Posté par geoffroy, le 3 septembre 2008
Avec un total de 502 millions de dollars acquis ce week-end aux USA, The Dark Knight devient le deuxième film en dollars courants à dépasser ce palier derrière les 600 millions de $ de Titanic. De plus, il vient tout simplement de détrôner, inflation cette fois prise en compte, Spider-Man et ses 492 millions de dollars. Il devient ainsi le nouveau champion des super-héros toutes licences confondues (DC Comics et Marvel). Il fait également son entrée dans le top 30 (30ème exactement) des plus gros scores us de tous les temps en dollars constants et deviendra dès cette semaine le meilleur représentant des films des années 2000 devant Shrek 2 (503 millions de $). S'il peut espérer grapiller quelques places, Le Roi lion (546 millions de $ et 24ème) et Forrest Gump (556 millions de $ et 22ème) semblent néanmoins hors de portée. Les 530 millions de $ et la 26ème place devrait lui revenir, ce qui serait tout de même une sacrée performance.
De plus, le film de Nolan est quasi assuré de devenir le quatrième film à dépasser le milliard de dollars (en dollars courants cette fois) dans le monde derrière Pirates des Caraïbes 2 (1,066), Le Seigneur des Anneaux : Le retour du Roi (1,119) et Titanic (1,842). Il en est aujourd'hui à 919 millions. Enfin signalons qu'en France, The Dark Knight est devenu ce week-end le film le plus rentable de la franchise devant celui de Burton (2,168 millions de spectateurs). Les 3 millions d'entrées sont dans la ligne de mire.
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Posté par MpM, le 2 septembre 2008
Effervescence au Palais Grassi le 1er septembre aux alentours de 19h. Pour la troisième année consécutive, le groupe Gucci profite de la Mostra pour remettre un prix récompensant une personnalité internationalement reconnue pour sa contribution à la réalisation d’un film, que ce soit en tant que réalisateur, scénariste, acteur ou créateur des costumes. Une petite foule triée sur le volet se bouscule donc flûte de champagne à la main afin d’apercevoir l’heureux lauréat 2008, Steve Mc Queen (Hunger), le président du Festival de Venise, Marco Müller ou encore l’actrice Isabelle Huppert, membre du comité de sélection.
La collision avec les grandes marques n’est pas une nouveauté pour le cinéma. Tout festival qui se respecte a son lot de sponsors, et l’on croise sur le Lido un stand Lancia, un atelier de relooking L’Oréal et des dizaines de journaliste accro à la San Pellegrino, gratuitement distribuée en salle de presse. Non, ce qui surprend le plus, c’est peut-être le contraste entre l'omniprésence de ces "partenaires" et la relative "radinerie" du festival.

En plus de l’accréditation payante, il faut payer pour avoir accès au catalogue de la manifestation et la traditionnelle sacoche aux couleurs de la manifestation n’est pas offerte aux festivaliers (comme cela se pratique dans 90% des cas). Il se raconte même dans les couloirs que les photographes choisis pour couvrir les prestigieux tapis rouge sont ceux qui ont aligné la plus grosse somme d’argent… L’accusation elle-même est suffisamment révélatrice pour ne pas avoir besoin d’être vraie : il n’a visiblement échappé à personne (ne soyons pas naifs !) qu’un Festival, qu’il soit à Venise ou ailleurs, n’est pas une organisation de bienfaisance. Quand on commence à mieux voir (et connaître) les sponsors que les artistes, il est toutefois peut-être temps de se poser des questions.
Mais dans une ville où il a été possible à Lancia de totalement recouvrir le mythique Pont des soupirs le temps des travaux de rénovation sans sembler réellement perturber les touristes (consciencieusement et en grappes bien serrées, ils se battent même pour immortaliser ce pont réinventé dans des tons pastels pleins de promesses, finalement plus joyeux que l’original), à quoi s'attendait-on ?
