Un bureau à Los Angeles pour promouvoir les tournages en France

Posté par vincy, le 28 février 2012

A priori c'est une bizarrerie institutionnelle : la nouvelle n'a été annoncée ni par Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, ni par Eric Besson, ministre de l'industrie (et de l'économie numérique), ni même par Pierre Lellouche, Secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur. Pourtant, quand on annonce la mise en place d'un bureau de promotion du film afin d'attirer les investisseurs américains (tournages, etc...), l'un des trois ministres aurait semblé "logique".

C'est en fait Frédéric Lefebvre, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions libérales et de la Consommation (on reprend sa respiration), qui s'en est chargé. Celui-ci était de passage dans la métropole californienne, à l'occasion des Oscars (un peu), la promotion de la France au niveau touristique (la raison officielle) et surtout de sa campagne électorale (il se présente au poste de député des Français à l'étranger dans la zone nord-américaine).

Ce bureau du cinéma devrait être opérationnel dès juillet, intégrant par ailleurs "l'agence de tourisme française de promotion, les ressources du Consulat français à Los Angeles, Film France et Atout France, l'agence de promotion touristique de la France et le Comité Régional d’Ile de France." Il s'agira d'informer des décideurs et réalisateurs américains des dispositifs financiers (crédits d'impôt, aides régionales ou locales...) et des lieux de tournage possibles. Le bureau servira aussi de médiateur avec les professionnels du tourisme et Film France, commission nationale qui rassemble 40 commissions du film.

Sur le papier, ce "guichet unique" est une bonne idée, simplifiant les démarches et accélérant les mises en relation entre les interlocuteurs.

Ce "Film office", idée qui est déjà exploitée par différents territoires dans le monde, pourrait servir de pilote à de futurs bureaux en Chine, en Inde et en Corée du Sud.

La France a beaucoup de retard en Europe, malgré sa position de leader en matière de production cinématographique : seulement 3% des tournages américains en Europe y sont réalisés.

Le Cirque du Soleil et Hugo Cabret, grands vainqueurs des Oscars sur Twitter

Posté par vincy, le 28 février 2012

Twitter devient le média le plus suivi lors d'événements (culturels, sportifs, politiques). Les Oscars n'ont pas manqué à l'appel avec des centaines de comptes, y compris celui d'Ecran Noir,  effectuant un "Live Tweet", c'est-à-dire un suivi en direct.

TweetReach a analysé les 2 millions de tweets (18 718 par minute) qui concernaient uniquement les six catégories principales : film, réalisateur et les quatre prix d'interprétation. Par rapport à l'an dernier, c'est une nette progression (1,27 millions de tweets).

D'un point de vue général, un top 10 des tweets les plus positifs a donné le résultat suivant :

1 - La performance du Cirque du Soleil surclasse l'ensemble des commentaires sur la cérémonie.
2 - La standing ovation pour Octavia Spencer, meilleur second rôle féminin.
3 - Le film Hugo Cabret, notamment lors de son prix pour les effets visuels. A l'inverse les fans d'Harry Potter ont aussi crié au scandale.
4 - Meryl Streep recevant son Oscar face à Viola Davis, autre favorite.
5 - The Artist. Le manque de surprise lui a sans doute coûté une place plus haute dans ce classement. Quelques tweets rendaient hommage à Uggie, le chien du film, injustement oublié des nominations.
6 - L'intervention de Zach Galifianakis (Very Bad Trip) et Will Ferrell pour la présentation de l'Oscar de la meilleure chanson.
7 - Christopher Plummer, meilleur second rôle masculin et premier Oscar à 82 ans. Le syndrôme Jack Palance.
8 -Le décolleté plongeant, volontaire ou involontaire, de Jennifer Lopez qui a affolé la planète Twitter : une ombre, un téton? Le mystère reste entier.
9 - Jean Dujardin, qui a souffert d'un discours partiellement en français, et, là aussi, d'un manque de suspens dans la catégorie du meilleur acteur.
10 - Angelina Jolie et sa pose provocatrice (une jambe quasi dénudée) en présentant l'oscar du meilleur scénario.

