Channing Tatum ne craindra personne en Harley-Davidson

Posté par vincy, le 13 juillet 2012

Il est en vogue. Après sa percée en 2009 (Public Enemies, G.I. Joe : The Rise of the Cobra), Channing Tatum (à l'affiche de Piégée cette semaine) a enchaîné les hits depuis le début de l'année 2012. Je te promets (The Vow) a encaissé 125 millions de $ aux USA, 21 Jump Street près de 138 millions de $ et Magic Mike a amassé 78 millions de $ en dix jours. Les trois films sont dans le Top 20 annuel (à date). Sa popularité devient si intéressante que le studio Fox a exigé de récrire le script et retourner des scènes pour G.I. Joe 2 : plus question que la jeune vedette ne meurt.

Le voici en négociation pour jouer et produire un film sur le motard cascadeur Evel Knievel. Le scénario a été écrit par son associé, Reid Carolin. Columbia Pictures (Sony) distribuerait le film, qui serait également produit par Mike DeLuca et Dana Brunetti, qui viennent de se faire remarquer à Hollywood en acquérant les droits du best-seller Fifty Shades of Gray.

Knievel est une légende aux USA. Cascadeur renommé - il s'est cassé 433 os - il était devenu une marque de jouets et une attraction dans un grand parc à thèmes. Il a notamment sauter en moto par dessus un canyon et savait médiatiser ses exploits. En 1975, il avait survolé 13 bus dans le stade de Wembley à Londres, devant 90 000 personnes.

Décédé il y a 5 ans à l'âge de 69 ans, il avait battu de nombreux records, principalement avec une Harley-Davidson. Sa vie a déjà inspiré un Rock opéra en 2003. George Hamilton avait déjà incarné le casse-cou en 71 dans un film intitulé Evel Knievel.

Ce projet avec Tatum sera adapté d'un livre de Stuart Barker, Life of Evel.

D'ici là, l'acteur sera vu dans Foxcatcher de Bennett Miller, un biopic sur le lutteur olympique Mark Schultz.

Festival Lumière 2012 : et le prix va à … Ken Loach!

Posté par Morgane, le 12 juillet 2012

Il a fallut patienter quelques semaines avant de connaître le nom du prix du Festival Lumière cette année, à Lyon. Finalement, il est sorti de l'ombre ce matin : le prix Lumière sera décerné à Ken Loach qui succèdera à Clint Eastwood (2009), Milos Forman (2010) et Gérard Depardieu (2011).

Le Prix lui est attribué « pour l’ensemble de son oeuvre, pour son regard personnel sur la société industrielle et pour sa contribution à l’histoire du cinéma anglais, européen et mondial (et aussi parce qu’il aime le foot !). »

Le Prix Lumière a été créé par Thierry Frémaux, lui-même grand amateur de ballon rond, dans le but de récompenser une oeuvre et de rendre hommage à une personnalité du septième art, qu'elle soit devant ou derrière la caméra. Le Prix Lumière est une façon de dire merci à ceux qui nous ont fait vibrer et continuent de le faire à travers le grand écran.

Cette année, ce sera donc Ken Loach. Né en 1936, réalisateur d'une vingtaine de longs métrages, récompensé en mai à Cannes par le Prix du Jury pour son dernier film La part des anges, qui a déjà séduit 300 000 cinéphiles français, le cinéaste sera présent à Lyon pour présenter certains de ses films, rencontrer le public et également parler des films des autres qui l'ont marqués en tant que cinéphile comme le veut la tradition Lumière.

Le Prix Lumière lui sera remis le samedi 20 octobre à l'Amphithéâtre du Centre des Congrès de Lyon.

Grève à Cinecittà : une pétition pour sauver les studios mythiques romains

Posté par vincy, le 11 juillet 2012

Cinecittà en crise. Les studios romains, qui appartiennent quasiment au patrimoine du cinéma mondial, sont occupés par quelques dizaines de salariés depuis une semaine, qui défendent le site, menacé de démantèlement en vue de projets immobiliers.

"Des dizaines d'ouvriers, d'artisans, doivent quitter ce site pour aller éventuellement travailler ailleurs, certaines tâches seront confiées à des sociétés externes et nous ne comprenons pas comment ces projets peuvent être synonymes de développement des studios", a déclaré Alberto Manzini, responsable régional de la branche spectacle et communication de la CGIL (gauche), la principale confédération syndicale italienne.

