Les révélations en lice pour les César

Posté par vincy, le 22 novembre 2011

Ils sont 32 comédiens et comédiennes à avoir été retenus par l'académie des Arts et techniques du Cinéma. Seulement 10 seront nommés dans la catégorie espoir. La liste finale sera dévoilée le 27 janvier prochain.

Cette première liste est proposée "à titre indicatif afin de faciliter le vote, sans avoir aucun caractère d’obligation", souligne l'académie. Enfin bien malin sera celui qui spontanément citera le nom d'un jeune comédien dans un film. Omar Sy, star d'Intouchables, pourrait cependant faire exception. Il est éligible et n'est pas représenté dans la liste.

4 des 16 comédiennes en lice pour les nominations ont joué dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close. Notons qu'hormis Astrid Bergès-Frisbey dans La fille du puisatier et Naidra Ayadi dans Polisse, aucune actrice n'a joué dans un film vu par plus d'un million de spectateurs.
Enfin Angèle et Tony et Mon père est femme de ménage sont les seuls films présents dans les deux catégories sexuées.

Pour le César du meilleur espoir féminin 2012 :
Naidra Ayadi dans Polisse
Anne Azoulay dans Léa
Alice Barnole dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close
Astrid Bergès-Frisbey dans La fille du puisatier
Agathe Bonitzer dans Une bouteille à la mer
Lola Créton dans Un amour de jeunesse
Marie Denarnaud dans Les adoptés
Amandine Dewasmes dans Toutes nos envies
Golshifteh Farahani dans Si tu meurs, je te tue
Adèle Haenel dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close
Clotilde Hesme dans Angèle et Tony
Joséphine Japy dans Le moine
Céline Sallette dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close
Christa Théret dans La brindille
Alison Wheeler dans Mon père est femme de ménage
Iliana Zabeth dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close

Pour le César du meilleur espoir masculin 2012 :
Nicolas Bridet dans Tu seras mon fils
François Civil dans Nos résistances
Jérémie Duvall dans Mon père est femme de ménage
Franck Falise dans La fin du silence
Raphaël Ferret dans Présumé coupable
Grégory Gadebois dans Angèle et Tony
Guillaume Gouix dans Jimmy Rivière
Iabe Lapacas dans L’ordre et la morale
Nicolas Maury dans Let my people go !
Pierre Moure dans Où va la nuit
Pierre Niney dans J’aime regarder les filles
Pierre Perrier dans American Translation
Aymen Saïdi dans L’assaut
Mahmud Shalaby dans Les hommes libres
Alexandre Steiger dans L’ordre et la morale
Dimitri Storoge dans Les Lyonnais

L’avant-première d’Or noir troublée par un conflit avec le producteur

Posté par vincy, le 22 novembre 2011

L'avant-première d'Or noir, le nouveau film de Jean-Jacques Annaud, lundi 21 novembre au Gaumont Champs-Elysées, a été troublée, de manière très sage, par les employés de LTC, filiale à 100% de Quinta Industries. Le Syndicat national des techniciens et réalisateurs de la production cinématographique et de télévision (SNTR / SGTIF - CGT) a distribué un tract aux invités qui faisaient la queue. Quelques employés brandissaient des pancartes, accusant principalement l'actionnaire Tarak Ben Ammar, le long du tapis rouge.

