Le cinéma portugais succombe aux biopics

Posté par vincy, le 17 juin 2008

Les USA ont Tina et Ray, les Anglais ont Joy Division, les Français, Piaf ou Gainsbarre... C'est au tour du Portugal de vouloir mettre en avant sa légende vocale et ses 20 millions de disques vendus : Amàlia Rodrigues. Déjà transformée en comédie musicale (un million de spectateurs au Portugal), la vie de la chanteuse de fado, la Callas de la saudade, aura droit à sa destinée cinématographique.

La production associera son détenteur de droits du catalogue musical, la télévision publique et un producteur indépendant. Le film devrait être le plus cher du cinéma portugais avec un budget de 3 millions d'euros. Réalisé par Carlos Coelho da Silva, à qui ont doit la bonne adaptation locale du Crime du père Amaro (le plus grand hit portugais à date), le film devrait être prêt l'an prochain et séduire la diaspora portugaise du monde entier.

L'enjeu de l'interprétation revient à l'actrice Sandra Barata Belo, jeune comédienne de 29 ans.

Annecy, l’animation en folie

Posté par Morgane, le 17 juin 2008

Nombreuses projections de grandes stars de l’animation (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, Persepolis, Les Simpsons, Peur(s) du noir…), découverte de plusieurs petits bijoux, coup de projecteur sur l’animation indienne, rétrospective Emile Cohl, mais également hommage à l’impertinence en raison du centenaire de la naissance de Tex Avery... le Festival international du Film d’Animation d’Annecy nous avait cette année encore réservé pas mal de surprises ! A l'issue de cette 32e édition, il a révélé son palmarès et décerné ses Cristaux.

Courts métrages :

La maison en petits cubes -Cristal d’Annecy - Japon
Berni's Doll -Mention spéciale - France
Morana -Mention spéciale - Croatie
La maison en petits cubes -Prix du Jury Junior pour un court métrage - Japon
Skhizein -Prix du public - France
Ona koja mjeri -Prix FIPRESCI - Croatie
Portraits ratés à Sainte-Hélène - Prix Jean-Luc Xiberras de la première œuvre - France
KJFG No 5 - Prix Sacem - Hongrie
La dama en el umbral - Prix spécial du jury - Espagne

Longs métrages :

Sita Sings the Blues - Cristal du long métrage - Etats-Unis
Idiots and Angels - Mention Spéciale - Etats-Unis
Die Drei Rauber - Prix du Public - Allemagne

Séries TV :

Moot Moot "L'enfer de la mode" - Le Cristal pour une production TV - France
Talented Mouse "Catnip", "Pest Controller", "Oasis" -Prix spécial pour une série TV - Grande-Bretagne

Spéciaux TV :

Engel zu Fuss -Prix pour un spécial TV - Allemagne

Films publicitaires :

Bibigon "Factually Fun Idents X 9" - Prix du film éducatif, scientifique ou d'entreprise - Grande-Bretagne
Sony Bravia "Play-Doh" - Prix du film publicitaire ou promotionnel - Grande-Bretagne

Vidéoclips :

Annuals "Dry Clothes" - Prix du meilleur vidéoclip - Grande-Bretagne

Films de fin d’études :

Le voyageur - Mention spéciale - Belgique
Oktapodi - Prix CANAL+FAMILY pour un film de fin d'études - France

Margot - Prix du Jury Junior pour un film de fin d'études - Belgique
Camera obscura -Prix du meilleur film de fin d'études - France

My Happy End - Prix spécial du jury - Allemagne
Hugh -Prix Unicef -France

Rendez-vous dans un an pour la 33ème édition…

Décès de Stan Winston (1946-2008)

Posté par geoffroy, le 17 juin 2008

Stan WinstonOn ne dira jamais assez l'importance des effets visuels dans des films comme Terminator, Alien ou Jurassic Park. Quatre fois récompensé par un Oscar, le spécialiste des effets spéciaux et du maquillage Stan Winston est à l'origine des plus belles créatures et monstres imaginées pour le cinéma ces vingt dernières années. Collaborateur attitré de James Cameron sur les Terminator et Aliens, il avait également mis son talent au service de films comme Predator, Jurassic Park, Edward aux mains d'argent ou récemment Iron Man. Par ailleurs producteur, il avait fondé avec le réalisateur du Titanic la maison d'effets spéciaux Digital Domain. Fan des effets traditionnels comme les animatronics, il devait s'occuper du quatrième Terminator aux côtés de Christian Bale.