L'ARP, société française des Auteurs, Réalisateurs et Producteurs, a lancé une pétition pour protéger les studios. Claude Lelouch, adu Mihaileanu, Jean-Jacques Beineix, Jeanne Labrune, Olivier Nakache, Artus de Penguern, Jean-Paul Salomé, Costa-Gavras, Michel Hazanavicius, Cédric Klapisch, Coline Serreau, Abderrahmane Sissako et Raoul Peck ont déjà signé le texte. EcranNoir.fr s'est joint à eux. Pour l'instant, il y a un peu plus de 200 signataires.

La pétition est ouverte à tous : "Alertés par leur confrère Ettore Scola, les cinéastes européens sont scandalisés de constater que les studios de Cinecitta, haut-lieu du patrimoine cinématographique mondial, sont mis en péril pour des motifs spéculatifs, et honteusement considérés avec aussi peu d'égards qu'un parking ou un supermarché" explique-t-elle.

L'ARP rappelle la place patrimoniale du lieu dans la culture mondiale : "Est-il urgent de détruire ce lieu inséparable du cinéma de Fellini, Visconti, Comencini, Lattuada, entre autres, pour construire un centre de fitness? Maigrir aux dépens du patrimoine et de la culture, tout un symbole: même sous Berlusconi, ils n'avaient pas osé!". Les studios ne sont toujours pas classés monuments historiques.

Le problème vient de la privatisation des studios en 2007. Italian Entertainment Group - IEG (dont l'Etat est actionnaire à hauteur de 20%) a décidé d'optimiser le foncier. Le plan de développement inclue une externalisation des effectifs de la postproduction, des "délocalisations" du personnel de la production, des activités liées au parc automobile et de la scénographie vers des sous-traitants et surtout des projets de construction d’un hôtel de luxe, de parkings, d’un centre de fitness et de restaurants autour d’un nouveau studio (ce qui ferait un total de cinq). Le serpent de mer du parc à thèmes dédié au cinéma revient aussi à la surface.

Les cinéastes Ettore Scola et Sabrina Guzzanti ont très vite soutenu les salariés de Cinecittà Studios. IEG se justifie en affirmant qu'aucun licenciement n'est en jeu et en défendant une stratégie nécessaire pour sa compétitivité internationale. Partout en Europe, les studios se créent ou se modernisent, développement des équipements annexes pour rentabiliser leurs terrains.

Mais l'Italie, frappée durement par la crise, réduit ses interventions publiques. Difficile d'imaginer un gouvernement taillant dans les dépenses venir sauver cette institution, sauf à le classer au registre du patrimoine italien. Les responsables politiques de gauches ont décidé de soutenir les grévistes. "Les travailleurs de Cinecitta occupent les studios pour attirer l'attention de l'opinion publique sur une spéculation incompréhensible qui risque de toucher un secteur important de notre culture et de notre économie", a déploré Antonio Di Pietro, chef du parti d'opposition Italie des valeurs (IDV).

Mais il y a peu d'espoir. Après plus de 30 ans d'abandon de politique culturelle, l'Italie ne parvient pas à sauver son patrimoine historique. Le comble est que la ville de Rome investit massivement dans son Festival de cinéma, afin de battre à moyen terme celui de Venise. Une rivalité insensée qui coûte une fortune aux différentes collectivités concernées.

Les Kaïra ont le rire gras

Posté par cynthia, le 11 juillet 2012

Les Kaïra est une comédie pour ceux qui en doutent après avoir vu le film. Après avoir tourné une "parodie de télé-shopping à la sauce banlieusarde", les sketchs d'1 minute 30 tournés en bas de chez eux ont rapidement intéressent Canal +, qui leur a proposé de les diffuser sur le site de la chaîne. Kaïra Shopping est alors devenue une websérie de Canal +et la troisième saison a été diffusée à la TV, preuve de la notoriété de Medi, Franck et Jib alias Abdelkrim, Mousten et Momo. Il est vrai qu'avec les pubs Pepsi, on se disait que nos trois héros allaient crever l'écran ; hélas, Les Kaïra c'est loin de "déchirer grave".

Les stéréotypes, représentatifs de la vie dans les cités, et qui auraient pu faire rire les spectateurs, font pitié par la représentation stupide d'un jeu d'acteur beaucoup trop hyperbolique ; l'exagération des clichés de la vie dans les banlieues, ça foutait presque la haine.