Au total, Hugo (110 179 tweets) domine The Artist (78 509) et La couleur des sentiments (23 585) ; Jean Dujardin (23 614) devance Brad Pitt (18 702) et George Clooney (13 252) ; Meryl Streep (74 793) écrase Rooney Mara (23 233) et Viola Davis (17 651) ; Christopher Plummer (41 107) ne laisse aucune chance à Nick Nolte (7 934) et Jonah Hill (5 703) ; Octavia Spencer (59 957) s'impose sans souci face à Melissa McCarthy (5 750) et Jessica Chastain (1 864) ; enfin, pour les réalisateurs, Woody Allen (14 280) fait mieux que Martin Scorsese (11 328) et Michel Hazanavicius (8 769).

Globalement, Hugo, The Artist, Meryl Streep, Octavia Spencer et Christopher Plummer ont été les sujets les plus tweetés.

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L'ensemble des résultats

5 Oscars pour The Artist et Jean Dujardin lâche un « putain » à la TV américaine!

Posté par vincy, le 27 février 2012

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Tout le palmarès des Oscars
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Jean Dujardin a lâché la phrase juste : "Ouah! Putain! Merci! Formidable!" Normalement "fuck" est bippé aux USA mais les censeurs n'ont pas du comprendre le mot "Putain". Pourtant ça résumait bien la soirée vécue par The Artist. 5 Oscars au compteur, en plus de ses 6 Césars de vendredi soir, et sans oublier un prix à Cannes, les Golden Globes, les Spirit Awards, les British Awards... C'est la première fois qu'un film non anglophone reçoit l'honneur de l'Oscar du meilleur film.

Dujardin est le premier acteur français à recevoir un Oscar dans un rôle principal. Chapeau l'artiste. Avec le César d'Omar Sy vendredi soir, ce sont deux enfants de la télé, deux princes de comédie qui ont gagné. Car c'est aussi cela qu'il faut noter : en ces temps de crise, c'est la comédie qui a été couronnée.

The Artist c'est évidemment la victoire de Thomas Langmann, producteur. Mais c'est aussi le come-back d'Harvey Weinstein, grand monopolisateur d'Oscars dans les années 90, qui a fait un travail de lobbying et une campagne de marketing impeccables. Weinstein est le grand vainqueur hollywoodien de la soirée.

Bien sûr il ne faut pas s'étonner que ce soit ce film français, qui devait être hors-compétition à Cannes, avant de rentrer in extremis dans la liste des films du jury de la compétition, qui réussisse cet exploit : une oeuvre hommage à Hollywood et ses origines muettes, en noir et blanc mais consensuel, tournée à Los Angeles avec une partie de son équipe artistique et technique américaine.

Mais The Artist montre aussi que rien n'est impossible pour un film français : Michel Hazanavicius est le premier français (hormis Polanski) à gagner l'Oscar du meilleur réalisateur, et l'un des rares étrangers de l'histoire de la cérémonie. Ludovic Bource rejoint la longue liste des compositeurs français primés, mais le dernier en date était Gabriel Yared en 1996!

The Artist finit donc ex-aequo avec Hugo Cabret, qui a aussi remporté cinq Oscars, dans les catégories techniques, faisant entrer la 3D au tableau d'honneur.

Pour le reste la soirée a oscillé comme une montagne russe, avec quelques très bonnes idées visuelles, des présentations parfois inspirées (le casting de Mes meilleures amies, les déclarations d'amour de Natalie Portman et Colin Firth aux acteurs et aux actrices nommés) ou pas (qu'Angelina Jolie était froide), des séquences impressionnantes (le spectacle du Cirque du soleil sur la musique de Danny Elfman) et des moments un peu plus plats. Il y a eu peu de surprises au final. Harvey Weinstein a confirmé son rôle de faiseurs de rois, entre The Artist et La dame de fer, qui a valu un troisième Oscar à Meryl Streep, 20 ans après le dernier (Le choix de Sophie), et avec un record de 17 nominations.

