Posté par MpM, le 14 août 2008
Et dire qu’il faillit être médecin ! Isaac Hayes, considéré par beaucoup comme l’incarnation de la musique soul, ne décida en effet de devenir chanteur qu’à l’adolescence, après avoir gagné un concours en interprétant "Looking Back" de Nat King Cole. S’en suivirent plusieurs années de galères et de petits boulots avant qu’il ne soit embouché en 1964 par Stax records, le label soul qu’il allait contribuer à rendre célèbre. Tout en accompagnant au piano des musiciens comme Otis Redding, il écrivit à cette époque ses premières chansons avec David Porter. Plusieurs tubes ("Hold On, I'm Coming", "Soul Man", "When something is wong with my baby"… interprétés par Sam & Dave) et un contrat d’enregistrement plus tard, il sortait en 1969 son premier album, "Hot Buttered Soul", qui le révéla au grand public.
Mais la véritable consécration devait arriver deux ans plus tard avec la bande originale de Shaft, les nuits rouges de Harlem, film phare de la Blaxploitation, qui lui valut un Oscar (pour la chanson "Theme from Shaft") et deux Grammy Awards (chanson et BO). Il travailla par la suite sur d’autres films du genre (Tough Guys, Truck Turner) dans lesquels il lui arrivait aussi de jouer, et coréalisa même en 1972 Les nouveaux exploits de Shaft avec Gordon Parks.
Dans les années 80 et 90, on l'a beaucoup vu à l’écran (petit et grand), et il s'est notamment distingué en interprétant Chef dans la série South Park, qu’il quitta en 2006 suite à un épisode se moquant de la scientologie. Dernièrement, on l’avait entendu sur les BO de Kill Bill de Quentin Tarantino ou encore Zodiac de David Fincher, et il venait d’achever le tournage de Soul Men de Malcom Lee, où il partage l’affiche avec Samuel L. Jackson et Bernie Mac, décédé samedi. Un film prémonitoire où deux anciens membres d’un groupe de soul pleurent la mort de leur leader.
Tags liés à cet article: bernie mac, blaxploitation, deces, isaac hayes, kill bill, musique, musique de films, oscars, Shaft, soul, soul men, south park, zodiac.
Publié dans In memoriam, Personnalités, célébrités, stars |
Posté par MpM, le 14 août 2008
Les organisateurs du marché du film de Locarno n’en reviennent pas. A trois jours de la clôture du Festival, les droits de cinq films sélectionnés en compétition officielle ont déjà été achetés. Un autre homme (Lionel Baier, Suisse), Yuri’s day (Kirill Serebrennikov, Russie), Daytime drinking (Noh Young-seok, Corée du Sud), Mar Nero (Federico Bondi, Italie) et Sonbahar (Özcan Alper, Turquie) sont donc dès maintenant assurés d’une carrière en salles.
Pour Locarno, c’est d’autant plus un succès que d’autres accords pourraient encore être signés dans les jours à venir, suite aux discussions initiées pendant la manifestation. Nadia Dresty, la responsable de l’Industry Office, précise en effet que les retours des professionnels sur la qualité de la compétition sont excellents. Pour la première fois cette année, le Festival suisse a attiré 215 acheteurs venus de 29 pays différents, preuve indiscutable de l’importance qu’il revêt désormais dans le circuit mondial des marchés jugés incontournables.
Tags liés à cet article: Business, cinéma asiatique, cinéma italien, cinéma suisse, droits, federico nero, festival, Kirill Serebrennikov, lionel baier, locarno, marché, Marketing, nh young seok, ozcan alper.