Même si l'humour est présent, il y est littéralement noyé par des obscénités inutiles : les grosses avec lesquelles on copule car on rien d'autre sous la main, la plus importante taille du pénis ou encore les magazines de porno que l'on trimballe sur soit. Même un ado abruti par sa console de jeu et gavé de Confessions intimes sur TF1 fait mieux. Les répliques, extrêmement vulgaires, feraient passer un titre de Booba pour un chant religieux, quant aux scénario il est à l'inverse de se que l'on pouvait imaginer.

Le film n'est qu'un prétexte pour parler de "meuf" et surtout de porno dont nos trois protagonistes sont friands. On leur suggère de se brancher sur Youporn, ou de baiser ensemble.

Au lieu de se focaliser sur la vie d'une racaille, le film se focalise sur la vie sexuelle (néante) de nos trois banlieusards et de leurs rêves de "gros nibards", de belles voitures et de fric.  Malgré une grosse tentative de rapprochement d'avec la comédie Very bad trip (l'animal exotique, le générique avec les photos), Les Kaïra entre dans la catégorie navet (genre films avec Michael Youn faisant passer une comédie d'Eric et Ramzy pour un chef d'oeuvre à la Blake Edwards), à la fois raté et catastrophique; bref ça craint.

Locarno 2012 : les films américains en force, Delon honoré

Posté par vincy, le 11 juillet 2012

On connaissait les jurys, les artistes honorés (Carax, Rampling, Milchan ...), les focus (films africains et mexicains), la rétrospective (Otto Preminger). Locarno a achevé de révéler sa programmation et ses invités. Parmi ces derniers, on note la présence de Elsa Martinelli, Bertrand Bonello, Eric Cantona,  ... "Tout le cinéma, rien que le cinéma" comme le clame Olivier Père dans son édito de présentation.

Locarno remettra plusieurs prix pour l'ensemble de leur carrière : Johnnie To, Harry Belafonte, Peter-Christian Fueter. Mais également un prix pour l'ensemble de son oeuvre à Alain Delon (Rocco et ses fèrres sera d'ailleurs projeté durant le Festival).

Naomi Kawase, Dino Risi, Hannes Schmidhauser, Ben Wheatley, Sarah Morris, Renato Pozzetto, Robert Aldrich, Krzysztof Zanussi, Ornella Mutti, Samuel Fuller seront éclairés sous la forme d'un hommage.

Si on constate la présence de quelques français dans chacune des sélections, ce sont les américains qui semblent omniprésents : 6 films sur la Piazza Grande, 4 en compétition internationale, 3 dans Cinéastes du présent.

Géographiquement,  l'Europe (Royaume Uni, Allemagne, Autriche, Benelux essentiellement), l'Amérique du nord et l'Asie sont très bien représentés, au détriment des cinéphilies latino-américaines, orientales et d'Europe centrale et du sud.

Piazza Grande

  • Bachelorette de Leslye Headland (Etats-Unis)
  • Bonjour tristesse d’Otto Preminger (Etats-Unis)
  • Camille redouble de Noémie Lvovsky (France)
  • The Swiss Miss Massacre de Michael Steiner (Suisse)
  • Lore de Cate Shortland (Allemagne/Australie/Royaume-Uni)
  • Magic Mike de Steven Soderbergh (Etats-Unis)
  • More Than Honey de Markus Imhoof (Suisse/Allemagne/Autriche) film de clôture
  • Motorway de Soi Cheang (Hong Kong)
  • Nachtlärm (Lullaby Ride) de Christoph Schaub (Suisse/Allemagne)
  • No de Pablo Larraín (Chili/États-Unis/Mexique)
  • Quelques heures de printemps de Stéphane Brizé (France)
  • Elle s’appelle Ruby de Jonathan Dayton et Valerie Faris (Etats-Unis)
  • Touristes de Ben Wheatley (Royaume-Uni)
  • The Black Balloon de Josh et Benny Safdie (Etats-Unis)
  • The Sweeney de Nick Love (Royaume-Uni) film d’ouverture
  • While We Were Here de Kat Coiro (Etats-Unis)
  • Wrong de Quentin Dupieux (France)

