L’ADAMI aide les jeunes talents

Posté par MpM, le 28 mai 2008

Les jeunes talents 2008 et la réalisatrice Lea Fazer

Quel meilleur endroit que le festival de Cannes pour révéler les comédien(ne)s de demain ? Chaque année depuis quinze ans, l’Adami (Société civile pour l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes) emmène sur la Croisette une poignée de jeunes acteurs sélectionnés dans le cadre de son programme "Talents Cannes". Aure Atika, Sylvie Testud ou encore Alice Taglioni ont ainsi été du voyage. Cette année, ils étaient douze comédiens confirmés à avoir été choisi parmi les 1700 candidatures reçues par l’Adami, tous réunis devant la caméra de Lea Fazer (Notre univers impitoyable) pour le court métrage Demain j’arrête, un huis clos désenchanté sur l’univers du peep-show qui leur servira désormais de carte de visite professionnelle. Rencontre avec la réalisatrice et deux de ses actrices, Emilie Chesnais et Marie Kremer.

EcranNoir : Lea, qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet de l’adami ?

Lea Fazer : Le fait de pouvoir expérimenter, de réaliser un film sans pression commerciale. D’habitude, tourner avec beaucoup de comédiens coûte très cher ! Le film permettait aussi de nouvelles rencontres.

EN : Vous avez participé au comité de sélection des jeunes talents ?

LF : Oui, j’ai vu passer les 1700 candidatures… Il faut le reconnaître, à ce stade-là, il y a de l’aléatoire dans le choix. Quelque chose dans la lettre de motivation, une photo…

EN : Comment avez-vous préparé vos comédiens à l’expérience cannoise ?

LF : Je leur ai dit à quel point cela peut être une expérience douloureuse. Ce sont tous des artistes qui arrivent avec la passion de leur art, et ici c’est le monde de la hiérarchie… Par certains côtés, on dirait un camp de pionniers soviétiques !

EN : Emilie, vous êtes déjà apparue au cinéma dans Le cœur des hommes 1 et 2 ou Le carton. Que vous a apporté cette nouvelle expérience ?

Emilie Chesnais : On a répété pendant une semaine, ce qui nous a permis de bien préparer les rôles et de former le groupe, si bien qu’au moment du tournage, il y avait déjà une réelle complicité entre nous. Le fait de jouer tous ensemble nous a tous nourri en tant qu’acteur. Ca tire vers le haut.

EN : Marie, vous tournez vous depuis quatre ans, notamment dans Le couperet, Quand j’étais chanteur ou Les toits de Paris. Même chose, qu’est-ce que cette expérience pouvait bien vous apporter de nouveau ?

Marie Kremer : C’est un très beau projet pour aborder Cannes ! Ce qui compte, c’est une question de rencontre et d’énergie, peu importe la taille du film ou du rôle… C’était mon premier court métrage, mais ça m’a donné envie d’en faire d’autres. Et puis j’ai aimé le fait de devoir composer, l’aspect un peu "transformiste " de mon rôle.

EN : Votre regard sur Cannes ?

EC : Tout va très vite…Mais qu’elle chance d’y participer !
MK : Je l’ai pris très simplement. Dans notre métier, c’est important de rencontrer des gens, de faire parler de nous. C’est une chose simple et chouette. Je ne porte pas de jugement sur l’aspect paillettes et star system. Le cinéma est là pour faire rêver les gens, c’est quelque chose d’important ! Même si je sais que c’est éphémère.

(Photo : Marie-Pauline Mollaret)

Les inscriptions sont ouvertes pour le Festival de Poitiers

Posté par MpM, le 28 mai 2008

Même si cette fin de mois de mai a des faux airs de début de vacances, c’est au contraire le moment de mettre les bouchées doubles pour tous les étudiants en école de cinéma souhaitant participer à leur premier festival. Les Rencontres internationales Henri Langlois, qui se tiendront cette année du 5 au 13 décembre 2008 à Poitiers, viennent en effet de lancer un appel à candidatures pour leur 31e édition ! Sont invités à participer aux sélections tous les films réalisés depuis le 1er janvier 2007 par des étudiants en cinéma et/ou audiovisuel . Les réalisateurs ont jusqu’au 15 août pour envoyer leurs dossiers comprenant un formulaire d’inscription, une copie du film (dvd ou vhs), un synopsis et une liste de sous-titres (voir le site des Rencontres).

