2017 dans le rétro: #MeToo, le hashtag qui a fait vaciller Hollywood

Posté par wyzman, le 29 décembre 2017

Souvent critiqué pour la lenteur de son processus, le journalisme d'investigation a prouvé en 2017 qu'il avait encore de beaux jours devant lui. En effet, il a suffi de trois articles pour dévoiler au monde entier les travers de Hollywood. Ces articles, ce sont bien évidemment ceux de Jodi Kantor et Megan Twohey pour le New York Times, celui de Ronan Farrow pour le New Yorker et enfin celui d'Adam B. Vary pour BuzzFeed.

Le pouvoir des témoignages

Si les deux premiers s'intéressent à Harvey Weinstein et donnent la parole à des victimes présumées de harcèlement sexuel, d'agressions sexuelles et de viol, le troisième évoque le cas d'Anthony Rapp. L'acteur de Star Trek Discovery y raconte la nuit où Kevin Spacey a tenté de l'agresser sexuellement. Ces articles auraient pu faire le buzz et disparaître tout aussi vite s'ils ne comportaient pas autant de témoignages de personnalités. Parmi les victimes de Harvey Weinstein, on trouve ainsi Asia Argento, Rosanna Arquette, Kate Beckinsale, Emma de Caunes, Cara Delevingne, Judith Godrèche, Romola Garai, Heather Graham, Claire Forlani, Eva Green, Jessica Hynes, Florence Darel, Mira Sorvino, Ashley Judd, Angelina Jolie, Minka Kelly, Gwyneth Paltrow, Sarah Polley, Mia Kirshner, Léa Seydoux.

Et ceci n'est qu'un aperçu des victimes les plus célèbres du producteur de Pulp Fiction et Sin City. Aujourd'hui, qui sait combien de jeunes actrices pleines de rêves ont été agressées par l'homme de 65 ans. Du côté de Kevin Spacey, son tweet d'excuses adressées à Kevin Rapp et dans lequel il fait son coming out n'a fait que confirmer ce que beaucoup dans l'usine à rêves redoutaient : l'acteur principal de House of Cards a énormément de choses à se reprocher…

L'explosion de #MeToo

A l'origine issu de l'esprit de l'activiste Tarana Burke, l'expression avait pour ambition de dénoncer les violences sexuelles vécues par les femmes noires. Nous sommes alors en 2006 et l'expression n'est qu'une phrase. Mais dans la foulée des multiples accusations portées à l'encontre de Harvey Weinstein, l'actrice de Charmed Alyssa Milano décide de transformer la phrase en hashtag et veut, par son utilisation, inciter toutes les victimes de violences à caractère sexuel à parler. Nous sommes le 15 octobre et personne n'est en mesure de prévoir ce qui va se passer par la suite.

Car ce ne sont pas quelques réponses que l'actrice de 45 ans va recevoir mais bien des milliers. Son tweet est partagé 25.000 fois et plus de 68.000 internautes lui déclarent avoir également été victimes de violences sexuelles. Mais ça ne s'arrête pas là. Le groupe d'internautes déclarant avoir été agressés comporte aussi des personnalités publiques et des figures majeures de Hollywood.

C'est ainsi le cas de Reese Witherspoon, America Ferrera, Jennifer Lawrence, Lady Gaga, Gabrielle Union, Evan Rachel Wood, Björk, Hilarie Burton, Jenny Slate, Rosario Dawson, Debra Massing, Anna Paquin, Viola Davis, LauraDern, Anna Faris, Ellen Degeneres, Pauley Perrette, Busy Philipps, etc. Quelques hommes auront également le courage d'évoquer le harcèlement et les attouchements qu'ils ont subis. On peut notamment citer Terry Crews, James Van Der Beek et Javier Munoz.

Des accusés de plus en plus célèbres

La viralité de l'hashtag est si impressionnante que très vite, ce sont d'autres noms qui commencent à faire surface. Si Harvey Weinstein a très vite été renvoyé de The Weinstein Company et Kevin Spacey a perdu son rôle dans House of Cards et sa place dans la course aux Oscars avec Tout l'argent du monde, ils sont rejoints dans la tourmente par des célébrités auxquelles on n'aurait sans doute jamais pensé.

Parmi celles-ci, on peut citer Ben Affleck, Oliver Stone, Lars Von Trier, Terry Richardson, George H.W Bush, Jeremy Piven, Brett Ratner, Dustin Hoffman, Ed Westwick, Charlie Sheen, Jeffrey Tambor, Steven Seagal, Louis C.K., Matthew Weiner, Russell Simmons, Andrew Kreisberg, George Takei, Mark Schawhn, Nick Carter, Matt Lauer, Bruce Weber, Bryan Singer, Larry King, L.A. Reid et la liste est encore longue !

A l'heure actuelle, la plus grande action collective entamée par les victimes présumées est d'appeler à modifier la législation sur le délai de prescription des viols. A côté, de multiples associations tentent de capitaliser sur l'essor de l'hashtag #MeToo pour modifier la vision que l'on a des victimes d'agressions sexuelles. Exporté dans des dizaines de pays, #MeToo a trouvé une résonance toute particulière en France où il a été transformé en #BalanceTonPorc par Sandra Muller.

Pour rendre hommage aux victimes de ces agressions, de nombreux acteurs et actrices porteront du noir à la prochaine cérémonie des Golden Globes qui se tiendra le 7 janvier prochain à Beverly Hills.

Oscars 2017: Moonlight triomphe, La La Land et Manchester by the Sea rayonnent

Posté par vincy, le 27 février 2017

Il y avait une revendication anti-Donald Trump dans l'air. Hollywood est entré en résistance. "Puissiez-vous toujours avoir le courage d'affronter vos peurs" le disait si bien le réalisateur Alan Barillaro, auteur du court de chez Pixar, Piper, en gagnant son Oscar. Dans un registre plus léger, Jimmy Kimmel s'inquiétait: "Ça fait plus de 2 heures qu'on a commencé et Trump a pas fait un seul tweet sur les Oscars... Ça commence à m'inquiéter !". Il lui a donc envoyé un court tweet au président où "Meryl Streep lui disait bonjour", en référence au tweet de Trump considérant Streep "surévaluée". Kimmel en a fait son "running gag" puisqu'il avait déjà balancé plus tôt dans la soirée: "Dès le début de sa carrière, Meryl Streep a été médiocre. Elle a déçu dans 50 films et c'est sa 20ème nomination !" (bon en même temps celle de cette année était peut-être un peu superflue).

Mais Kimmel aussi pointé avec ironie la polémique de l'an dernier sur des Oscars jugés trop blancs: "J'aimerais remercier le président Trump. L'année dernière, on pensait tous que c'était les Oscars qui étaient racistes !"