Une séparation, récompensé comme on s'en doutait de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, permet à l'Iran de gagner son premier Oscar.

Christopher Plummer, avec sa statuette de meilleur second rôle masculin, devient le plus vieux gagnant pour un Oscar d'interprétation. A 82 ans, il a tout juste deux ans de moins qu'Oscar.

On ne portera, pour une fois aucun jugement. Le palmarès était sans doute plus prévisible qu'on ne voulait l'anticiper. Reste la débauche de moyens pour glorifier le 7e Art hollywoodien, qui cette année avait une "french flavor" inhabituelle.

4 Independent Spirit Awards pour The Artist

Posté par vincy, le 26 février 2012

The Artist fera-t-il le triplé Golden Globes-Independent Spirit Awards-Oscars? Un seul film a réalisé ce brelan d'as : Platoon en 1986.  Samedi soir, 24 heures après ces 6 Césars, The Artist a remporté 4 Independent Spirit Awards : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure photo et meilleur acteur pour Jean Dujardin. C'est la première fois qu'un film français obtient cette récompense, et la seconde fois seulement qu'un film en langue étrangère la reçoit, après Tigre et Dragon en 2000. Michel Hazanavicius est aussi le premier réalisateur français primé, et le seul, toujours avec Ang Lee (qui l'a obtenu deux fois), parmi les étrangers de la liste des meilleurs cinéastes. Hazanavicius a déclaré que ce prix était important parce qu'il "est remis par des gens dont la spécificité est de prendre des risques, de faire des films qui ne sont pas formatés. Recevoir un prix de la part de ces gens-là, ça veut dire que l'âme du film ne s'est pas complètement perdue dans la perception qu'en ont certaines personnes, avec la course aux Oscars, etc..."

Toujours pour mieux se distinguer, évoquons le prix pour Jean Dujardin, absent de la cérémonie. Premier français nommé dans cette catégorie du meilleur acteur, premier à récolter ce prix, il rejoint Javier Bardem dans la courte liste des comédiens non anglophones récompensés. Et si l'on fusionne avec la catégorie de la meilleure actrice, seule l'italienne Isabella Rossellini avait été primée et aucune française nommée en 27 ans.

Outre The Artist, les Spirit Awards ont honoré Michelle Williams pour son incarnation de Marilyn Monroe dans My Week with Marilyn. Sa quatrième nomination à ce prix (et cinquième si l'on prend en compte la catégorie du meilleur second rôle féminin) fut la bonne. Christopher Plummer continue sa razzia de prix du meilleur second rôle masculin pour son personnage dans Beginners de vieil homme sur le déclin de sa vie assumant enfin son homosexualité. C'était la deuxième fois que ce comédien de 83 ans était nommé dans cette catégorie.

The Descendants repart avec deux prix : meilleur second rôle féminin pour la jeune Shailene Woodley et meilleur scénario pour le rare Alexander Payne. C'est la troisième fois que Payne reçoit ce prix, un record dans l'histoire des Spirit Awards.

Les autres films indépendants se sont partagés les autres prix : Margin Call (premier film et prix Robert Altman), 50/50 (premier scénario), Pariah (prix John Cassavetes pour un film à très petit budget), The Interrupters (documentaire), Without (espoir pour Mark Jackson), Take Shelter (producteurs), Where Soldiers Come From (prix Plus vrai que la fiction).

Enfin, Une séparation continue son parcours sans faute avec le prix du meilleur film étranger.