Rappel des faits : LTC (32 millions d'€ de chiffre d'affaires en 2010, 24 millions prévus cette année), mais aussi Scanlab (6,3 millions d'euros) et Quinta Industries (6,6 millions d'euros) sont en redressement judiciaire depuis le 3 novembre. Les trois sociétés regroupent 182 employés. Le groupe Quinta industries, qui englobe les trois sociétés, détenu à 83% par Tarak Ben Ammar et à 17% par Technicolor, elle-même en procédure de sauvegarde, est en cessation de paiement depuis le 1er septembre et les salaires d'octobre n'ont pas pu être payés. Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) devrait être présenté d'ici deux mois aux 182 salariés des trois sociétés. Les difficultés financières des trois sociétés sont liées notamment au déclin de l'activité photochimique, qui a accéléré sa chute à partir du 2e semestre 2010, notamment liée au processus de numérisation des salles de cinéma, en forte accélération ces derniers mois. Le Conseil de la concurrence a rejeté la fusion des laboratoires LTC avec ceux d'Eclair, dont Tarak Ben Ammar est aussi actionnaire à hauteur de 43%. Tarak Ben Ammar justifie qu'il a anticipé la mutation technologique en orientant les activités de ses laboratoires vers la numérisation des oeuvres mais qu'il n'a pas réussi à trouver les financements nécessaires pour répondre aux besoins de cette montée en charge. Il compte démarrer la numérisation de son catalogue (500  films environ) dès décembre.

Cependant, les syndicats reprochent à Tarak Ben Ammar de ne pas faire face à ses responsabilités. "L'administrateur judiciaire a annoncé aux élus du personnel qu'un plan massif de licenciement était nécessaire et que les mesures d'accompagnement seraient au minimum conventionnel à moins que l'actionnaire y participe financièrement". Un premier plan de licenciements de 34 personnes avait été enclenché l'été dernier. Le plan avait été annulé, et celui qui s'annonce semble bien plus "massif". Le tribunal a accordé une période d'observation de six mois. Le plan de continuation prévoit un plan de sauvegarde de l'emploi et la cession du site de Saint-Cloud, qui rapporterait 13,5 millions d'euros (soit un peu moins que la dette financière, qui s'élève à 15 millions d'euros).

Les salariés reprochent à l'actionnaire une certaine désinvolture. "Si vous allez pouvoir voir (...) le film Or noir (...), c'est parce que les salariés de LTC, Scanlab et Quinta Industries continuent à travailler alors qu'ils ne sont même pas certains que, comme le mois dernier, leur salaire sera versé. Les salariés réclament qu'en juste contrepartie de 10 ans au travail au seul bénéfice des sociétés du groupe Quinta Communications, Tarak Ben Ammar mette la main à la poche pour assurer dignement le départ et la reconversion des salariés." Ce dernier ne s'est toujours pas engagé à participer financièrement aux licenciements alors que les salaires n'ont effectivement pas été versés en octobre et qu'il affirme que son groupe Quinta Communications "va très bien".

Des amis nommés Ben Ali, Khadafi, Berlusconi

A cela s'ajoute une controverse liée aux conditions de tournage d'Or noir. Le syndicat exige, "compte tenu des conditions sociales iniques qui ont permis la réalisation de ce film", que soient revues très rapidement les conditions de l'agrément de ce film, agréé par le Président du CNC, en dépit d'un avis défavorable de la Commission des professionnels. Le 21 septembre dernier, le syndicat expliquait que "la société Quinta Communication avait imposé aux ouvriers et techniciens de travailler en qualité d'expatriés via une société tunisienne, ceux-ci ne bénéficiant alors d'aucune couverture sociale et conventionnelle, la commission d'agrément dont l'avis est consultatif, avait unanimement émis un avis défavorable à la délivrance de l'agrément pour ce film, à deux reprises. En délivrant l'agrément sans même en informer la commission, le Président du CNC fait preuve d’une véritable défiance vis-à-vis des professionnels du cinéma ; en conséquence, les organisations professionnelles de la CGT, artistes et techniciens, siégeant à la Commission ont décidé de quitter la séance qui a du être ajournée."