Accident en direct

Oscars so white? Oubliez-ça! Pour une fois, les Oscars ont sacré, Moonlight, un premier film, avec un casting 100% black et une histoire gay! Le combo total! "Il y a une époque où je pensais que ce film était impossible ! Merci beaucoup" a clamé le cinéaste Barry Jenkins. Bon, on va passer sur l'erreur la plus dingue de l'histoire des Oscars: Warren Beatty et Faye Dunaway présentent l'Oscar du meilleur film. Beatty a un moment d'hésitation, trouvant sans doute étrange ce qu'il lit. Dunaway clame La la Land. L'équipe de Chazelle exulte et monte sur scène! Manque de bol, ce n'était pas la bonne enveloppe ("Ce n'est pas une blague!"). Un accident industriel. C'est bien Moonlight qui l'emporte et un producteur de La La Land, très digne, très classe tend l'Oscar à Barry Jenkins, qui n'en revient pas, assis dans la salle.
On retire tout ce qu'on a dit sur Hollywood qui préfère se regarder dans un miroir et oublie de récompenser des films qui regardent le monde. Pour le coup, cet Oscar du meilleur film est un vrai "face palm" ou une réaction à Trump et à ceux qui l'an dernier accusaient les Oscars de racisme.

Un américain musulman pour la première fois

Dans la catégorie du meilleur second-rôle, ce sont deux afro-américains pour deux films centrés sur des afro-américains, et leurs conditions de vie dans une Amérique qui ne leur fait pas de cadeaux, qui ont gagné. Viola Davis réalise ainsi l'exploit d'être la première interprète afro-américaine à avoir emporté un Emmy, un Tony et un Oscar. Outre l'Oscar du meilleur second-rôle pour Mahershala Ali (et premier acteur musulman à être ainsi lauréat d'un Oscar ce qui a du rendre Trump plus rouge que d'habitude), Moonlight a aussi remporté l'Oscar de la meilleure adaptation. L'auteur de la pièce originelle Tarell Alvin McCraney a d'ailleurs dédié "ce prix à toute la communauté LGBT !" Les minorités assument face à cette Amérique qui tente de revenir en arrière.

Un doublé rare grâce à Farhadi

Et que Le client décroche l'Oscar du meilleur film en langue étrangère (certes les quatre autres nommés n'étaient pas ni meilleurs ni moins bons) et on ne pourra qu'y voir une contestation affichée au Muslim ban du président des Etats-Unis, qui a empêché Asghar Farhadi d'aller sur la scène des Oscars pour la deuxième fois, cinq ans après celui qu'il a reçu pour Une séparation. Boycottant la cérémonie au nom des habitants des sept pays interdits d'entrée aux USA, il a rappelé que les films étaient fait pour partager les valeurs humanistes et abolir les frontières. Il devient le sixième réalisateur à gagner plus d'une fois cet Oscar (après Vittorio De Sica (1948, 1950, 1965, 1972), Federico Fellini (1957, 1958, 1964, 1975), Ingmar Bergman (1961, 1962, 1984), René Clément (1951,1953) et Akira Kurosawa (1952, 1976)).

Le plus jeune cinéaste oscarisé

Cette année, les Oscars ont éparpillé leurs récompenses entre de nombreux films tout en privilégiant Tu ne tueras point, Moonlight, Manchester by the Sea et bien sûr La La Land, qui ont tous gagné plus d'une statuette. Comme si les meilleurs films de l'année avaient chacun leurs propres qualités. De la technique pour le film de Mel Gibson, le scénario et l'acteur pour Manchester by the Sea. Casey Affleck a ainsi logiquement été sacré meilleur acteur, après avoir raflé à peu près tous les prix depuis novembre. la musique et la réalisation pour La La Land, qui récolte 6 Oscars! Damien Chazelle devient le réalisateur le plus jeune à recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur, by the way. Dommage qu'il ait fait un discours si banal... Comme on s'y attendait, Emma Stone rapporte elle aussi un Oscar de la meilleure actrice, empêchant Isabelle Huppert de faire son grand chelem américain. "J'ai encore beaucoup à apprendre mais cette statuette c'est un symbole pour poursuivre ce voyage" a rappelé la jeune actrice.

Ce fut donc un palmarès sans réelle surprise, mais assez équilibré pour cette 89e Cérémonie des Oscars, et la preuve, une fois de plus, que les films d'auteur ont réellement dominé l'année hollywoodienne. C'est d'autant plus une bonne nouvelle que chacun des gagnants a été rentable pour leurs producteurs et même, pour certains, de véritables succès publics. On peut regretter que plus les Oscars majeurs passaient, plus les discours s'affadissaient, avec des tonnes de remerciements personnels. La fin de la soirée était ainsi une suite de consécrations attendues, sans la verve de Jimmy Kimmel ou l'engagement des speechs des premiers gagnants.

Mais Kimmel a été bon jusqu'au bout. Profitant de l'incident sur l'Oscar du meilleur film, il a eu la bonne vanne pour conclure: "Je savais que j'allais foirer... Je vous promets de ne plus jamais revenir !"

Meilleur film: Moonlight
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle pour La La Land

Meilleure actrice: Emma Stone dans La La Land
Meilleur acteur: Casey Affleck dans Manchester by the Sea
Meilleur second-rôle féminin: Viola Davis dans Fences
Meilleur second-rôle masculin: Mahershala Ali dans Moonlight

Meilleur film en langue étrangère: Le client d'Asghar Farhadi
Meilleur film d'animation: Zootopie de Byron Howard, Rich Moore et Clark Spencer
Meilleur court métrage d'animation: Piper d'Alan Barillaro et Marc Sondheimer
Meilleur documentaire: O.J.: Made in America d'Ezra Edelman et Caroline Waterlow
Meilleur court métrage documentaire: The White Helmets d'Orlando von Einsiedel et Joanna Natasegara
Meilleur court métrage fiction: Mindenki (Sing) de Kristof Deak et Anna Udvardy

Meilleur scénario: Kenneth Lonergan (Manchester by the Sea)
Meilleure adaptation: Barry Jenkins et Tarell Alvin McCraney (Moonlight)
Meilleure musique: Justin Hurwitz (La La Land)
Meilleure chanson: "City of stars" (La La Land)

Meilleure image: Linus Sandgren (La La Land)
Meilleur montage: John Gilbert (Tu ne tueras point)
Meilleurs décors: David Wasco, Sandy Reynolds-Wasco (La La Land)
Meilleurs costumes: Colleen Atwood (Les animaux fantastiques)
Meilleurs maquillages et coiffures: Alessandro Bertolazzi, Giorgio Gregorini, Christopher Allen Nelson (Suicide Squad)
Meilleur montage (son): Sylvain Bellemare (Premier contact)
Meilleur mixage (son): Kevin O'Connell, Andy Wright, Robert Mackenzie, Peter Grace (Tu ne tueras point)
Meilleurs effets visuels: Robert Legato, Adam Valdez, Andrew R. Jones, Dan Lemmon (Le livre de la jungle)

BAFTA 2017: La La Land et le cinéma américain font une OPA sur les « Oscars » britanniques

Posté par cynthia, le 13 février 2017

Dans la soirée du 12 février, la cérémonie des BAFTA ou les Oscars britanniques s'est déroulée dans le froid, sous la pluie et sous le signe du glamour et de La La Land.