John Woo revient sur le sol chinois

Posté par vincy, le 16 juin 2008

Après Ang Lee, c'est au tour de John Woo de revenir sur sa terre "natale" (il est né à Guangzhou, ex-Canton). Son nouveau film, Red Cliff, le premier depuis Paycheck en 2003, est sa première production en Asie depuis quinze ans!

Les premières images révèlent des averses de flèches, des bateaux incendiés, des figurants par milliers (dont 1 000 soldats de l'armée chinoise en extras). Comme Lee, Kaige, Yimou, John Woo a décidé de s'intéresser à un épisode mythique de l'Histoire chinoise. Lui aussi verserait-il dans le patriotisme? A moins qu'il ne s'agisse d'impérialisme ou de fierté : "ce projet devait montrer que la Chine est capable de produire des films aussi ambitieux que Gladiator ou Troie" explique-t-il. La bataille en question s'est déroulée il y a 2 000 ans et donne l'occasion au cinéma chinois de battre tous ses records de budget. On parle de 80 millions de $.

La bataille de la falaise rouge, ou Bataille de Chibi s'est déroulée durant l'époque des trois royaumes, vers 208 avant J.C. Cela se déroule sur les rives du Yang Tsé Kian, dans le Hubei, près la métropole de Wuhan. L'affrontement oppose les très beaux Tony Leung Chiu Wai (In the mood for love) et Takeshi Kaneshiro (House of Flying Daggers). Et Weu Zhao (Shaolin Soccer) incarnera l'objet de désir de ce film épique et violent.

Le réalisateur a annoncé que le film sortirait en deux parties en Asie (en juillet puis en janvier), tandis que l'Occident n'aura droit qu'à un seul film, plus court, entre fin 2008 et début 2009. Metropolitan Export le distribuera en France.

Cronenberg médaillé à Paris

Posté par Morgane, le 15 juin 2008

Charlotte Rapling, Bertrand Delanoë et David CronenbergLors de la conférence de presse du festival Paris Cinéma (du 1er au 12 juillet) qui s’est déroulée dans les salons de l’Hôtel de Ville le 12 juin, Bertrand Delanoë a remis la grande Médaille de Vermeil de la ville de Paris à un grand cinéaste canadien, j’ai nommé Mister David Cronenberg.

En effet, le festival Paris Cinéma, dont Charlotte Rampling est la présidente, a décidé, pour sa 6ème édition, de rendre hommage au réalisateur de Spider, Les Promesses de l’Ombre, History of Violence, Existenz, Crash et tant d’autres encore.

David Cronenberg sera donc à l’honneur dans la capitale française en ce début d’été. Une soirée exceptionnelle aura notamment lieu au Théâtre du Châtelet le 3 juillet durant laquelle seront projetés son grand chef-d’œuvre La Mouche ainsi que La Mouche Noire, réalisé par Kurt Neumann en 1956. Ces deux films sortiront par la suite en salles et en copies neuves dès le 4 juillet.

Par ailleurs, la création mondiale The Fly (La Mouche) fera son show sur la scène du Théâtre du Châtelet accompagnée par l’Orchestre Philharmonique de Radio France, entre le 2 et le 13 juillet. Opéra composé par Howard Shore sous la direction musicale de Placido Domingo, il a pour metteur en scène…David Cronenberg lui-même.

Le club du vendredi 13 défend le cinéma de genre

Posté par MpM, le 14 juin 2008

En pleine polémique sur l'interdiction aux moins de 18 ans du film Martyrs de Pascal Laugier, plusieurs professionnels du paysage audiovisuel français ont annoncé la création du "Club du vendredi 13" destiné à défendre et promouvoir le cinéma de genre en France.

"Issu de l'esprit de la nouvelle vague et d'une "idéologisation" de la différence culturelle, le système institutionnel et artistique du cinéma en France cantonne les films de genre uniquement au cinéma commercial ou B (disant "Bis"voire Z) sous le prétexte qu'il ne serait pas motivé par une idéologie, un thème social ou psychologique suffisamment développé pour être entendu par les élites. Ce serait oublier que le film de genre est le cinéma de prédilection des grands auteurs du cinéma français et mondial que sont Tarantino, Kubrick, Jeunet, Lynch, Cronenberg, Les Frères Coen, Raimi, Melville, Hitchcock ou encore Lucas" peut-on notamment lire dans leur appel.

Le groupement, qui réunit des réalisateurs (Jan Kounen, Alain Corneau, Xavier Gens, Olivier Dahan...) mais aussi des distributeurs comme Wild side ou La fabrique de films, a d'ores et déjà un site (www.leclubduvendredi13.com) et promet pour bientôt des propositions en faveur du cinéma de genre français.