Compétition internationale

  • La dernière fois que j’ai vu Macao de João Pedro Rodrigues et João Rui Guerra da Mata (Portugal/France)
  • Berberian Sound Studio de Peter Strickland (Royaume-Uni/Allemagne/Australie)
  • Compliance de Craig Zobel (Etats-Unis)
  • Der glanz des tages de Tizza Covi et Rainer Frimmel (Autriche)
  • Image Problem de Simon Baumann et Andreas P?ffner (Suisse)
  • Jack And Diane de Bradley Rust Gray (Etats-Unis)
  • La fille de nulle part de Jean-Claude Brisseau (France)
  • Leviathan de Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel (Royaume-Uni/États-Unis/France)
  • Los mejores temas de Nicolás Pereda (Mexique/Canada/Pays-Bas)
  • Mobile Home de François Pirot (Belgique/Luxembourg)
  • Museum Hours de Jem Cohen (Autriche/Etats-Unis)
  • Padroni di casa de Edoardo Gabbriellini (Italie)
  • Playback de Sho Miyake (Japon)
  • Polvo de Julio Hernández Cordón (Guatemala/Espagne/Chili/Allemagne)
  • Somebody Up There Like Me de Bob Byington (Etats-Unis)
  • Starlet de Sean Baker (Etats-Unis)
  • The End Of Time de Peter Mettler (Suisse/Canada)
  • Une estonienne à Paris d'Ilmar Raag (France/Estonie/Belgique)
  • Wo hai you hua yao shuo de Ying Liang (Corée du Sud)

Cinéastes du présent

  • Ape de Joel Potrykus (Etats-Unis)
  • Arraianos d’Eloy Enciso (Espagne)
  • Boa sorte, meu amor de Daniel Aragão (Brésil)
  • Inori de Pedro González-Rubio (Japon)
  • Ji Yi wang zhe wo de Song Fang (Chine)
  • Les gouffres d’Antoine Barraud (France)
  • Les mouvements du bassin de HPG (France)
  • Not In Tel Aviv de Nony Geffen (Israël)
  • Orléans de Virgil Vernier (France)
  • People’s Park de Libbie Dina Cohn et J.P. Sniadecki (États-Unis/Chine)
  • Tectonics de Peter Bo Rappmund (Etats-Unis)
  • Tower de Kazik Radwanski (Canada)
  • Tutti giù de Niccolò Castelli (Suisse)
  • Vakansi yang janggal dan penyakit lainnya de Yosep Anggi Noen (Indonésie)
  • Winter, Go Away, collectif d'artistes (Russie)

Paris Cinéma 2012 : A Simple Life et Tabou plébiscités

Posté par vincy, le 10 juillet 2012

Le 10e Festival Paris Cinéma s'achève avec la traditionnelle remise des prix. La soirée de clôture, au MK2 Bibliothèque, a été introduite par Bruno Julliard, nommé Adjoint du maire de Paris en charge de la culture le matin même. Le jeune élu (31 ans), spécialiste des questions d'éducation au Parti Socialiste, avait abandonné le Conseil de Paris pour honorer de sa présence la manifestation lancée par Bertrand Delanoë et Christophe Girard, son prédécesseur à ce poste, et qui, chaque année, prend de l'ampleur.

La présidente Charlotte Rampling a joué la Madame Loyale, appelant les remettants et décrivant les films primés.

Deux d'entre eux se détachent dans le palmarès : le film hong-kongais A Simple Life, d'Ann Hui et le film portugais Tabou de Miguel Gomes ont été cités deux fois chacun durant la soirée.

A Simple Life, multi-primé en Asie, s'était fait remarqué par le prix d'interprétation féminine à Venise l'an dernier. Le film sera diffusé cet après midi à 17h au MK2 Bibliothèque. N'ayant toujours pas de distributeur en France, il n'y a pas de date de sortie prévu.

Tabou avait notamment reçu le prix de la critique internationale au dernier festival de Berlin. Le film sera diffusé cet après midi à 21h au MK2 Bibliothèque.

Le palmarès

Prix du public : A Simple Life, d'Ann Hui (Chine/Hong Kong).

Prix du jury (Laetitia Masson, Emilie Simon, Alice Belaïdi, Yves Simon, Louis-Do de Lencquesaing et Julien Dokhan) : Just The Wind, de Bence Fliegauf (Hongrie). Sortie en mars 2013 (Sophie Dulac distribution). Le film avait reçu le Grand prix du jury au dernier Festival de Berlin.

Coup de coeur du jury : Tabou, de Miguel Gomes (Portugal). Sortie le 5 décembre 2012 (Shellac).

Prix Numéricable : Rebelle, de Kim Nguyen (Canada). Sortie le 21 novembre 2012 (Happiness).