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Posté par MpM, le 1 septembre 2008
Ceux qui avaient vu, et apprécié, Calvaire lors de sa présentation à Cannes en 2004 attendaient avec impatience le nouvel opus de Fabrice du Welz. Vinyan, présenté à Venise hors compétition, sans doute à cause de son affiliation au cinéma de genre. Malgré la présence de Emmanuelle Béart , ça ne doit pas être assez chic pour concourir pour le Lion d’Or. L’histoire, celle d’un couple partant à la recherche de son fils disparu lors du Tsunami, a même déjà créé une mini-polémique par "l’exploitation" qu’elle fait du drame survenu en Asie du Sud-Est en 2004. A la vision du film, point de scandale (le cinéaste ne fait que partir de l’événement réel pour raconter autre chose) et finalement pas vraiment de raison d’être choqué. La séquence finale, qui fait couler un peu d’encre, s’avère même l’une des plus belles du film. Plus important, elle apporte un véritable sens à la fuite en avant désespérée des personnages. On sent, au cours de ces dernières minutes, le fossé qui sépare occidentaux et orientaux lorsqu’il s’agit d’appréhender la mort. Le concept d’âmes errantes ("Vinyan") s’applique alors à ceux qu’une mort trop violente a interdit de trouver la paix, mais aussi aux survivants, à qui la douleur interdit pareillement de retourner du côté des vivants.
Hélas, pour apprécier le message de Vinyan, il faut aussi en supporter les longueurs, le rythme inégal et les effets de style maniérés. La bande-son, tapageuse, nous vrille les tympans à chaque fois qu’il faudrait au contraire être à l’écoute de sons plus subtils. Même chose pour la mise en scène qui privilégie systématiquement le caméra à l’épaule et la tentation du cinéma vérité. Il en fallait bien sûr, mais l’abus de mouvements, de cuts, d’ellipses, d’éclats immédiatement contenus empêche l’intrigue de se construire et de mûrir. Fabrice du Welz impose certes un récit et un style très personnels, intelligemment attentif à éviter la plupart du temps le sensationnalisme gratuit, mais morcèle tant son propos que cela en devient ennuyeux, en parfaite opposition avec le climat de tension et de suspense qui préside pourtant au film. Dommage, car une ligne narrative plus soutenue lui aurait probablement permis d’être passionnant au-delà de la dernière demi-heure.
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Posté par MpM, le 1 septembre 2008
Pour la 5e année consécutive, le Musée des arts asiatiques de Paris propose une rentrée à l’heure indienne, avec un cycle de films entièrement consacré à la cinématographie du plus gros producteur de longs métrages du monde. Tandis que Bollywood a désormais son magazine en France (Bollywood Stars, 3,9 euros) et que les financiers indiens investissent dans Hollywood (DreamWorks, notamment), on connaît mal le patrimoine de ce cinéma si particulier.
Du 8 septembre au 5 novembre prochains, les stars du cinéma hindi envahissent ainsi l’auditorium Guimet avec une sélection de 23 films (dont 9 inédits) articulés autour de trois grandes périodes.
Les années 50-60 : considérées comme l’âge d’or du cinéma indien, elles virent la production d’œuvres lyriques et poétiques devenues part intégrante du patrimoine national. C’est l’époque de l’acteur et réalisateur Guru Dutt, spécialiste du romantisme mélodramatique à qui l’on doit L’assoiffé (1957) et Fleurs de papier (1959), mais aussi des actrices Madhubala (Mr and Mrs 55) et Waheeda Rehman (Guide de Vijay Anand).
Les années 70-80 : elles marquent l’apogée du cinéma commercial hindi aux extravagances les plus débridées. Le plus célèbre de tous les acteurs indiens, Amitabh Bachchan, remporte son premier succès avec le "western curry" Sholay de Ramesh Sippy, record absolu de fréquentation. Les films se laissent aller à la violence mais également à une certaine liberté de mœurs, comme lors de l’apparition de Dimple Kapadia en bikini rouge dans Bobby de Raj Kapoor.
Les années 1990-2000 : celles de la modernisation, qui voient les chorégraphies devenir plus sophistiquées et les stars faire l’objet de véritables cultes. L’occident lorgne du côté de Bollywood : Devdas de Sanjay Leela Bhansali est présenté à Cannes en 2002 et l’année suivante, Aishwarya Rai est la première actrice indienne à être membre du jury. L’ex-Miss monde, mais aussi ses collègues comme Nandita Das (Fire de Deepa Mehta) et surtout Shah Rukh Khan (Veer-Zaara de Yash Chopra) deviennent aussi incontournables chez nous que chez eux.