Sans surprise, c'est le film de Damien Chazelle qui repart en effet grand gagnant avec 5 prix dont les prestigieux meilleur film, meilleur réalisateur pour Damien Chazelle et meilleure actrice pour Emma Stone. Le film est aussi sacré pour sa musique et sa photographie. Annonciateur pour les prochains Oscars, il est sûr que La La Land n'a pas fini de faire chanter son réalisateur et l'industrie, quitte à trouver ses seuls détracteurs en France, pays de Jacques Demy.

Côté acteur, c'est Casey Affleck qui est sacré pour son rôle dans Manchester by the Sea qui est aussi récompensé pour son scénario original.

Lion, production Weinstein, remporte 2 baftas (meilleure adaptation et meilleur second rôle masculin pour Dev Patel. Viola Davis ne repart pas bredouille puisque elle emporte le prix du meilleur second rôle féminin pour Fences.

Tandis que ceux qui s'interrogent sur ce palmarès américain, la Palme d'or de 2016, Moi Daniel Blake de Ken Loach, repart avec le prix du meilleur film britannique.

Notons que Moonlight et Noctural Animals ont été boudés par cette 70e cérémonie colonisée par Hollywood. En soi le scandale est là et on se demande toujours pourquoi les artistes britanniques ne se révoltent pas conte cette cérémonie qui a plus l'allure d'une copie des Oscars, avec en bonus une soumission idéologique.

Le palmarès complet:
Meilleur film: La La Land
Meilleur film britannique: Moi, Daniel Blake
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle ( La La Land)
Meilleure actrice: Emma Stone ( La La Land)
Meilleur acteur: Casey Affleck (Manchester by the Sea)
Meilleur second rôle masculin: Dev Patel (Lion)
Meilleur second rôle féminin: Viola Davis (Fences)
EE Rising Star (meilleur espoir): Tom Holland
Meilleur scénario adapté: Lion
Meilleur scénario original: Manchester by the Sea
Meilleur premier film: Babak Anvari, Emily Leo, Oliver Roskill, Lucan Toh (Under the Shadow)
Meilleur film étranger: Le Fils de Saul
Meilleur documentaire: 13th
Meilleur film d’animation: Kubo et l’armoire magique
Meilleure photographie: La La Land
Meilleur montage: Tu ne tueras point
Meilleur maquillage et coiffure: Florence Foster Jenkins
Meilleurs costumes: Jackie
Meilleurs décors: Les Animaux fantastiques
Meilleurs effets spéciaux: Le Livre de la Jungle
Meilleure musique: La La Land
Meilleur son: Premier Contact (Arrival)
Meilleur court métrage britannique: Home
Meilleur court d’animation britannique: A Love Story

Golden Globes 2017: La La Land au firmament, Moonlight et Elle dans les étoiles

Posté par vincy, le 9 janvier 2017

7 Golden Globe Awards pour La La Land. Une razzia, et surtout un record. Le jeune cinéaste Damien Chazelle a réussi l'exploit de tout rafler ou presque dans une cérémonie dont le nombre de prix permet généralement un certain éparpillement. Son hommage à Los Angeles, son ode à l'amour impossible, son hymne à la musique et aux musicals de Minnelli et Demy a séduit les votants (les correspondants de la presse étrangère) du scénario à la chanson, des acteurs principaux à la réalisation.

Jusqu'ici il fallait remonter à Vol au dessus d'un nid de coucou et Midnight Express pour trouver un film ayant remporté 6 Golden Globe Awards.

Il ne reste donc pas grand chose pour les autres films. Moonlight a quand même réussi à récolter le convoité prix du meilleur drame tandis que Casey Affleck a reçu le prix du meilleur acteur pour Manchester by the Sea. Il apparaît comme l'unique favori pour les Oscars dans sa catégorie.

Amazing Huppert

La surprise a quand même été de voir Elle doublement récompensé: meilleur film en langue étrangère et surtout meilleure actrice dans un drame pour Isabelle Huppert. Elle était elle-même étonnée de supplanter ses concurrentes (et notamment une Natalie Portman a priori favorite). C'est seulement la deuxième française à recevoir ce prix dans la catégorie drame après Anouk Aimée en 1967 pour Un homme et une femme, la troisième avec Marion Cotillard dans la catégorie comédie/musical.

"Merci de m'avoir fait gagner dans un film français dirigé par un réalisateur néerlandais, ici aux Etats-Unis" a déclaré Huppert dans son discours de remerciement. "Il y a des gens du monde entier dans cette salle, de Chine, d'Amérique, d'Europe. N'attendez pas du cinéma qu'il dresse des murs et des frontières" a-t-elle ajouté en référence aux programmes politiques de nombreux dirigeants dans le monde, à commencer par Donald Trump, prochain président des Etats-Unis.

Meryl Streep, récompensée pour l'ensemble de sa carrière, n'a pas non plus ménagé ses critiques à l'égard des idées de Trump. "Vous tous dans cette salle appartenez aux segments les plus diabolisées de la société américaine en ce moment". Elle a rappelé que "Hollywood croule sous les gens venus d'ailleurs et les étrangers". "Si vous les mettez tous dehors, vous n'aurez plus rien à regarder que du football américain et des arts martiaux mixtes, qui ne sont pas de l'art" a-t-elle rappelé. L'actrice multi-oscarisée, dans un discours engagé, a fait sa petite leçon et son petit effet: "L'irrespect amène l'irrespect. La violence incite à la violence. Et quand les puissants se servent de leur rang pour brutaliser les autres, nous sommes tous perdants."

Palmarès cinéma

Meilleur film - drame: Moonlight
Meilleur film - comédie/musical: La La Land
Meilleur réalisateur: Damien Chazelle (La La Land)

Meilleur acteur - drame: Casey Affleck (Manchester by the Sea)
Meilleure actrice - drame: Isabelle Huppert (Elle)
Meilleur acteur - comédie/musical: Ryan Gosling (La La Land)
Meilleure actrice - comédie/musical: Emma Stone (La La Land)
Meilleur second-rôle masculin: Aaron Taylor-Johnson (Nocturnal Animals)
Meilleur second-rôle féminin: Viola Davis (Fences)

Cecil B. DeMille Award pour l'ensemble de sa carrière: Meryl Streep

Meilleur scénario: La La Land
Meilleur film en langue étrangère: Elle
Meilleur film d'animation: Zootopie
Meilleure chanson: "City of Stars" (La La Land)
Meilleure musique: Justin Hurwitz (La La Land)

This is Us, Moonlight et The Birth of a Nation au menu des NAACP Image Awards 2017

Posté par wyzman, le 14 décembre 2016

Tandis que l'on vous annonçait il y a peu que La La Land et Moonlight sont en tête des nominations des prochains Golden Globes et que côté séries, The People v. O.J. Simpson et The Night Manager courent en tête, la National Association for the Advancement of Colored People  (NAACP donc) vient de dévoiler ses nommés pour sa prochaine cérémonie, les Image Awards. Pour rappel, en février dernier, nous assistions aux sacres de Creed, Straight Outta Compton et Beast Of No Nation. Bref, tous les snobés des Oscars !