Prix des étudiants : A Simple Life, d'Ann Hui (Chine/Hong Kong).

Prix des blogueurs et du web : Tabou, de Miguel Gomes (Portugal). Sortie le 5 décembre 2012 (Shellac).

Coup de coeur des blogueurs et du web : Our Homeland, de Yang Yonghi (Japon).

Michael Fassbender part en croisade avec Assassin’s Creed

Posté par vincy, le 9 juillet 2012

Michael Fassbender confirme son statut d'acteur le plus "hot" du moment. Il coproduira et interprétera le rôle principal de l'adaptation du jeu vidéo Assassin's Creed, le best-seller d'Ubisoft vendu à 30 millions d'unités depuis 2007 (le troisième jeu sort en octobre prochain).

Avec quatre hits au compteur - 300, Inglourious Basterds, X-Men : First Class et Prometheus - le comédien peut désormais choisir ses projets. Assassin's Creed est sans doute le plus ambitieux pour sa société de production, DMC. Le premier jeu faisait revenir le héros, Desmond Miles, durant les Croisades (le deuxième se passait pendant la Renaissance et le troisième se déroulera à l'époque de la révolution américaine).

Depuis cet automne, Ubisoft négociait avec Sony pour développer une franchise autour du jeu vidéo. Il semblerait, selon Variety, que le studio de Montreuil préfère s'aventurer sur le grand écran de manière indépendante, afin de garder le contrôle artistique. Sony pourrait demeurer dans la boucle en distribuant les films.

Il reste également à trouver le metteur en scène. Et surtout, plaidons pour qu'enfin une adaptation de jeu vidéo soit réussie au cinéma. Pour l'instant, au box office nord-américain, Lara Croft domine toujours le classement, devant Prince of Persia, Pokemon et Mortal Kombat. Cependant, ces films médiocres n'ont pas réalisé des scores faramineux puisque seuls les trois premiers ont rapporté plus de 80 millions de $ tandis qu'une vingtaine a récolté moins de 40 millions de $.

La Rochelle 2012 : Raoul Walsh, cinéaste de la virilité

Posté par Martin, le 9 juillet 2012

Auteur de près de 120 films de 1915 à 1968, Raoul Walsh fait partie de ces réalisateurs américains qui sont passés du muet au parlant, de studio en studio, de genre en genre, tout en travaillant des motifs très personnels. Souvent comparé à John Ford – avec qui il a notamment en commun d’être borgne – Raoul Walsh donne libre court à ses obsessions propres loin de l’humanisme fordien. Ce qui l’intéresse plus que tout, c’est de montrer la constitution ou la dissolution d’un groupe d’hommes : comment un homme infiltre un monde dans lequel il n’est pas né. La femme reste ainsi désespérément au second plan dans ce un monde viril ; ce n’est pas un hasard si les genres de prédilection du cinéaste sont le film noir, le western – où les rôles féminins sont très codifiés – ainsi que le film de guerre – dont elle est souvent exclue. La femme est objet d’une rivalité plus que sujet véritable, personnage secondaire plus que principal. Misogyne, le cinéma de Raoul Walsh ? Réponses en cinq chapitres et huit films.

La femme est le pantin : Au Service de la gloire (What price glory, 1926)