En guise d'introduction générale à une programmation aussi foisonnante, Martine Armand (qui a choisi les films du cycle) donnera une conférence publique et gratuite le 10 septembre sur le thème des "Stars du cinéma populaire hindi". Des spectacles de danse et de musique complèteront enfin cette programmation sur tout la période, avec notamment de la danse bharatanatyam (Inde du Sud) et du chant khayâl (Inde du Nord). C'est donc parti pour deux mois d'été supplémentaires... en attendant la "deuxième saison japonaise", Akitsu Shima ("L'île aux libellules"), et son invitation au voyage à travers le Japon spirituel (novembre 2008 - janvier 2009).
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Du 8 septembre au 5 novembre 2008
Séances à 12h15 les lundis, mercredis ou vendredis selon les semaines
Programme complet et informations sur le site de l’Auditorium Guimet
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Posté par MpM, le 1 septembre 2008

La présentation de Ponyo sur la falaise ,le dernier opus de Hayao Miyazaki, s'annonçait comme l'un des grands moments de ce festival et, vu le tonnerre d'applaudissements lors de la présentation aux professionnels, il a sans aucun doute tenu ses promesses. Il s'agit donc de l'histoire de Ponyo, un poisson-clown vivant au fond de la mer, qui donne au célèbre réalisateur des studios Ghibli l'occasion d'explorer le mystérieux monde sous-marin au cours de séquences tour à tour poétiques (un ballet de méduses), spectaculaires (un tsunami de poissons bleus géants) et bien sûr écologiques (les détritus immombrables ramassés dans le filet du pêcheur).
Mais comme toujours chez Miyazaki, cet univers apparemment magique se doit d'être confronté à un autre monde qui lui soit étranger, voire opposé. Ponyo fait ainsi la connaissance de Sosuke, un jeune garçon vivant sur la terre ferme, et, à son contact, décide de devenir une petite fille. On est alors en terrain connu car la transformation est un thème récurrent de la filmographie du cinéaste, de même que celui de la réconciliation entre l'homme et la nature. Une fois encore, il s'évertue à prôner l'espoir d'une entente et d'une cohabitation véritables entre les deux espèces. Car en acceptant Ponyo telle qu'elle est, et en l'aimant quelle que soit sa forme, Sosuke signifie l'égale importance de l'Humanité et de la Nature.
Le message est charmant, de même que l'animation est délicate et subtile, mais la na?veté de l'intrigue, ajoutée aux tons très pastels des dessins, a de quoi secrètement décevoir le spectateur adulte, qui ne se sent pas vraiment la cible du film. On avait rarement vu autant de bons sentiments chez Miyazaki, et surtout aussi peu de contrepoids cyniques ou décalés. Le seul personnage vaguement méchant n'a aucune envergure, et les autres ne sont guère plus développés. Pire, le fond de l'histoire est bâclé, la plupart des enjeux étant survolés, voire complétement négligés. Si le film fait au départ penser au Monde de Nemo, force est d'avouer que le poisson-clown de Pixar recelait plus de fantaisie et d'irrévérence que ce gentillet Ponyo aux vrais faux-airs de petite sirène à ne conseiller qu'aux très jeunes enfants.
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Posté par MpM, le 31 août 2008
Ce qui fait avant tout la force d’un festival, c’est son pouvoir d’attraction sur medias et spectateurs qui se bousculeront aux portes des salles et propageront le buzz bien au-delà des frontières de ce petit monde relativement fermé. Et pour cela rien de tel que de provoquer des attentes fortes sur certains films présentés, par opposition avec ceux dont personne ne connaissait l’existence avant de les voir au programme. On pouvait découvrir aujourd’hui deux de ces longs métrages extrêmement attendus sur le Lido : The burning plain de Guillermo Arriaga, séduisant sur la papier en raison de son casting prestigieux (Charlize Theron, Kim Basinger) et de la personnalité de son metteur en scène (scénariste d’Amours chiennes, Babel, Trois enterrements…), et Inju, la bête dans l’ombre de Barbet Schroeder, précédé par un parfum de souffre et une bande-annonce pour le moins tapageuse. Dommage, comme cela arrive trop souvent, l’attente qui entourait ces deux films a été pareillement déçue, quoique pour des causes différentes.