Cette année, le plus gros des prix devrait aller à Nate Parker (le réalisateur de The Birth of a Nation) et Donald Glover (la star de la série Atlanta) puisqu'ils sont tous deux nommés 3 fois individuellement. Mais ce n'est pas tout. Fences décroche 3 nominations, Hidden Figures 4, Loving 5 et Moonlight 6. Ceci étant dit, l'excellente surprise de cette sélection, c'est la présence de This Is Us, le nouveau drame de NBC. Ou devrions-nous plutôt dire le nouveau carton télévisuel de la saison ! La série est nommée 3 fois et on ne peut qu'être ravi par le potentiel Image Award remis au jeune Lonnie Chavis. La 48ème cérémonie des Image Awards aura lieu le 11 février 2017 et sera retransmise sur TV One. Pour voir l'ensemble des nominations, c'est par ici.

Artiste de l'année

Beyoncé
Viola Davis
Regina King
Dwayne "The Rock" Johnson
Chance the Rapper

TÉLÉVISION

Meilleure série comique

"Atlanta" (FX)
"black-ish" (ABC)
"Insecure" (HBO)
"Survivor's Remorse" (Starz)
"The Carmichael Show" (NBC)

Meilleur acteur dans une série comique

Anthony Anderson - "black-ish" (ABC)
Don Cheadle - "House of Lies" (Showtime)
Donald Glover - "Atlanta" (FX)
Dwayne Johnson - "Ballers" (HBO)
Kevin Hart - "Real Husbands of Hollywood" (BET)

Meilleure actrice dans une série comique

Issa Rae - "Insecure" (HBO)
Keesha Sharp - "Lethal Weapon" (Fox)
Niecy Nash - "The Soul Man" (TV Land)
Tracee Ellis Ross - "black-ish" (ABC)
Uzo Aduba - "Orange Is the New Black" (Netflix)

Meilleur second rôle masculin dans une série comique

David Alan Grier - "The Carmichael Show" (NBC)
Deon Cole - "black-ish" (ABC)
Laurence Fishburne - "black-ish" (ABC)
Miles Brown - "black-ish" (ABC)
Tituss Burgess - "Unbreakable Kimmy Schmidt" (Netflix)

Meilleur second rôle féminin dans une série comique

Erica Ash - "Survivor's Remorse" (Starz)
Laverne Cox - "Orange Is the New Black" (Netflix)
Marsai Martin - "black-ish" (ABC)
Tichina Arnold - "Survivor's Remorse" (Starz)
Yvonne Orji - "Insecure" (HBO)

Meilleure série dramatique

"Empire" (Fox)
"Power" (Starz)
"Queen Sugar" (OWN: Oprah Winfrey Network)
"This Is Us" (NBC)
"Underground" (WGN America)

Meilleur acteur dans une série dramatique

Kofi Siriboe - "Queen Sugar" (OWN: Oprah Winfrey Network)
Mike Colter - "Marvel's Luke Cage" (Netflix)
Omari Hardwick - "Power" (Starz)
Sterling K. Brown - "This Is Us" (NBC)
Terrence Howard - "Empire" (Fox)

Meilleure actrice dans une série dramatique

Jurnee Smollett-Bell - "Underground" (WGN America)
Kerry Washington - "Scandal" (ABC)
Rutina Wesley - "Queen Sugar" (OWN: Oprah Winfrey Network)
Taraji P. Henson - "Empire" (FOX)
Viola Davis - "How to Get Away With Murder" (ABC)

Meilleur second rôle masculin dans une série dramatique

Alfred Enoch - "How to Get Away With Murder" (ABC)
Jesse Williams - "Grey's Anatomy" (ABC)
Joe Morton - "Scandal" (ABC)
Jussie Smollett - "Empire" (Fox)
Trai Byers - "Empire" (Fox)

Meilleur second rôle féminin dans une série dramatique

Amirah Vann - "Underground" (WGN America)
CCH Pounder - "NCIS: New Orleans" (CBS)
Cicely Tyson - "How to Get Away With Murder" (ABC)
Lynn Whitfield - "Greenleaf" (OWN: Oprah Winfrey Network)
Naturi Naughton - "Power" (Starz)

Meilleure mini-série, téléfilm ou épisode spécial

"American Crime" (ABC)
"Confirmation" (HBO)
"Roots" (History)
"The Night Of" (HBO)
"The People v. O.J. Simpson: American Crime Story" (FX)

Meilleur acteur dans une mini-série, téléfilm ou épisode spécial

Courtney B. Vance - "The People v. O.J. Simpson: American Crime Story" (FX)
Cuba Gooding Jr. - "The People v. O.J. Simpson: American Crime Story" (FX)
Jeffrey Wright - "Confirmation" (HBO)
Malachi Kirby - "Roots" (History)
Sterling K. Brown - "The People v. O.J. Simpson: American Crime Story" (FX)

Meilleure actrice dans une mini-série, téléfilm ou épisode spécial

Anika Noni Rose - "Roots" (History)
Audra McDonald - "Lady Day at Emerson's Bar & Grill" (HBO)
Emayatzy Corinealdi - "Roots" (History)
Kerry Washington - "Confirmation" (HBO)
Regina King - "American Crime" (ABC)

Meilleure émission d'information

"AM Joy with Joy Reid" (MSNBC/NBC News)
"BET Love and Happiness White House Special" (BET)
"StarTalk with Neil deGrasse Tyson" (National Geographic Channel)
"Stay Woke" (BET)
"Unsung: Sugarhill Gang" (TV One)

Meilleur talk

"Steve Harvey" (Syndicated)
"SuperSoul Sunday" (OWN: Oprah Winfrey Network)
"The Real" (Syndicated)
"The Talk" (CBS)
"The View" (ABC)

Meilleur programme de télé-réalite ou émission de compétition

"Iyanla: Fix My Life" (OWN: Oprah Winfrey Network)
"Little Big Shots" (NBC)
"Mary Mary" (WE tv)
"The Voice" (NBC)
"United Shades of America" (CNN)

Meilleur programme de divertissement

"2016 Black Girls Rock" (BET)
"Celebrity Family Feud" (ABC)
"Lemonade" (HBO)
"Lip Sync Battle" (Spike TV)
"The Essence Black Women in Hollywood Awards 2016" (OWN: Oprah Winfrey Network)

Meilleur programme pour enfants

"All In With Cam Newton" (Nickelodeon)
"An American Girl Story - Melody 1963: Love Has to Win" (Amazon)
"Doc McStuffins" (Disney Junior)
"K.C. Undercover" (Disney Channel)
"The Lion Guard" (Disney Junior)