Sales temps pour Tarak Ben Ammar, qui avait déjà du affronter la révolution tunisienne en plein tournage d'Or noir (voir aussi actualité du 19 janvier) et qui est, en tant qu'actionnaire de la chaîne télévisée Nessma, au coeur d'un procès en Tunisie pour avoir diffusé Persépolis (voir actualité du 14 octobre). Ce dernier point serait plutôt à mettre à son actif. Hélas, ses amitiés qui lui ont permis de construire son empire s'effondrent autour de lui. Après son ami Ben Ali, l'ancien dictateur tunisien, c'est au tour de Silvio Berlusconi (co-actionnaire de Quinta Communications) de tomber ; et il est aussi fragilisé par la révolution libyenne : en 2009, il avait reçu du régime de Khadafi, via le fonds souverain Libyan Foreign Investment Co, 19 millions d'euros soit 10% du capital de sa société.

John Neville, le baron de Münchausen, nous quitte (1925-2011)

Posté par vincy, le 22 novembre 2011

Né le 2 mai 1925 à Londres, Sir John Neville, figure sublime et longiligne (1m87) du théâtre et du cinéma anglo-saxon, est mort à 86 ans à Toronto, le 19 novembre dernier. Il souffrait de la maladie d'Alzheimer. Il restera à jamais le fameux baron de Munchausen, dans le délire de Terry Gilliam (1988). Il doit beaucoup à Gilliam. Quand il obtient le rôle principal de cette fantaisie baroque, il met fin à 18 ans de disette dans le cinéma. Son éclectisme l'a conduit à tourner avec des cinéastes aussi divers que Peter Sellers, Alan Parker, Luc Besson (il était le Général Staedert dans Le Cinquième élément), Roland Joffé, Istvan Szabo (dans le beau Sunshine), David Cronenberg (Spider) ou encore Norman Jewison. L'essentiel de sa carrière sur grand écran se fera après le film de Terry Gilliam, alors qu'il avait dépassé la soixantaine.

Sinon, il a fait Sherlock Holmes (contre Jack l'éventreur) dans le film de James Hill, serveur dans Esprits rebelles, Lord dans son dernier film, Separate Lies. Et surtout, il fut mondialement connu pour avoir incarné l'homme manucuré dans la série X-Files et sa déclinaison cinématographique X-Files : Aux frontières du réel (1998).

Depuis ses débuts, en 1950, Neville avait souvent joué pour le petit écran, dans des séries comme dans des téléfilms, passant de la tragédie classique aux comédies les plus loufoques. Il fut même Isaac Newton dans Star Trek : The Next Generation. On le vit aussi dans la série gay Queer as Folk. De Henry V à Simenon, tous les univers lui convenaient.

John Neville fut aussi un grand homme de la scène. En 1947, il avait éblouit la critique et le public avec son Richard II. Directeur artistique du Festival Shakespeare de Stratford au Canada dans les années 80, il joua Hamlet sur Broadway (en 1958) mais aussi du Feydeau et du Molière (Les fourberies de Scapin).

Avec sa vie privée très sage (un seul mariage, en 1949, et six enfants), il n'a jamais défrayé la chronique "people". Malgré son immense talent, il n'a jamais reçu de prix. John Neville était un homme discret, loin du fantasque baron qui le rendit célèbre. Généreux et charmant, dévoué à son art, simple.

Paris s’offre un nouveau festival avec le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF)

Posté par geoffroy, le 22 novembre 2011

Le festival international du film fantastique de Gérardmer ne sera bientôt plus le seul à nous terroriser. En effet, sous l’impulsion conjointe de l’association Paris Cinéma Fantastique et du magazine MadMovies, un tout nouveau rendez-vous célébrant le cinéma fantastique ouvre ses portes dans la capitale du 23 au 27 novembre prochain au Gaumont Capucines (Paris 9ème)  : le Paris International Fantastic Film Festival.

Doté d’une programmation ambitieuse (sélection officielle longs métrages, sélection officielle courts métrages internationaux et français, séances spéciales, films hors compétition, avant premières…), tout est réuni, semble t-il, pour faire du PIFFF une manifestation d’importance d’un genre en demande de reconnaissance.