Arriaga nous fait une fois de trop le coup de l’intrigue morcelée qui met en scène des protagonistes apparemment sans lien les uns avec les autres mais qui finiront bien par être connectés d’une manière ou d’une autre. Ce qui faisait le charme et la force de ses précédents scénaris est devenu rien de plus qu’une recette qu’il semble vouloir décliner à l’infini. Malheureusement pour lui, maintenant, le spectateur connait le truc et devine la moitié des corrélations un quart d’heure avant que le film ne les lui révèle en grande pompe. L’effet de surprise et de suspense étant complètement raté, il ne reste même pas de quoi se raccrocher à l’histoire, terriblement conventionnelle. Il y en a d’ailleurs un peu marre de ces héroïnes torturées par la culpabilité et qui finissent systématiquement par trouver le rédemption dans l’amour. Marre aussi de cet excès de puritanisme qui force à expliquer par des traumatismes psychologiques le moindre des comportements “immoraux” des personnages (la femme qui trompe son mari le fait parce qu’il ne la désire plus, celle qui couche avec tout ce qui bouge fuit de vieux démons, etc.).
Dans un autre genre, le prétendu polar érotique de Barbet Schroder est un véritable fiasco scénaristique. Le moment le plus réussi en terme de suspense et de noirceur est la séquence d’introduction singeant avec brio certains films de sabre asiatiques un peu cheap mais savoureux, où le sang gicle et les têtes tombent. Mais rien de tel dans Inju où l’action se veut avant tout cérébrale et les scènes de sexe imaginaires (ou grotesques). L’intrigue policière se résume alors à une succession d’invraisemblances et de fausses pistes rapidement mises au jour. Schroeder essaye bien de jouer au chat et à la souris avec son spectateur, comme son héros maléfique le fait avec le malheureux Alex Fayard (incarné par un Benoit Magimel encore plus falot qu’à l’ordinaire), mais il a affaire à une partie particulièrement plus coriace qui anticipe les retournements et devine les ficelles. Là encore, ce qui aurait dû être un véritable jeu de piste tourne à la révélation progressive de choses que l’on savait déjà. Et l’attente artificiellement suscitée se retourne contre le film, probablement jugé deux fois plus sévèrement que s’il ne nous avait pas été préalablement survendu...
Crédit photo : image.net
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Posté par vincy, le 31 août 2008
« Bientôt vous aurez les mêmes emmerdes que les autres : le mariage, les enfants et même le divorce. »
L'histoire : Manu et Philippe vivent ensemble depuis des années. Mais l'obsession de Manu de vouloir un enfant les conduit à se séparer, persuadés qu'ils ne voient plus la vie, et l'avenir, de la même manière. Après une tentative d'adoption avortée, Manu demande à Fina, jeune femme argentine sans papiers, de lui faire un gamin, en échange d'un mariage blanc qui la régulariserait...
Notre avis : Sur le papier, il était intéressant de voir le cinéma français s’attaquer frontalement à l’homoparentalité, avec thèse, antithèse, synthèse. Comme les autres est une comédie sociétale où les mœurs et la morale évoquent toutes les hypothèses du sujet.
Dans ce Belleville bourgeois mais faussement bohème, deux beaux quadras prospères vivent leur passage à l’âge adulte. Le pédiatre rêve d’enfant quand l’avocat plaide l’illégalité, l’immoralité et même le « contre-nature ». Le débat, entre progressiste et réac, est lancé.
Parfois cocasse (ou caricatural), le comique de situation n’est pas aidé par une mise en scène hésitant entre théâtralité et formatage télévisuel. Même le décor semble conçu pour un reality show cathodique. Quand la réalisation est banale, le scénario peut sauver un film s’il est délirant ou exceptionnel. Il y a bien ce parallèle entre l’embauche d’une jeune immigrée et la sélection d’un couple de lesbienne, distrayant et bien foutu ou la scène des révélations au repas familial dans le jardin, assez (im)pertinente. Mais rien de cruel, conflictuel, passionnel.