Publié dans Business, Festivals |
Posté par MpM, le 13 août 2008
Pendant qu’une partie de la planète se passionne béatement pour la capacité de ses représentants sportifs à courir, nager ou ramer plus vite que les autres, une poignée de résistants essaie de dénicher des talents dans des domaines malheureusement non reconnus pas le comité olympique. Deux jours avant la fameuse cérémonie d’ouverture des Jeux, mise en scène par Zhang Yimou, ancien cinéaste rebelle désormais acquis au pouvoir en place, quelques journalistes étrangers ont ainsi pu découvrir à Pékin le film Surmonter la peur (Leaving fear behind) tourné au Tibet dans le plus grand secret entre novembre 2007 et mars 2008. Ses auteurs, Dhonpup Wang chen, paysan du Tibet occidental, et Golog Jigme, moine, ont interrogé leurs concitoyens sur la domination chinoise au Tibet, les Jeux olympiques de Pékin et le Dalaï Lama. En tout, ils ont réalisé 108 interviews à l’aide d’une petite caméra vidéo. Dans la version finale du film, une vingtaine de Tibétains témoigne, presque tous à visage découvert malgré les risques encourus, sur l’oppression et la discrimination dont ils font l’objet, la détérioration et la marginalisation de leur langue et de leur culture, la sédentarisation forcée, le manque de liberté religieuse, les promesses non tenues du gouvernement chinois, etc.
Si l’existence de ce film n’a pas été tellement relayée dans les médias occidentaux, c’est sûrement qu’il y avait une actualité bien plus foisonnante du côté de la profusion (ou de l’absence) de médailles olympiques. Les deux cinéastes amateurs, eux, ont été arrêtés le 26 mars dernier, soit quinze jours après avoir envoyé les cassettes du film en Suisse, et croupissent toujours dans les prisons chinoises. C’est un cousin de Dhondup Wangchen, Gyaljong Tsetrin, exilé du Tibet depuis 2002, qui s’est chargé de monter le film. Il a également créé "Filming for Tibet" afin de le produire et de le diffuser. Rendant du même coup au cinéma son énorme pouvoir de témoignage, de transmission et de dénonciation.
Selon Tibet Info, Dhondup Wangchen et Golog Jigme ont été arrêtés le 26 mars 2008. Dhondup Wangchen (37 ans) a été vu pour la dernière fois détenu à Guangsheng Binguan à Xining (Qinghai), et Golog Jigme dans un centre de détention de la ville de Lingxia (Gansu).
__________
Extrait du film sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/playlist/xlo2i_Channel_Zero_tibet-leaving-fear-behind/video/x6dgk8_documentaire-tibet-leaving-fear-beh_news
Tags liés à cet article: asie, censure, Chine, dalai lama, Dhonpup Wang chen, filming for tibet, golog jigme, Gyaljong Tsetrin, jeux olympiques, Pékin, politique, prisonnier, sport, surmonter la peur, tibet.
Publié dans Actualité, société, Films |
Posté par MpM, le 12 août 2008
L’heure de la retraite aurait-elle vraiment sonné pour le père de Chihiro, Mononoké et Nausicaa ? Hayao Miyazaki, qui a annoncé à plusieurs reprises son désir de mettre
un terme à sa carrière, semble avoir donné le feu vert aux Studios Ghibli pour lui trouver un successeur. Ceux-ci ont en effet lancé le 5 août dernier un appel à candidatures afin de recruter une vingtaine d’apprentis techniciens d’animation. Ces "disciples" soigneusement choisis auront l’extrême privilège de suivre pendant deux ans une formation dispensée par le célèbre créateur d’animés japonais en personne.
Contrairement à de nombreuses sociétés de production d’animation concurrentes, qui ont de plus en plus souvent recours à des sous-traitants bon marché en Chine ou au Vietnam, Ghibli entend en effet conserver un très haut niveau de qualité et de maîtrise. Depuis sa fondation par Miyazaki et Isao Takahata au milieu des années 80, le studio n’a ainsi jamais cessé d’utiliser une technique traditionnelle. Chaque dessin est exécuté à la main avant d’être scanné, puis colorié et animé par ordinateur. Les nouvelles recrues devront donc se plier aux traditions de la maison et tenter de trouver leur place dans l’univers à la fois très poétique et très dérangeant de Miyazaki. Pas sûr pour autant que Ponyo sur la falaise (le dernier opus en date, présenté en compétition à Venise) soit réellement l’ultime réalisation du Maître, qui a habitué ses fans à ses fausses sorties suivies de vrais retours...