César 2012 : record d’audience pour une cérémonie longue et ratée

Posté par vincy, le 25 février 2012

Le palmarès, qui ne peut pas nous satisfaire évidemment, n'aura pas surpris grand monde - hormis peut-être la défaite de Maïwenn dans la catégorie réalisateur et le triomphe d'Omar Sy face à Jean Dujardin dans a catégorie acteur. Ces 37e César ont offert peu de moments mémorables durant les 2h45 de cérémonie au Théâtre du Châtelet. Pourtant Canal Plus a rassemblé 3,9 millions de téléspectateurs, soit 18% d'audience. Un record d'audience, et plus d'un million de téléspectateurs supplémentaires par rapport à l'an dernier.

La soirée commençait relativement bien avec un montage où l'animateur Antoine De Caunes, pas mauvais mais un peu tiède, s'incrustait dans quelques films césarisables (mais pas tous, hélas) et une transition entre la séquence de danse de Polisse à l'écran puis sur la scène, avec JoeyStarr et ses quelques pas de danse au public. Puis tout a déraillé. Des présentations trop longues, des textes mal rythmés, pas très bien écrits (les gags s'éternisaient) offrant de grands moments de solitudes aux intervenants, ont plombé l'ambiance. Malgré le talent de certains, difficile de rattraper ces baisses de tempo. D'autant que les discours des gagnants étaient souvent maladroits, peu inspirés et l'émotion manquait souvent.

Sans compter quelques dérapages en direct (Mathilde Seigner gâchant le César de Michel Blanc en faisant acte de favoritisme pour JoeyStarr), une série de présentations ratées (mention spéciale à celle d'Alexandre Astier) ou des plantages involontaires (qui pouvait comprendre le franglais de Michel Gondry quand il rendait hommage à Kate Winslet?).

On sauvera cependant quelques séquences :  l'arrivée sur scène de Kate Winslet (quelles formes), le beau montage en l'honneur d'Annie Girardot, la vanne sur Megaupload, deux trois discours (Michel Blanc, Omar Sy, la monteuse de Polisse), l'humour décalé de Sara Forestier, le clin d'oeil de Valérie Lemercier, la surprise rédemptrice de Mathieu Kassovitz (qui avait enflammé Twitter en insultant les Césars, comme Dany Boon les avait critiqué violemment avant de venir en remettre un). On peut aussi avoir été charmé par la tentative de Julie Ferrier de nous faire rire avec le dressage d'animaux...

L'intervention la plus drôle fut sans conteste celle de Laurent Lafitte, génial Maître de Cérémonie des Molières l'an dernier, et qui nous aura fait regretté de ne pas être celui des Césars cette année : en remettant le César du meilleur film étranger, il commence à égrainer la liste des nommés dans la catégorie du meilleur français dans une actrice américaine (avec une forte connotation sexuelle assez réjouissante, vidéo).

Reste le côté "fashionista". On ne jouera pas les critiques capillaires (le roux de Bérénice Bejo) ou vestimentaires (la robe de Carmen Maura). Mais notons cette année que les décolletés étaient plongeants. Un défilé de seins était offert à tous les regards (et certaines poitrines auraient affolé le téléspectateur si l'écran était en 3D : Aure Atika, Valérie Bonneton, Sylvie Testud, Kate Winslet ...). C'est sans doute l'explication à ce record d'audience digne de Miss France.

Bruxelles autorise le CNC à aider les cinémas du monde entier

Posté par vincy, le 24 février 2012

Le 6 février dernier, la Commission européenne a autorisé le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) "à mettre en place des aides financières sélectives aux œuvres d'initiative étrangère coproduites avec des entreprises établies en France, dites "aides aux cinémas du monde"." Le Fonds sud va pouvoir donc muer pour une aide élargie à tous les pays du monde, y compris pour des cinématographies comme celles des Inuits.

Le Fonds sud cinéma, créé en 1984, a soutenu plus de 500 films originaires d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie, du Proche et Moyen-Orient, et de certains pays de l’Est depuis 1997. Son budget est de 3,3 millions d'euros. Fusionné avec l'Aide aux films en langues étrangères, il est dorénavant remplacé par Aide aux cinéma du monde. Eric Garandeau, président du CNC, nous avait expliqué lors d'un entretien en mai dernier à Cannes que "l’idée du Sud c’était très bien mais cette notion datait des années 60 et aujourd’hui le paradoxe est que la Chine est éligible au Fonds Sud alors que la Turquie ne l’est pas. On a souhaité rebattre les cartes." Le nouveau programme d'aides va ainsi doubler son budget (6 millions d'euros).