Mais alors, quid de Gerardmer, festival vosgien et neigeux organisé chaque année au mois de janvier ? Et bien qu’il risque de prendre de plein fouet cette « concurrence » intestine capable d’attirer nouveaux talents et valeurs sûres pour le plus grand plaisir d’un public cosmopolite (Paris oblige) en demande de sensations fortes. Paris offre deux avantages : une logistique permettant d'accueillir de nombreuses équipes, et un public beaucoup plus large. Les fans de L'Etrange festival devraient ainsi se régaler une fois de plus dans l'année.

Néanmoins, il faut saluer la démarche, tant il est difficile de nos jours de monter un festival international aussi ambitieux. Avec Roger Avery en président de ce premier jury, on peut au moins parier que cette édition sera suivie.

SELECTION OFFICIELLE – EN COMPETITION

Extraterrestre de Nacho Vigalondo (Espagne)

Retreat de Carl Tibbetts (Grande-Bretagne)

The Dead de Howard et Jonathan Ford (Grande-Bretagne)

The Innkeepers de Ti West (USA)

Masks de Andreas Marschall (Allemagne)

A Lonely Place to Die de Julian Gilbey (Grande-Bretagne)

Blind Alley de Antonio Trashorras (Espagne – Colombie)

Cassadaga de Anthony DiBlasi (USA)

Bellflower de Evan Glodell (Australie)

SÉANCES SPÉCIALES

Malveillance de Jaume Balaguero (ouverture)

4:44, Last Day on Earth de Abel Ferrara

Ray Harryhausen – Le Titan des Effets Spéciaux de Gilles Penso

The Violent Kind des frères Butcher

The Ward de John Carpenter

Détention de Joseph Kahn (clôture)

Le Jury

Roger Avary, réalisateur et scénariste canadien (Killing Zoe, Les Lois de l’attraction)

Jaume Balaguero, réalisateur espagnol (Darkness, Fragile, [Rec])

Christophe Gans, réalisateur français (Crying Freeman, Le Pacte des Loups, Silent Hill)

Lucile Hadzihalilovic, réalisatrice et scénariste française (Innocence)

_________

ACCÈS

Du 23 au 27 novembre 2011

Gaumont Opéra Capucines ; 2 boulevard des Capucines 75009 Paris

Tél. : 01 47 42 98 85

Le Prix Louis-Delluc sélectionne 8 films cannois parmi ses 9 nominés

Posté par vincy, le 21 novembre 2011

Le prestigieux prix Louis-Delluc a remis sa première sélection. il sera décerné le 16 décembre, au Fouquet's à Paris.

On notera la présence de 8 films en sélection au dernier festival de Cannes sur les 9 longs métrages retenus (Tomboy est l'exception). La présence d'un réalisateur finlandais , de deux réalisatrices considérées comme des nouveaux talents du cinéma français, et de deux cinéastes déjà primés par le Louis-Delluc (Robert Guédiguian et Alain Cavalier).

Ces dernières années, le Louis-Delluc a récompensé des cinéastes comme Kechiche, Ferran, Audiard, Desplechin ou des plus anciens comme Garrel, Depardon et l'an dernier Ruiz.

En lice pour le prix Louis-Delluc

- L'Apollonide (Souvenirs de maison close) de Bertrand Bonello

- L'Exercice de l'Etat de Pierre Schoeller

- La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

- Le Havre de Aki Kaurismäki

- Hors Satan de Bruno Dumont

- Les Neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian

- Pater de Alain Cavalier

- The Artist de Michel Hazanavicius

- Tomboy de Céline Sciamma

En lice pour le Prix Louis-Delluc du premier film

- 17 filles de Muriel Coulin et Delphine Coulin

- Donoma de Djinn Carrenard

- Jimmy Rivière de Teddy Lussi-Modeste

- Mafrouza (5 films) de Emmanuelle Demoris

- Nous, Princesse de Clèves de Régis Sauder

Vincent Lindon incarne le docteur Charcot dans un premier film

Posté par vincy, le 20 novembre 2011

Demain débutera le tournage du premier film d'Alice Winocour (38 ans), Augustine. Le film de cette diplômée de la Fémis (scénario) avait été sélectionné par le programme Emergence en 2010, ce qui lui avait permis de tourner quelques séquences de son futur film (voir le site d'Emergence). Il a été retenu cette année à l'Atelier du Festival de Cannes, dans le cadre de la Cinéfondation, pour boucler son financement d'un peu poins de 5 millions d'euros.