Il manque notamment quelques scènes qui nous auraient fait croire à la relation « longue durée » de Wilson et Elbé, qui fasse que leur séparation soit déchirante. D’ailleurs Elbé est zappé durant la moitié du film… Mais voila : on préfère nous montrer un homo qui fait l’amour à une fille plutôt que deux homos batifolant sous les draps. Grossier.
D’une part, il faudrait cesser de croire qu’un homo est capable d’être bi dans chaque film populaire. D’autre part, il aurait été bon, vu le sujet, de nous montrer un couple homo qui s’aime. Le cinéma espagnol ou même américain a déjà été plus audacieux. Or, là, dès ce postulat, nous pouvons constater que la production a décidé de « normaliser » le futur père et de « marginaliser » l’homosexualité en la réduisant à une cohabitation. L’aspiration à la normalité, avec ce passage de l’hétéro refoulé, l’emporte sur la justification d’un choix de vie, où homos comme hétéros, chacun peut refuser de suivre le schéma traditionnel.
Cette faute de goût dérègle l’ensemble du message et empêche le spectateur d’être choqué ou interpellé. On l’anesthésie avec l’idée qu’un gay peut être converti s’il veut un enfant… Après tout, on nous le dit bien, l’adoption est hypocrite et impossible dans ce pays.
Du coup le film n’est qu’une sage illustration d’un point de vue impopulaire. Le traitement aurait mérité plus de cran. L’homoparentalité est noyée dans d’autres débats : mère porteuse, mariage blanc, adoption gay… La surdose nuit à l’argumentation.
Reste les comédiens. Wilson est parfait, pas trop efféminé, juste ce qu’il faut. Elbé, naturellement viril, banalise l’homo en le rendant presque hétéro, presque dur, peut-être pas assez complice. Brochet, sur une note sensible, est exquise en vieille fille frustrée. Enfin la douce Lopez de Ayala est délicieuse, sensuelle, et apporte ce qu’il faut de passion à ce film un peu frigide. Ce sont d’ailleurs les deux femmes qui emportent le film dans une dimension plus touchante, quand la caméra s’éloigne d’elles, l’une seule dans son appartement, l’autre seule sur son lit d’hôpital ; le bonheur passant à côté d’elles. Pas comme les autres…
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Posté par MpM, le 30 août 2008

Tant de merveilles en un seul lieu, alignées sous le regard éberlué du touriste qui remonte le Grand Canal à bord d’un vaporetto (métro local, mais sur l’eau) en peinant à retenir ses cris d’admiration. Et dire qu’à peine arrivé, il faut jouer les blasés et courir s’enfermer dans les salles obscures…
D’accord, on a connu pire programme, surtout quand le terme « courir » se heurte à la profonde zenitude de la Mostra. On se croirait presque dans un camp de vacances avec ses gentils organisateurs qui oublient une fois sur trois de fouiller les sacs, ses terrasses de snack ou de café pleines de bruit et de musique, ses bureaux fermés entre 13 h 30 et 14 h 30 (cri du cœur du festivalier qui se voit prié de repasser plus tard : "ah bon, mais ils prennent le temps de déjeuner ici ?"), son absence de files d’attente démesurées, bref, son ambiance décontractée et joyeuse. Première surprise quand on est habitué à la grosse machinerie guindée de Cannes ou à celle, bien huilée et irréprochable, de Berlin. Très peu d’encadrement, presqu’aucune information, pas tellement de flicage… bienvenue en Italie ?!
La deuxième surprise ne tarde pas, sous la forme d’un film du même nom, projeté aux festivaliers sans être annoncé au programme. Probablement n’aurait-on pu mieux tomber puisqu’il s’agit du portrait de sept transexuels vivant à Téhéran de nos jours. Tedium, de l’Iranien Bahman Motamedian, attaque en effet de front le problème complexe de l’identité sexuelle dans une société corsetée par ses principes et ses tabous. Un document étonnant, pas forcément parfait sur le plan cinématographique, mais sociologiquement et humainement passionnant !