Dans son communiqué, le CNC précise : "La décision du 6 février ouvre désormais la voie à la publication, au Journal Officiel, des textes de droit français instituant les aides aux cinémas du monde. Le dépôt des dossiers correspondant auprès du CNC et de l'Institut français sera ouvert sitôt cette publication intervenue, vraisemblablement dans la première quinzaine de mars."

Ce nouveau dispositif permettra aux créateurs étrangers d'avoir un point d'entrée unique pour obtenir des aides en vue de projets de coproduction avec la France : "Ces aides contribueront ainsi à rendre plus ouverte, plus attrayante et plus simple l’association des cinéastes étrangers du monde entier aux professionnels français, en vue de coproduire ensemble les œuvres. Ce mécanisme contribuera à promouvoir la diversité culturelle, le rayonnement culturel de la France et le renouvellement de sa création" expliqué le communiqué.

La Commission européenne avait autorisé le 20 décembre 2011 la prolongation de la grande majorité des aides au cinéma gérées par le CNC.

Horizon sombre pour le cinéma hongrois : Bela Tarr mène la révolte

Posté par vincy, le 24 février 2012

Entre l'élection présidentielle, la crise économique, Jean Dujardin, et la Syrie, on oublie qu'à une heure de vol de la France, un pays de l'Union européenne glisse lentement vers un régime autoritaire de plus en plus inquiétant. Si l'Europe commence à prendre des mesures de rétorsion (un blâme vient d'être prononcé par la Commission, accompagné de la suspension d'un versement de 495 millions d'euros pour l'aide aux régions les plus défavorisées), cela ne suffit pas à calmer les dérives du pouvoir.

Dernier acte en date : le cinéma. Le Monde a consacré un passionnant reportage sur un secteur qui connait aussi bien une crise économique qu'un conflit larvé avec le pouvoir en place. Il n'y a pas que la Russie, l'Iran, la Chine et la Biélorussie, entre autres, qui ont décidé de contrôler le 7e art. Depuis la nomination d'Andrew G. Vajna, ancien producteur des Rambo, Total Recall et autres Terminator au titre de Commissaire du gouvernement chargé du cinéma, rien ne va plus entre les cinéastes et le régime du premier ministre Viktor Orban. Ce dernier a donné à Vajna la mission de restructurer le secteur. Avec comme objectif souterrain de le calquer sur celui du théâtre ou de la presse, devenue muselée, censurée, pressurisée depuis son arrivée au pouvoir.

Les réalisateurs hongrois commencent à se rebeller. Bela Tarr a lancé l'idée de créer un fonds indépendant pour produire les films (sous entendu librement). Désormais président de l'Association des réalisateurs hongrois, Tarr avait organisé le 4 février dernier un débat au cinéma Urania à Budapest où des dizaines de cinéastes avaient répondu à l'appel. Ce forum s'est tenu dans le cadre de la 43e Semaine du film hongrois, qui ne dure que quatre jours, faute de moyen. L'ordre du jour était simple : survivre et déclarer la guerre contre la politique "arbitraire" du commissaire.

Celui-ci était présent. Il a du encaisser toutes les critiques à son encontre. Depuis l'entrée en vigueur en septembre dernier du Fonds national du cinéma, qui remplace la Fondation publique MMKA, il est au centre des mécontentements. Doté de 20 millions d'euros de budget, ce Fonds semble très opaque. Les réalisateurs s'interrogent sur les critères décidés par l'Etat pour choisir les films qui seront aidés. D'autres se demandent pourquoi les professionnels du cinéma ne sont plus impliqués dans le processus de sélection? Poser la question c'est y répondre. Le pouvoir politique veut décider lui-même, sans forcément retenir les qualités cinématographiques d'un projet.