Vincent Lindon, actuellement à l'affiche de Toutes nos envies, interprétera le docteur Charcot, et Soko, nominée au César 2010 de meilleur espoir féminin pour A l'origine, l'une de ses patientes, Augustine. Nous sommes en 1885. Augustine est une jeune bonne qui est internée à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris. Dans cette cité des femmes, le professeur Charcot, neurologue et clinicien de génie essaye de comprendre une maladie encore inconnue : l’hystérie. Augustine, qui présente tous les symptômes de la maladie, ne tarde pas à attirer l’attention du Maître. D’objet d’étude, Augustine devient vite objet de désir. Le professeur est chaque jour plus troublé par ce corps débordant de sexualité, qui échappe à la règle. Elle devient son cobaye favori, le sujet exclusif de ses recherches, son obsession… Au  fil des examens, une intimité commence à se créer entre eux. Mais plus Charcot s’approche d’?Augustine, plus il la désire. Et plus il la regarde, plus il la rend malade.

Le film, produit par Dharamsala, aux côtés d'ARP sélection, qui sera le distributeur, et France 3 cinéma, a bénéficié de l'avance sur recettes du CNC, du soutien de la région Île-de-France et d'aides de la Fondation Gan, partenaire financier d'Emergence.

Alice Winocour a déjà réalisé les courts métrages Kitchen, déjà produit par Dharamsala, en compétition à Cannes en 2005, Magic Paris et Pina Colada. Elle collaboré aux scénarios de Ordinary People, de Vladimir Perisic, sélectionné à la semaine de la Critique en 2009, primé à Miami, Sarajevo et Trieste, et Home, film remarqué à la Semaine de la Critique à Cannes en 2008, d'Urusula Meier. Le film, trois fois nommé aux Césars, avait été primé à Angoulême et Reykjavik, et avait reçu trois prix aux Césars suisses, dont celui du meilleur scénario.

Augustine devrait logiquement être sur la Croisette en 2012 ou 2013...

_______
L'illustration représente le Docteur Charcot en pleine démonstration. Elle est issue de l'encyclopédie Larousse.

Stephen Frears à la poursuite du Bengali Detective

Posté par vincy, le 19 novembre 2011

A l'origine, il s'agit d'un documentaire, The Bengali Detective. Avec l'aide du scénariste D.V. DeVincentis, Stephen Frears l'adapte en long métrage de fiction. Le film de Frears sera produit par Ridley et Tony Scott. Il faudra cependant attendre 2014 pour le voir en salles.

Frears réalise actuellement Lay the favorite, une comédie biographique dans l'enfer du jeu de Vegas, d'après les mémoires de Beth Raymer, qui sera incarnée par Rebecca Hall. Bruce Willis, Vince Vaughn et Catherine Zeta-Jones complètent le casting. Là aussi, DeVincentis signe le scénario. Il avait déjà collaboré en 2000 avec Frears en écrivant le script d'High Fidelity.

The Bengali Detective, documentaire réalisé par Philip Cox, suivait l'intrépide détective privé, souffrant d'un peu de surpoids, Rajesh Ji explorant les bas fonds malfamés de Calcutta tout en rêvant de danser à la télévision indienne. C'est un regard sur l'Inde moderne, entre les empoisonnements, infidélités, fraudes, violences conjugales et meurtres et les mirages du show-biz. Le docu avait été présenté en avant-première au dernier festival de Sundance, puis à Berlin.

CNC : Centre National du Cinéma, de l’image animée et… de la musique?