Tags liés à cet article: animation, cinéma japonais, dessin animé, hayao miyazaki, isao takahata, Japon, le voyage de chihiro, manga, nausicaa, ponyo sur la falaise, venise.
Publié dans Personnalités, célébrités, stars, formation |
Posté par vincy, le 11 août 2008
Le manga est un genre qui a déferlé sur le secteur de l'édition jeunesse, après avoir propagé son graphisme dans les rétines d'occidentaux téléphages. Des versions cinématographiques en ont découlé, de Akira à Ghost in the Shell, en passant par les Pokémons. Puis l'animation a digéré le style, créant des longs métrages ambitieux et souvent de haute qualité. Les projets continuent de se multiplier. Mais, hormis l'école Miyazaki, aucun film d'animation issu du genre nippon n'est encore parvenu à draîner des foules dans les salles de cinéma.
Hollywood, du coup, pense transposer ces histoires en versions "réelles", avec Leonardo DiCaprio dans un nouvel Akira ou encore l'adaptation de Monster ou d'Evangelion. Le projet le plus excitant à venir reste le nouveau James Cameron, Battle Angel (Gunnm), en 3D, prévu pour juin 2009. Enfin, au récent Comic Con de San Diego, Universal Studios a confirmé le tournage du manga Cirque du Freak, réalisé par Paul Weitz, avec Ken Watanabe et Salma Hayek.
Pour l'instant, les deux plus gros succès au box office américain sont Pokémon et sa suite Pokémon 2000 (respectivement 86 et 44 millions de $). La franchise en place trois autres dans les vingt premiers. Miyazaki n'arrive que 5e avec Le voyage de Chihiro (10 millions de $), et deux autres de ses films se classent dans les dix premiers. Au-dessus d' un million de dollars, outre Yu-Gi-Oh! et Digimon, on croise Ghost in the Shell 2 et Cowboy Bebop. Un modeste business d'une trentaine de films depuis les années 90 (à peine 200 millions de $ au total).
Tags liés à cet article: akira, animation, battle angel, Box office, cirque du freak, evangelion, hayao miyazaki, James Cameron, leonardo dicaprio, manga, pokémon, salma hayek.
Publié dans Business, Films, Projet, tournage |
Posté par vincy, le 10 août 2008
Bernard Jeffrey McCullough, plus connu sous le nom de Bernie Mac, est décédé d'une maladie aux complications pulmonaires à Chicago, le 9 août.
Géant d'un mètre quatre-vingt onze, marié depuis 1997 à Rhonda, il avait débuté dans le "stand up", et est rapidement devenu l'une des gloires du genre. Il a connu une immense célébrité en animant The Bernie Mac Show, deux fois nommé aussi bien aux Emmy Awards qu'aux Golden Globes.
Le cinéma a fait appel à lui dès 1992 (Mo' Money, Whi's the Man, House Party 3...). Mais c'est en 2001 qu'il casse la baraque avec sa participation à Ocean's 11, de Steven Soderbergh. Il appartient à la bande de George Clooney, en bon croupier un peu pourri. Il fera partie des deux autres aventures.
On le remarquera aussi dans Drôles de dames, le deuxième opus, devenant Bosley et remplaçant Bill Murray. Eternel second rôle dont les choix ne feront pas date. Il est le frère du président Chris Rock dans Head of State, le coach de Terrence Howard dans Pride, remplace Spencer Tracy dans le mauvais remake de Qui vient dîner ce soir?, s'invite dans Transformers. Reconnaissons au moins sa participation au culte Bad Santa, où il clame cette phrase incroyable : "certes, Papa Noël a enculé quelqu'un..."
On le verra de manière posthume dans Soul Men, avec Samuel L. Jackson, et dans Old Dogs, avec Robin Williams et John Travolta.