Les candidats retenus seront informés début octobre et auront la possibilité d'accompagner leur film à Poitiers lors de sa projection. Une chance unique de montrer son travail à un vrai public de professionnels et de cinéphiles, mais aussi de rencontrer d’autres cinéastes du monde entier. Et quand on sait que le Prix spécial du Jury 2007, Graffiti, du Géorgien Vano Burduli, également lauréat du Prix découverte de la Critique française, a ensuite été présenté dans le cadre de La Semaine Internationale de la Critique lors du Festival de Cannes 2008, on se dit que décidément, Poitiers est une très jolie manière de débuter une carrière !

Cannes en salles (seconde partie)

Posté par vincy, le 28 mai 2008

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Comme chaque année, il y a reprise des sélections Un Certain Regard, La Quinzaine des réalisateurs et La Semaine Internationale de la critique à Paris.

Un Certain Regard migre ainsi au Reflet Medicis (Paris 5e), du 28 mai au 3 juin. Vous pourrez y voir la Caméra d'or, Hunger.

La Quinzaine des réalisateurs occupe le Cinéma des cinéastes (Paris 17e) durant la même période.

Du 5 au 8 juin, la Semaine internationale de la Critique emménage à la Cinémathèque Française (Paris 12e).

Enfin, du 11 au 17 juin, Le Latina (Paris 4e) reprendra la sélection Cannes Classics parmi lesquelles Les cendres du temps version redux.

Les objectifs d’Indiana Jones et le Royaume du crane de cristal

Posté par vincy, le 28 mai 2008

Malgré son démarrage remarquable (151 millions de $ en 5 jours aux USA, 1,5 millions d'entrées en 5 jours en France), le quatrième épisode va avoir fort à faire pour battre ses prédécesseurs.

Aux USA, en dollars, le score va amener la propagande habituelle vantant "la plus grosse recette au box office" de tous les Indiana Jones. Les aventuriers de l'arche perdue (242,37 millions de $, 50e score historique), Le temple maudit (179,87 millions de $, 109e) et La dernière croisade (197,17 millions de $, 88e) sont en effet facilement dépassables en valeur absolue. Dans deux semaines, au pire, Le royaume du crane de cristal aura le plus gros chiffre de la série. Mais cela ne signifie pas qu'il sera le plus populaire !

En nombre de tickets vendus, et à prix comparable à aujourd'hui (le fameux chiffre "ajusté à l'inflation", en dollars constants), Indiana Jones déclinerait de manière certaine : Les aventuriers de l'arche perdue aurait rapporté en 2008 606,42 millions de dollars s'il avait fait son triomphe des années 80. Soit le 16e film le plus vu de l'histoire du box office (qui commence avec les années 30). Le temple maudit aurait récolté 368,31 millions de $, soit le 81e film le plus vu, et un peu mieux que La dernière croisade avec ses 339,99 millions de $ (91e). Autrement dit, si Le Royaume de cristal ne dépasse pas les 340 millions de $, il ne sera que le 4e succès de la série... Une vingtaine de films ont réussi l'exploit dans les années 2000.

Et tandis qu'en Amérique l'intérêt pour Indiana Jones s'émoussait au fil des épisodes, dans le monde, il croissait. Les aventuriers de l'arche perdue ont concentré 63% de leurs recettes en Amérique du nord (soit 384 millions de $ en 1981) quand La dernière croisade amassait 58% de ses revenus à l'étranger (pour un total de 474 millions de $ en 1989).

En France le but serait quand même de franchir la barre des 5 millions d'entrées, ce que tous les épisodes ont réalisé jusqu'à présent avec dans l'ordre : Les aventuriers de l'arche perdue (6 397 842 entrées), La dernière croisade (6 249 051 entrées), Le temple maudit (5 684 090 entrées).