Meilleur jeune acteur (dans une série, une mini-série, un téléfilm ou un épisode spécial)

Emyyri Crutchfield - "Roots" (History)
Hudson Yang - "Fresh Off the Boat" (ABC)
Lonnie Chavis - "This Is Us" (NBC)
Marsai Martin - "black-ish" (ABC)
Miles Brown - "black-ish" (ABC)

Meilleur présentateur (personnalité ou ensemble)

Anthony Anderson & Tracee Ellis Ross - "2016 BET Awards" (BET)
Joy Reid - "AM Joy With Joy Reid" (MSNBC)
Roland S. Martin - "NewsOne Now With Roland S. Martin" (TV One)
Steve Harvey - "The Steve Harvey Show" (Syndicated)
W. Kamau Bell - "United Shades of America" (CNN)

CINEMA


Meilleur film

"Fences" (Paramount Pictures)
"Hidden Figures" (20th Century Fox)
"Loving" (Focus Features/Big Beach)
"Moonlight" (A24)
"The Birth of a Nation" (Fox Searchlight Pictures)

Meilleur acteur

Denzel Washington - "Fences" (Paramount Pictures)
Don Cheadle - "Miles Ahead" (Sony Pictures Classics)
Nate Parker - "The Birth of a Nation" (Fox Searchlight Pictures)
Stephan James - "Race" (Focus Features/The Luminary Group A Solofilms/Trinidad/Trinity/Trinity Race Production)
Will Smith - "Collateral Beauty" (Warner Bros. Pictures/New Line Cinema)

Meilleure actrice

Angela Bassett - "London Has Fallen" (Focus Features/Millennium Films/G-Base Production)
Madina Nalwanga - "Queen of Katwe" (Walt Disney Studios)
Ruth Negga - "Loving" (Focus Features/Big Beach)
Taraji P. Henson - "Hidden Figures" (20th Century Fox)
Tika Sumpter - "Southside With You" (Roadside Attractions)

Meilleur second rôle masculin

Alano Miller - "Loving" (Focus Features/Big Beach)
Chadwick Boseman - "Captain America: Civil War" (Marvel Studios)
David Oyelowo - "Queen of Katwe" (Walt Disney Studios)
Mahershala Ali - "Moonlight" (A24)
Trevante Rhodes - "Moonlight" (A24)

Meilleur second rôle féminin

Aja Naomi King - "The Birth of a Nation" (Fox Searchlight Pictures)
Lupita Nyong'o - "Queen of Katwe" (Walt Disney Studios)
Mo' Nique - "Almost Christmas" (Universal Pictures)
Octavia Spencer - "Hidden Figures" (20th Century Fox)
Viola Davis - "Fences" (Paramount Pictures)

Meilleur film indépendant

"Lion" (See-Saw Films)
"Loving" (Focus Features/Big Beach)
"Miles Ahead" (Sony Pictures Classics)
"Moonlight" (A24)
"The Birth of a Nation" (Fox Searchlight Pictures)

DOCUMENTAIRE


Meilleur documentaire – (Film)
"13th" (Netflix)
"I Am Not Your Negro" (Velvet Film)
"Maya Angelou: And Still I Rise" (The People's Poet LLC)
"Miss Sharon Jones!" (Cabin Creek Films)
"Olympic Pride, American Prejudice" (Coffee Bluff Pictures)

Meilleur documentaire – (Télévision)
"Major League Legends: Hank Aaron" (Smithsonian Channel)
"Policing the Police" (PBS)
"Roots: A History Revealed" (History)
"Roots: A New Vision" (History)
"Streets of Compton" (A&E)

ECRITURE

Meilleur scénario de série comique

Donald Glover - "Atlanta" - B.A.N. (FX)
Issa Rae, Larry Wilmore - "Insecure" - Insecure as F**k (HBO)
Kenya Barris - "black-ish" - Hope (ABC)
Our Lady J - "Transparent" - If I Were A Bell (Amazon)
Prentice Penny - "Insecure" - Real as F**k (HBO)

Meilleur scénario de série dramatique

Akela Cooper - "Marvel's Luke Cage" - Manifest (Netflix)
Anthony Sparks - "Queen Sugar" - By Any Chance (OWN: Oprah Winfrey Network)
Ava DuVernay - "Queen Sugar" - First Things First (OWN: Oprah Winfrey Network)
Joe Robert Cole - "The People v. O.J. Simpson: American Crime Story - The Race Card" - (FX)
LaToya Morgan - "TURN: Washington's Spies" - Benediction (AMC)

Meilleur scénario de téléfilm
Alison McDonald - "An American Girl Story - Melody 1963: Love Has to Win" (Amazon)
Alison McDonald - "Roots (Night 2)" (History)
Charles Murray - "Roots (Night 3)" (History)
Rashida Jones and Mike Schur - "Black Mirror: Nosedive" (Netflix)
Rhonda Freeman-Baraka - "Merry Christmas, Baby!" (UP TV)

Meilleur scénario de film
Adam Mansbach "Barry" (Black Bear Pictures and Cinetic Media)
Barry Jenkins "Moonlight" (A24)
Jeff Nichols "Loving" (Focus Features/Big Beach)
Nate Parker "The Birth of a Nation" (Fox Searchlight Pictures)
Richard Tanne "Southside With You" (Roadside Attractions)

REALISATION

Meilleur réalisation de série comique

Anton Cropper - "black-ish" - God (ABC)
Anton Cropper - "black-ish" - Good-ish Times (ABC)
Donald Glover - "Atlanta" - Value (FX)
Marta Cunningham - "Transparent" - Exciting and New (Amazon)
Melina Matsoukas - "Insecure" - Insecure as F**k” (HBO)

Meilleure réalisation de série dramatique

Anthony Hemingway - "Underground" - The Macon 7 (WGN America)
John Singleton - "The People v. O.J. Simpson: American Crime Story: The Race Card" - (FX)
Millicent Shelton - "Empire" - The Lyon Who Cried Wolf (Fox)
Paris Barclay - "Pitch" - Pilot (FOX)
Sam Esmail - "Mr. Robot" - eps2.5_h4ndshake.sme (USA Network)

Meilleure réalisation de téléfilm

Carl Seaton - "Bad Dad Rehab" - (TV One)
Mario Van Peebles - "Roots (Night 2)" - (History)
Rick Famuyiwa - "Confirmation" - (HBO)
Thomas Carter - "Roots (Night 3)" - (History)
Vondie Curtis-Hall - "Toni Braxton: Unbreak My Heart" - (Lifetime)

Meilleure réalisation de film

Anthony Russo, Joe Russo - "Captain America: Civil War" (Marvel Studios)
Barry Jenkins - "Moonlight" (A24)
Garth Davis - "Lion" (See-Saw Films)
Mira Nair - "Queen of Katwe" (Walt Disney Studios)
Nate Parker - "The Birth of a Nation" (Fox Searchlight Pictures)

ANIMATION/CGI

Meilleur voice-over

Dwayne Johnson - "Moana" (Walt Disney Studios)
Idris Elba - "Finding Dory" (Walt Disney Studios)
Idris Elba - "The Jungle Book" (Walt Disney Studios)
Kevin Hart - "The Secret Life of Pets" (Universal Pictures)
Loretta Devine - "Doc McStuffins" (Disney Junior)

Viola Davis dans le prochain film de Steve McQueen

Posté par vincy, le 16 octobre 2016

Un sacré trio en perspective. La romancière et scénariste de Gone Girl, le réalisateur de 12 Years a Slave et la star de la série How to Get Away With Murder. Widows est l'adaptation de la minisérie britannique des années 1980 (2 saisons de six épisodes) où des épouses de cambrioleurs se retrouvent veuves après un braquage qui a mal tourné. Elles décident alors de continuer le business. En 2002, un remake américain avait déjà été fait, avec Brooke Shields et Rosie Perez.