Tags liés à cet article: bad santa, bernie mac, chris rock, cinéma américain, deces, drôles de dames, ocean's 11, old dogs, soul men, steven soderbergh, transformers.
Publié dans In memoriam, Personnalités, célébrités, stars |
Posté par MpM, le 9 août 2008

L'histoire : Succession de contes surréalistes en quatre tableaux qui mêlent deux destins : celui du fils d'une femme étrange et d'un universitaire déchu. La folie y croise les rêves, l'amour les armes. Une invitation au voyage à travers le temps et la Chine, une symphonie de couleurs, de textures et de sons. Avec Joan Chen.
Notre avis : Jian Weng avait fait sensation en 2000 avec Les démons à ma porte, Grand prix du festival de Cannes unanimement salué comme un pamphlet antimilitariste gonflé et percutant sur la guerre sino-japonaise. Tout le monde n’avait pas apprécié la blague, Pékin et Tokyo en tête, ce qui explique sans doute le long silence cinématographique qui s’en est suivi. Mais Jiang Wen est enfin de retour derrière (et devant) la caméra, avec un film qui, s’il ne réitère pas le choc du précédent, offre un savoureux mélange de farce truculente et d’espièglerie politique. L’intrigue (foisonnante, délirante, multiple) ne compte pas tant que les personnages hauts en couleur et les situations bigarrées imaginées par l’acteur-réalisateur. Il y a une femme fantasque qui aime sauter du haut des arbres et creuser des trous dans le sol, au grand dam de son fils singulièrement plus conventionnel. Il y a de jeunes femmes qui crient "cochon" quand on les touche, puis défilent au chevet de celui qu’elles ont accusé. Il y a enfin un homme envoyé en rééducation à la campagne et qui redécouvre les joies simples de la nature, quitte à en négliger l’essentiel. Des destins individuels qui se mêlent à l’histoire collective (la guerre, la révolution culturelle) sous le regard mi-ironique, mi-bienveillant du cinéaste.
Ce dernier ne manque d’ailleurs ni d’audace, ni de références, si bien que l’on croise au détour d’une scène le joyeux n’importe quoi baroque d’un Kusturica, l’outrance onirique d’un Fellini ou encore les fulgurances de Jiang Wen lui-même dans son précédent opus. Cette mise en scène inventive, faussement désordonnée, associée à une palette infinie de couleurs et de nuances, compose un univers rigoureusement personnel et pourtant totalement cohérent. Peu importe si l’on ne voit pas toujours où il veut en venir, ou si l’acharnement symbolique finit par sacrifier la clarté du propos, il y a dans chaque plan, dans chaque mouvement de caméra, presque dans chaque geste des acteurs, une étincelle de cinéma qui couve. Celle-ci ne s’embrase pas à chaque fois, mais l’infinité de possibles à explorer qu’elle offre est à elle-seule une promesse.
Tags liés à cet article: cannes, censure, Chine, critique, deauville, emir kusturica, Federico Fellini, jiang wen, joan chen, le soleil se leve aussi, les demons à ma porte, Pékin, révolution culturelle.
Publié dans Cannes, Critiques, Films |
Posté par vincy, le 8 août 2008
Brad Pitt est officiellement un bâtard. C'est le titre amusant de Variety. L'acteur confirme qu'il sera de l'aventure du prochain Quentin Tarantino, Inglorious Basterds (voir post du 12 juillet). Quelques petits réglages à voir dans le contrat mais il toucherait quand même 20% des recettes... Si Pitt a déjà eu l'occasion de clamer du Quentin dans True Romance (en bon camé à l'herbe, complètement shooté, une séquence culte), ce sera sa première fois avec le réalisateur.
Ce drame de la seconde guerre mondiale réunirait pour la première fois l'acteur avec le réalisateur. Il incarnerait un montagnard du Tennessee en charge d'un groupe de huit américains de confession juive. Le film comporterait essentiellement des dialogues en français et en allemand, avec des sous-titres anglais.