Posté par redaction, le 19 novembre 2011

L’audio rejoint le visuel. Le lien entre entre musique et image se resserre. Après le rapport de Marc-Olivier Dupin (Compositeur et arrangeur, ancien directeur de la Musique à Radio France et de la chaine France Musique) sur « La musique à l'image : les enjeux d'une meilleure prise en compte de la musique dans la création cinématographique et audiovisuelle » rendu à Eric Garandeau (voir actualité du 25 juin sur cette mission), plusieurs modifications vont être apporté au Centre National du Cinéma et de l’image animée.

D’une part, la présence de personnalités issues de la sphère musicale sera encouragée dans les Commissions d’aides du CNC, pour que la musique soit prise en compte de manière systématique. D’autre part, des aides spécifiquement dédiées à la musique originale de film seront ouvertes au court métrage, à la création audiovisuelle et au jeu vidéo.

Pour ce faire, des liens étroits vont donc être établis avec la SACEM, l’UCMF (Union des Compositeurs de Musiques de Films), les orchestres symphoniques, les Ecoles supérieures de Cinéma et de Musique, les festivals, des associations françaises et internationales...

Marc-Olivier Dupin a formulé, dans son rapport, 25 préconisations, dans quatre domaines différents :
- le soutien à la formation et la pédagogie des cinéastes et des musiciens, dès le Lycée
- les aides à la composition et à la production de la musique pour l’image
- les conditions de l’optimisation des ressources musicales
- l’action culturelle

Cela permettrait de revaloriser la musique dans le film de cinéma, les oeuvres audiovisuelles et les jeux vidéos, jusqu’alors négligée et sous-estimée. Une évolution de plus pour le CNC, qui essaie d'englober l'ensemble de la chaîne, devenue plus que jamais pluridisciplinaire.

Pendant ce temps à Avignon, Nicolas Sarkozy a annoncé sa volonté de "mettre en place pour la musique un système qui s'apparente au système du Centre national du cinéma (CNC) pour le cinéma". Plusieurs questions se posent : les clips vidéos seront intégrés à quel centre? l'Etat ponctionnera-t-il une partie des recettes, comme le CNC? Avec une TVA en hausse, comment arrêter la chute des ventes et donc le déclin des recettes de ce secteur?

_________
Le rapport à télécharger format PDF

L’instant Court : The Meth Project, réalisé par Darren Aronofsky

Posté par kristofy, le 18 novembre 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après un extrait du journal du tournage de L’ordre et la morale de Mathieu Kassovitz avec son producteur Christophe Rossignon, voici l’instant Court n° 54.

Entre deux tournages il arrive parfois que certains réalisateurs louent leur talent pour diriger une publicité. Par exemple Mathieu Kassovitz, Patrice Leconte, Jan Kounen, Gérard Jugnot, Guillaume Canet, Gaspar Noé, Roman Polanski... Ils ont déjà réalisé des spots de pub pour quelques grandes marques prestigieuses dans des secteurs comme le parfum, le sport, les médias, l’automobile, ou l’alimentation. Cette activité n’est d’ailleurs pas un job alimentaire car souvent le budget très important permet un vrai exercice de créativité. En général, l’agence publicitaire contacte un réalisateur de cinéma justement pour exploiter le talent qu’on lui connaît : Jean-Pierre Jeunet filme Audrey Tautou pour un parfum, Kim Chapiron filme Oxmo Puccino pour un équipementier de football (tandis que pour son concurrent direct c’est Romain Gavras qui fait un montage où on entendait un extrait de Justice), la créativité de Michel Gondry se retrouve dans presque autant de pubs que de clips.

Après les succès de Black swan et de The wrestler, Darren Aronofsky a lui été contacté pour tourner quelques scènes dans le style de Requiem for a dream où il était question d’addiction : il a réalisé quatre publicités pour une campagne de prévention contre la drogue.

