, La Princesse de Monpensier - incarnera le jeune candide ambitieux qui rédige les discours du Ministre et se fait croquer par cette machine institutionnelle dévorante (voir à ce sujet l'irrésistible Tumblr Chroniques diplomatiques). Julie Gayet, Sonia Rolland, Bruno Raffaelli, Anaïs Demoustier, Thierry Frémont et Niels Arestrup complètent le casting.

Thierry Lhermitte sera aussi à l'affiche, en 2013, de La Marque des anges, transposition du best-seller Miserere de Jean-Christophe Grangé, au côtés de Gérard Depardieu et Joey Starr.

Raphaël Personnaz devrait connaître une belle année également : on le verra en décembre, dans Anna Karenine de Joe Wright, où il tient un second rôle, puis en Benjamin Malaussène, le héros de Daniel Pennac, dans Au bonheur des ogres et enfin en Marius dans le Marius et Fanny de Daniel Auteuil.

Pathé distribuera le film.

Berlin 2013 : Ours d’or honorifique pour Claude Lanzmann

Posté par vincy, le 30 novembre 2012

La prochaine Berlinale (7-17 février) honorera le réalisateur français Claude Lanzmann avec un Ours d'or. Il succède à Meryl Streep. C'est le sixième Français à recevoir cette récompense depuis sa création en 1977.

Le directeur du Festival, Dieter Kosslick se dit honoré de l'honorer ainsi : "Claude Lanzmann est l'un des plus grands auteurs de documentaires. Par sa représentation de l'inhumanité et de la violence de l'antisémitisme et ses conséquences, il a lancé une nouvelle discussion cinématographique et esthétique".

Outre le prix qu'il recevra, le Festival de Berlin lui rendra hommage avec une rétrospective de l'intégralité de son oeuvre et la projection du documentaire Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures où il  évoque la révolte des prisonniers du camp d'extermination nazi de Sobibor (Pologne).

Lanzmann est évidemment connu pour son documentaire de 9h30, Shoah, qui relate le génocide juif par les nazis. Shoah avait été présenté dans la section Forum du Festival allemand en 1986. La version restaurée et numérisée du documentaire (lire aussi notre actualité du 29 septembre) sera également projetée à Berlin, pour la première fois.

Un nouveau documentaire l'an prochain

Intellectuel, écrivain, journaliste et cinéaste, Claude Lanzmann, qui vient de fêter ses 87 ans, est un ancien Résistant. Il a été le compagnon de la philosophe et écrivaine Simone de Beauvoir et dirigé la revue Les Temps modernes. Très engagé, il est souvent controversé pour des prises de position souvent très partiales et sa fidélité sans concessions à Israël et Sartre. Il a également écrit de nombreux livres, dont ses Mémoires, Le Lièvre de Patagonie (Gallimard, 2009) ou le récent recueil La Tombe du divin plongeur (Gallimard, 2012).

L'an prochain sortira Le dernier des injustes qu'il a réalisé : le film se focalise sur le camp de concentration pour les Juifs huppés, Theresienstadt. Il s'agit essentiellement du témoignage de Benjamin Murmelstein, rabbon viennois, membre du Conseil des Anciens des Juifs de Vienne, nommé par le SS Adolf Eichmann.

Le documentaire a été tourné cet été en Israël, Autriche, Pologne, République Tchèque et Italie. Le Pacte distribuera le film qui pourrait être présent dans l'un des trois grands Festivals de l'année.

L’instant Court : Just Super, réalisé par Doug Petrie

Posté par kristofy, le 30 novembre 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le clip Doom And Gloom des Rolling Stones avec Noomi Rapace, voici l’instant Court n° 94.

Quand Edith Piaf chantait que "la terre peut bien s'écrouler, peu m'importe, si tu m'aimes..." , elle ne savait pas encore que ces quelques mots seraient le résumé typique du film catastrophe. Qu’il s’agisse de Titanic de James Cameron ou de Cloverfield de Matt reeves, la perspective de la fin du monde n’est supportable que si on peut faire ou recevoir une déclaration d’amour. Avant ça il faut bien évidement séduire, et commencer par aborder l’autre personne. Doug Petrie a écrit et réalisé un court-métrage à la fois très drôle et très spectaculaire où un jeune homme va demander à une jolie inconnue si elle voudrait bien sortir avec lui, mais soudain…

Voici donc le court-métrage Just Super de Doug Petrie, que l’on ne peut résumer que par "c’est un jour comme un autre..." pour garder l’effet de surprise. A noter que l’actrice Julia Voth qui y participe n’est pas totalement inconnue puisqu’elle était à l’affiche de Bitch Slap, sorti fugitivement le 20 juin dernier. (Just Super est sans sous-titrage mais compréhensible même pour qui ne parle pas anglais).

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Just Super.