Nastassja Kinski serait l'une des rares comédiennes du casting. On imagine un effet Pam Grier pour cette ancienne star du cinéma d'auteur européen (Paris, Texas). D'autres acteurs ont été approchés : le britannique Simon Pegg (Land of the Dead, M:I III), David Krumholtz (notamment connu pour la série Numb3rs et ses comédies ras-des-paquerettes comme Harold & Kumar), B.J. Novak (rôle récurrent dans The Office, et jeune docteur dans Knocked Up) et Eli Roth (déjà vu chez Tarantino dans Boulevard de la mort). Il reste quelques têtes à trouver. Et la rumeur DiCaprio court toujours.
Le tournage débuterait en Allemagne dès la mi-octobre en vue d'être sélectionnable pour Cannes en 2009.
Tags liés à cet article: b.j. novak, brad pitt, david krumholtz, eli roth, harvey weinstein, inglorious bastards, inglorious basterds, nastassja kinski, quentin tarantino, simon pegg, true romance, universal, Variety.
Publié dans Personnalités, célébrités, stars, Projet, tournage |
Posté par vincy, le 8 août 2008
C'est le cinéaste chinois Zhang Yimou qui est le metteur en scène du spectacle d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin. Autrefois chef de file de la cinquième génération du cinéma chinois, récompensé dans tous les grands festivals pour ses oeuvres dramatiques et intimes, il s'est reconverti dans les fresques patriotiques et spectaculaires. Sa création devrait d'ailleurs retracer l'histoire de la Chine.
Toujours est-il que si les Jeux Olympiques s'inspirent du cinéma, l'inverse n'est pas forcément vrai. La profusion de documentaires sur le sujet masque le peu de films qui prennent les J.O. comme décor. L'olympisme est soit considéré comme un rêve, souvent brisé, une aspiration, soit traité à travers un athlète autrefois médaillé.
Le plus emblématique des films est évidemment Les chariots de feu (photo), de Hugh Hudson. Avec la musique de Vangélis, ces images de Britanniques en longs caleçons blancs courant sur une plage, ces Chariots nous renvoient aux épreuves de 1924 (Paris). 4 Oscars dont celui de meilleur film, pourtant un peu surfait. Toujours dans la même époque, les jeux de Berlin en 1936 a attiré Charlie Chan (Charlie Chan at the Olympics) et Jean-Paul Belmondo (L'as des as). Et dans Sunshine, Ralph Fiennes devient champion olympique d'escrime avant la guerre. Le cinéma nous fait ainsi découvrir un écossais lanceur de marteau (Geordie et les jeux de Melbourne en 1956), une nageuse néo-zélandaise (Alex, qui se prépare pour les jeux de Rome en 1960), des marathoniens de différentes nationalités (The Games) ou un décathlonien américain pas amateur (A million to one).
Les J.O. d'hiver ont aussi leur part de navets : les jeux de Calgary (1988) qui suscitent une rivalité de patineurs (The Cutting Edge) ou une manipulation opportuniste (Ice Pawn), ceux de Stokholm avec une attaque terroriste (Spangären). Les jeux dramatiques. Spielberg en fait même le point de départ de Munich avec ce véritable attentat qui a enflammé les jeux de 1972. Rien à voir avec la comédie délirante Cool Runnings, où une équipe jamaïcaine se lance dans l'épreuve de Bobsleigh à Calgary.
Quelques biopics sur des médaillés (la nageuse Dawn Fraser, les coureurs Billy Mills ou Steve Prefontaine, le coach de hockey Herb Brooks, le boxeur Mohammed Ali) complètent le tableau. Parfois la flamme passe dans un village (Les fous du stade, avec Les charlots). Pas de quoi s'enflammer ou même obtenir l'or sur l'écran d'argent.
Tags liés à cet article: Berlin, bobsleigh, boxe, charlie chan, Chine, course, decathlon, escrime, flamme, hockey, jean paul belmondo, jeux olympiques, les chariots de feu, les charlots, marathon, natation, oscars, patinage artistique, raph fiennes, sport.