Si le trio amoureux est un lieu commun, il prend chez Walsh un tour inédit. Dans Au Service de la gloire, le Capitaine Flagg (Victor McLaglen) et le Sergent Quirt (Edmund Lowe) se battent pour une prostituée, puis se retrouvent à courtiser une seconde femme, la même, avant d’en séduire une troisième, Chamaine (Dolorès Del Rio), dans un petit village français en 1917. Il y a là, plus qu’une question de goût commun, un transfert entre les deux hommes. Les femmes font le lien entre eux. Les deux hommes échangent d’ailleurs aussi leur poste dans le village du Nord de la France. Quand le Capitaine Flagg revient des tranchées et s’aperçoit que Quirt a gagné du terrain dans la conquête de Chamaine (les sous-entendus sexuels ne laissent pas de doute sur la réussite de cette conquête, pour chacun d’entre eux), il profite de la fureur du père de la jeune fille pour organiser le mariage de Quirt et de Chamaine. Heureux paradoxe : pousser la femme qu’il désire dans les bras de l’autre pour devenir non pas un mari trompé, mais l’amant d’une part, et rester libre d’autre part. Epouser Chamaine est tout autant une punition pour le Sergent, qui semble croire perdre en virilité s’il l’épouse : le statut de mari est une nette chute par rapport à celui de combattant. Les sirènes de la guerre l’appellent cependant à temps pour lui éviter l’emprisonnement du mariage. Il y a en réalité deux films dans ce chef d’œuvre précoce de Walsh : la légèreté de la comédie du trio amoureux s’oppose à la gravité de grandioses scènes dans les tranchées. Les plans les plus beaux sont aussi les plus émouvants. Sans surprise, ce sont ceux représentant les hommes entre eux, véritable lieu du lyrisme : dans une cave devenue tombeau, un très jeune soldat fils à maman meurt dans les bras de Flagg ; la lumière religieuse qui tombe sur le corps, les gros plans qui lient les deux visages touchent au sublime, et un soldat apparaît à la porte criant l’horreur de la guerre – dans un carton tel un manifeste puisque le film est muet : qu’ont-il cherché tous ces hommes à s’entretuer ainsi ? La gloire en valait-elle le prix ? Ne valait-il pas mieux en poursuivre la version légère – se battre pour une femme ? Pourtant, ce message pacifiste ne sera pas entendu par le Capitaine et le Sergent. S’ils délaissent la femme, ce n’est pas par homosexualité latente, c’est qu’ils ne sont rien de moins qu’épris de leur propre mort érigée en héroïsme.

Une femme pas si dangereuse : L’entraineuse fatale (Manpower, 1941)

Il n’y a pas de « femme fatale » à proprement parler dans le cinéma de Raoul Walsh. C’est l’amitié entre les hommes qui leur est fatale. Le titre français de Manpower est un contre-sens : l’entraîneuse, Fay, a beau être interprétée par Marlène Dietrich, elle ne peut rien face à ce pouvoir qui lie Hank (Edward Robinson) et Johnny (George Raft). Fay sort de prison, épouse le gentil Hank, mais aime en secret Johnny qui se méfie d’elle et refuse de céder à ses avances. Les scènes entre hommes ont cette fois lieu non dans les tranchées, mais sur un autre terrain dangereux : ils réparent les lignes à haute tension. C’est là que la passion se joue pour les hommes, alors que les bars où ils rencontrent des filles ne sont que l’occasion de dépenser un peu d’argent. Mais Fay / Marlène Dietrich n’est pas un personnage anodin dans le cinéma de Walsh – ni dans le cinéma américain tout court : c’est une femme qui désire. Dans une très belle tirade, Fay dit son amour à Johnny ; son désir électrique est patent dans le rapide baiser qu’elle vole à Johnny. Mais celui-ci, falot, ne veut pas trahir son meilleur ami et ramène la jeune femme dans les bras de son mari au moment où elle est en train de partir. Le passage d’un homme à l’autre se joue une nouvelle fois par le prisme de la femme, et les fils électriques qui cassent et que les personnages réparent font office de métaphore : c’est bien leur lien qui donne sa tension au récit.

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Ernest Borgnine (1917-2012) goes to Eternity

Posté par vincy, le 9 juillet 2012

Né le 24 janvier 1917, Ernest Borgnine est mort à Los Angeles à l'âge de 95 ans. Il était le doyen des oscarisés. Il avait reçu la statuette pour Marty (1955, Palme d'or à cannes). Second rôle légendaire du 7e art, il était aussi une star du petit écran notamment avec la série Sur le pont, la marine! (Mc Hale's Navy) dans les années 60 (adapté au cinéma en 1964).

Après des débuts fracassants dans le rôle du sergent "Fatso" Judson dans Tant qu'il y aura des hommes, il est apparu dans plus de 200 films durant 60 ans, dont quelques chefs d'oeuvre : Johnny Guitare, Vera Cruz, Les vikings, Les douze salopards, La horde sauvage, Il était une fois dans l'Ouest, ...

Après avoir débuté au théâtre, à Broadway, sa carrière a explosé en 1953. Avec pour partenaires Frank Sinatra, Burt Lancaster, Kirk Douglas, Bette Davis  ou encore Glenn Ford, il fut l'un des acteurs les plus prolifiques d'Hollywood. Second rôle dans de grosses productions, il eut moins de chance en tête d'affiche dans des drames plus réalistes aux budgets modestes.