Blockbusters ’08 : Qui est Kim Cattrall?

Posté par vincy, le 27 mai 2008

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On ne la connaît que dans son rôle de femme quadra (quinca au cinéma) nymphomane et indépendante dans la série (et désormais le film) Sex and the city. Mais Kim Cattrall n'est pas que Samantha Jones! Cette britannique de 52 ans, plastiquement roulée à merveille, a grandi au Canada, fait ses études d'art dramatique à New York, et commencé par le théâtre (notamment une mise en scène d'Otto Preminger dans les années 70). Une vraie passion qui la fera jouer du Mamet, du Miller, du Tcheckov... Cette croqueuse d'hommes (elle fut même la maîtresse d'un ancien Premier Ministre canadien), qui parle allemand comme anglais, est une abonnée des soirées caritatives et des actions de bienfaisance.

Celle qui avoue s'exciter davantage avec un rôle de femme fatale que de mère au foyer a souvent joué au cinéma les blondes de service, celles qui rendent le héros aux gros muscles un peu mou et distrait. C'est le cas de Kurt Russell dans Big Trouble in Little China (John Carpenter), Steve Guttenberg dans le nanar Police Academy, en femme de Tom Hanks dans Le bûcher des vanités (Brian de Palma), et même Jean-Paul Belmondo dans Hold-Up (Alexandre Arcady).

Sinon elle apparaît en "guest star" ou second rôle dans 15 minutes (avec De Niro et Norton), le catastrophique Crossroads (avec Britney Spears), l'énigmatique succès Baby Geniuses (aux côtés de Kathleen Turner), et même Star Trek VI ! La télé l'a souvent utilisée, de "Columbo" aux "Simpsons" (en reporter, Chloe Talbot).

Etonnant que cette femme si exigeante, "golden globisée" pour son incarnation de Samantha Jones, ait fait des choix aussi médiocres. Peut-être, à l'instar de Sharon Stone, que ce genre de femmes très émancipées fait peur aux mâles dirigeants les studios...

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Interview de Micky Sebastian, la voix française de Kim Cattrall, mais aussi de Sharon Stone, Jessica Lange, Jodie Foster...

Sydney Pollack nous a quitté (1934-2008)

Posté par geoffroy, le 27 mai 2008

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Sydney Pollack, l'un des derniers grands réalisateurs américains d'après-guerre, est mort lundi 26 mai à l'âge de 73 ans. Foudroyé par un cancer agressif, il s'est éteint dans sa demeure de Pacific Palissades près de Los Angeles.

Malgré une dernière décennie plus modeste artistiquement, Sydney Pollack nous aura livré une oeuvre engagée, poétique et éclectique à plus d'un titre. Instigateur non négligeable du renouveau d'un cinéma hollywoodien se voulant contestataire et politique, Pollack a su avec minutie et intelligence proposer une vision d'artiste dénonçant une société prônant l'individualisation et les rapports de force. En signant quelques grands classiques du cinéma post-Kennedy, il marqua le cinéma des seventies par sa capacité à construire des personnages singuliers à la recherche de vérité et de liberté. On peut ainsi qualifier son cinéma d'humaniste, transgressant toujours les tabous sociaux ou moraux. Les individus, dans leur souffrance, doivent toujours surpasser défis et obstacles pour tenter de créer un lien avec l'autre.

Fils d'une famille d'immigré russe, le jeune Pollack quitte son Indiana natal après le lycée et part étudier l'art dramatique à New York. Il débute rapidement à la télévision en tant qu'acteur et rencontre lors d'un tournage Robert Redford avec qui il tournera sept films. Il réalise son premier film en 1965 en signant trente minutes de sursis. En vingt ans il deviendra l'un des cinéastes les plus prolifiques avec des oeuvres majeures comme On achève bien les chevaux (1969), Jeremiah Johnson (1971), Nos plus belles années (1974), Les 3 jours du Condor (1975), Le cavalier électrique (1979), Tootsie (1982) et Out of Africa (1895) qui lui vaudra sept oscars dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Les années 90 sont moins marquantes. Après l'échec artistique et public du film Havana (1991), il met en stand bye son travail de metteur en scène (quatre films en 14 ans) et se tourne vers la télévision et le travail d'acteur. En 1999, il remplace au pied levé Harvey Keitel dans Eyes White Shut de Stanley Kubrick. Il produit des films comme Dead Again, Présumé innocent, Raisons et Sentiments, Le talentueux Mr. Ripley... et retrouvera les honneurs du public en 2005 avec son dernier film L'Interprète.