La troisième surprise de cette première journée, c’est à quel point le temps passe vite ici. Tandis que les plus chanceux traînent un dernier moment aux terrasses (certainement ceux qui logent sur le Lido, l’île où a lieu le Festival), les autres s’entassent dans le bus navette, puis le vaporetto, direction Venise. Contraignant mais agréable puisque cela permet une promenade nocturne dans les ruelles désertes de la ville. Mais le cinéma n'est jamais bien loin : en traversant un petit pont enjambant l’un des multiples canaux de la ville, on a une pensée émue pour Woody Allen, qui s’essoufflait il y a à peine dix ans à jogger avec Julia Roberts dans un endroit du même genre…
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Posté par MpM, le 28 août 2008

Pour sa soirée d'ouverture, la 65e édition du Festival de Venise s'est offert un casting de rêve, celui du dernier film de Joel et Ethan Coen, Burn after reading. Outre les deux frères réalisateurs, les actrices Tilda Swinton et Frances McDormand avaient fait le déplacement, sans oublier leurs partenaires à l'écran Brad Pitt et George Clooney. Ce sont bien sûr ces derniers qui ont déchaîné les foules et apporté l'indispensable touche de glamour dont a besoin tout festival qui se respecte. Pourtant, dans la délirante comédie présentée hors compétition, les deux sex symbols cassent jouissivement leur image en apparaissant l'un comme un prof de gym sans cervelle et l'autre en Don Juan pathétique... Des personnages prometteurs à découvrir sur nos écrans à la fin de l'année !
Crédits image : image.net
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Posté par MpM, le 27 août 2008
L'histoire : Kong, le meilleur tueur à gages du marché, vient exécuter ses quatre derniers contrats à Bangkok. Après, une monstrueuse somme d'argent et une retraite dorée l'attendent. Mais, lassitude ou imprudence, il transgresse au bout de quelques jours les principes fondamentaux qui gouvernent son existence en tombant amoureux et en commençant à se poser des questions sur son travail...
Notre avis : D’habitude, un titre comme Bangkok dangerous laisse supposer que l’on a affaire à un film d’action. On est d’autant plus sûr de ne pas se tromper qu’il s’agit du remake du film éponyme réalisé par les mêmes frères Oxide et Danny Pang en 2003, et qui s’attachait aux pas d’un tueur à gages sourd et muet animé d’une folie meurtrière incontrôlable. Sauf qu’en réalité, on a plutôt l’impression que, quitte à cachetonner, Nicolas Cage s’est offert des vacances en Thaïlande où il joue les touristes avec un parfait naturel. Il apprivoise un éléphant, goûte à la gastronomie locale, s’intéresse au folklore et, bien sûr, tombe amoureux. Entre deux excursions, il exécute quand même un contrat, vite fait bien fait, sans éclat. Question spectacle et suspense, on en est pour nos frais. Il faut même attendre la deuxième moitié du film pour qu’il se passe enfin quelque chose d’un peu animé : une course poursuite en bateau qui s’achève par une amputation improvisée.
S’en suivent fort logiquement une fusillade, de très jolies explosions et une séquence finale comme on les aime : seul contre tous, le héros élimine un à un les méchants pour obtenir vengeance et rédemption. Pas mal, mais tardif. Et surtout, filmé n’importe comment, à grands renforts de flashs et de fondus tapageurs qui donnent l’impression que l’écran n’est plus qu’une immense guirlande clignotante. Histoire de meubler, la musique qui passe en boucle ressemble à celle des pires jeux vidéo, répétitive, sans consistance et horripilante au bout de deux parties. Il n’y a définitivement pas grand-chose à sauver dans ce remake inutile, et surtout pas la psychologie des personnages, qui sert de caution morale à l'ensemble alors qu'elle est quasiment inexistante ! Même Nicolas Cage, qui parvient d’habitude à insuffler second degré et profondeur à ce genre de rôle, promène sans conviction son air d’enterrement d’un bout à l’autre de Bangkok. Affublé d’une coupe ridicule, d’une voix-off d’outre-tombe et de principes stéréotypés qu’il s’empresse de transgresser, il a surtout l’air d’attendre que quelqu’un mette une fin à tout ça, ce qui lui fait au moins un point commun avec le spectateur.
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