Il s'aventure alors dans des productions italiennes, y compris dans des films de Vittorio de Sica en 1961. A partir des années 70, ses choix se révélèrent plus malheureux et il ne retrouva jamais de grands rôles ni de succès triomphants, hormis L'Aventure du Poséidon et New York 1997.

De caméos (Red en 2010) en téléfilms, de séries populaires (ER) en séries B sur grand écran, Borgnine n'a jamais cessé de travailler, y compris en faisant des voix dans des films ou séries d'animation.

Ermes Effron Borgnino (son vrai nom), né de parents italien a servi dans la marine américaine durant dix ans avant de prendre des cours d'art dramatique après la seconde guerre mondiale. La Screen Actors Guild lui a remis un prix pour l'ensemble de sa carrière en 2011.

The Dark Knight Rises répondra-t-il aux attentes ?

Posté par matthieu, le 8 juillet 2012

"Cela fait huit ans que Batman a disparu dans la nuit, passant, à cet instant précis, d'un héros à un fugitif. Assumant la responsabilité de la mort du procureur Harvey Dent, le Chevalier noir a tout sacrifié, car lui et le commissaire Gordon espéraient qu'ils le faisaient pour le bien de tous. Pendant un moment, le mensonge a fonctionné, et la criminalité à Gotham City a été écrasée par la loi Dent contre le crime organisé." Tel est le synopsis enfin révélé du film le plus attendu de l'été 2012, The Dark Knight Rises, aka Batman 3.

Après avoir dépassé le milliard de dollars de recettes il y a quatre ans avec le second volet de la trilogie de Batman réalisée par Christopher Nolan, puis d'avoir encore atteint 825 millions de $ de recettes avec Inception du même Nolan, Warner Bros s'avère bien décidée à ne pas lâcher le jeune prodige et de tirer un maximum de recettes de l'epic conclusion d'une saga ayant littéralement scotché critiques, cinéphiles, fans, comics et autres geeks.

La malédiction du troisième épisode

Attendu au tournant, la pression, augmente face à des enjeux qui ne sont pas que cinématographiques. D'autant qu'à Hollywood, il y a une sorte de malédiction sur les fins de trilogie (Spider-Man 3X-Men 3, Matrix Revolutions...). Même Nolan, adulé par les foules depuis The Dark Knight, culte depuis Memento, maniant une forme d'auteurisme avec des budgets extravagants (250 millions de dollars pour The Dark Knight Rises, hors coût marketing), joue gros. Hormis Peter Jackson et son diptyque de The Hobbit, toujours produit par la Warner, aucun cinéaste confirmé n'a un tel poids sur les épaules cette année. Les 165 minutes de The Dark Knight Rises vont devoir marquer le cinéma hollywoodien contemporain, comme l'a fait le précédent volet quatre années plus tôt. Alors qu'Hollywood limite de plus en plus les risques, ne s'aventurant plus dans des blockbusters originaux, oubliant de donner une profondeur à ses scénarios voire se contentant de produits sans personnalité, Nolan et Warner doivent montrer qu'une autre voie est possible.

Bien entendu, comme évoqué plus haut, le premier enjeu est d'être rentable. Avec 600 millions de $ au box office mondial, les actionnaires du studio seront rassurés mais cela ne suffira pas. Batman 3 doit atteindre le milliard de dollars. Autrement il apparaîtra comme un triomphe relatif. D'autant que le champion de l'année, The Avengers a dépassé Batman 2 tant aux USA qu'à l'international.

Objectif Avengers?

Outre un marketing viral qui a mis le paquet pour attirer les spectateurs, entre applications iOS, affiches, teasers, spot TV, teasers, trailers, jeux ludiques dans les villes pour découvrir des nouveautés, tout a été pensé pour faire parler d'un film qui joue sur plusieurs niveaux, essayant à la fois de viser le grand public mais aussi les cinéphiles plus exigeants et adeptes du pessimisme noir de la franchise. Le jeu vidéo, lui, ne sortira qu'à l'automne, pour les fêtes. Pour répondre à cet enjeu de taille pour la Warner et DC Comics, le film sera projeté sur près de 15 000 écrans dans le monde (soit 4 000 de plus que le précédent volet), espérant ainsi  enterrer The Avengers de Disney/Marvel : une fausse bataille puisque chacun des deux studios se sert de temps en temps de l'autre pour diffuser ses bandes annonces avant la projection d'un nouveau film de super-héros.