Continuateur spirituel de l'oeuvre du cinéaste, George Clooney avec qui il avait joué dans le récent Michael Clayton a déclaré dans un communiqué cité par Variety que "Sydney rendait le monde un peu meilleur, les films un peu meilleurs et même le dîner un peu meilleur". "Un coup de chapeau à quelqu'un de classe. Il manquera terriblement".

A nous aussi.

Cannes : la première palme française depuis … 6 ans!

Posté par vincy, le 26 mai 2008

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Je me souviens. Daniel Toscan du Plantier, juste avant son décès, m'avait demandé de l'appeler pour avoir un droit de réponse sur une critique assez virulente à l'encontre des César. Cette année-là, Le pianiste était dix fois nommé au César, au même titre que n'importe quelle oeuvre française. Adrien Brody emportera même le César du meilleur acteur pour sa prestation 100 % anglophone. Daniel Toscan du Plantier m'expliquait ainsi que Le Pianiste était produit majoritairement par des français et qu'il pouvait ainsi concourrir au même titre que Amen ou 8 femmes.

Le Pianiste, film français par ses capitaux, tourné en Allemagne, retraçant un fait historique en Pologne : c'est l'Europe qui "veut" ça. L'argument de Toscan du Plantier était juste. Et depuis, Ecran Noir qualifia ce film comme français.

Tout comme Roman Polanski est un cinéaste français. Né à Paris, il a acquis la nationalité en 1976 et réside dans la capitale. Aussi sommes-nous étonnés que tous les médias majeurs (chaînes de télévision, presse quotidienne nationale, radios) considèrent depuis 1987 que Maurice Pialat est le dernier français à avoir reçu la Palme d'or (Sous le soleil de Satan). Ces médias qui se lamentaient d'un fossé de plus de vingt ans! Ces médias qui considéraient le film de Polanski comme une palme polonaise... Même Wikipédia reproduit l'erreur.

Laurent Cantet et son film Entre les murs est donc la deuxième palme d'or de la décennie. Encore une et on aura fait aussi bien que dans les années 60!

Le roi David

Posté par benoit, le 26 mai 2008

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S’étendre sur un divan au bout du monde avec David Lynch pour psy. Personnellement, je m’allonge illico quelles que soient les émotions qui traverseront mon voyage intérieur…
Plus qu’une rencontre privée, ce fut une sorte de messe intime qui s’est déroulée au Divan du monde le 5 mai pour la sortie de la (non) autobiographie du cinéaste.
Imaginez une scène comme un écrin lynchien : rideau rouge et noir strié de lumières bleu électrique et mauve psychédélique. Parfois, des éclairs blancs clinique illuminent la salle pendant qu’un orchestre baptisé pour ce happening The Twin Peaks Consort plane sur des mélodies glam caressées par une voix androgyne, déchirées par un saxo.
David Lynch se fait quelque peu attendre. Juste ce qu’il faut pour que le désir soit à son comble. Il apparaît derrière un écran où pleure et rit le visage de Laura Palmer devant son ange de mort.
Metteur en scène star au look nighties étiqueté Agnès B et Yohji Yamamoto, Lynch est le roi David avec son casque de cheveux blancs. D’une élégance beaucoup plus anglaise qu’américaine, il se tient comme un monarque shakespearien underground, un gourou rock’n roll alernatif.