Gillian Flynn devrait être en charge du script de ce thriller, aux côtés du réalisateur Steve McQueen. Selon Variety, Jennifer Lawrence a été approchée pour jouer l'une des quatre veuves mais son emploi du temps trop chargé l'a conduite à passer son tour. En revanche, Viola Davis est en négociations finales.
L'actrice sera l'une des oscarisables de l'année avec son rôle dans Fences de et avec Denzel Washington, adaptation d'une pièce de théâtre pour laquelle elle a gagné le Tony Award de la meilleure actrice en 2010. Vue récemment dans Suicide Squad, elle est entrée dans l'histoire en étant la première à remporter le Screen Actors Guild Award de la meilleure actrice dans une série télévisée dramatique l'an dernier (exploit réédité cette année). Viola Davis a aussi été nommée à l'Oscar de la meilleure actrice pour La Couleur des sentiments en 2012.

L’instant Zappette: Emmy Awards are the new black !

Posté par wyzman, le 15 juillet 2016

Il y a quelques heures seulement, la liste des nommés des 68ème Emmy Awards a été dévoilée. Et force est de reconnaître qu'outre quelques oubliés (Uzo Aduba pour OITNB en tête), cette liste nous satisfait pleinement sur au moins un point : sa diversité. Dans le but d'éviter une polémique du type #OscarsSoWhite, l'Académie a pris des mesures drastiques et fait le choix de nommer des personnalités de couleur - qui le méritent sincèrement.

Du coup, c'est sans surprise que l'on retrouve parmi les nommés la comédie Black-ish ainsi que ses deux acteurs principaux, Anthony Anderson et Tracee Ellis Ross. Dans la catégorie meilleure actrice dans une série dramatique, Viola Davis de HTGAWM et Taraji P. Henson d'Empire sont également de retour. L'an dernier, la première était repartie avec le précieux Graal. Passés le buzz et la sensation de nouveauté, les deux femmes pourraient bien perdre face à Tatiana Maslany d'Orphan Black ou Keri Russell de The Americans. Voire carrément Robin Wright de House of Cards !

Grand gagnant de l'an dernier, Idris Elba est à nouveau nommé dans la catégorie meilleur acteur dans une mini-série ou un film pour son rôle dans Luther. Face à lui, il aura beaucoup de compétition. En effet, deux acteurs de couleur issus de The People v O.J. Simpsons : American Crime Story sont nommés : Cuba Gooding Jr. et Courtney B. Vance. La série de Ryan Murphy raconte dans sa première saison le procès d'Orenthal James Simpson, le joueur de football accusé du double homicide de son ex-femme Nicole Brown Simpson et de son compagnon Goldman. Fortement axé sur la question raciale (pour des raisons évidentes), le show de FX est nommé dans la catégorie meilleure mini-série tandis que Sterling K. Brown a été sélectionné parmi les meilleurs seconds rôles.

Par la suite, impossible de ne pas évoquer les nominations des deux comédies de Netflix, Unbreakable Kimmy Schmidt et Master of None. Le créateur de la seconde, Aziz Ansari est nommé dans la catégorie meilleur acteur d'une comédie et l'on ne peut qu'espérer qu'il remportera cet Emmy Award tant son interprétation de trentenaire new-yorkais, fils d'immigrés indiens est géniale. Du côté d'Unbreakable Kimmy Schmidt, la nomination de Tituss Burgess parmi les meilleurs seconds rôles est un véritable soulagement. Le personnage haut en couleur qu'il campe est divin. (Par ailleurs, si vous ne regardez pas Kimmy Schmidt, il serait d'ailleurs temps de vous y mettre !)

Évoquons maintenant la nomination de Kerry Washington pour son interprétation d'Anita Hill dans le téléfilm de HBO Confirmation. Brillante, c'est entre Sarah Paulson (The People v O.J. Simpson) et elle que se jouera ce prix ! Qui plus est, les 4 nominations de Beyoncé et de son documentaire Lemonade devraient ravir ses fans ainsi que les militants du mouvement #BlackLivesMatter quand les plus sériephiles d'entre nous peuvent se frotter les mains en voyant que Regina King n'a pas été oubliée pour American Crime.

Enfin, ne passons pas outre les nominations de Reg E. Cathey et Mahershala Ali de House of Cards, Keegan Michael-Key, Tracy Morgan, Steve Harvey… et RuPaul, la célèbre drag queen. Et tandis qu'Andre Charles de son vrai nom a dédié sa nomination "à tous les outsiders à travers le monde", Rami Malek, lui, peut d'ores et déjà savourer sa première nomination dans la catégorie meilleur acteur d'une série dramatique grâce à Mr. Robot ! Déjà nommé aux derniers Golden Globes, l'acteur de 35 ans aux ancêtres égyptiens et grecs pourrait bien repartir avec l'Emmy cette fois. C'est tout ce qu'on lui souhaite !

Des SAG Awards 2016 en forme d’anti-Oscars ?

Posté par wyzman, le 1 février 2016

C''est samedi soir qu'avaient lieu les Screen Actors Guild Awards, une cérémonie de remise de prix créée par le syndicat des acteurs, le plus puissant à Hollywood, et qui, comme les Oscars et les Golden Globes, récompense les performances des artistes de l'audiovisuel. Alors que l'Académie américaine connaît actuellement un bad buzz phénoménal suite à ses  nominations 100% white et le hashtag #OscarsSoWhite qui a déjà poussé les Smith et Spike Lee à boycotter la cérémonie (lire notre actualité du 23 janvier), les SAG Awards ont visiblement bien appris la leçon. En effet, depuis la divulgation des vainqueurs, le Web est envahi d'articles prônant la diversité de cette 22ème édition des Screen Actors Guild Awards. Et pour cause !