Jean Desailly défaille définitivement (1920-2008)

Posté par vincy, le 13 juin 2008

lapeaudouce.jpgCes dernières années, le comédien, ex pensionnaire de la Comédie Française et ancien directeur de théâtre (Hébertot, Edouard VII et Madeleine), Jean Desailly, était surtout connu comme un homme de scène, le partenaire immuable de Simone Valère, à la ville comme sur les planches. Un couple de soixante ans qui ne s'est marié que tardivement  : "Grâce à Dieu, nous n'avons jamais connu le chômage. Voilà pourquoi nous avons vécu dans le péché" s'amusaient-ils.

Il avait commencé comme dessinateur publicitaire, empoché le premier prix de comédie dès sa première année de conservatoire puis appris sur le tas son métier, au sein de la troupe amateure La Roulotte. Dès l'après guerre, il préféra le cinéma à la Comédie Française, qui le renvoya. Il intégra alors la compagnie d'un autre couple célèbre, les Renaud-Barrault.

 Au cinéma, en 1946, il fut dans l'immense succès La symphonie pastorale,  de Jean Delannoy, avec Michèle Morgan. Une palme d'or. On le retrouve en Marivaux chez Guitry dans Si Versailles m'était conté. Il retrouve Morgan dans Les Grandes manoeuvres, de René Clair. Delannoy, lui, le reprend pour Maigret tend un piège, avec le vieux Gabin et la jeune Girardot et Le baron de l'écluse, avec le plus vieux Gabin et la jeune Presle.

Dans les années 60, il croise pour la première fois Jean-Paul Belmondo. Chez Melville dans Le Doulos. Dix ans plus tard, ils seront réunis dans L'héritier, de Philippe Labro, puis dans Le professionnel, de Georges Lautner, où il incarnera le ministre. Le cinéma n'étant pas son métier principal, il acceptera d'y faire des apparitions, des seconds rôles, donnant ainsi la réplique à Henry Fonda, Anthony Quinn ou Alain Delon, même le temps d'une scène. Il jouait ainsi les bourgeois, les hommes à particules, les fonctionnaires en uniformes. Sa voix posé, grave, élégante l'a souvent rendu narrateur (Les Rois maudits, en série télévisée des années 70)...

Un acteur de cinéma de second plan, sans aucun palmarès, et pourtant un immense acteur. Seul François Truffaut lui offrit un rôle digne de son talent. Dans La peau douce (1964, photo), il incarne un éditeur connu, marié et d'apparence sage. Mais il y est irrésistiblement attiré par la sensuelle et délicieuse Françoise Dorléac. On le comprend. Cette tragédie amère et amoureuse, tout en silences impalpables et en tension tactile, est le film qu'il faut revoir pour apprécier ce qui restera de Jean Desailly : son amour du jeu.

Martyrs, appel au rassemblement !

Posté par geoffroy, le 13 juin 2008

martyrs.jpgSuite à l'avis de la commission de classification recommandant d'interdire aux mineurs de moins de 18 ans le film Martyrs, de nombreuses voix se sont élevées pour dire avec force leur stupéfaction, leur colère et leur inquiétude. Ecran Noir est solidaire et soutient dans ce combat le réalisateur Pascal Laugier. Nous ne sommes que trop conscients des risques d'une telle interdiction pour la production à venir d'un cinéma de genre déjà peu prolifique dans notre pays. Il ne faudrait pas que cet avis, sans doute validé par la Ministre de la Culture Christine Albanel, fasse en quelque sorte jurisprudence et plombe ainsi les velléités de réalisateurs qui ne demandent qu'à exprimer leur talent. L'incompréhension est de mise au vu de l'incroyable succès des films horrifiques espagnols un peu partout dans le monde. A ce titre, nous soutenons la démarche du cinéaste Fernando De Azevedo et son appel au rassemblement ce vendredi à 14h30, place du Palais royal.

Ci-joint la lettre du réalisateur :