Voila donc Deep End et Loosing control réalisés par Darren Aronofsky, deux spots de la campagne ‘The Meth Project' qui veut inciter le public à se questionner sur les différents dangers et drames que provoquent la dépendance à la drogue (ici la méthamphétamine). Aronofsky présente d’abord un visage en gros plan accompagné d’une voix-off, puis il recule sa caméra pour découvrir ce qui se passe avec un autre personnage...

-   Si j’avais demandé comment arrêter de prendre cette drogue, ma mère ne me demanderait pas qu’est ce que tu as fait ?

-  Si j’avais demandé à quel point la dépendance à la drogue peut modifier le comportement, je ne demanderais pas à mon frère : ou est l’argent ?

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Deep end-The Meth Project.

Jean-Pierre Jeunet se lance à son tour dans la 3D

Posté par vincy, le 18 novembre 2011

Jean-Pierre Jeunet revient derrière la caméra. Il a annoncé aujourd'hui dans Le Film Français qu'il réaliserait l'adaptation du roman L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, de Reif Larsen. Le titre du film ne devrait pas être celui du livre, selon le magazine. Le scénario a été écrit avec son collaborateur habituel, Guillaume Laurant. Le film sera produit par Epithète, Tapioca, la société de Jeunet, et Gaumont.

Dans son entretien au Film français, Jeunet raconte :"Pour l'anecdote, quand j'ai contacté l'auteur, Reif Larsen (dont il s'agit du premier livre, ndlr), il m'a dit qu'il avait cinq réalisateurs à qui il pensait pour un film : David Fincher, Tim Burton, Wes Anderson, Michel Gondry et moi-même. Et j'étais le premier à le contacter. Depuis, nous n'avons plus cessé de travailler ensemble. (...) C'est une belle rencontre. En plus,  le bouquin est réputé à peu près inadaptable."

Dès janvier, Jeunet avouait avoir été conquis. Sur son blog, il écrivait que "L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (en Anglais The selected works of T.S.Spivet) est un livre magnifique de Reif Larsen dont je suis en train d’acheter les droits. Plutôt que de mal en parler, je vous invite à visiter le site extraordinaire de ce livre extraordinaire : www.tsspivet.com. J’ai rencontré Reif Larsen il y a deux semaines à New York et ai eu l’impression de découvrir un frère jumeau juste vingt huit ans plus jeune que moi. Il m’a dit: « Quand j’ai vu Amélie, j’ai eu l’impression que quelqu’un avait gratté au fond de mon crâne »…"

Le cinéaste explique comment il a été séduit par ce livre. "Quant à moi, j’ai été conquis dés la sixième ligne du livre: "Le téléphone a sonné un après-midi du mois d’août, alors que ma soeur Gracie et moi étions sur la véranda en train d’éplucher le maïs doux dont les grands seaux en fer-blanc. Les seaux étaient criblés de petites marques de crocs qui dataient du printemps dernier, quand Merveilleux, notre chien de ranch, avait fait une dépression et s’était mit à manger du métal.""

T.S. Spivet sera ainsi son premier film en 3D et sera tourné en anglais."J'ai écrit T.S.Spivet en le concevant en 3D. Je vais l'utiliser sans sur-découper comme le font beaucoup de films, mais de manière contemplative et narrative. Un peu comme les effets spéciaux pour Amélie qui servaient l'aspect poétique et narratif du film. Je veux prendre le contre-pied de ce qu'on voit habituellement."

L'histoire est celle d'un pré-ado surdoué, dessinant tout ce qu'il voit,. En apprenant qu'il gagne un prix, il s'aventurera à traverser seul les USA pour aller recevoir sa récompense. Jeunet a commencé les repérages au Canada. Il restera à trouver le casting, qui devrait être américain.

Le livre est paru en France en avril 2010 chez NIL, et en format poche en juin dernier.

Hormis sa publicité pour Chanel n°5, Jeunet n'a rien tourné depuis Micmacs à tire-larigot, sorti en 2009, et relatif échec pour le cinéaste habitué aux succès.