Si la Warner est confiante, elle se rappelle qu'elle revient de loin. Après les deux films de Tim Burton, la franchise s'est écroulée artistiquement, ne servant qu'à vendre des produits dérivés. Et le premier volet de Nolan, Batman Begins, n'a récolté que 205 millions de dollars en Amérique du nord et seulement 167 millions de $ dans le reste du monde. The Dark Knight fut une surprise pour le studio, aidé par une presse et des spectateurs unanimes et la mort d'Heath Ledger (alias le légendaire Joker) qui attira les caméras sur son (à peu près) dernier grand rôle. Rien ne laissait présager des scores qui allèrent jusqu'à tripler : En Allemagne, 6,9 ??millions de dollars sur le premier volet, 30,5 millions de dollars pour le second; +300% en Corée du Sud, passant de 6 à 25,4 millions de dollars; +265% en Australie, etc... Mais il faut faire mieux encore.

Un chevalier faible à l'international

Pour autant, le "reste du monde" est l'endroit où The Dark Knight a souffert d'une plus large disparité en terme de résultats économiques, contrairement à la trilogie Spider-Man de Raimi ou le récent Avengers. Là où aux États-Unis le film a côtoyé l'insubmersible Titanic, en France ce fut un "misérable" résultat de 3 millions d'entrées. La Warner a donc dû jouer sur d'autres niveaux, organisant des avant-premières événementielles dans les grandes villes du monde et mettre en avant le nom de Nolan , auteur respecté, mais surtout un casting composite avec des personnalités diverses : la populaire et sexy Anne Hathaway, l'oscarisée et européenne Marion Cotillard, les beaux gosses d'Inception Tom Hardy et Joseph Gordon-Levitt. Le marketing subtil de Warner montre essentiellement le match Christian Bale / Tom Hardy. Mais les autres têtes d'affiches vont vite faire leur apparition une fois le film sorti afin de séduire un public plus large (féminin notamment). La campagne marketing (les affiches sont sur les frontons des cinémas depuis le 26 juin en France) n'en finit plus de dévoiler de nouveaux posters et de distiller de nouvelles informations.

Difficile de ne pas évoquer ce fait, The Dark Knight Rises adopte un moyen de promotion quasiment inédit de nos jours : ne rien dévoiler d'un film et laisser une surprise absolue au spectateur. Le synopsis officiel lui-même n'a été dévoilé que dernièrement. Quant aux images des bandes annonces (à chaque nouveau trailer, de nouvelles images), il s'agit très certainement des images de la première moitié du film comme c'était le cas pour la promotion du précédent volet. Sans conteste, Christopher Nolan s'amuse à aiguiser le désir jusque dans la publicité construite pour attirer les spectateurs. Cela devrait fonctionner afin de satisfaire les fans qui découvriront  un grand final qu'on espère spectaculaire. Le bouche à oreille fera le reste.

Tweets dithyrambiques

Maintenant que la première projection presse mondiale est passée (vendredi 6 juillet), inutile de dire que la presse américaine (on relativise vu le niveau : un journaliste a twitté qu'il avait donné 7,5 à Amazing Spider-Man, 8 à Avengers et qu'il mettrait 9 à TDKR) s'est emballée une nouvelle fois et les réactions dithyrambiques ont envahit le fil de gazouillis : "parfaite conclusion d'une trilogie", "le meilleur film de la trilogie", ... Certains parlent déjà d'Oscars. On attendra de voir, vraisemblablement durant la semaine du 16 juillet.

Tout juste âgé de 41 ans,  Nolan, que Warner a décidé de ne plus lâcher, a encore beaucoup à offrir à ses spectateurs et aux studios bien décidés de ne pas perdre leur poule aux oeufs d'or, lui offrant volontiers toutes les libertés qu'il souhaite à chacun de ses nouveaux longs-métrages. Quant aux enjeux de The Dark Knight Rises, le plus important ne sera pas seulement l'accueil critique et public. Mais bien l'impact artistique : espérons en effet que les productions hollywoodiennes sauront prendre son exemple en proposant des oeuvres moins conformistes ou convenues et les inciter à tourner films plus audacieux, avec des prises de vues réelles et des scénarios réjouissants. Comme au bon vieux temps... Il est est étonnant de voir que les parcours de Nolan, Cameron, Lucas, Spielberg n'aient pas servi de leçons à des studios qui cherchent une recette pour leurs recettes alors que le public désire avant tout des émotions mémorables plutôt que de des sensations vite oubliées.