Pire, l'Etat veut s'introduire jusque dans la salle de montage. Un des cinéastes présents confie : "Quand un réalisateur signe le contrat, une clause stipule que l'Etat financeur a le dernier mot sur le montage. Pour contrebalancer ce pouvoir, il va falloir trouver des coproductions étrangères." Les jeunes cinéastes, trop effrayés à l'idée de ne pas pouvoir faire leurs premiers films, sont absents : c'est la vieille garde qui monte au créneau. Bela Tarr, primé dans tous les festivals du monde et reconnu comme le plus grand cinéaste vivant du pays, n'a en effet rien à perdre.

Les Festivals internationaux comme vitrine

" Je voyais mes amis pleurer, attendre de l'argent qui ne venait pas. Je leur ai proposé de tourner un film à zéro budget, pour raconter la situation. Tout le monde a travaillé gratuitement, les comédiens, les techniciens ", raconte Béla Tarr au journal Le Monde. Il a décidé de produire Hongrie 2011, un film sur la détresse des réalisateurs hongrois, présenté en ouverture de la Semaine du cinéma hongrois. 11 courts métrages compilés qui ont été projetés à Berlin.

C'est aussi à Berlin que Juste le vent, de Bence Fliegauf, en compétition, a reçu le Grand prix du jury. De quoi redonner du baume au coeur à la profession, un an après l'Ours d'argent du meilleur réalisateur pour Bela Tarr.

A Cannes, on devrait voir le prochain film de György Palfi, Final cut. Ladies & Gentlemen. Sans financement pour son nouveau projet, il a décidé de puiser dans 450 films du cinéma mondial, de Chaplin à Cameron, pour créer des histoires d'amour entre les plus grands comédiens du 7e art, faisant ainsi rencontrer les légendes de l'âge d'or avec les stars actuelles. Pour que le film soit projeté, il faut cependant résoudre le délicat problème des droits d'auteur.

Pour l'instant, le cinéma hongrois est en suspens : entre désespoir et angoisses, entre méfiance et vigilance. Vajna a décidé de financer quatre films d'auteur. Mais nombreux y voient un subterfuge pour endormir les esprits révoltés. Car pour le pouvoir, il s'agit avant tout de dynamiser la part de marché des films nationaux (entre 5 et 10% selon les années) dans un marché plutôt en croissance. Complètement dominé par Hollywood, le marché local a, par exemple, été absent des trente plus gros succès de l'année 2011.

L’instant Court : The Last Goodbye, clip de The Kills réalisé par Samantha Morton

Posté par kristofy, le 24 février 2012

Comme à Ecran Noir, on aime vous faire partager nos découvertes, alors après une publicité réalisée par Tran Anh Hung rencontré lors du 18ème Festival international des cinémas d'Asie de Vesoul, voici l’instant Court n° 67.

Le duo The Kills, formé par Alison Mosshart et Jamie Hince, fête cette année leurs dix ans de musique ensemble. Les premiers disques font entendre un rock minimaliste et abrasif, et les concerts du groupe dans des petites salles deviennent mémorables. Depuis, leurs disques sont de qualité plutôt inégale et la ferveur des débuts s’est perdue quand ils jouent leur cachet devant des foules (Rock en Seine en 2011, Stade de France en mai 2012 en ouverture de Metallica).

Peu importe, The Kills est toujours un groupe dont on est curieux d’écouter l'album suivant. Alison Mosshart et Jamie Hince ont aussi participé chacun de leur côté à d’autres aventures musicales, et ils se sont intéressés à mettre en scène leur image (ils ont co-réalisé un documentaire). En tant que groupe, ils viennent de sortir un ep 4 titres acoustiques (dont une reprise de Marilyn Monroe) où la rugosité de leur son fait pour une fois place à des ballades.