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Pendant une session de questions-réponses en musique, le Maître dirige le tempo musical en fonction de ses révélations. Déformation professionnelle et contrôle aigu de son image obligent, il choisit du doigt ses interlocuteurs. Donne la parole selon son bon vouloir à Nicolas Richard interprète pour l’occasion et traducteur de Mon histoire vraie.
Tel un Bouddha new age, ses déclarations vont du transitoire au fondamental. Nous apprenons que le Maître a sa propre marque de café, un mélange subtil d’arômes mexicain et sud-africain dont il raffole. Nous savons désormais que Twin Peaks n’aura pas de suite malgré les rumeurs lancées sur le web. Les confidences fondamentales tournent autour de la naissance des idées. Dans un discours aussi positif que prosélyte, il initie le public à la méditation transcendantale dont il est un fervent adepte. Lynch compare les idées à des bulles qui se matérialisent en création lorsque la conscience s’élargit. Il avoue préférer les rêves diurnes à ceux du sommeil. Laisser venir à lui les images et les sensations, poissons fertiles qu’il se contente de pêcher. C’est ainsi qu’Inland Empire est né de trois idées notées puis tournées en DV. Ces trois idées qui n’avaient rien à voir furent suivies par une quatrième qui devint leur liant et ainsi de suite…
Mais plus encore que les mots de cet homme qui ne cesse de se dissimuler savamment, ce sont ses gestes qui hypnotisèrent la salle en se promenant dans les airs. Ses mains magnifiques avec des doigts comme des algues qui ondulent dans un mouvement gracieux.
Le roi David est un créateur humble et un homme formidablement vivant. C’est-à-dire ancré dans le flot de la vie. Pêcheur inspiré, il saisit les idées pour mieux les transformer en chefs d’oeuvre de cinéma, en musiques, en peintures, en dessins, en collages et en photographies car Lynch est un Artiste. Un Vrai. Comme son histoire ...?

(photos : Marc Bergère)

Cannes en salles (première partie)

Posté par vincy, le 23 mai 2008

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Indiana Jones et le Royaume du crane de cristal ainsi que Conte de Noël sont déjà sortis en salles cette semaine; attirant respectivement 225 000 et 15 000 spectateurs mercredi. D'ici à l'automne, plusieurs films cannois sortiront au cinéma.

28 mai : Maradona par Kusturica

18 juin : La nouvelle vie de monsieur O'Horten

25 juin : Valse avec Bachir

9 juillet : Kung-Fu Panda et Une histoire italienne

16 juillet : Lake Tahoe

6 août : Versailles

13 août : Gomorra (sous réserve) 

17 septembre : The Chaser

24 septembre : Adoration et La vie moderne

8 octobre : La frontière de l'aube

15 octobre : Entre les murs (Palme d'or) et De la guerre

Cannes : Qui est Charlie Kaufman?

Posté par vincy, le 23 mai 2008

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Drôle de bonhomme avec sa silhouette frêle, son allure de jeune prince du début du XXe siècle. Pourtant le new yorkais Charlie Kaufman a 50 ans cette année. Trois fois nommé à l'Oscar du meilleur scénario, il l'a obtenu pour Eternal Sunshine of the Spotless Mind, il est un des rares scénaristes dont le nom et le talent ont du pouvoir à Hollywood. On lui doit notamment les oeuvres absurdes et surréalistes des films de Spike Jonze : Dans la peau de John Malkovich (1999), Adaptation (2002). Il a aussi écrit pour Michel Gondry (outre Eternal Sunshine en 2004, il est l'auteur de Human Nature en 2001). Enfin il a signé le script du premier film de George Clooney (Confessions d'un homme dangereux, 2002).

Il aime prendre des personnages, réels ou fictifs, et les immerger dans un monde de moins en moins réel, dans des situations de plus en plus improbables. Ses films explorent l'existentialisme, la multitude de vie qui se cache en nous, la quête de l'amour absolu et impossible. Il est sans doute l'auteur qui appréhende le mieux les tourments psychologiques des hommes déprimés.

Synecdoche, New York, présenté en compétition officielle à Cannes est son premier film en tant que réalisateur.

(photo : vincy thomas)