Cher Amis, techniciens, journalistes, réalisateurs, scénaristes, acteurs, producteurs, distributeurs... A tous ceux qui aiment le cinéma dans tous les genres !! Depuis le 30 mai, la commission de classification a interdit aux moins de 18 ans le film "Martyrs". C'est une honte, j'ai vu ce film, il n'y a aucune scène pornographique !! Martyrs est un film qui m'a bouleversé comme l'ont fait un certain nombre d'oeuvres, de "Massacre à la tronçonneuse" au récent "Ring". La violence que l'on voit dans ce film n'est jamais gratuite, elle sert un propos, elle nous questionne sur la vie, l'esprit, le corps après la mort. Pascal Laugier a su mettre en scène l'au-delà avec un sens visionnaire tout à fait bouleversant.
Si le ministère de la culture ne change pas d'avis, Martyrs deviendra le premier film français d'horreur interdit aux moins de 18 ans. Rappelons que le -18 ans, aujourd'hui encore, est une extension de la loi X et, dans le contexte de frilosité actuel des exploitants, il représente une marque infamante qui équivaut à la mort programmée du film !!!! C'est si vrai que, initialement prévue le 18 juin, la sortie du film a été purement et simplement annulée.
Interdire, c'est INTERDIRE POUR DEMAIN ! C'est pousser les producteurs et les distributeurs à ne plus développer de films de genre, c'est empêcher les scénaristes et réalisateurs de créer ce qu'ils désirent. En clair, c'est favoriser l'autocensure, c'est tenter d'éradiquer un genre cinématographique qui avait déjà du mal à avoir sa place sur les écrans Français. J'ai grandi avec ces films, ils m'ont dérangé, bouleversé et j'ai appris grâce à eux... Ce film doit EXISTER !!
Je veux que les artistes de ce pays restent encore libres de choisir. C'est par cette liberté que se créeront des oeuvres fortes, indépendantes, insoumises... Alors, que faire ? Que dire ? Rester chez soi ?
Aujourd'hui, si on ne voit pas, ça n'existe pas ! Il faut PHYSIQUEMENT faire quelque chose ! Je me lance !!!
Manifestons contre cette censure qui ne dit pas son nom, le Vendredi 13 juin (Belle date !), à 14H30, place du Palais Royal, face au ministère de la culture. Métro Palais Royal, Musée du Louvre.
Venez nombreux, pour demander au Ministre de la Culture de reconsidérer l'avis de la Commission, pour donner à "Martyrs" un visa assorti d'une interdiction aux moins de 16 ans, accompagné d'un avertissement sur la violence d'images jamais gratuites au service d'un propos dérangeant. Pour que ce film existe et soit distribué comme une oeuvre à part entière...
Paris, le 7 juin 2008
Fernando De Azevedo
Réalisateur

Courts ou longs, tous au Festival de films gays et lesbiens !

Posté par MpM, le 12 juin 2008

ffglplogo.jpgA l’approche de sa 14e édition, qui se tiendra du 4 au 11 novembre prochains au Grand Rex, le désormais traditionnel Festival de films gays et lesbiens de Paris lance un appel à candidatures. Il suffit pour participer à la sélection d’envoyer son film (fiction, animation, documentaire ou expérimental) en format dvd avant le 15 août 2008.
Pour la section "films courts", le thème retenu est cette année celui du "sacré", sur une durée maximale de trois minutes. Attention, les œuvres doivent être inédites et réalisées tout spécialement dans l’optique du Festival ! "Extase, blasphème, chasteté, persécution, dévotion, perpétuelle indulgence, sexes des anges"… tout un programme à découvrir avec plaisir (et recueillement ?) lors d’une séance spéciale placée par les organisateurs sous le double parrainage de Jacques Grant : "Le créateur de cinéma, faiseur de lumière, en latin Lucifer, est bel et bien le diable" ; et de Raoul Vaneigem : "Rien n'est sacré, tout peut se dire".

Films à envoyer :
FFGLP/Festival
Selection Films 2008
C/o Centre LGBT Paris IDF
61-63 rue Beaubourg
75003 Paris - France

Formulaire d'inscription à télécharger sur le site du Festival

Nouvelle donne, à l’heure norvégienne

Posté par MpM, le 11 juin 2008

L’équipe de Nouvelle donne

A l'occasion de la sortie de Nouvelle donne, premier long métrage norvégien bourré d'énergie, Ecran Noir a rencontré une partie de la joyeuse équipe du film. Au fond, Joachim Trier (le réalisateur) et Anders Danielsen Lie (qui interprète le personnage de Phillip), au premier plan Eskil Vogt (coscénariste et ami d'enfance de Joachim) et Espen Klouman Hoiner (Erik). Ne manque que la très charmante Viktoria Winge (Kari), arrivée plus tard. A lire, l'entretien accordé par les deux auteurs et le point de vue des acteurs sur le film.
Le soir même Malavida films organisait une avant-premère parisienne au goût de saumon, sur une péniche parisienne. Tout le casting était présent. Joachim Trier évoquait son émotion à l'avant veille de la sortie de son film à Paris. Nouvelle donne, qui date de 2006 dans son pays d'origine, découvert au Festival des films nordiques de Rouen et acquis l'an dernier à Cannes par l'équipe de Malavida, se déroule en partie à Paris et rend explicitement hommage à la Nouvelle Vague. Manière de boucler l'aventure en beauté de ce premier film.

Photo : Claire Fayau.