Pour leur nouvelle vidéo, il ont fait appel derrière la caméra à l’actrice britannique Samantha Morton. Celle-ci a figuré au générique de quelques gros films comme Accords et désaccords de Woody Allen ou Minority Report de Steven Spielbierg. Bien qu’elle ait été une fois nominée aux Oscars, la comédienne a été un peu oubliée, mais on la retrouvera dans Cosmopolis de David Cronenberg (probablement à Cannes). En parallèle, Samantha Morton s’est tournée vers la réalisation de ses propres films, ainsi elle a déjà dirigé The Unloved en 2009.

Voila donc The Last Goodbye, clip de The Kills réalisé par Samantha Morton. Pour ce clip, subtilement éclairé en noir et blanc, elle a placé le duo dans une cabine de photomaton où ils ont joué quantité de poses et grimaces devant quelques flashs (le son arrive après 40 secondes).

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film The Last Goodbye.

The Artist, Intouchables et Polisse films préférés des Français en 2011

Posté par vincy, le 23 février 2012

Selon l’Observatoire du Public des Films de Médiamétrie, le film français préféré du public (parmi les nommés aux Césars) est évidemment Intouchables avec la note jamais atteinte de 9,2 sur 10. Suivi de Polisse, favori des Césars avec 13 nominations, et The Artist, en lice pour 10 Oscars, qui suscitent tous deux la note de 8,2 sur 10.

Médiamétrie a aussi enregistré le "buzz" en ligne de ces films. Par exemple, sur Twitter, The Artist s’arroge 46% de part de conversation (effet Oscars + Dujardin), Intouchables 32% et Polisse 15%.

L'institut explique : "Ce buzz fait désormais partie intégrante de la vie d’un film, devenant le « bouche à oreille » numérique de notre époque. Médiamétrie a étudié les conversations générées sur Internet - blogs, forums, réseaux sociaux, médias traditionnels en ligne - par les films et les acteurs et actrices depuis l’annonce des nominations aux César le 27 janvier 2012."

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L’Observatoire du Public des Films permet d’obtenir le profil du public de tous les films ayant réalisé au moins 300 000 entrées, soit environ 130 films par an, ainsi que leur appréciation depuis septembre 2008. 48 600 interviews réalisées par internet (système CAWI) entre le 6 février 2011 et le 14 février 2012, constituant un échantillon représentatif des spectateurs « 12 derniers mois » âgés de 6 ans et plus. BuzzMetrics mesure et analyse l’e-réputation des marques et des entreprises. Il effectue une recherche approfondie des commentaires et avis publics des internautes sur les réseaux sociaux, les blogs, les forums ainsi que les plateformes de micro-blogging via une technologie propriétaire.

Après Tyrannosaur, Paddy Considine prépare son nouveau film

Posté par vincy, le 23 février 2012

C'est l'un des premiers films britanniques de l'année 2011 qui a fait le plus de buzz depuis ses premières projections. Tyrannosaur, réalisé par l'acteur Paddy Considine, a gagné le prix du meilleur premier film aux récents BAFTAS, trois récompenses aux British Independant Film Awards (film britannique, nouveau talent, actrice), deux honneurs suprêmes du Festival de Dinard (Hitchcock d'or du meilleur film, meilleur scénario) et deux prix à Sundance l'an dernier (prix spécial du jury, mise en scène).

Paddy Considine va donc passer à son deuxième film : l'adaptation d'un roman de Jon Hotten, inédit en France, The Year of the Locust, polar se déroulant dans le milieu de la boxe. L'histoire suit le destin de Rick Parker, un VRP sociopathe qui devient promoteur de boxe d'un ancien pro du baseball, assez naïf et incorruptible. Combats truqués, ruine financière et meurtre seront au menu.

Considine a été vu, comme acteur, dans La vengeance dans la peau (il y incarnait le journaliste anglais), In America, Submarine ou encore le premier opus de Red Riding. Il a déclaré récemment avoir toujours un film en cours d'écriture sous la main. Le réalisateur avait acquis les droits de Locust l'an dernier.