Coté cinéma, Leonardo DiCaprio (The Revenant) et Brie Larson (Room) sont respectivement repartis avec le SAG Award du meilleur acteur et de la meilleure actrice, les plaçant en logiques favoris des Oscars. Idris Elba (Beasts of No Nation) et Alicia Vikander (The Danish Girl) ont été nommés meilleurs seconds rôles. Le premier n'a pas été nommé aux Oscars, la seconde devrait là aussi recevoir la statuette si la logique s'impose.

Enfin, last but not least, Spotlight s'est vu attribué le prix de la meilleure distribution dans un film, devenant ainsi le nouveau favori (de la semaine?) pour l'Oscar du meilleur film. Récemment, une année sur deux le film recevant ce prix repart avec l'Oscar suprême.

Black panthers

Mais le plus intéressant nous vient des récompenses liées à la télévision. Car comme nous vous le disions récemment, c'est désormais là-bas que la diversité se trouve convenablement représentée.

Alors qu'il passait déjà une bonne soirée, Idris Elba a reçu un second prix, celui du meilleur acteur dans une mini-série pour son rôle de détective dans Luther. C'est le septième prix que l'acteur reçoit grâce à ce personnage. Preuve, s'il en fallait une que Luther, est une série à suivre, tout comme son interprète ! Combien de temps avant qu'il n'endosse le costume de James Bond, hein ? Chez les femmes, c'est une autre artiste noire dont la performance a été saluée : la trop rare Queen Latifah pour Bessie, un téléfilm produit et diffusé par HBO.

Comme l'année dernière, Kevin Spacey et Viola Davis ont également été récompensés pour leur rôle respectif dans House of Cards et How to Get Away with Murder. Classée parmi les 15 séries à suivre en 2015, HTGAWM a déjà permis à Viola Davis de remporter un Emmy Award, un Golden Globe, un NAACP Image Award, un People's Choice Award et désormais deux SAG Awards ! A quelques semaines de la sortie de Suicide Squad, Viola Davis peut à nouveau remercier Shonda Rhimes et Peter Nowalk d'avoir permis à son personnage d'Annalise Keating de voir le jour.

Et ce n'est pas fini ! Pour son rôle de femme transgenre dans Transparent, Jeffrey Tambor a reçu samedi soir le SAG Award du meilleur acteur de comédie, tandis qu'Uzo Aduba (alias Crazy Eyes dans Orange is the New Black) est repartie avec celui de la meilleure actrice de comédie. Vous l'aurez donc compris, en récompensant la diversité visible à la télévision, les SAG Awards ont officiellement fait la nique aux Oscars. A moins que cela ne soit qu'une manière de compenser l'absence de nomination pour des acteurs de couleurs chez le grand frère ? La question mérite d'être posée.

Ce qui n'a pas empêché Viola Davis d'y aller de son bon mot. En coulisses, elle a notamment déclaré : "Nous sommes devenus une société de tendances (en référence aux hashtag "trend topic" de Twitter, NDLR). La diversité n'est pas une tendance… Je me vois comme une actrice. Peu importe ce qui se passe dans le milieu, je trouverai un moyen de pratiquer mon art." Avant d'ajouter : "Quand tu regardes Annalise, elle n'est pas qu'une femme noire, c'est une femme qui mène sa vie. Les gens oublient ça dans notre business." Voilà qui est dit.

Oscars 2016 : Entre blancheur, oubli et hypocrisie

Posté par wyzman, le 17 janvier 2016

Jeudi dernier, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences a dévoilé la liste des nommés aux prochains Oscars. Bien évidemment, les 12 nominations de The Revenant et le sacre à venir de Leonardo DiCaprio n'ont échappé à personne. Néanmoins, et très vite, la Toile n'a pas manqué de relever l'absence flagrante d'acteurs de couleur parmi les 20 nommés aux prix d'interprétation. Plus encore, ou plus grave si vous préférez, cette année les catégories Meilleur documentaire et Meilleur scénario original ont également été touchées par cet "oubli" des votants. Si l'on s'attarde sur l'histoire des Oscars, on constate très rapidement que ce type d'oubli (ne pas nommer des professionnels de l'industrie du cinéma de couleur) n'est pas nouveau. Mais après le tollé rencontré l'année dernière avec le hashtag #OscarsSoWhite, nous pouvions espérer que les choses allaient rentrer dans l'ordre.

Pour expliquer l'absence d'acteurs, de réalisateurs ou de scénaristes de couleur parmi les nommés, nous pourrions dire qu'aucun n'a fourni de travail suffisamment intéressant pour mériter une nomination. Mais ce serait faux. Si vous lisez Ecran Noir ou si vous êtes simplement cinéphile, il ne vous a pas échappé que cette année, certains acteurs de couleur ont livré des performances remarquables. A l'instar de The Wrap (qui a listé pas moins de 14 acteurs oscarisables), nous pensons à Idris Elba (Beasts of No Nation), Mya Taylor (Tangerine), Will Smith (Concussion), Oscar Isaac (Ex Machina), Jason Mitchell (Straight Outta Compton) et bien évidemment Michael B. Jordan (Creed). Alors comment se fait-il qu'aucun d'entre eux ne soit nommé ? Et comment peut-on penser à nommer Sylvester Stallone pour Creed et pas celui qui porte tout le film ?

93% des votants aux Oscars sont blancs

Premier élément de réponse : Hollywood est l'incarnation même de l'hypocrisie. Récemment, nous évoquions son sexisme apparent (11% de femmes scénaristes, sérieusement ?) Comme le dit si bien Spike Lee : "Nous pourrions remporter un Oscar maintenant ou plus tard, mais un Oscar ne va pas fondamentalement changer comment Hollywood fait du fric. Je ne parle pas des stars hollywoodiennes. Je parle des cadres. Nous ne sommes pas dans la pièce." Et le réalisateur de Inside Man voit juste : rares sont les personnes de couleur qui ont du poids à Hollywood, qui prennent les décisions qui importent, qui sont prêtes à investir dans des projets "orientés" vers les gens de couleur, hormis quels comédies "ciblées" pour la communauté afro-américaine, où la mixité n'est jamais flagrante. Les Oscars ne sont ainsi que la résultante de la "blanchitude" de la chaîne de valeur. En décembre 2013, le Los Angeles Times portait un constat effarant : sur les 6028 votants, 93% d'entre eux étaient blancs, 76% étaient des hommes et la moyenne d'âge était de 63 ans. Oui, oui, 63 ans ! Voilà sans doute pourquoi 6 des 8 films nommés pour l'Oscar du Meilleur film cette année sont portés par des hommes d'origine caucasienne.

Deuxième élément de réponse : la diversité se trouve du côté de la série télé. Après l'annonce des nominations, Fusion n'a pas tardé à lister tous les acteurs de séries qui comptent aujourd'hui. De Viola Davis (How to Get Away with Murder) à Taraji P. Henson (Empire) en passant par Gina Rodriguez (Jane the Virgin), Aziz Ansari (Master of None) et Constance Wu (Fresh Off The Boat). Bref, et comme le précisait Viola Davis lors de son discours aux derniers Emmy Awards (elle était la première afro-américaine à recevoir ce prix!), il est impossible pour des acteurs de couleur de remporter des prix lorsque les rôles intéressants n'existent pas. Mais vous conviendrez que depuis Grey's Anatomy, la télévision américaine n'a eu de cesse de se colorer efficacement, lentement et sûrement. Merci Shonda Rhimes !