Publié dans Actualité, société |
Posté par vincy, le 7 août 2008
Ah ces médias officiels et officiellement libéraux (comprendre la presse quotidienne économique) : ils se sont régalés dès ce matin à brandir la menace du piratage. L'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle a publié la première étude mesurant "précisément" les statistiques de piratage de films. Cette Alpa qui veut alpaguer les corsaires du clic est une vieille association de 23 ans, créée par le Ministère de la Culture et celui de la Justice, financée par les professionnels du cinéma et présidée par le P-DG de Gaumont. Il y a plus neutre. Sise dans les très chics quartiers du VIIIe arrondissement de Paris, cette Alpa a un site internet qui ne contient que ses contacts et son logo. On fait mieux en guise de transparence.
Alors, certes, l’Alpa a déclenché le signal d’alarme, voudrait que le train s’arrête, parlant de « péril ». L’étude porte sur la période novembre 2007 / juin 2008. Les chiffres son évidemment balancés aux médias pour faire paniquer les professionnels et pointer du doigt les méchants internautes.
De façon grossière, on nous dit « autant de films piratés que d’entrées payées ». Pourtant si l’on sait calculer les chiffres reçus on note 14,1 millions de téléchargements en juin + 62 millions de téléchargements de janvier à mai, soit 76 millions d’actes de piratages. Contre près de 100 millions de vendus. Bien sûr, ça ne retire en rien l’effarante donnée de 450 000 téléchargements illicites par jour en France.
Mais il faut relativiser certaines données et s’inquiéter pour d’autres. Car finalement cela impacte davantage sur le marché du DVD, en chute libre, que sur les entrées, plutôt dynamiques malgré la crise économique. D’abord les films américains s’octroient une part de marché bien plus importante chez les pirates (66%) que chez les spectateurs. Les blockbusters sont made in USA, avec en tête des daubes comme Transformers et Next, mais aussi American gangster, Bee Movie et No country for Old men, tous au dessus de 2 millions de clics. C’est d’autant plus inquiétant que le film des Coen est très loin d’avoir obtenu ce nombre de spectateurs en salles. De même, la part de marché des films européens est de 12% chez les pirates, ce qui n’a rien à voir avec la moyenne de 4% annuelle dans les salles.
Autant de clics pour Bienvenue chez les Ch'tis que pour Persépolis
Mais bizarrement les films français sen tirent bien. Seulement 19% de part de marché sur les ordinateurs contre 40% en moyenne sur les grands écrans. Le plus gros « hit » est évidemment Bienvenue chez les Ch’tis avec 682 000 téléchargements, soit 3,5 % des entrées du film ! De même les 206 000 clics de Disco ou 287 000 clics de La Môme sont très loin des 2,5 millions de clics pour le film oscarisé des Coen mais aussi de leurs scores au box office. A la rigueur le producteur de Survivre avec les loups a raison d’avoir la rage : 149 000 téléchargements pour 650 000 entrées… Pire, Persépolis accumule 675 000 curieux en ligne pour à peine deux fois plus de fidèles des salles obscures.
Mais attention, rien ne dit que ces pirates n’achètent pas le DVD ou ne vont pas aussi voir le film en salles. Il faudra surtout croiser les chiffres de la VOD avec la prochaine étude pour voir si la tendance est à la hausse ou à la baisse.
Enfin, plutôt que de se focaliser sur les Top 10 des œuvres les plus téléchargées, peut-on s’interroger sur les motifs des « pirates » et de se demander comment faire pour les attirer à voir un film brésilien ou japonais sur un ordinateur plutôt que d’aller le voir en salles ?
Tags liés à cet article: alpa, american gangster, bee movie, bienvenue chez les ch'tis, Box office, disco, dvd, gaumon, la mome, média, ministère de la culture, next, no country for old men, oscars, perspeolis, piratage, salle de cinéma, survivre avec les loups, telechargement, transformers, VOD.
Publié dans Actualité, société, Business, Médias |