Troisième élément de réponse : les critiques n'atteignent pas la télévision. La 88ème cérémonie sera retransmise sur ABC le 28 février prochain et les patrons de la chaîne n'ont pas choisi n'importe quel hôte : l'acteur noir Chris Rock. Comique apprécié, rentable (Tout le monde déteste Chris, Madagascar, Empire) et pragmatique, il ne fait aucun doute que les blagues à caractère racial iront bon train ce soir-là. Après Diana Ross (1974), Richard Pryor (1977, 1983) et Whoopi Goldberg (1993, 1995, 1998, 2001), Chris Rock n'est que la quatrième personnalité de couleur à se faire le présentateur de cette cérémonie. Et bien qu'il l'ait déjà fait en 2005, il est important de préciser que Chris Rock suit Ellen DeGeneres (2014) et Neil Patrick Harris (2015), deux acteurs ouvertement homosexuels et donc membres de ce que l'on appelle encore une "minorité".

Quatrième élément de réponse : les grands rôles au cinéma sont souvent des clichés. Précisons qu'ici il est question de rôles destinés à des acteurs de couleur. A Hollywood, les rôles destinés aux acteurs non-Caucasiens sont de trois types : criminel, comique ou figure historique. Et ils sont le plus souvent l'œuvre de scénaristes blancs. Voilà pourquoi le dernier black à remporter l'Oscar du meilleur acteur était Forest Whitaker pour Le Dernier Roi d'Ecosse (2006). Du côté des femmes, c'est la violence (psychologique ou physique) subie par leur personnage qui détermine leur oscarisation. Et les nominations passées d'Angela Bassett (Tina - 1993), Halle Berry (A l'ombre de la haine - 2001), Gabourey Sidibe (Precious - 2009), Viola Davis et Octavia Spencer (La Couleur des sentiments - 2011) et Lupita Nyong'o (12 Years a Slave - 2013) en sont la preuve ! Que ce soit pour le box office ou les Oscars, les minorités subissent la Loi hollywoodienne (à savoir fédérer le plus grand nombre). Or, les studios ont su fabriquer des stars "blacks" bankables et respectables dans les années 90 (Denzel Washington, Morgan Freeman, Will Smith, Samuel L. Jackson) mais en ont été incapables depuis quinze ans. Il y a de grands acteurs, de grandes actrices, mais apparemment, personne ne les voit. Et pire, personne ne peut penser qu'un James Bond soit noir, malgré les rumeurs / fantasmes autour de cette hypothèse, ou que la couleur de peau ne change rien à un personnage principal d'un drame oscarisable.

Pop et black cultures au menu des NAACP Image Awards 2016

Posté par wyzman, le 9 décembre 2015

Vous ne connaissez pas le NAACP ? C'est compréhensible. L'association nationale pour la promotion des gens de couleur fait la part belle à la diversité américaine depuis 1909 mais n'a jamais trouvé d'équivalent en France - surtout en matière de production audiovisuelle. Alors que les nominations pour la prochaine cérémonie ont été dévoilées hier, l'Amérique d'Obama semble plus que jamais avoir un voire deux coups d'avance sur notre bon vieil Hexagone. Explications.

Récompensant les artistes qui font la télévision, le cinéma (d'animation, de fiction ou documentaire), la musique et la littérature américaine d'aujourd'hui, les NAACP Image Awards s'ancrent une fois de plus dans une culture populaire qui a déjà fait ses preuves. En attestent les multiples nominations de séries et de films remplis d'acteurs de couleur dont nous vous parlons depuis un moment ! Ainsi, le vendredi 5 février 2016, la 47ème cérémonie sera retransmise sur la chaîne câblée TV One qui est fièrement destinée à un public afro-américain.

Côté télévision, de ses nominations, il convient de retenir le (quasi) sacre d'Empire. A la fois soap opera, drama et comédie musicale, la série de Lee Daniels à 90% composée d'acteurs noirs a reçu pas moins de 12 nominations dans des catégories phares de la télévision mais aussi de la musique. Jussie Smollett et son collègue Yazz se trouvent ainsi cités parmi les Meilleurs nouveaux artistes de l'édition 2016. Le show est sans surprise nommé dans la catégorie Meilleure série dramatique, aux côtés de Being Mary Jane (avec Gabrielle Union), Power (produite par le rappeur 50 Cent) et les deux dernières productions de Shonda Rhimes, Scandal et How to Get Away with Murder. C'est d'ailleurs cette dernière qui a remporté le prix lors de l'édition 2015. Parmi les comédies, c'est le Cosby Show version 2015 Black-ish qui tire son épingle du jeu, récoltant 10 nominations. La série remet son titre de Meilleure série comique en jeu et devrait distancer House of Lies, Key & Peele, Orange is the New Black et Survivor's Remorse.

Coté cinéma, Creed fait carton plein avec 6 nominations. Pour rappel, le film raconte comment le fils d'Apollo Creed va s'entraîner auprès de Rocky Balboa et suivre les pas de ses aînés. Rencontre de deux générations, le film a déjà ravi les critiques par son mélange réussi entre renouveau, diversité (Michael B. Jordan est noir) et culture populaire (Rocky étant toujours considéré comme une icône). Adoré par la presse depuis Fruitvale Station, Michael B. Jordan est déjà dans les starting-blocks pour une nomination aux Oscars… En face, les rappeurs de Straight Outta Compton ne sont pas en reste puisque le film est nommé dans 5 catégories dont Meilleur film, Meilleur second rôle et Meilleur scénario.

Néanmoins, s'il y a bien une catégorie qu'il est important de mentionner, c'est celle d'Artiste de l'année. Prix spécial, celui-ci n'est pas décerné automatiquement. Cette année, c'est l'actrice Taraji P. Henson qui a emballé toute la salle avec son interprétation de Cookie Lyon dans Empire. Et en 2016, le choix se fera entre l'acteur Michael B. Jordan, la danseuse classique Misty Copeland, le chanteur Pharrell Williams, la showrunner, scénariste et productrice Shonda Rhimes et son actrice phare Viola Davis.

Vraisemblablement, c'est l'une des deux dernières femmes mentionnées qui devrait remporter la palme. En effet, après avoir mis en place son TGIT (la réunion de Grey's Anatomy, Scandal et How to Get Away with Murder), la femme la plus influente de la télé américaine lancera en mars son nouveau show The Catch, avant de se remettre à bosser sur son projet de série sur des nonnes. Toutefois, détentrice d'un Emmy Award de meilleure actrice dans une série dramatique (le premier jamais délivré à une actrice de couleur), Viola Davis n'a pas dit son dernier mot. Verdict le 5 février !